mardi, 09 février 2010
Margherita Dolcevita de Stefano Benni.

Voici un livre coup de coeur!
Margherita a 15 ans, quelques kilos en trop et une passion pour la lecture et l’écriture - elle écrit des poèmes et coince sur la première phrase de son roman, qu’elle remanie continuellement. Entre ses parents hauts en couleur, son frère aîné, son grand-père, son chien et son amie imaginaire, tout se passe le plus normalement du monde jusqu’à l’arrivée de nouveaux voisins dont la maison, un gros cube noir, pousse en quelques jours, tel un champignon vénéneux. Hommage à l’esprit d’enfance et à la passion de la littérature - la Zazie de Queneau y côtoie Lolita de Nabokov, l’ombre de Shakespeare y croise celles d’Edgar Poe et de Boulgakov -, Margherita Dolcevita est aussi la dénonciation d’un monde qui se perd dans l’incompréhension, le racisme ordinaire et la culture de l’éphémère.
J'aime beaucoup le style de Stefano Benni, son aptitude à décrire de manière fantaisiste un monde similaire au nôtre pour dénoncer le capitalisme sauvage. C'est un pur moment de bonheur: ce roman dénonce les travers de notre société sous couvert d'une légèreté féérique. L'histoire décrite par Margherita Dolcevita s'apparente au conte, comme un miroir déformant notre société actuelle et le culte de l'éphémère et du commerce. Benni offre une ramarquable galerie de personnages comme autant de caricatures artificielles.
"Quand les enfants grandissent et deviennent adultes, ils comprennent très vite que ce qu’on leur avait dit quand ils étaient petits n’est pas vrai, et pourtant ils resservent à leur progéniture l’éternel mensonge: à savoir que tout le monde veut laisser aux enfants un monde meilleur – une rengaine qui dure depuis des siècles, et le résultat c’est la Terre, cette petite cloque de haine."
Face à un monde corrompu, décadent qui tend à pousser au désenchantement et au cynisme, Margherita, adolescente vive, intelligente, poétique et drôle, constitue une lueur d’espoir. Sa façon d'inventer des histoires m'a séduite:
"L'art, c'est cela: fuir la normalité qui veut te manger."
Je vous invite à découvrir ce coup de coeur paru en 2002 et traduit par Marguerite Pozzoli chez Actes Sud, vous découvrirez une description très subtile d'une maison de famille, la parfum français "Fais-moi mal", une lettre hilarante à l'attention d'une prof de maths et tout sur la série Eternal Love!
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jeudi, 04 février 2010
L'Un et l'Autre de Jean-Sébastien Blanck


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mercredi, 03 février 2010
Le Livre des choses perdues de Connolly

Inconsolable depuis la mort de sa mère, David, douze ans, se réfugie dans les livres pour fuir le remariage de son père et oublier la naissance de Georgie, son demi-frère. Une nuit, alors que depuis quelque temps, déjà, des phénomènes étranges se produisent, David croit entendre la voix de sa mère. Il la suit et découvre un passage caché derrière des buissons, au fond du jardin. Il le franchit et se retrouve alors propulsé dans un univers parallèle, un monde étrange et hostile peuplé de trolls, de Sires-Loups, de créatures hybrides et d’autres personnages issus de ses lectures et de son imaginaire…Grâce à l’aide du Garde-Forestier et de Roland, un preux chevalier, il va, après bien des épreuves – combats, énigmes à résoudre, pièges à déjouer… – rencontrer un vieux roi qui conserve ses secrets dans un volume mystérieux, Le Livre des choses perdues, sésame qui permettrait à David de regagner le monde réel. Mais l’Homme Biscornu, être maléfique qui épie David depuis son arrivée, ne l’entend pas ainsi. Il a pour lui bien d’autres desseins…
- Editions Archipel -
Cette quatrième de couverture avait tout pour me plaire et lorsque Leiloona a proposé de faire voyager ce livre, je l'attendais impatiemment. Et pourtant...
Ce récit initiatique m'a un peu déboussolée, j'ai suivi les aventures épiques du jeune David en me concentrant notamment sur le réseau intertextuel instauré par Connoly et les multiples références aux contes classiques.Cependant, les longues descriptions des Sires-Loups et des créatures fantastiques m'ont fait perdre le fil et l'intérêt développé dès l'incipit.
" Les histoires sont différentes : elles se mettent à vivre dès qu'on les raconte. Sans une bouche humaine pour les lire à voix haute ou une paire d'yeux écarquillés sous les draps, les parcourant à la lumière d'une lampe de poche, elles n'ont aucune existence réelle dans notre monde. [...] Elles restent endormies, dans l'espoir de se réveiller un jour. Mais quand quelqu'un se met à les lire, elles commencent à se transformer. Elles s'enracinent dans l'imagination du lecteur et peuvent le métamorphoser. Les histoires veulent être lues, disait la mère de David dans un murmure. Elles en ont besoin. C'est pour cette raison qu'elles quittent leur monde pour se frayer un chemin jusqu'au nôtres. Elles veulent qu'on leur donne la vie. "
Peut-être suis-je déçue car j'attendais trop de cette lecture notamment sur le pouvoir des livres... je ne sais pas, j'ai conscience de tenir un très bon livre mais pourtant la magie n'a pas opéré sur moi. J'ai apprécié le manichéisme permanent entre le bien et le mal qui gouverne les tentations de l'enfant David et ses angoisses. Le pouvoir des contes et la magie engendrée dans l'imaginaire de l'enfant sont parfaitement développés mais la description du monde merveilleux est si foisonnante qu'elle est devenue pour moi lassante. Parfois, j'ai eu cette impression de tenir entre les mains un synopsis d'une production cinématographique, comme celle du Monde de Narnia notamment. Cette épopée se passe pendant la guerre mais la noirceur échappe à l'enfant, elle est lointaine et masquée par son propre parcours où foisonnent tous les sentiments et craintes, celles de l'abandon, de la solitude. Connolly a subtilement mis en valeur la côté cruel des contes et c'est peut-être cela qui a rendu ma lecture laborieuse et déroutante. C'est un très bon conte mais pour moi,le côté sombre et épique a perturbé la beauté et la richesse du message intrinsèque de l'oeuvre.
Je remercie Leiloona pour le prêt, ce livre reprend sa route et j'espère qu'il trouvera une lectrice plus enthousiaste.
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samedi, 30 janvier 2010
The Hours
The Hours raconte une journée cruciale des vies respectives de trois femmes de différentes époques, dont les destins sont interconnectés par le roman de Virginia Woolf, Miss Dalloway. Dans son journal de 1922, celle-ci écrit :
« J’y esquisse une étude de la folie et du suicide ; le monde vu par la raison et la folie côte à côte. »
Le film retranscrit cette juxtaposition de la vie ordinaire et des souffrances morales incommunicables.
Virginia Woolf (Nicole Kidman) , grande romancière du début du XXe siècle, accablée par la maladie mentale, s'ennuie dans la banlieue de Richmond, au Royaume-Uni, où son mari Leonard l'a emmenée pour qu'elle se repose de l'agitation de Londres. Elle commence une nouvelle oeuvre, Mrs Dalloway, qui sera la plus grande réussite de sa carrière. Le film débute et finit par son suicide dans la rivière proche. Elle laisse à son mari un mot où elle le remercie pour sa patience et lui dit qu'elle n'aurait pu être plus heureuse.

Laura Brown (Julianne Moore), mère au foyer dans l'Amérique des années 1950, souffre d'angoisses et d'un mal-être profond. Elle lit le roman Mrs Dalloway et comprend que le suicide mettrait fin à ses tourments. Son jeune fils, Richie, est le seul à percevoir l'état de sa mère et en est bouleversé. Elle choisit finalement de vivre mais au prix de l'abandon de sa famille, abandon dont elle ne regrette pas l'ignominie puisque commandé par la vie.

Clarissa Vaughan (Meryl Streep), éditrice de New-York au XXIe siècle, s'occupe depuis des années de son meilleur ami Richard, atteint du sida, tout en vivant son homosexualité avec son amie Sally. Elle organise une réception en l'honneur du prix littéraire reçu par Richard. Mais celui-ci se jette par la fenêtre. Richard l'appelle Mrs Dalloway et elle est en effet la version moderne de Clarissa Dalloway, l'héroïne du roman de Virginia Woolf. Elle s'interroge sur le bonheur et s'enlise dans une existence futile.
Je n'avais pas encore pris le temps de regarder cette adaptation du roman de Michaël Cunningham The Hours, titre que Virginia Woolf souhaitait inititialement pour son roman Miss Dalloway. On observe ce temps qui s'écoule, cette déambulation de ces trois femmes et l'écho qui se tisse entre elles, comme un fil d'Ariane littéraire: Miss Dalloway. Entre Clarissa Vaughan/Dalloway qui s'agitent sans choisir et Richard/Septimus qui choisissent la mort, un troisième personnage, Laura Brown, qui choisit la vie. Woolf l’écrit, Brown le lit et Vaughan le vit. Ces trois pas de danse exécutés en parallèle m'ont séduite et j'ai très envie de me plonger dans le roman de Virginia Woolf.

Film de Stephen Daldry sorti en 2002.
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mercredi, 27 janvier 2010
Aldabra la tortue qui aimait Shakespeare de Silvana Gandolfi.

« L'astuce, pour tromper la mort, c'est de se transformer ».
Tels sont les mots de la surprenante mamie Eia à sa petite-fille. Silvana Gandolfi aborde dans ce roman fantastique et fantaisiste la vieillesse, le rapport entre la mère et son enfant. La grand-mère et la mère sont des thèmes qui sont rarement aussi bien traités, sans ostentation mais efficacement. Et puis il y a Shakespeare, qui reste le fil, le lien entre ces trois générations jusqu'à la scène de dénouement, superbe et si émouvante ! La question de la schizophrénie , thème difficile, est abordée de manière très réfléchie. Un récit plein de tendresse sur le temps qui passe, mais également sur l’immortalité et les choses qui nous sont vraiment nécessaires pour continuer à vivre.

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lundi, 25 janvier 2010
Pinocchio de Carlo Collodi
L'histoire du conte est indissociable de la tradition populaire orale.Né en 1826, Carlo Lorenzini est un journaliste italien à l'engagement politique fort. Il milita notamment pour l'indépendance italienne ou la réunion de la Toscane et du Piémont ; il fonda même deux journaux humoristiques et satiriques : Il Lampione et La Scaramaccia. Quelques écrits sans grande saveur plus tard, Lorenzini, sous le pseudonyme de Carlo Collodi, adapta en italien les Contes de Perrault. C'était en 1875 et ce n'est que 6 ans plus tard qu'il écrivit les premières lignes de son conte phare. En 1887, la publication de la version définitive des Aventures de Pinocchio (Le Avventure di Pinocchio) comporte 36 chapitres, chacun précédé d'une phrase le résumant. 
Collodi aborde de façon détournée plusieurs maux de la société. La justice est expéditive, les braves gens parfois aveugles et les perfides toujours prêts à tirer partie du naïf.



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vendredi, 22 janvier 2010
Blue cerises

Quatre amis,
Quatre histoires,
Un seul secret.
Satya et Indiana, une étrange fille mystérieuse, qui comme Le Petit Poucet laisse des petits cailloux sur son chemin et invite Satya à pénétrer dans son monde. Avec elle, il découvre les " attentats poétiques ", la petite danseuse de Degas, Emily Dickinson et la nuit à la belle étoile et sa force de vivre. J'ai refermé ce tome en pleurant... c'est dire car cela m'est très rare!
Violette, protégée par son oncle Ernesto, découvre le premier amour et l'âpreté du monde masculin parfois.
Et puis Amos, qui aime les garçons et doit se protéger sous des faux-semblants. Amos et sa passion pour le tir à l’arc, bouleversé par un futur départ au Québec.
« Satya : L’attentat » Jean-Michel Payet
« Zik : L’ange des toits » Maryvonne Rippert
« Violette : L’amour basta » Cécile Roumiguiére

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dimanche, 17 janvier 2010
Sans gravité de Vendela Vida

"Dans ma tête, l'histoire est toujours au présent, elle commence toujours à deux heures et quart. Je me promène le long de l'allée du parc quand j'entends derrière moi un homme dire : "Madame ?". Puis, l'homme, l'entraînant un peu l'écart, sur un banc, lui pointe un revolver sur la tempe."Je veux mourir", "Je veux pas mourir seul""Je veux mourir avec quelqu'un."...
"Je jette un oeil par une fente et aperçois le corps d'une femme nue, prostrée, abandonnée au flanc d'une colline. De la main gauche, elle tient une lampe à pétrole, dont la flamme brûle toujours.De l'endroit où je suis, je ne vois pas son visage. Il faut que je le voie. Qui lui a fait ça ? Est-ce qu'elle était en train de pique-niquer ? Je tire fort sur les battants de bois patiné. Ils ne s'ouvrent pas. Je ne peux voir la femme qu'au travers d'une petite fente, mais je ne peux ni m'en approcher, ni la regarder, ni la toucher."
Ma lecture fut laborieuse, voilà une dizaine de jours que ce livre m'accompagne et me laisse perplexe. Je suis restée muette face aux vicissitudes d'esprit de cette étudiante. J'ai aimé son parcours, l'excipit est merveilleux. Ellis avance, Vendela Vida offre le pardon et ce livre se termine sur quelques anecdotes, la vie continue...C'est un beau premier roman mais je suis restée en dehors de l'histoire, un rendez-vous manqué peut-être...
Editions de l'Olivier - Janvier 2005 - traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Adèle Carasso et Stéphane Roques.
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mercredi, 13 janvier 2010
TAG!
Celsmoon m'a tagguée! Janvier est le mois des bonnes résolutions et ce TAG propose de recenser trois résolutions que je ne tiendrai pas en 2010:
1-Ne plus me passionner pour de nouvelles choses...Au rang de mes passions, la lecture, la langue italienne, le monde tsigane, les fées, les légendes bretonnes,l'art-thérapie et tant d'autres choses encore!Je suis une grande passionnée mais difficile de me limiter dans de nouveaux centres d'intérêt, je ne m'ennuie jamais.
2-Ne plus attendre pour répondre aux mails, je laisse facilement ma boîte déborder! Mais il sera difficile d'y remédier, j'aime prendre mon temps...
3-Ne plus acheter de thé avant d'avoir terminé les précédents, un peu comme pour les livres! Ne plus acheter ni emprunter tant que ma PAL ne diminue pas!
Je passe le TAG à qui le souhaite!
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Merci Celsmoon


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dimanche, 10 janvier 2010
Gatlif
"Liberté" de Tony Gatlif
Théodore, vétérinaire et maire d’un village situé en zone occupée pendant la seconde guerre mondiale, a recueilli P’tit Claude, neuf ans, dont les parents ont disparu depuis le début de la guerre. Mademoiselle Lundi, l’institutrice fait la connaissance des Tsiganes qui se sont installés à quelques pas de là. Ils sont venus pour faire les vendanges dans le pays. Humaniste et républicaine convaincue, elle s’arrange avec l’aide de Théodore, pour que les enfants Tsiganes soient scolarisés.De son côté, P’tit Claude se prend d’amitié pour Taloche, grand gamin bohémien de trente ans qui se promène partout avec son violon sur l’épaule. Mais les contrôles d’identité imposés par le régime de Vichy se multiplient et les Tsiganes, peuple nomade, n’ont plus le droit de circuler librement : Théodore cède alors un de ses terrains aux bohémiens, désormais sédentarisés.
Tandis que les enfants Tsiganes suivent les cours de Mademoiselle Lundi, P’tit Claude est de plus en plus fasciné par le mode de vie des Bohémiens – un univers de liberté où les enfants sont rois. Mais la joie et l’insouciance sont de courte durée : la pression de la police de Vichy et de la Gestapo s’intensifie et le danger menace à chaque instant. Comme ils l’ont toujours fait depuis des siècles, les Tsiganes devront reprendre la route…
Sortie nationale le 24 Février. Je l'attends avec impatience de même que le livre proposé par Babelio pour l'opération Masse critique mais il semblerait que l'éditeur Perrin ait reculé sa sortie... 
Je suis impatiente car passionnée par ce monde des tsiganes. J'ai beaucoup appris auprès des enfants que j'accompagne, je consacre mon année à un projet de recherches en littérature de jeunesse sur le monde des enfants du voyage et suis toujours à l'affût de publications sur ce thème. Si toutefois vous avez des suggestions, je suis preneuse!

10:49 Publié dans 7ème art | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
vendredi, 08 janvier 2010
Contes siciliens collectés par Giuseppe Pitré
Dans « Le Prince d’amour », Frédéric Morvan présente les contes que Giuseppe Pitré et ses amis ont récoltés directement auprès des conteurs de l’île. En Sicile, ce sont surtout les femmes qui transmettent les contes, et la meilleure conteuse est la vieille nourrice de Pitré, la Messia. Elle raconte à merveille des histoires du XVIIIème siècle qu'elle tient de ses grands-parents.À son répertoire :
« Catherine la Sagesse », aussi cultivée que maligne, qui se fit épouser quatre fois par le même homme.
«Le Seigneur des fèves et des pois », une sorte de « Chat botté ».
«La Palombe» qui ne se raconte qu’en Sicile. Comme nous sommes entourés par la mer, voici encore « Pippinu le petit pêcheur » et son énorme mérou.
« Colas-poisson », homme jusqu’à la taille et poisson en deçà, qui plonge de plus en plus profondément pour satisfaire la curiosité du cruel roi de Messine.
J'ai beaucoup aimé ces petites contes siciliens qui attendaient depuis des années sur ma PAL!. C'est le Swap ô contes d'Emmyne qui m'a convaincue de les lire! J'ai passé un doux moment de lecture, je souhaitais lire de vraies histoires, celles qu'on raconte...Je voulais retrouver des histoires inventées, rien de trop subjectif alors ce recueil tombait à point.Ces contes siciliens sont le reflet de cette île gréco-latine occupée successivement par des Arabes, des Normands, des Français, des Espagnols. Ces "fiabe" (contes) offrent toute une panoplie du merveilleux avec rois, reines, princesses, sorcières et dragons.
J'ai aimé particulièrement la ritournelle dans "La Soeur du conte". Je regrette un peu de ne pas avoir retrouvé une empreinte forte de la culture sicilienne dans ces contes, même s'ils sont très beaux. En revanche, la présence de la Mer Méditerranée dans chacun des contes est très symbolique. Cola Poisson y plongea pour aller chercher la couronne du roi de Messine, il y nage peut-être encore...
Un peu de merveilleux pour retrouver mes racines siciliennes tout en dégustant un des mostaccioli de ma grand-mère à la lumière d'une bougie.

J'ai envie de poursuivre ma découverte des contes de tous les pays dans cette jolie colletion Neuf de L'Ecole des Loisirs.
(Traduction Frédéric Morvan).
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mardi, 05 janvier 2010
Le Pigeon de Patrick Süskind

«De toutes ces péripéties, Jonathan Noël tira la conclusion qu’on ne pouvait se fier aux humains et qu’on ne saurait vivre en paix qu’en les tenant à l’écart.»
Il se sent protégé par ce mode de vie. Il redoute les changements.Il ne quitte ce havre douillet que pour aller travailler en tant que vigile sur le parvis d’une banque.
Pourtant, un beau matin, un évènement banal va bouleverser son quotidien. Alors qu'il quitte sa chambre,il tombe inopinèment sur un pigeon dans le hall de son immeuble. Cette rencontre va perturber sa vision du réel.
«Lorsque lui arriva cette histoire de pigeon qui, du jour au lendemain, bouleversa son existence, Jonathan Noël avait déjà dépassé la cinquantaine, il avait derrière lui une période d'une bonne vingtaine d'années qui n'avait pas été marquée par le moindre événement, et jamais il n'aurait escompté que pût encore lui arriver rien de notable, sauf de mourir un jour. Et cela lui convenait tout à fait. Car il n'aimait pas les événements, et il avait une véritable horreur de ceux qui ébranlaient son équilibre intérieur et chamboulaient l'ordonnance de sa vie.»
Dès lors, on va suivre les délires paranoïaques de Jonathan tout au long d'une journée. J'ai repéré ce roman chez Emilie, étudiante en psychologie. J'ai lu Le Parfum dont j'ai peu de souvenirs mais je trouve que l'intérêt de ce court roman réside dans la tension dramatique parfaitement mise en scène par l'auteur.Le malaise va grandissant et l'attitude de fuite est remarquable. Patrick Süskind montre combien un évènement peut ranimer la douleur des souvenirs. La rencontre avec le pigeon rappelle celle des champs de bataille, du soldat face à l'ennemi .
«Il était posé devant sa porte, à moins de vingt centimètres du seuil, dans la lueur blafarde du petit matin qui filtrait par la fenêtre. Il avait ses pattes rouges et crochues plantées dans le carrelage sang de boeuf du couloir, et son plumage lisse était d'un gris de plomb: le pigeon. Il avait penché sa tête de côté et fixait Jonathan de son oeil gauche. Cet oeil, un petit disque rond, brun avec un point noir au centre, était effrayant à voir. Il était fixé comme un bouton cousu sur le plumage de la tête, il était dépourvu de cils et de sourcils, il était tout nu et impudemment tourné vers l'extérieur, et monstrueusement ouvert; mais en même temps il y avait là, dans cet oeil, une sorte de sournoiserie retenue; et, en même temps encore, il ne semblait être ni sournois, ni ouvert, mais tout simplement sans vie, comme l'objectif d'une caméra qui avale toute la lumière extérieure et ne laisse passer aucun rayon en provenance de son intérieur. Il n'y avait pas d'éclat, pas de lueur dans cet oeil, pas la moindre étincelle de vie. C'était un oeil sans regard. Et il fixait Jonathan.»
L'oeil du pigeon incarne toutes les peurs humaines . Certains passages sont jubilatoires dans la tension que met en scène l'auteur pour décrire des petites choses en apparence anodines mais dramatiques pour notre vieil homme.Un bon livre sur le sentiment de peur qui tétanise nos vies et une possibilité d'en rire.
Je remercie mon frère pour ce beau moment de lecture.
16:30 Publié dans Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (37) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
samedi, 02 janvier 2010
Si c'est un homme de Primo Levi

"Pendant quelques heures, nous pouvions être malheureux à la manière des hommes libres."


19:01 Publié dans Défi de littérature italienne | Lien permanent | Commentaires (44) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Petite info!
un swap consacré aux contes classiques.
*
*
ALLEZ VOIR CHEZ EMMYNE
Inscrite! .^_^.
..............................................
Je suis encore en retard pour le Blogoclub de lecture!
Mon billet sur Primo Levi arrive tantôt...
11:22 Publié dans Swap | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
jeudi, 31 décembre 2009
L'arbre de voeux





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mardi, 29 décembre 2009
Fragments de bleu de catherine Leblanc.

"Printemps, été, automne, hiver, quatre horizons, quatre voyages, forment des paysages changeants, mobiles, renouvelés. On se replie dans le gris, on se déploie dans les couleurs, on avance, on tourne avec les jours, on marque les temps pour que la valse nous entraîne."
"L'avenir revenait comme une amande au coeur du présent".
Ce livre est magnifique, je n'avais pas envie de le refermer. Je voulais poursuivre mes petits pas sur le fil invisible de la vie , celle qui offre des "fragments de bleu" comme des pépites, partout dans ce monde infini.
"Même en lambeaux, la vie repart".
Je tenais à citer dans ce billet un très beau passage, j'ai déjà parlé sur cet espace de mon amour pour les arbres, et ces quelques lignes ont embué mes prunelles
"Viens, je veux rencontrer dans ta bouche la forêt, sentir sous ta peau le battement des rochers. Ecouter ton souffle, entendre l'océan. Reconnaître ton corps, unique au milieu du monde et me laisser emporter.
Viens, l'hiver attendra! le soleil tourne en nous. Eparpille cette paille dorée. Contre le mur, des roses s'ouvrent encore. L'été se brise doucement.
Viens, mon amour, viens dans la beauté des choses. Il y a un espace entre naître et mourir, un fragment de bleu que tu peux descendre du ciel".
J'ai envie de citer chaque page, ce livre est un bijou.
Merci Cathulu ! - La lecture d'Aifelle - Le site de l'auteure -
20:35 Publié dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
lundi, 28 décembre 2009
Swap au long cours: l'hiver!




18:22 Publié dans Swap | Lien permanent | Commentaires (28) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
jeudi, 24 décembre 2009
Joyeux Noël


10:03 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (25) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
lundi, 21 décembre 2009
Esther Kahn d'Arnaud Desplechin


"I am a woman after all " .

Un film d'Arnaud Desplechin
10:41 Publié dans 7ème art | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
dimanche, 20 décembre 2009
L'Annonce de Marie-Hélène Lafon

"Le papier est bon âne. Ce qu'on lui met sur le dos, il le porte."
17:35 Publié dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
vendredi, 18 décembre 2009
L'Avent


14:07 Publié dans Petit korrigan | Lien permanent | Commentaires (30) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
mardi, 15 décembre 2009
Caos calmo d'Antonello Grimaldi.

Pietro (Nanni Moretti) et son frère Carlo (Alessandro Gassman) passent un après-midi à la plage, lorsqu’ils entendent les cris de détresse de deux baigneuses et se portent à leur secours. L’épisode se conclut de manière équivoque, mais Pietro a du mal à oublier le visage de celle à qui il a sans doute sauvé la vie. De retour chez lui, il trouve une ambulance garée dans sa cour : son épouse est morte soudainement et sa fille Claudia pleure en lui demandant où il était passé. Dès ce moment, son comportement va changer. Il s’éloigne de son travail et se consacre à Claudia qu’il conduit chaque matin à l’école. Puis, il va s’asseoir sur un banc situé dans le petit parc en face de la salle de classe. Il fait de même le lendemain et les jours suivants. Il attend que la douleur se manifeste et observe le monde. Il découvre petit à petit les facettes cachées des gens qui l'entourent et l'abordent. Ses chefs, ses collègues, ses parents, ses amis, tous cherchent à comprendre ce drôle de "chaos calme" qui l'habite. Réfugié dans un jardin public, Pietro devient un vieux sage, visité par ses pairs en quête eux aussi de réponses à leurs affres existentielles. Grimaldi offre une bande musicale destinée aux trentenaires (les plaintes de Rufus Wainwright ou Radiohead), la mise en scène donne une forme gigogne à cette fable très proche du texte de Sandro Veronesi.

J'ai beaucoup aimé cette adaptation, encore une fois très respectueuse du roman. Nanni Moretti interprète magnifiquement le personnage de Pietro tour à tour insolite, insolent, drôle parfois grave. J'avais peur que le film soit sombre mais il ne l'est pas, j'ai rangé le DVD de la même manière que lorsque j'ai refermé le livre avec un sourire aux lèvres.

Ce qui m'amuse le plus c'est le calme de Pietro, cet homme endeuillé, qui fait face avec un calme olympien à toutes les situations et devient même le confident des tourments existentiels des autres.J'aime son recul face aux futilités.Il reçoit ses collègues sur un banc, devant l'école, observe les rites de la vie quotidienne, devient complice muet d'une jeune fille promenant son chien, d'une mère sortant son enfant trisomique, revisite son passé.

Film réalisé par Antonello Grimaldi, adapté du roman de Sandro Veronesi Caos calmo. (Prix Femina étranger).chaos-calme-sandro-veronesi.html
14:09 Publié dans 7ème art | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
lundi, 14 décembre 2009
Un Chant de Noël de Charles Dickens

"Ce n’était pas une belle famille ; ils n’étaient pas bien vêtus ni les uns ni les autres ; leurs souliers étaient loin d’être imperméables ; leurs habits n’étaient pas cossus ; … Cependant, ils étaient heureux, reconnaissants, satisfaits les uns des autres et contents de leur sort ; et au moment où Scrooge les quitta, ils semblaient plus heureux encore à la lueur des étincelles que la torche de l’Esprit répandait sur eux . "
(1 livre lu sur 13). J'ai même très envie de voir l'adaptation cinématographique de Robert Zemeckis mais en attendant je regarde Muppet Christmas Carol !
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vendredi, 11 décembre 2009
Cléofée, tricoteuse de mots de Lili Pissenlit et Barbara Brun

"Elle était le porte-clefs de la clé des mots...Des mots pour parler, se fâcher mais aussi pour se réconcilier et tout oublier et puis des mots pour se dévoiler, pour s'aimer avec toujours un sujet, un verbe...un compliment ."
Pour le dindon, un veston tricoté d'allitérations au point de mousse qui pousse les mots qui gloussent…
"pour qui sont ces serpents qui sifflent sur nos têtes…"
10:42 Publié dans Littérature de jeunesse | Lien permanent | Commentaires (25) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
jeudi, 10 décembre 2009
La magie de Noël...

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Comment je suis devenu stupide de Martin Page

Le rêve avec le fantôme du chanteur Dany Brillant est important dans la vie d’Antoine, parce que sa chanson parle "des joies simples de la vie". Ce passage aussi loufoque soit-il est un pur moment de drôlerie. Ce roman conjugue ironie, dérision et humour.
"L'intelligence rend malheureux, solitaire, pauvre, quand le déguisement de l'intelligence offre une immortalité de papier journal, et l'admiration de ceux qui croient en ce qu'ils lisent."
Comment je suis devenu stupide déborde d’ironie sur une société de consommation qui valorise les comportements stupides, au détriment de la réflexion et du développement personnel. Le style de l’auteur est fluide, léger et frais. Ce conte contemporain se termine par une jolie touche de théâtralité surréaliste avec la rencontre entre Antoine et Clémence.
Je pense poursuivre la découverte de cet auteur avec le titre On s'habitue aux fins du monde.
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lundi, 07 décembre 2009
La Petite chartreuse


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dimanche, 06 décembre 2009
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samedi, 05 décembre 2009
L'Enfant multiple d'Andrée Chédid

L'Enfant multiple est l'histoire d'un jeune garçon Omar-Jo, de père musulman égyptien et de mère chrétienne libanaise. Il quitte le Liban, un pays écartelé par la guerre après un attentat à la voiture piégée qui cause la mort de ses parents ainsi que sa mutilation: il y a perdu le bras gauche et s'est retrouvé avec le visage quelque peu déformé. Émigré en France chez des cousins, Omar-Jo fait la connaissance d'un forain triste et rabattu. Maxime a l'air aussi désemparé que son manège à l'ouverture du récit. Le jeune garçon va donc sauver non seulement l'entreprise de Maxime mais aussi le forain lui-même.
Je découvre les textes d'Andrée Chedid et L'Enfant multiple est un roman porteur d'espoir. L'enfant Omar-Jo relie présent et passé pour envisager un futur optimiste. Il emmène à la fois les autres personnages (Cheranne, Maxime, Joseph...) dans son manège mais aussi le lecteur. C'est un très beau texte, je regrette de ne pas l'avoir lu plus tôt. Je suis passionnée par le monde des itinérants, et j'ai suivi le parcours initiatique d'Omar-Jo au sein du monde forain avec plaisir.Le manège est un cercle qui tourne. C'est la métaphore de la vie, du cycle qui se répète. Cependant, cette vie jadis poussiéreuse et malheureuse est enjolivée par Omar-Jo et ses spectacles. Il change les larmes en sourires par ses gestes, son cirque.
Un roman bouleversant où l'auteur donne un grand message d'espoir pour le peuple libanais. Son écriture est gracieuse, charmante et poétique. Elle oscille tour à tour entre légèreté et gravité. Andrée Chedid est une grande conteuse et nous offre une belle leçon de vie.
Voici un long extrait, certes...mais si beau.
"Lorsqu'il sentait son public avec lui, applaudissant et riant de ses loufoqueries, Omar-Jo changeait brusquement de répertoire.
D'abord, il faisait taire la musique ; ses pitreries se fracassaient contre un mur invisible. Ensuite, il laissait un silence opaque planer au-dessus des spectateurs.
D'un seul geste, il arrachait alors les rubans ou les feuillages qui dissimulaient son moignon. Puis, il présentait celui-ci au public, dans toute sa crudité.
Il ôtait son faux nez. En se frottant avec un pan de sa chemise, il se débarbouillait de son maquillage. Sa face apparaissait d'une pâleur extrême ; enfoncés dans leurs orbites, ses yeux étaient d'un noir infini.
Il s'était également dépouillé de ses déguisements qui s'entassaient à ses pieds. Il les piétina avant de grimper sur leurs dépouilles comme sur un monticule, d'où il se remit à parler.
Ce furent d'autres paroles.
Elles s'élevaient du tréfonds, extirpant Omar-Jo de l'ambiance qu'il avait lui-même créée. Oubliant ses jongle-ries, il laissait monter cette voix du dedans. Cette voix âpre, cette voix nue qui, pour l'instant, recouvrait toutes ses autres voix.
L'enfant multiple n'était plus là pour divertir. Il était là aussi pour évoquer d'autres images. Toutes ces douloureuses images qui peuplent le monde.
Mené par sa voix, Omar-Jo évoque sa ville récemment quittée. Elle s'insinue dans ses muscles, s'infiltre dans les battements du coeur, freine le voyage du sang. Il la voit, il la touche, cette cité lointaine. Il la compare à celle-ci, où l'on peut, librement, aller, venir, respirer ! Celle-ci, déjà sienne, déjà tendrement aimée.
Ici, les arbres escortent les avenues, entourent les places. De robustes bâtiments font revivre les siècles disparus, d'autres préfigurent l'avenir. Une population diversifiée flâne ou se hâte. Malgré problèmes et soucis, ils vivent en paix. En paix!
Là-bas les îlots en ruine se multiplient, des arbres déracinés pourrissent au fond de crevasses, les murs sont criblés de balles, les voitures éclatent, les immeubles s'écroulent. D'un côté comme de l'autre de cette cité en miettes, on brade les humains!
Omar-Jo se déchaîne, ses paroles flambent. Omar-Jo ne joue plus. Il contemple le monde, et ce qu'il en sait déjà! Ses appels s'amplifient, il ne parle pas seulement pour les siens. Tous les malheurs de la terre se ruent sur ce Manège.
Tout s'est immobilisé. Les chevaux ont terminé leur ronde. Le public écoute, pétrifié.
Maxime, perplexe, n'ose pas faire taire l'étrange enfant.
Après ces cris d'angoisse, il ne reste d'autre issue que de renouer avec la vie.
Omar-Jo ressort de sa poche son vieil harmonica et, retrouvant son souffle, il en tire, une fois de plus, des sons mélodiques et vivaces."
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