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mercredi, 14 novembre 2007

Elle n'est plus...

"Béatrice Saubin est née en Septembre 1959 à Rommilly-Sur-Seine. Abandonnée par sa mère, trop jeune pour l’élever, elle grandit avec sa grand-mère dans ce coin reculé de la France. Son enfance ne fut pas facile (elle tombe en dépression très jeune), et l’envie de fuir, voyager, s’ouvrir au monde viennent à la jeune fille de 15 ans ... Au fil de son adolescence, une passion pour l’Asie l’envahit et ne la quittera plus jamais. Du haut de ses 16 ans, elle quitte, pendant plusieurs mois sa ville natale qui l’étouffe pour partir à l’aventure, à pieds ( !) : elle découvre l’Italie et la Grèce, passages obligés pour atteindre son but ... l’Orient. Elle pénètre les secrets d’Istanbul, l’ivresse du voyage lui donne vie et ne l’arrête plus ; elle continue son chemin jusqu’au Liban ... L’Orient la transforme, lui inculque des valeurs jamais rencontrées en Occident, la valeur du Temps, de la Distance qui sépare les personnes, mais ne permet pas la perte d’une personne chère, ... Pourtant, septembre approche avec la rentrée ... retour à Romilly.

A partir de son premier périple, Béatrice Saubin ne peut plus vivre en France avec sa Grand-mère qui lui mène la vie dure. Béatrice rêve de Découverte, de Passion, d’Ivresse, de Voyages, d’Aventures ... Plus que jamais, elle ne peut résister à l’appel de l’Orient qui vibre en elle. Elle repart. Elle a 18 ans. Direction l’Inde. Passage à Istanbul, traversée de l’Iran, de l’Afghanistan, du Pakistan, puis enfin ... l’Inde.

Ses pensées, sensations, craintes et découvertes nous sont transmises, elle s’imprègne de tout ce qui s’offre à elle, ce qu’elle voit, ce qu’elle sent ... elle nous donne son voyage, l’impression de le vivre nous vient, ses paroles nous ouvrent à d’autres horizons ... L’envie, à laquelle on essaye de résister, nous prend soudainement, de partir, de la suivre ... Elle poussera sa curiosité jusqu’à la Thaïlande avant de revenir en France pour travailler afin de pouvoir repartir au plus vite. De nombreuses aventures construiront cette jeune française tout au long de ses voyages, pour le moins, fantastiques et fascinants.

Elle n’a pas 20 ans quand elle repart à Bangkok et découvre ensuite la Malaisie. Elle y rencontrera un Chinois avec qui elle vivra une folle passion. Passion qui comme son nom l’indique, la mènera à vivre la souffrance et l’enfer ... Eddy est le nom de ce Chinois qui lui redonnera goùt à la vie après un chagrin d’amour. Ils vécurent une passion dévorante, il lui promit de l’épouser à Paris ... pour celà, il lui offrit une valise (elle qui avait horreur des valises .. ) pour qu’elle l’attende à Paris, le temps qu’il règle quelques affaires professionnelles. Pourtant, le jour de son départ, le 27 Janvier 1980, Béatrice Saubin est arrêtée à l’aéroport de Bayan-Lepas avec 534 grammes d’héroïne dissimulés dans un double-fond de sa nouvelle valise ... Elle a 20 ans. Le traffic de drogue en Malaisie est puni par la mort par pendaison.

Pendant deux ans où elle avait le statut de Préventive à la prison de Penang, avec l’aide d’un avocat du pays, elle prépara son procès. Ces deux ans cloîtrée dans une prison où elle ne connaissait pas même la langue des gardiennes et des prisonnières, et où elle était l’unique "Blanche", lui permettra de faire des rencontres fondamentales à sa survie lors des années futures ...

b1e9d9816cd0780fe9bbfbbacc8b7481.jpgLe 17 Juin 1982, après six jours de procès où Béatrice clame son innocence, elle est condamnée à mort par pendaison. Elle a 23 ans. Coupable, aux yeux de la justice malaise, elle est coupable d’un traffic dont elle ignore tout. Je vous parle de faits concrets, réels et vécus. Pourtant le plus fou n’est point celà, ce qui nous trouble au plus profond de nous, c’est ce qu’elle nous dit : elle nous transmet et nous décrit tout ce qu’elle ressent à l’instant présent, au moment du verdict, ce qu’elle vit, sa douleur, et ses questions qui ne cessent plus de fuser ...

C’est bien différent d’une biographie où l’auteur parle à la troisième personne. Là, le ""je" est l’unique fil conducteur du livre. On pénètre une sorte de journal intime. On en a plein nos yeux, et pourtant si, c’est bel et bien vrai, c’est ELLE, son être ... Non seulement elle nous ouvre des portes toujours fermées comme celles des prisons, celles des histoires de femmes brisées, celles de la décadence et de l’horreur, mais surtout, ses portes en Elle, elle s’est ouverte au Monde oriental, comme dans ce livre où elle nous confie sa vie, à nous pauvres lecteurs, plus de 25 ans après les faits ...

Par miracle, un grand avocat français, suite à l’appel désespéré de la Grand-mère de Béatrice, vient au secours de la jeune femme, et le 25 Août 1982, Béatrice Saubin entend ce mot "LIFE" de la bouche de trois juges au sein de la Cour Suprême.

Vivante, après deux mois de pensées mortelles, de cauchemars de cordes et de potences, deux mois pendant lesquels elle avait perdu tout espoir de vie et d’avenir, deux mois d’attente de la Mort. Béatrice Saubin, ne sera donc pas condamnée à mort, mais passera 10 ans de sa vie en Prison en Malaisie pour avoir aimé et s’être fait manipulée ... Elle sortira de prison le 5 Ocotbre, elle a 30 ans.

Ce vécu, nous transperce de courage, d’espoir et d’Amitié, une histoire qui reste gravée dans votre mémoire ..."

 

C'est le premier livre de "grands" que j'ai lu à la pré-adolescence,plus précisément c'était celui de Didier Decoin qui relatait l'histoire de Béatrice saubin...elle nous a quittés ce soir...c'était le seul livre qui est entré dans ma maison de petite fille car papa et maman n'achetaient pas de livres sauf ceux demandés par l'école...Ce livre c'est celui qui m'a donné le goût d'en ouvrir des tas d'autres ensuite...

Mirontaine émue ce soir en apprenant la nouvelle...

Commentaires

boulversée..............

Écrit par : matine | mercredi, 14 novembre 2007

C'est bien de parler d'elle et de nous rappeler la vie qu'elle a eue... je vais sûrement acheter le bouquin ! merci !...

Écrit par : Nath46 | jeudi, 15 novembre 2007

tu en parles si bien !

Écrit par : mammig | vendredi, 16 novembre 2007

Comme Mirontaine, j'avais moi aussi, à l'époque de mon adolescence, lu ce livre de Didier Decoin que ma mère possédait, relégué dans un coin de sa bibliothèque. Un jour, en faisant du rangement, je suis tombée dessus par hasard. Je l'ai lu d'une traite, émue, admirative de cette jeune fille qui, à peine plus âgée que moi, avait parcouru tant de kilomètres, vu tant de choses qui l'avaient conduite vers une mort certaine.
Ce livre, je l'ai parcouru à de nombreuses reprises depuis lors, et quand j'ai entendu la semaine dernière, aux informations, l'annonce de son décès, je n'ai pu m'empêcher de ressentir une tristesse particulière, une de celles qu'on éprouve quand on apprend la disparition d'un être qui a vaguement fait un peu partie de nos vies...
Le destin de Béatrice Saubin a été exceptionnel. Après une telle épreuve, si jeune, je pense que la vie qu'elle a dû mener après fut le reflet de ce qu'elle était profondément: une femme forte et fragile à la fois, qui voulait exister pleinement. Un bel exemple.

Écrit par : marialora | dimanche, 18 novembre 2007

j'étais à l'école GAMBETTA à ROMILLY SUR SEINE qu'on appellait à l'époque ROMILLY les chaussettes car l'emploi dans cette petite cité ouvrière était principalement dédié à la bonneterie , elle c'était Béa grande en taille et très délurée pour son âge car si sa gmère était sévère ,sa mère ne lui apprenait surtout pas les bonnes manières...
J'ai lu ses livres mais je ne l'ai jamais revue
J'aimerai connaître la cause de son décès
si quelqu'un sait ...Merci

Écrit par : ishikawi | dimanche, 18 novembre 2007

j'ai ete tres toucher par l'annonce de son deces , j'ai suivi tout son periple a l'epoque et j'ete sur place le jous de son arrivée a roissy a l'epoque.
quelqu'un sait t'il de quoi est t'elle deceder

Écrit par : richard | lundi, 19 novembre 2007

Pour ishikawi :

lu dans la lettre de la mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie :

" Le journal du dimanche revient sur la disparition de Béatrice Saubin dans un grand article qui titre « Elle essayait de vivre ». Mme Saubin s’était fait connaitre suite à sa condamnation à mort par pendaison en Malaisie en 1982 après son arrestation à Kuala Lumpur avec 534 grammes d’héroïne pure dans ses bagages. « L’ancienne détenue de l’Île de Penang, malade, alcoolique » souffrant d’anorexie est décédé le 2 novembre dernier. "

Écrit par : Paul | lundi, 19 novembre 2007

Je connais bien Romilly sur Seine pour y avoir vécu. Ishikawi parle de Gambetta j'y suis allée en primaire. Ma tante etait directrice d'une école de romilly et elle habite Gambetta Je suis à peu près sur d'avoir été à l'école avec Béatrice triste destin pour son age..........

Écrit par : Vronique | mercredi, 21 novembre 2007

Un policier chargé de l enquete a l'epoque 'cette fille n etait pas claire amorale,mythomane manipulatrice et droguée'

elle mentait sur tout elle avait ete inquiete au liban pour des affaires de hashish ou elle etait 'hotesse'pour saoudiens!!!!

dans la prison elle avait reussi a se mettre la directrice dans la poche.....

la valise avait ete achete en france de marque acola ca n existait pas en malaisie

Écrit par : gilbert | jeudi, 22 novembre 2007

J'ai lu les différents livres de Béatrice Saubin, son combat pour lutter contre cette injustice en Asie, et c'est bien dommage qu'elle soit décédée si jeune

Écrit par : mimi | dimanche, 25 novembre 2007

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