dimanche, 08 novembre 2009

Un Dimanche avec Klimt...

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  J'aime beaucoup la peinture en général mais tout particulièrement les oeuvres de Gustav Klimt. J'ai consacré une partie de mon dimanche à me plonger dans les reproductions du Taschen consacré à cet artiste ainsi qu'au film de Raoul Ruiz et livres offerts par une amie.
J'affectionne particulièrement L'Arbre de vie (détail de la frise Stoclet) et Les Trois âges de la femme.
Le film Klimt avec John Malkovich retrace une partie de la vie de ce peintre viennois notamment à partir de l'Exposition universelle de Paris en 1900. Gustav Klimt représente des oeuvres allégoriques qui ont pour thème la philosophie et la médecine. Il est l'un des fondateurs de la Sécession viennoise, ce mouvement veut rompre avec la tradition. Le film est d'une beauté plastique très troublante, le point de vue kaléidoscopique de Raoul Ruiz donne vie à l'Art nouveau: lignes sinueuses et motifs floraux, le tout réhaussé d'or.
Les oeuvres de Klimt sont d'une grande richesse poétique. L'album de jeunesse Le Chat de Gustav Klimt de Bérénice Capatti et Octavia Monaco (Editions Grasset Jeunesse) dévoile l'univers du peintre grâce au regard de son chat. Cet album est une belle invitation  dans le monde de la peinture. Les illustrations reprennent les formes rectilignes et géométriques chères au peintre. Le chat de Gustav explique l'amour de l'artiste pour les fleurs et les femmes.
J'ai complété mon parcours dans le monde de Gustav Klimt par des livres d'activités proposés aux enfants aux Editions Palette et Happymuseum.
Un beau Dimanche à Vienne pour entrer dans le jardin secret de ce peintre fantaisiste, valser avec ses fascinantes déesses aux bijoux d'or et arabesques, dans un verger enchanté, à rêver à la douceur d'un baiser...
Merci à mon amie et bienvenue à sa fille Paloma.

vendredi, 06 novembre 2009

Swap au long cours

 

Troisième rendez-vous du Swap au long cours organisé par Bladelor: l'Automne! Ma saison préférée...

Katell ma binômette m'a amplement gâtée! La maison s'est réchauffée des parfums, couleurs et saveurs d'automne à l'arrivée du colis.Ce swap au long cours ponctue chaque saison d'une immense joie.

Côté lectures: La Tournée d'Automne de Jacques Poulain,La Passion  selon Juette de Clara Dupont-Monod, Novembre de Flaubert, Je voudrais tant que tu te souviennes de Dominique Mainard, Autumn de Delerm (le seul que je n'avais pas dans la bibliographie de cet auteur!), Légendes d'Automne de Jim Harrison.

Pour le petit korrigan: Maintenant que tu sais d'Anne Crausaz...un bijou cet album jeunesse!

De bons moments de lectures en perspective pour ces belles soirées d'automne,des feuilles des berges du Trieux plastifiées en guise de marque-pages, les pieds dans mes chaussons tout doux, un thé Roobios Halloween succulent, des chocolats à gogo,des bulbes à planter, des senteurs de cannelle, orange, deux petits savons qui s'ajoutent à ma collection, des fruits décoratifs ...Une profusion de saveurs, d'odeurs et de délices!!!

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UN IMMENSE MERCI KATELL!

Merci à notre gentille organisatrice Bladelor.

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jeudi, 05 novembre 2009

Céleste de Gaëlle Callac et Marie Desbons

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(Photos issues du site de Marie Desbons)

L'histoire en quelques mots :

 

Céleste, une jeune allumette ne rêve que d'une chose : briller.
Après avoir songé aux moments merveilleux qu'elle pourrait vivre,
elle sort enfin de sa boîte.
L'avenir lui réserve bien des surprises et sa route n'en sera pas moins lumineuse.

"Céleste, Une étoile dans la nuit" est un hommage au célèbre conte d'Andersen :
"La petite fille aux allumettes".
Cette histoire est celle de la dernière allumette qui illumina la vie de la fillette.
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L'album se présente comme une boîte d'allumette avec un étui,
les grattoirs sur les tranches
et l'intérieur de la boîte représentée sur la couverture du livre .

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J'ai adoré cet album! L'intertextualité avec le conte d'Andersen est judicieusement trouvée. Les illustrations de Marie Desbons sont belles, si douces, j'aime beaucoup son univers de création.Et puis on s'attache vite à cette petite allumette Céleste!
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Merci mon frère pour ce beau cadeau.

 

 

mardi, 03 novembre 2009

Boris Vian

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Ce mois-ci, nous avions rendez-vous avec l'auteur Boris Vian dans le cadre du Blogoclub de lecture.
J'avais un bon souvenir de L'Ecume des jours mais je ne souhaitais pas relire cette oeuvre actuellement.
J'ai donc emprunté le recueil des oeuvres de Vian et parcouru les préfaces afin de déterminer mon choix, je me suis intéressée à L'Arrache-Coeur.
Jacquemort, un psychiatre, est à la recherche de sujets à psychanalyser. En arrivant dans un village, il entend des cris et se précipite à l’intérieur d’une ferme. Il aide Clémentine, une jeune femme au caractère hargneux, à accoucher de "trimeaux" . Il libère ensuite le mari, enfermé depuis des mois par sa femme, qui lui reproche les douleurs de l’enfantement.Ce dernier construit un étrange bâteau. Par la suite, s’installant chez ses hôtes, il découvrira en Clémentine, une mère de plus en plus étouffante pour ses enfants, et au village, les horreurs les plus abjectes : la foire aux vieux, les jeunes apprentis frappés jusqu’à la mort, le curé malmené, lui-même n’étant pas sans reproche. Chacun se libérant de sa honte en la confiant à un homme, La Gloire, contre de l’or qu’il ne peut utiliser.
J'avoue avoir eu quelques difficultés à poursuivre ma lecture, tant le roman est truffé d'horreurs. Boris Vian met en scène des personnages sombres en dénonçant le caractère manichéen et lugubre de chacun. Je n'ai pas retrouvé la poésie de L'Ecume des jours, le style est fort singulier,mêlant néologismes et figures de style mais ma lecture fut laborieuse et ce roman est devenu pesant. J'apprécie la dénonciation de l'auteur pour les travers de la société, de la religion, de la psychanalyse mais ce roman ne m'a pas emportée. J'attendais beaucoup plus de L'Arrache-Coeur, notamment sur la relation de Clémentine à ses enfants.
Je pense néanmoins poursuivre avec les nouvelles de Boris Vian ou la relecture de L'Ecume des jours car ce roman m'a laissée perplexe.
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Tous les avis sur cette lecture autour de Boris Vian sont chez Sylire et Lisa.Rendez-vous le 1er Janvier avec l'Italie à l'honneur pour le titre de Primo Levi Si c'était un homme.
                                  blogoclub

samedi, 31 octobre 2009

Joyeuse fête de Samhain

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Je ne fête pas Halloween mais j'attache de l'importance à la symbolique de la fête de Samhain dans le calendrier païen.
Samain (le mot s'écrit Samhain en Irlande, Samhuinn en Ecosse et Sauin sur l'île de Man) est la fête religieuse qui célèbre le début de la saison « sombre » de l’année celtique (pour les Celtes, l’année était composée de deux saisons : une saison sombre et une saison claire). C’est une fête de transition , le passage d’une année à l'autre . Elle est mentionnée dans de nombreux récits épiques irlandais car, de par sa définition, elle est propice aux évènements magiques et mythiques.
Pas de monstre ni de vampire chez Mirontaine mais un petit rituel de transition pour honorer ce 31 Octobre. J'aime les arbres, j'ai donc choisi l'arbre du petit Korrigan, dans mon jardin, pour déposer tout ce que je souhaitais lui confier.
                             
En pensée avec mon amie canadienne Nolwenn.
Découvrez la playlist Enya avec Enya

Défis!

Je suis inscrite au challenge de Mariel, J'aime les classiques! Un classique par mois, ça tombe bien, je souhaite me replonger dans les grands classiques du théâtre... 
                                                             

Bladelor lance le challenge Lire en VO

 Allez chez Bladelor
, je choisis pour ma part l'italien afin de poursuivre mon défi personnel de littérature italienne!

 

vendredi, 30 octobre 2009

Dans l'or du temps de Claudie Gallay

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J'avais envie de soleil, de  poésie et de découverte. J'ai donc choisi ce roman de Claudie Gallay Dans l'or du temps, offert par Katell, lors du swap d'été.
Ce roman est un voyage initiatique entremêlant personnages romanesques et personnalités du monde artistique: Breton, Braque et Guggenheim. Une vieille dame, Alice berthier, depuis sa maison perdue de Haute-Normandie, nous confie par petites touches les mystères de sa vie. C'est grâce à son confident, un homme trentenaire, vacancier déboussolé , que l'on appréciera les secrets de cette femme qui s'est tue depuis bien longtemps et de cet homme qui se tait trop souvent.
Claudie Gallay met en parallèle cette dissolution du couple en vacances au bord de mer, de cet homme fuyant sa femme Anna et ses filles pour retrouver cette femme âgée, unis par l'amour de l'art amérindien.
Ce livre est aussi délicat qu'une perle, il semble façonné comme les statuettes indiennes de la tibu Hopi. J'ai apprécié sa lenteur, sa nonchalence dans le style elliptique des phrases dépouillées.
Alice est pleine de sagesse, j'aime sa façon de fuir les questions embarassantes.Claudie Gallay livre  les interrogations des personnages sur le temps qui s'écoule, sur la beauté de l'or du temps.
Un très bon moment de lecture, je suis heureuse d'avoir découvert cet auteur et puis... je ne pouvais refermer ce billet sans évoquer l'émotion suscitée par la dédicace.
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Merci à Katell et à l'auteur Claudie Gallay pour ce beau cadeau.

vendredi, 23 octobre 2009

Une jolie bannière!

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Une petite bannière pour Le monde de Mirontaine afin d'illustrer ce fil de vie!
Sur le fil... les piles de livres, une femme enfant funambule qui avance légère et souriante, des petits oiseaux prêts à s'envoler comme les billets plus personnels de Mirontaine. Ils se posent momentanément sur le fil puis disparaissent pour ne laisser place qu'aux billets littéraires.
Un fil tendu entre les récits livresques et la force tranquille de l'arbre de vie.
Merci à la talentueuse et patiente Damouredo ^_^.

jeudi, 22 octobre 2009

Le Poisson de Jade et l'épingle au phénix

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 Voici un petit conte chinois anonyme du XVII ème siècle qui raconte l'histoire d'un couple aux moeurs légères. Ce petit conte est libertin  et poétique, il alterne prose et poésie pour relater le parcours d'un jeune homme de dix-huit ans,étudiant et orphelin , nommé Xu Xuan.
Le Poisson de jade et l'épingle au phénix nous livre sa rencontre avec Rongniang, sa voisine. A partir d'un rêve commun, le conte tisse une histoire d'amour et d'adultère . Xu Xuan sera condamné.
Ce petit conte nous offre de très bons moments de poésie:
Dessus le pavillon, les belles entrevues
Ont égaré mes sens, troublés à leur insu.
Un vol par trop goûteux gâte-t-il pas la fleur?
Papillons de Printemps: modère-t-on leurs ardeurs?
Ce coeur qu'amour embaume, las! à qui le confier?
A de longues rêveries, je l'ai abandonné.
Ces rires tendres et doux se troublent et disparaissent,
Laissant, indifférents, ce coeur qu'un mal oppresse.
J'ai passé un agréable moment de lecture avec ce conte offert par Katell lors du swap d'été,un beau voyage dans la Chine du XVII ème siècle, période féconde de la production romanesque chinoise que je connais peu, merci!

samedi, 17 octobre 2009

La Cucina de Lily Prior

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Ce roman de Lily Prior évoque la vie de Rosa Fiore, dans la campagne sicilienne, juste avant la seconde guerre mondiale. Elle va quitter la cuisine familiale, après le meurtre de son premier amour, pour s'émanciper à Palerme. Rosa exerce alors le travail de bibliothécaire et voue une véritable passion pour la cuisine. Sa rencontre avec "l'Inglese" va lui ouvrir la voie de la sensualité et des plaisirs pantagruéliques.
Ce livre est un hymne à la rusticité de la campagne et à la cuisine sicilienne. J'ai particulièrement apprécié l'évocation épique de la Sicile, la richesse de sa terre et la présence en demi-teinte des Hommes de la Mafia. Je trouve cependant dommage que nous ne puissions retrouver en annexe les recettes siciliennes de Rosa, toutes ces recettes qui honoraient  les repas dominicaux ches mes grands-parents siciliens... 
Une très belle invitation au voyage et à la gastronomie!
Roman traduit par Marie-France Girod.
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Livre lu dans le cadre de l'opération Masse critique Babelio, je remercie  Hachette livre et Guillaume pour l'envoi.
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Ce livre m'a donné l'envie de revoir le film "Chocolat" de Lasse Halström avec J. Binoche adapté du roman de Joanne Harris et de me plonger dans ce magnifique livre de recettes de Giada de Laurentiis
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                                 (Ringratio mio fratello!) 

lundi, 12 octobre 2009

La Mélodie des tuyaux de Benjamin Lacombe.

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Je l'attendais avec impatience le dernier album de Benjamin Lacombe! Il raconte l'histoire du petit Alexandre qui grandit au coeur d'une ville austère, avec des parents tristes et sévères. Son avenir sera celui de l'usine comme les générations précédentes.
Quand arrive au coeur de la ville, la troupe des  gitans et leur chapiteau: un festival de couleurs pour Alexandre et une jolie rencontre avec Elena. La belle andalouse lui ouvre les portes de son monde et notre petit Alexandre se découvre alors un don pour la musique.

 

Ce conte musical est magnifique, on voyage au fil des pages. Les illustrations de Benjamin Lacombe sont foisonnantes d'idées, chaque page est un festival de couleurs.

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 Les rythmes des chansons ( interprétées par Loris Vallois, J.B. Marino, Alex El  Rubio) vous emportent et la voix mélodieuse d'Olivia Ruiz donne la bonne tonalité à cette belle aventure.On l'écoute en boucle!

 

Le contraste entre le monde gris de la ville et celui  chatoyant des roulottes est impressionnant.

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Je suis très sensible au fait que le monde des gitans soit mis à l'honneur, j'ai hâte de pouvoir lire cet album aux enfants du voyage que j'accompagne ...

Un très bel hymne à la liberté de création, à la différence et à la tolérance également!

"-Ce ne sont pas des voleurs. Ce sont des artistes. Et moi, je veux être comme eux."

Merci à mon frère pour ce beau cadeau.

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Petit korrigan a sorti sa guitare!
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dimanche, 11 octobre 2009

Quelque chose en lui de Bartleby de Philippe Delerm.

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M. Spitzweg est un "'banal" employé de La Poste. Il vit modestement à Paris, une vie très calme. C'est un contemplatif; il semble d'une autre époque, il aime prendre le temps de regarder, de marcher dans Paris. Comme son auteur, il a le plaisir des choses simples (un café sur une terrasse), voyager à travers les livres, pique-niquer au bord de la Seine.
Malgré tout, M. Spitzweg va créer son blog; d'abord sous son propre nom, ce qui n'attirera que quelques collègues puis sous le titre "antiaction.com". Arrive alors une pluie de messages variés mais surtout de beaucoup d'admiratrices. Son site fera même le sujet d'une chronique sur France-Inter et pour finir d'une offre de contrat pour la publication de son histoire.
Je suis toujours en admiration devant la plume de Philippe Delerm. J'ai aimé les déambulations parisiennes d'Arnold Spitzweg, cet "archétype de l'homme moyen, banal, interchangeable." 
 En médiocre voyageur, il nous offre le plaisir de voir le temps passer, véritable anachronisme parisien.Il connaît "son pays mental", s'appuie "sur le coussin des jours" et évoque la banalité du quotidien avec beaucoup d'humour et de finesse.C'est un homme vélléitaire, à la manière de Bartleby (Melville) ou encore de Frédéric Moreau(L'Education sentimentale de Flaubert). Le roman s'ouvre sur une évocation du film de Woody Allen Manhattan, que j'ai revu en parallèle de ma lecture. Arnold est heureux de pouvoir mettre en lumière "son Paris".
J'ai aimé ce roman mais il m'a semblé court, aussi courts que puissent être les billets d'un blog. Je pense intimement que Delerm a survolé volontairement cette question de l'écriture blogguesque pour nous offrir des pépites sngulières du minimalisme positif qui lui est propre.
 Et toujours, au hasard des lignes, des jolis moments de poésie:
"La vie nous tient en laisse, mais nous donne parfois comme un bonheur de labrador: on ne détache pas le lien: on le porte insolemment, c'est presque mieux que la liberté pure."

"Pour sa part, Arnold ne trouvait pas d'antinomie entre sa disposition à vivre des petites bulles de temps arrêté et le désir de les prolonger, de les authentifier avec des mots. Peut-être parce qu'il ne pouvait prétendre au style ? Il posait les mots comme ils lui venaient sans réel effort et sans recherche. Il éprouvait à l'inverse des grands écrivains voués au silence la délicieuse sensation de multiplier le pouvoir du présent par la tentation de le dire."
Et puis, j'ai aimé les clins d'oeil au fils...Vincent...L'Heure du thé...
Découvrez la playlist Vincent avec Vincent Delerm

mardi, 06 octobre 2009

Bienvenue à Louise...

Une très belle animation à partir de l'album Il faudra d'Olivier Tallec et Thierry Lenain( Ed. Sarbacane) pour honorer la naissance de ma nièce Louise cette nuit.    
                                

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dimanche, 04 octobre 2009

Le Magicien d'Oz de L. Frank Baum

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Cette semaine, j'ai lu un billet de    Leiloona  avec plaisir et nostalgie. Je me suis souvenue de mon album de petite fille, une version illustrée du Magicien d'Oz de L. Frank Baum aux Editions Fabbri, paru en 1961 et illustré par Maraja.
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Je passais des heures dans ma chambre de petite fille à regarder ces illustrations.
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Je n'évoque pas le texte volontairement, je vous renvoie au billet de Leiloona.
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Je garde tellement en mémoire toutes ces images qui ont sollicité mon imagination.
Ce livre m'emportait dans mon pays imaginaire, j'inventais des histoires car il me semble que je ne savais pas encore lire au moment où mon papa me l'a offert au retour d'une brocante...probablement mon plus beau cadeau, celui qui ouvrait le bal des plaisirs de la lecture.
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Un très bel album que j'ai relu cette semaine en partageant mon plaisir avec un petit korrigan émerveillé.
Pensée pour Emmyne ;)

mercredi, 30 septembre 2009

Déloger l'animal de Véronique Ovaldé

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"Dans le couchant d'une ville blanche, lumineuse et brûlante, une enfant attend le retour de sa mère. Sur les toits d'un immeuble au sommet de son monde, elle perçoit les bruits d'ailleurs et ceux de l'intérieur. Mais ce soir-là, au-delà du scintillement des vagues, l'angoisse est infinie : la mère ne revient pas. Le cliquetis de ses talons aiguilles, l'éclat synthétique de sa perruque blonde, l'acidulé de ses vêtements, le velours de sa voix ne sont plus. La belle a disparu et l'enfant est perdue.

Face à l'insouciance de son père, à l'inquiétante inertie des adultes, la petite Rose va réinventer l'histoire...

Un roman magnifique sur la confrontation de l'enfance absolue à l'aridité des choses. Sur ce passage étroit et tumultueux, cet instant précis où l'imaginaire se met à façonner la vie rêvée, où l'alchimie de l'adolescence entre en scène pour inscrire nos vies aux abords du chemin."

 

Je découvre avec plaisir la plume de Véronique Ovaldé. J'aime beaucoup cet univers fantaisiste et onirique, même si la quête de Rose est si âpre, l'écriture embellit innocemment son parcours.

J'ai retrouvé des similitudes entre la petite Manon de Maud Lethielleux ( Dis oui, Ninon ) et Rose ,comme deux soeurs...Véronique Ovaldé enchante la réalité, c'est merveilleux! 

Un très bon moment de lecture.

Découvrez la playlist Emily Loizeau avec Emily Loizeau

 

Un Roman français de Beigbeder.

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Ce roi du marketing n'a pas ma faveur.Je lis parfois sa chronique dans le magazine Lire. Néanmoins, j'étais curieuse de lire cette autofiction même si Beigbeder choisit d'annoter "roman " en sous-titre.

Ce roman commence par la garde à vue dont a été victime l'auteur, pris en flagrant délit de prise de cocaïne. Sa garde à vue se prolonge 48 heures dans des conditions particulièrement difficiles et ce sera l'occasion pour lui de revenir sur sa vie et d'avoir l'idée de ce livre. De cette enfance aisée il ne lui reste que quelques bribes de souvenir. Pourtant ceux-ci reviennent peu à peu au fur et à mesure qu'il évoque ses grands-parents de la haute bourgeoisie basque de droite mais qui ont quand même hébergé des Juifs pendant la guerre. Son père épouse une jeune fille issue de la noblesse , et Frederic et son frère naissent à Neuilly avant de déménager dans différents appartements du XVIème. Mais le divorce de leurs parents, caché pendant plusieurs années, scindent leur vie en deux entre la vie mondaine et exubérante de leur père et celle, calme, de leur mère.

La garde à vue est un prétexte à cette mise au point sur sa propre vie. A la manière d'Annie Ernaux dans Les Années, il reproduit tel le  peintre impressionniste quelques bribes de sa vie. Une auto analyse sensible de Beigbeder et de la société française dans sa nouvelle donne des familles explosées.

« Je n’ai jamais écrit que les histoires d’un homme sans passé : les héros de mes livres sont les produits d’une époque d’immédiateté, paumés dans un présent déraciné – transparents habitants d’un monde où les émotions sont éphémères comme des papillons, où l’oubli protège de la douleur. »

 

Je voulais juger par moi-même...voilà qui est fait! Je pensais que ce livre allait me réconcilier avec le personnage, il subsiste quelques très bons passages mais  si l'enfermement est propice à l'écriture, je vous conseille plutôt de relire  Cervantès, Voltaire, Verlaine,  Dostoïevski, Genet ou encore Céline…

Merci Catherine!

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Catherine... Une amie rencontrée dans une salle d'examens, nous planchions six heures sur une composition française, trois jours d'écrits , nos bribes de conversations dans cette salle de concours, nos numéros  de téléphone échangés, des retrouvailles à la FAC de Lille, ta visite à la maternité pour la naissance de mon fils et nos longues heures de conversations téléphoniques...
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Tes bons mots au dos de cette carte si judicieusement accompagnée...
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Grâce à toi, Octobre sera encore plus doux...
Petit Korrigan a retrouvé une nouvelle histoire de Balthazar!
MERCI gentille fée ...

vendredi, 25 septembre 2009

Dis oui, Ninon de Maud Lethielleux.

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C'est l'histoire d'une petite fille, Ninon, avide de liberté. Elle a choisi de vivre chez son papa Fred car sa maman Zélie se reconstruit. Pour Ninon, le quotidien n'est pas facile et madame Kaffe vient se mêler de sa petite vie. Pourtant son papa est velléitaire: construire une maison, vendre ses fromages et chanter l'amour avec sa guitare.

« C'est drôle, j'ai l'impression d'avoir grandi tout à coup. Ça fait mal au ventre de grandir, ça fait un noeud tout serré au milieu du ventre, c'est à cause des intestins qui grandissent aussi. C'est très triste de grandir, ça donne envie de pleurer sans larmes. »

Ninon évolue dans ce monde fragile, elle  se fait acrobate des mots pour nous révéler sa quête de liberté.
« Le vrai bonheur … il est dans l'instant du présent, c'est comme une conjugaison qu'on a rien compris, il ne se conjugue pas au futur imparfait, il est parfait d'ailleurs, il est toujours là où on s'y attend pas. Il faut juste ouvrir les yeux »
Ce roman multicolore est magnifique. La petite Ninon, princesse des mots bohème , nous emporte.
« C’est drôle un paysage sans contours, quand on ne voit que les virages et quand les arbres sont perdus dans les nuages, ça fait comme dans ma tête quand je veux tout oublier. A ces moments-là, on me dit que je suis tête en l’air ou que j’ai la tête dans les nuages, oui, c’est ça exactement, je mets du brouillard tout autour de mes pensées et comme ça, je les oublie."
La voix de Ninon me rappelle celle d'une petite fille qui m'écrivait l'an dernier depuis sa caravane. Elle pratiquait l'école buissonnière et semblait heureuse d'avoir "une maîtresse en pyjama" .

« Dis oui, Ninon » est le premier roman de Maud Lethielleux.
Maud est musicienne et metteur en scène .
Ici le blog de Maud.


 

dimanche, 13 septembre 2009

Swap au long cours

Vous vous souvenez du Swap au long cours? Il est organisé par Bladelor (Oceanicus in Folio), son principe est le suivant: un swap thématique pour honorer chaque saison.

Avec un petit train de retard mea culpa, ma binôme Katell (Chaperlipopette) et moi avons honoré ce deuxième épisode du Swap au long cours.

Côté lecture, un choix judicieux pour illustrer la belle saison: Dans l'or du temps de Claudie Gallay (je vais enfin découvrir la plume de cet auteur) et Les Invités de l'île de Vonne van der Meer.  

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Sous une jolie pochette réalisée à la main, se cachait un conte chinois Le poisson de jade et l'épingle au phénix.   

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Du côté des délices, deux délicieux thés Mariages frères et de succulentes confitures "maison" aux saveurs estivales.

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Comment faire plaisir à une passionnée du monde des fées et une collectionneuse de petits savons? de cette manière...

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Katell a même pensé au petit korrigan! Sur un lit de bonbons, l'album magnifique  Le Petit bonhomme des bois de Martine Bourre et Pierre Delye. J'adore sa ritournelle et petit korrigan est très attentif pendant la lecture (Elle est gentille maman ta copine "saperlipopette"!).     

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J'aime la conception de ce swap, l'échange au long cours, la découverte d'une bloggueuse, apprendre à la connaître, prendre le temps de lui faire découvrir d'autres horizons littéraires et mettre à l'honneur chaque saison. Le défi est brillamment réussi pour Katell.Merci beaucoup et bravo pour tous ces choix si judicieux.

Qu'importe les dates, honorer l'été à la veille de l'automne c'est merveilleux, c'est la belle saison qui perdure...

Un grand merci à Bladelor pour sa patience et sa compréhension, merci à Katell pour avoir illuminé le fil de la vie.

            

L'Usage de la photo d'Annie Ernaux

 

 

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("Les ornements sacrés" actuels de Mirontaine)

 

 

 

 


"Souvent, depuis le début de notre relation, j'étais restée fascinée en découvrant au réveil la table non desservie du dîner, les chaises déplacées, nos vêtements emmêlés, jetés par terre n'importe où la veille au soir en faisant l'amour. C'était un paysage à chaque fois différent. Je me demande pourquoi l'idée de le photographier ne m'est pas venue plus tôt. Ni pourquoi je n'ai jamais proposé cela à aucun homme. Peut-être considérais-je qu'il y avait là quelque chose de vaguement honteux, ou d'indigne. En un sens, il était moins obscène pour moi de photographier le sexe de M. Peut-être aussi ne pouvais-je le faire qu'avec cet homme-là et qu'à cette période de ma vie."



Annie Ernaux est née à Lillebonne et elle a passé toute sa jeunesse à Yvetot, en Normandie. Agrégée de lettres modernes, elle a enseigné à Annecy, Pontoise et au Centre national d'enseignement à distance.(C'est une ancienne collègue  ;)) Elle vit dans le Val-d'Oise, à Cergy.

 Né en 1962 à Boulogne-Billancourt, Marc Marie passe son enfance à Bruxelles. Après des études de lettres modernes, il partage son temps entre écriture, travail en entreprise et piges journalistiques à Paris. Il vit aujourd'hui en Normandie.

J'ai beaucoup aimé ce livre,je me souvenais d'un plaisir de lecture avec Journal du dehors d'Annie Ernaux et j'ai retrouvé ce même plaisir avec ce livre au sujet plutôt original...

J'aime sa façon de mettre en scène un corps souffrant au fil des photos,un corps néanmoins digne d'amour caché sous des "ornements sacrés".Comme il est facile de paraître...(et heureusement parfois!)

J'aime relire ce passage:

"Je me suis demandé si les soldes ne constituaient pas la forme enchantée de l'avilissement des gens par le capitalisme,de la profanation des choses et du travail-si mal payé- dont elles sont le produit.Et j'ai pensé d'une façon tendre aux compositions  de nos vêtements abandonnés après l'amour,si loin de ces entassements anonymes.Les photographier m'a paru une dignité rendue à ces choses que l'on met si près de soi,une tentative d'en faire,d'une certaine façon,nos ornements sacrés."

 

Les Mots maléfiques d'Audren

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Depuis que sa maman est tombée malade un mardi matin du mois de Mars, Mateo a décidé de supprimer de sa vie tous les mots maléfiques commençant par « ma ». Mateo a convaincu ses amis de l’appeler « Harry ». Désormais, il est impossible de lui faire manger des macaronis ou des marshmallows, comme de l’interroger en cours de maths… Jusqu’au jour où la maîtresse présente à la classe une nouvelle venue. La petite fille ressemble à une fée. Triple malheur ! Elle s’appelle Marie-Maëlle Martinez !
Une jolie découverte...ce petit livre est riche d'enseignements et commente merveilleusement le pouvoir des mots...oserais-je dire des maux?
Audren a réussi à aborder un sujet sensible avec humour, délicatesse et bon sens.
Voici quelques extraits:
"Il n'y a pas de prénom maléfique, pas de mots porte-malheur. C'est la vie qui fabrique parfois de mauvaises surprises! Mais toi, Matéo, tu ne sais concocter que de merveilleuses surprises!"
"Pouquoi les philosophes réfléchissent au sens de la vie puisque la vie n'a qu'un sens, un sens unique? On naît, on vit, on meurt. On avance tous dans la même direction. Ce n'est pas possible de revenir en arrière et c'est tant mieux, parce qu'en arrière c'était gris, triste et effrayant. Un cauchemar. Aujourd'hui, c'est doux, léger, réjouissant et coloré."
Merci à Stephie pour ce livre offert à l'occasion du swap de littérature jeunesse.

dimanche, 06 septembre 2009

La première main de Rosetta Loy

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"Il y en a trois, des mains. La première est la plus belle, elle a entrelacé ses doigts aux miens, chaude, forte. Une main à la Michel-Ange, aux ongles bien dessinés." C'est une histoire uniquement de gestes où les paroles privées de sens sombrent dans le néant. Et le désir reste impossible à combler, enfantin et adulte à la fois comme s'ils appartenaient, ces gestes, à une petite fille mais aussi à son contraire. Une petite fille solitaire et qui a faim de gratifications, et une adulte ingénieuse, experte. Même les odeurs sont des vagues qui vont et viennent et portent en elles tendresse et ténèbres, les narines les suivent comme si elles marquaient une piste pour s'orienter dans cette forêt de silences. L'amour est au centre de ce récit. Paris, Rome, Venise, les années se superposent, mais le regard de la petite fille est le même que celui de la femme qu'elle est devenue. Si aiguisé, si précis, si intuitif, si vrai.
Je souhaitais découvrir cette figure majeure de la littérature italienne: Rosetta Loy.
Avec sa prose tour à tour légère ou grave, son humour, son attachement tout particulier aux détails, dôtée d'un style élégant et sensible, Rosetta Loy nous fait découvrir la profondeur des choses au fil d'un quotidien d'une apparente transparence. Elle excelle dans la description des époques, des lieux. Elle fait revivre les grands moments de l'histoire italienne des années 30 à celles des années de guerre.
Elle fait palpiter ce qui  constitue l'essentiel des vies. Elle évoque plus qu'elle ne dit avec gravité ou tendresse  l'image indestructible d'un père, cette "première main" tant aimée.
 
« Il y en a trois, des mains. La première est la plus belle, elle a entrelacé ses doigts aux miens, chaude, forte. Je la gardais serrée des après-midi entiers quand nous nous regardions dans les yeux ou encore quand nous nous embrassions dans la petite salle sur le côté du bar des Neufs Muses (…)Une main michelangélesque, aux ongles bien dessinés. Une main qui protège et qui rassure. Impropre aux travaux qui demandent adresse et légèreté mais capable d’accueillir toutes les angoisses dans sa paume chaude. »
Cette première main du père m'a rappelé en mémoire celle de mon grand-père Giuseppe...une main serrée avant son grand départ pour me souhaiter un beau mariage.
Je vous invite à lire ce beau témoignage traduit par Françoise Brun.
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samedi, 18 juillet 2009

Les Années d'Annie Ernaux

Récemment, je lisais l'éditorial du magazine Lire écrit par François Busnel sous la forme d'une carte postale.J'ai retenu ses propos: "[...]il va de soi qu'il y a de bonnes et de mauvaises façons de lire. Un souci, une contrainte, un ennui, une contrariété et voilà notre lecture insidieusement affectée.Ce qu'il y a de fantastique, avec la lecture, c'est qu'elle dépend en grande partie de nos humeurs." 

J'ai commencé le livre d'Annie Ernaux Les Années le 25 mai, je l'ai refermé cette nuit le 17 Juillet. Ce livre m'accompagne depuis des semaines, de ma maison à la campagne, dans la chambre bleue, chez mes parents, puis à la clinique, je l'ai abandonné à deux reprises sur une table de chevet pour descendre au bloc opératoire. Je suis contente que ce livre ouvre la parenthèse...

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 C'est étrange de souligner l'émotion suscitée par ce livre tandis que l'auteur, Annie Ernaux, affectionne l'"écriture blanche", "plate" diront certains. Elle nous livre une autobiographie impersonnelle, le "je" s'efface pour le nous et nous ne faisons plus qu'un avec l'auteur. Annie Ernaux choisit douze photos (qui nous rappelle  L'Usage de la photo) pour offrir le récit d'une vie, sa vie et l'histoire sociale d'une époque. Dès lors, son vécu singulier devient collectif. Ce livre est le travail d'une vie, de notes réunies au fil du temps. A partir de ses notes, des photos, elle restitue l'époque, ses valeurs, son langage, son rapport à la  consommation, la sexualité, la politique, la condition féminine...et tant d'autres questions encore de 1941 à 2006. On attend l'année de notre naissance et on partage avec Annie le secret de ces années, de ce passé commun, de toutes ces anecdotes. Je retiens notamment celle du thalidomide,médicament retiré du marché pharmaceutique pour les malformations foetales qu'il induisait dans les années 50 , réhabilité aujourd'hui...Reposer le livre d'Annie Ernaux sur la table de chevet, celle sur laquelle reposait mon thalidomide il y a quelques années... repenser également à son commentaire sur ma copie de composition française l'année de mon CAPES, lorsqu'elle enseignait au CNED.

Ce livre m'est précieux pour sa qualité littéraire, sa richesse et l'écho qu'il renvoie par petites touches à ma propre vie.

Merci Annie Ernaux.

 

"Elle voudrait réunir ces multiples images d'elle, séparées, désacordées, par le fil d'un récit, celui de son existence, depuis sa naissance pendant la Seconde Guerre mondiale jusqu'à aujourd'hui. Une existence singulière donc mais fondue aussi dans le mouvement d'une génération."

"La forme de son livre ne peut donc surgir que d'une immersion dans les images de sa mémoire pour détailler les signes spécifiques de l'époque, l'année, plus ou moins certaine, dans laquelle elles se situent - les raccorder de proche en proche à d'autres, s'efforcer de réentendre les paroles des gens, les commentaires sur les évènements et les objets, prélevés dans la masse des discours flottants, cette rumeur qui apporte sans relâche les formulations incessantes de ce que nous sommes et devons être, penser, croire, craindre, espérer. Ce que ce monde a imprimé en elle et ses contemporains, elle s'en servira pour reconstituer un temps commun, celui qui a glissé d'il y a si longtemps à aujourd'hui - pour, en retrouvant la mémoire de la mémoire collective dans une mémoire individuelle, rendre la dimension vécue de l'Histoire."

mercredi, 08 juillet 2009

Swap littérature jeunesse

Je me suis inscrite au swap littérature de jeunesse organisée par Ori et Charlotte au choco avec enthousiasme. J'avais même programmé mon réveil pour être certaine d'en faire partie! Cette idée de me concentrer à nouveau sur la littérature jeunesse me séduisait. Puis j'ai fait la connaissance de ma  swappée Stephie, nous avons vite échangé quelques mails, nous découvrant des passions et un métier communs.

Puis la boîte à bonheur arriva...

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Je l'ai conservée emballée pendant plusieurs jours, car j'attendais une mauvaise nouvelle. Très vite, j'ai décidé que cette boîte serait le réconfort idéal et je l'ai ouverte ...
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Stephie a bien retenu mon  admiration pour le travail de l'illustratrice Marie Desbons: un beau cahier de coloriage qui m'accompagne au quotidien, un cahier ligné et une très jolie carte .
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Pour le petit korrigan, grand fan des loups, un beau titre de Mario ramos C'est moi le plus beau, puis une collection que j'aime beaucoup Bon appétit d'Edward Lear pour familiariser l'enfant à la poésie anglaise.
Un joli marque-page à l'effigie  du petit chaperon rouge et du loup!
Petit korrigan a aimé la carte faite par le petit homme de Stephie, j'aime beaucoup les réalisations d'enfants.
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Je souhaitais découvrir  Audren et Stephie a choisi Les Mots maléfiques, il me semble que c'est pour ce titre en particulier que je souhaitais lire cet auteur .
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Et puis des douceurs mais ...elles ont vite disparu! particulièrement les berlingots saveur barbe à papa et les sucettes! La confiture : un délice!
Je garderai un grand souvenir de ce swap comme une jolie boîte à bonheur.
Merci beaucoup Stephie, Ori et Charlotte pour l'organisation, votre patience et votre compréhension.
Ce swap fut un concentré de couleurs dans des jours gris, un moteur pour retrouver mon fils la boîte sous le bras avec tous ces trésors, du bonheur tout simplement.
La vie est très belle, il suffit juste de lui apporter toutes les couleurs!
Merci à la très gentille coloriste Stephie .
  

samedi, 04 juillet 2009

Le retour?

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Mais que fait Mirontaine? elle s'est perdue en Normandie?
Non ... non... elle a une nouvelle parenthèse qui s'ouvre dans sa vie, celle d'un autre combat, par pudeur elle n'en parlera pas .
L'opération s'est bien passée, le protocole de soins va débuter.
Puisse ma PAL m'aider à gravir cette montagne.
Je reviens vite mettre à l'honneur le swap jeunesse reçue de la part de Stephie, publier mon billet pour babelio et puis tant d'autres choses encore.
La vie apprend la patience, les rires de mon fils apportent force et dynamisme .
Merci pour vos mails et messages de soutien.
Cette parenthèse sera remplie de lectures, j'en suis certaine.
A très vite.

vendredi, 22 mai 2009

Blog en pause

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(Yumiyumi)
Prendre la route.
Partir quelques jours chez des amis avant le bal de lundi!
Retrouver la mer, le grand air, savoir profiter des bons moments lorsqu'ils sont présents...
Prendre du bon temps tout simplement!

mercredi, 20 mai 2009

Je l'aimais...

Gavalda 001.JPGDéposer mon fils à l'école. Se rendre au cinéma seule. J'aime beaucoup les séances de ciné en solitaire. Observer les gens qui m'entourent. Ont-ils lu le livre? Le monsieur va-t-il s'endormir? Le jeune couple s'éclipsera avant la fin de la séance...
Retrouver Chloé et ses filles, Pierre et Mathilde, Françoise...Tous ces personnages d'Anna Gavalda découverts quelques années auparavant,pelotonnée dans le divan d'un petit appartement.
J'ai beaucoup aimé la mise en  scène, le rôle de Pierre magnifiquement interprêté par
Daniel Auteuil. 
Le désespoir de Chloé sublimé et magnifié.
L'émouvante confidence de Pierre m'a emportée.
Les escapades,les vols, les silences...
"On biaise, on s'arrange, on  a  notre petite lâcheté dans les pattes comme un animal familier.On la caresse, on la dresse, on s'y attache. C'est la vie. Il y a les courageux et puis ceux qui s'accomodent. C'est tellement moins fatigant de s'accomoder..."
Film réalisé par Zabou Breitman.
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La femme à venir de Christian bobin

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Albe a deux mois. Son père vend des assurances et peint des tableaux. Sa mère est une fugueuse.
Albe a dix ans, on vit ses émotions, ses joies, les absences ou les silences des êtres aimés, le père, la mère, le chat, un cheval noir.
A dix-sept ans, la joie attendue, le sourire contraint, la petite moue autour du sanglot.
Christian Bobin entonne quatre chansons , quatre périodes de la vie d'Albe dans une écriture poétique et bouleversante, un style concis et juste. La parole est retenue. Les confidences sont données par bribes, sa vie est chuchotée et on la suit jusqu'au phare breton...
Une belle existence de mots et de papier...
Merci Christian Bobin.
Je garde toujours des livres de cet auteur en attente, j'aime cette idée qu'il me reste toujours un "Bobin" à lire .
"Vers la mort, très chère nous allons. Tous.En dansant ou en boîtant,en riant ou en geignant, peu importe puisque c'est là que nous allons." C. B.

mardi, 19 mai 2009

La Dame blanche Christian Bobin

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Lire La dame blanche c'est découvrir l'âme en exil de cette poétesse américaine du 19 ème siècle. Christian Bobin se fait le double silencieux de la poétesse et nous propose une biographie tout en délicatesse. J'admire son esthétique de la brièveté, comme celle de la poésie d'Emily, tout en quatrains. Une parenté d'âmes semble relier Bobin et Dickinson. La pensée de l'un épouse la blancheur éclatante de l'autre.
Blanche et silencieuse, absorbée tout entière par ses passions jardinières et poétiques, Emily Dickinson ne sort jamais de son bourg d'Amherst dans le Massachussets. Elle écrit en silence des poèmes qui ne seront jamais publiés de son vivant. Elle vit en recluse, porte du blanc depuis la disparition de son père Edouard, entourée par sa mère meurtrie par les désillusions et Austin son frère tant aimé. On retrouve son double faible et sensible en la personne de son neveu Gilbert.
Christian Bobin se fait "orfèvre des mots" pour évoquer "la secrétaire des anges", "la sainte du banal".
Ce texte est magnifique.
Je relis en parallèle les quatrains d'Emily Dickinson...
"La poésie peut être une affaire vitale, l'apothéose de toutes lucidités, l'arrachement du bandeau que la vie met sur les yeux des vivants pour qu'ils n' aient pas trop peur à cet instant dernier qu'est chaque instant passant."
Christian Bobin.

lundi, 11 mai 2009

Intérieur de Philippe Delerm

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Elle se promène en librairie et elle aperçoit cette couverture: le dernier Delerm, Intérieur Une rencontre avec le peintre Hammershoi.
Qui est ce peintre? Ses tableaux me rappellent ceux de Vermeer.
Je me plonge dans la lecture, le temps d'une douce soirée.
Magnifique ! Je retrouve l'art de Philippe Delerm pour rendre beau l'infiniment petit, les choses si minimales deviennent poétiques. 
L'auteur nous propose d'éclairer à sa manière les tableaux du peintre,de leur donner vie cette fois par l'écriture. Il nous réapprend à observer.
Une très belle lecture.  
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On le connaît un peu en France surtout depuis la première retrospective de son travail qui a été faite au Musée d'Orsay de novembre 1997 à mars 1998.
Ce fut la découverte saluée unanimement, d'un peintre et d'une œuvre forte et originale.
La plupart de ses tableaux ont été peints de son appartement. À tous les sens du terme on peut parler d'une oeuvre d'"intérieurs". Tableaux très construits, austères, poètiques, utilisant peu de couleurs. On pense à C.C.Friedrich, à Vermeer, mais aussi à d'autres car ses tableaux contiennent beaucoup de modernité. . Quelques paysages épurés, beaucoup d'espaces vides, , de femme seule, la plupart du temps vue de dos (souvent représentant sa femme) (et qui lit un livre comme chez Hopper) et surtout ses célèbres pièces vides, intérieurs symboliques, peuplés des ombres qui s'y déplacent.
En étudiant la biographie de cet homme discret et solitaire, on découvre qu'il eut comme admirateurs Diaghilev, Rainer Maria Rilke (qui songea longtemps à écrire un livre sur sa peinture) et qu'il influença fortement le cinéma de Dreyer.
Grace à une gamme réduite de couleurs, tout est dans l'"intériorité". Un silence assourdissant, un enfermement dans la peinture pour s'évader du monde.

 Dans ses tableaux il supprime tout détail anecdotique, il en fait des espaces silencieux, dérangeants par leur vide.

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Edité chez Elytis.