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  • Déloger l'animal de Véronique Ovaldé

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    "Dans le couchant d'une ville blanche, lumineuse et brûlante, une enfant attend le retour de sa mère. Sur les toits d'un immeuble au sommet de son monde, elle perçoit les bruits d'ailleurs et ceux de l'intérieur. Mais ce soir-là, au-delà du scintillement des vagues, l'angoisse est infinie : la mère ne revient pas. Le cliquetis de ses talons aiguilles, l'éclat synthétique de sa perruque blonde, l'acidulé de ses vêtements, le velours de sa voix ne sont plus. La belle a disparu et l'enfant est perdue.

    Face à l'insouciance de son père, à l'inquiétante inertie des adultes, la petite Rose va réinventer l'histoire...

    Un roman magnifique sur la confrontation de l'enfance absolue à l'aridité des choses. Sur ce passage étroit et tumultueux, cet instant précis où l'imaginaire se met à façonner la vie rêvée, où l'alchimie de l'adolescence entre en scène pour inscrire nos vies aux abords du chemin."

     

    Je découvre avec plaisir la plume de Véronique Ovaldé. J'aime beaucoup cet univers fantaisiste et onirique, même si la quête de Rose est si âpre, l'écriture embellit innocemment son parcours.

    J'ai retrouvé des similitudes entre la petite Manon de Maud Lethielleux ( Dis oui, Ninon ) et Rose ,comme deux soeurs...Véronique Ovaldé enchante la réalité, c'est merveilleux! 

    Un très bon moment de lecture.

    Découvrez la playlist Emily Loizeau avec Emily Loizeau

     

  • Un Roman français de Beigbeder.

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    Ce roi du marketing n'a pas ma faveur.Je lis parfois sa chronique dans le magazine Lire. Néanmoins, j'étais curieuse de lire cette autofiction même si Beigbeder choisit d'annoter "roman " en sous-titre.

    Ce roman commence par la garde à vue dont a été victime l'auteur, pris en flagrant délit de prise de cocaïne. Sa garde à vue se prolonge 48 heures dans des conditions particulièrement difficiles et ce sera l'occasion pour lui de revenir sur sa vie et d'avoir l'idée de ce livre. De cette enfance aisée il ne lui reste que quelques bribes de souvenir. Pourtant ceux-ci reviennent peu à peu au fur et à mesure qu'il évoque ses grands-parents de la haute bourgeoisie basque de droite mais qui ont quand même hébergé des Juifs pendant la guerre. Son père épouse une jeune fille issue de la noblesse , et Frederic et son frère naissent à Neuilly avant de déménager dans différents appartements du XVIème. Mais le divorce de leurs parents, caché pendant plusieurs années, scindent leur vie en deux entre la vie mondaine et exubérante de leur père et celle, calme, de leur mère.

    La garde à vue est un prétexte à cette mise au point sur sa propre vie. A la manière d'Annie Ernaux dans Les Années, il reproduit tel le  peintre impressionniste quelques bribes de sa vie. Une auto analyse sensible de Beigbeder et de la société française dans sa nouvelle donne des familles explosées.

    « Je n’ai jamais écrit que les histoires d’un homme sans passé : les héros de mes livres sont les produits d’une époque d’immédiateté, paumés dans un présent déraciné – transparents habitants d’un monde où les émotions sont éphémères comme des papillons, où l’oubli protège de la douleur. »

     

    Je voulais juger par moi-même...voilà qui est fait! Je pensais que ce livre allait me réconcilier avec le personnage, il subsiste quelques très bons passages mais  si l'enfermement est propice à l'écriture, je vous conseille plutôt de relire  Cervantès, Voltaire, Verlaine,  Dostoïevski, Genet ou encore Céline…

  • Merci Catherine!

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    Catherine... Une amie rencontrée dans une salle d'examens, nous planchions six heures sur une composition française, trois jours d'écrits , nos bribes de conversations dans cette salle de concours, nos numéros  de téléphone échangés, des retrouvailles à la FAC de Lille, ta visite à la maternité pour la naissance de mon fils et nos longues heures de conversations téléphoniques...
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    Tes bons mots au dos de cette carte si judicieusement accompagnée...
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    Grâce à toi, Octobre sera encore plus doux...
    Petit Korrigan a retrouvé une nouvelle histoire de Balthazar!
    MERCI gentille fée ...

  • Dis oui, Ninon de Maud Lethielleux.

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    C'est l'histoire d'une petite fille, Ninon, avide de liberté. Elle a choisi de vivre chez son papa Fred car sa maman Zélie se reconstruit. Pour Ninon, le quotidien n'est pas facile et madame Kaffe vient se mêler de sa petite vie. Pourtant son papa est velléitaire: construire une maison, vendre ses fromages et chanter l'amour avec sa guitare.

    « C'est drôle, j'ai l'impression d'avoir grandi tout à coup. Ça fait mal au ventre de grandir, ça fait un noeud tout serré au milieu du ventre, c'est à cause des intestins qui grandissent aussi. C'est très triste de grandir, ça donne envie de pleurer sans larmes. »

    Ninon évolue dans ce monde fragile, elle  se fait acrobate des mots pour nous révéler sa quête de liberté.
    « Le vrai bonheur … il est dans l'instant du présent, c'est comme une conjugaison qu'on a rien compris, il ne se conjugue pas au futur imparfait, il est parfait d'ailleurs, il est toujours là où on s'y attend pas. Il faut juste ouvrir les yeux »
    Ce roman multicolore est magnifique. La petite Ninon, princesse des mots bohème , nous emporte.
    « C’est drôle un paysage sans contours, quand on ne voit que les virages et quand les arbres sont perdus dans les nuages, ça fait comme dans ma tête quand je veux tout oublier. A ces moments-là, on me dit que je suis tête en l’air ou que j’ai la tête dans les nuages, oui, c’est ça exactement, je mets du brouillard tout autour de mes pensées et comme ça, je les oublie."
    La voix de Ninon me rappelle celle d'une petite fille qui m'écrivait l'an dernier depuis sa caravane. Elle pratiquait l'école buissonnière et semblait heureuse d'avoir "une maîtresse en pyjama" .

    « Dis oui, Ninon » est le premier roman de Maud Lethielleux.
    Maud est musicienne et metteur en scène .
    Ici le blog de Maud.


     
  • Swap au long cours

    Vous vous souvenez du Swap au long cours? Il est organisé par Bladelor (Oceanicus in Folio), son principe est le suivant: un swap thématique pour honorer chaque saison.

    Avec un petit train de retard mea culpa, ma binôme Katell (Chaperlipopette) et moi avons honoré ce deuxième épisode du Swap au long cours.

    Côté lecture, un choix judicieux pour illustrer la belle saison: Dans l'or du temps de Claudie Gallay (je vais enfin découvrir la plume de cet auteur) et Les Invités de l'île de Vonne van der Meer.  

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    Sous une jolie pochette réalisée à la main, se cachait un conte chinois Le poisson de jade et l'épingle au phénix.   

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    Du côté des délices, deux délicieux thés Mariages frères et de succulentes confitures "maison" aux saveurs estivales.

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    Comment faire plaisir à une passionnée du monde des fées et une collectionneuse de petits savons? de cette manière...

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    Katell a même pensé au petit korrigan! Sur un lit de bonbons, l'album magnifique  Le Petit bonhomme des bois de Martine Bourre et Pierre Delye. J'adore sa ritournelle et petit korrigan est très attentif pendant la lecture (Elle est gentille maman ta copine "saperlipopette"!).     

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    J'aime la conception de ce swap, l'échange au long cours, la découverte d'une bloggueuse, apprendre à la connaître, prendre le temps de lui faire découvrir d'autres horizons littéraires et mettre à l'honneur chaque saison. Le défi est brillamment réussi pour Katell.Merci beaucoup et bravo pour tous ces choix si judicieux.

    Qu'importe les dates, honorer l'été à la veille de l'automne c'est merveilleux, c'est la belle saison qui perdure...

    Un grand merci à Bladelor pour sa patience et sa compréhension, merci à Katell pour avoir illuminé le fil de la vie.

                
  • L'Usage de la photo d'Annie Ernaux

     

     

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    ("Les ornements sacrés" actuels de Mirontaine)

     

     

     

     


    "Souvent, depuis le début de notre relation, j'étais restée fascinée en découvrant au réveil la table non desservie du dîner, les chaises déplacées, nos vêtements emmêlés, jetés par terre n'importe où la veille au soir en faisant l'amour. C'était un paysage à chaque fois différent. Je me demande pourquoi l'idée de le photographier ne m'est pas venue plus tôt. Ni pourquoi je n'ai jamais proposé cela à aucun homme. Peut-être considérais-je qu'il y avait là quelque chose de vaguement honteux, ou d'indigne. En un sens, il était moins obscène pour moi de photographier le sexe de M. Peut-être aussi ne pouvais-je le faire qu'avec cet homme-là et qu'à cette période de ma vie."



    Annie Ernaux est née à Lillebonne et elle a passé toute sa jeunesse à Yvetot, en Normandie. Agrégée de lettres modernes, elle a enseigné à Annecy, Pontoise et au Centre national d'enseignement à distance.(C'est une ancienne collègue  ;)) Elle vit dans le Val-d'Oise, à Cergy.

     Né en 1962 à Boulogne-Billancourt, Marc Marie passe son enfance à Bruxelles. Après des études de lettres modernes, il partage son temps entre écriture, travail en entreprise et piges journalistiques à Paris. Il vit aujourd'hui en Normandie.

    J'ai beaucoup aimé ce livre,je me souvenais d'un plaisir de lecture avec Journal du dehors d'Annie Ernaux et j'ai retrouvé ce même plaisir avec ce livre au sujet plutôt original...

    J'aime sa façon de mettre en scène un corps souffrant au fil des photos,un corps néanmoins digne d'amour caché sous des "ornements sacrés".Comme il est facile de paraître...(et heureusement parfois!)

    J'aime relire ce passage:

    "Je me suis demandé si les soldes ne constituaient pas la forme enchantée de l'avilissement des gens par le capitalisme,de la profanation des choses et du travail-si mal payé- dont elles sont le produit.Et j'ai pensé d'une façon tendre aux compositions  de nos vêtements abandonnés après l'amour,si loin de ces entassements anonymes.Les photographier m'a paru une dignité rendue à ces choses que l'on met si près de soi,une tentative d'en faire,d'une certaine façon,nos ornements sacrés."

     

  • Les Mots maléfiques d'Audren

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    Depuis que sa maman est tombée malade un mardi matin du mois de Mars, Mateo a décidé de supprimer de sa vie tous les mots maléfiques commençant par « ma ». Mateo a convaincu ses amis de l’appeler « Harry ». Désormais, il est impossible de lui faire manger des macaronis ou des marshmallows, comme de l’interroger en cours de maths… Jusqu’au jour où la maîtresse présente à la classe une nouvelle venue. La petite fille ressemble à une fée. Triple malheur ! Elle s’appelle Marie-Maëlle Martinez !
    Une jolie découverte...ce petit livre est riche d'enseignements et commente merveilleusement le pouvoir des mots...oserais-je dire des maux?
    Audren a réussi à aborder un sujet sensible avec humour, délicatesse et bon sens.
    Voici quelques extraits:
    "Il n'y a pas de prénom maléfique, pas de mots porte-malheur. C'est la vie qui fabrique parfois de mauvaises surprises! Mais toi, Matéo, tu ne sais concocter que de merveilleuses surprises!"
    "Pouquoi les philosophes réfléchissent au sens de la vie puisque la vie n'a qu'un sens, un sens unique? On naît, on vit, on meurt. On avance tous dans la même direction. Ce n'est pas possible de revenir en arrière et c'est tant mieux, parce qu'en arrière c'était gris, triste et effrayant. Un cauchemar. Aujourd'hui, c'est doux, léger, réjouissant et coloré."
    Merci à Stephie pour ce livre offert à l'occasion du swap de littérature jeunesse.

  • La première main de Rosetta Loy

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    "Il y en a trois, des mains. La première est la plus belle, elle a entrelacé ses doigts aux miens, chaude, forte. Une main à la Michel-Ange, aux ongles bien dessinés." C'est une histoire uniquement de gestes où les paroles privées de sens sombrent dans le néant. Et le désir reste impossible à combler, enfantin et adulte à la fois comme s'ils appartenaient, ces gestes, à une petite fille mais aussi à son contraire. Une petite fille solitaire et qui a faim de gratifications, et une adulte ingénieuse, experte. Même les odeurs sont des vagues qui vont et viennent et portent en elles tendresse et ténèbres, les narines les suivent comme si elles marquaient une piste pour s'orienter dans cette forêt de silences. L'amour est au centre de ce récit. Paris, Rome, Venise, les années se superposent, mais le regard de la petite fille est le même que celui de la femme qu'elle est devenue. Si aiguisé, si précis, si intuitif, si vrai.
    Je souhaitais découvrir cette figure majeure de la littérature italienne: Rosetta Loy.
    Avec sa prose tour à tour légère ou grave, son humour, son attachement tout particulier aux détails, dôtée d'un style élégant et sensible, Rosetta Loy nous fait découvrir la profondeur des choses au fil d'un quotidien d'une apparente transparence. Elle excelle dans la description des époques, des lieux. Elle fait revivre les grands moments de l'histoire italienne des années 30 à celles des années de guerre.
    Elle fait palpiter ce qui  constitue l'essentiel des vies. Elle évoque plus qu'elle ne dit avec gravité ou tendresse  l'image indestructible d'un père, cette "première main" tant aimée.
     
    « Il y en a trois, des mains. La première est la plus belle, elle a entrelacé ses doigts aux miens, chaude, forte. Je la gardais serrée des après-midi entiers quand nous nous regardions dans les yeux ou encore quand nous nous embrassions dans la petite salle sur le côté du bar des Neufs Muses (…)Une main michelangélesque, aux ongles bien dessinés. Une main qui protège et qui rassure. Impropre aux travaux qui demandent adresse et légèreté mais capable d’accueillir toutes les angoisses dans sa paume chaude. »
    Cette première main du père m'a rappelé en mémoire celle de mon grand-père Giuseppe...une main serrée avant son grand départ pour me souhaiter un beau mariage.
    Je vous invite à lire ce beau témoignage traduit par Françoise Brun.
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