samedi, 25 avril 2009
Le Libraire de Selinonte de Roberto Vecchioni

Très joli roman.
Sélinonte est située sur la côte sud de la Sicile. C'est une petite ville coincée entre un site antique grec , un tout petit port et de jolies plages.
Dans le livre, la ville a perdu les mots. Perdre les mots ? Réinventer une communication avec des mots perdus ? Thème étrange….
Le narrateur raconte son éveil à la littérature, à la poésie des mots lus à haute voix par un étrange libraire. Des passages magnifiques d’œuvres aussi diverses que L’Œdipe à Colone de Sophocle, de textes de Pessoa, de Tolstoï, Dante, Proust et Borges sont présentés et commentés par un enfant Nicolino qui les entend, caché derrière une pile de livres.
La ville est détruite par le feu suite à la disparition d'une petite fille. Le libraire marginal est alors perçu comme le diable.
Les pages s'envolent...
Justement, ces mots seront perdus quand le village chassera le Libraire étrange.
Magnifique récit à la fois poétique et fantastique, ce roman est une jolie métaphore sur la perte du sens.
"La partie la plus belle de la ville est celle qui se trouve face à la mer. Personne n'y habite ; dans l'Antiquité, il y avait les Grecs et, à en juger par ce que l'on y voit, il semble qu'ils n'aient fait que prier et mourir ; en effet, on n'y trouve que des cimetières et des temples. Mais ils ne priaient pas. Et, d'une certaine façon, ils ne mouraient pas. Si vous regardez plus attentivement, vous décèlerez des traces de rues et des murs écroulés qui étaient les maisons, les fontaines, des voies plus larges couvertes de persil, des colonnes éparses de-ci de-là. Et aussi les vestiges de deux ports.
Je descends fréquemment dans la vieille ville, et le plus souvent pour le plaisir, demeurer seul, regarder, me souvenir, et même pour ne rien faire. Je descends en longeant le Selinous jusqu'au pont reliant l'Acropole, la partie haute de la ville, à la plaine se trouvant au couchant, qui est ce que je préfère et où, dans le passé, s'élevait le sanctuaire de Déméter Malophoros, porteuse de pommes. Une fois atteint la mer, je m'arrête, je m'assois et fixe l'infini. Rien ne bouge, ni là ni ailleurs, ni en moi. C'est en ces occasions que j'en ai conscience : rien ne vit aussi intensément que le temps arrêté ; car ce ne sont pas les gens qui courent, les objets qui tombent, les voix qui résonnent qui constituent la vie, tout cela n'est qu'imitation erronée de la vie. La vie est une et immobile, depuis toujours identique à elle-même ; la vie est autre chose." R Vecchioni.

20:25 Publié dans Défi de littérature italienne | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
















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Commentaires
Écrit par : Ys | samedi, 25 avril 2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : keisha | dimanche, 26 avril 2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : katell | dimanche, 26 avril 2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Leiloona | dimanche, 26 avril 2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Stephie | lundi, 27 avril 2009
Répondre à ce commentaireLa prochaine fois, je prends ! :)
Écrit par : moka | mardi, 19 mai 2009
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