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lundi, 21 décembre 2009

Esther Kahn d'Arnaud Desplechin

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 Je suis une grande admiratrice du réalisateur Arnaud Desplechin. J'ai beaucoup aimé Comment je me suis disputée ma vie sexuelle et je souhaitais voir Esther Kahn  réalisé en 2000.
Les deux heures vingt-trois d'Esther Kahn sont adaptées d'une nouvelle d''Arthur Symons d'une trentaine de pages. A la fin du 19e siècle en Angleterre, la jeune Esther Kahn attend que quelque chose survienne dans sa vie. La découverte du théâtre lui permet de s'émanciper du carcan familial et de se réaliser.Esther Kahn se concentre autour d'un personnage solitaire. Parce qu'elle est différente des autres membres de la famille, la jeune Esther se voit exclue par les siens, traitée de singe par sa mère, considérée comme un chien par son frère et ses sœurs. Si Esther est perçue comme étrange par les autres c'est que face à des personnages mettant en avant leurs facultés intellectuelles, Esther, dyslexique, se présente en "entité corporelle". Car Esther est d'abord un corps de jeune fille encore sauvage et animale, un corps qui crache, pleure, saigne avant d'être un esprit qui réfléchit.
C'est "une déesse aux yeux de génisse"...
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On retrouve dans ce film quelques pépites des films de Truffaut notamment avec L'Enfant sauvage comme un fil rouge, mais aussi avec  L'histoire d'Adèle H  pour son caractère romanesque et sa voix-off.  Esther est mesurée comme Victor de L'enfant sauvage ,une scène du visage d'Esther lisant une lettre rappelle celle de la fille de Victor Hugo dans l'Histoire d'Adèle H. Lors des rencontres d'Esther avec ces personnages, entre en jeu à trois reprises une clef symbolique: celle d'un appartement remise par le père ouvrant sur une nouvelle vie d'indépendance, celle d'une salle de théâtre confiée par Nathan menant vers un apprentissage puis celle d'une chambre d'hôtel enfin laissée par Philip dans l'ascenseur, invitant à s'engager dans une relation sexuelle et amoureuse.  Esther poursuit sa quête et sortira de l'enfance en reconnaissant son identité de femme :
"I am a woman after all " .
Esther est vite recueillie par le monde du spectacle. Dès sa première audition, une affiche annonce déjà l'éclatante victoire de la jeune fille : "saved from the streets" est-il écrit sur le mur dans le dos d'Esther.
J'admire les décors: les ruelles sombres et silencieuses des docks et le monde du théâtre, que j'adore, aux éclats rouges et or, avec les courbes rassurantes de son balcon et le protecteur rideau de scène.
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Un très beau film que j'ai envie de voir et revoir encore...

Un film d'Arnaud Desplechin
avec Summer Phoenix, Ian Holm, Fabrice Desplechin.
 

10:41 Publié dans 7ème art | Lien permanent | Commentaires (6)

Commentaires

Le film est beau, oui, mais quel ennui ! Pour ma part, j'ai dû l'interrompre après environ une heure et demi...

Écrit par : Ys | lundi, 21 décembre 2009

Je suis restée scotchée par la beauté des images et l'histoire en elle-même.Tu ne dois pas aimé Truffaut alors? c'est un peu dans le même esprit...

Écrit par : Mirontaine | lundi, 21 décembre 2009

Je ne l'ai pas encore vu et je m'empresse de le noter dans un coin de ma tête!

Écrit par : Marie L. | mardi, 22 décembre 2009

J'espère que tu apprécieras tout autant que moi ;)

Écrit par : Mirontaine | mercredi, 23 décembre 2009

Ca a l'air magnifique ! Voilà tout à fait le genre de film que j'ai envie de voir en ce moment, et ta référence à Truffaut ne fait que confirmer mon envie !

Écrit par : Gio | mardi, 22 décembre 2009

Je vais re-visionner les Truffaut dès Janvier, je ferai probablement des billets truffaldiens en 2010!

Écrit par : Mirontaine | mercredi, 23 décembre 2009

Les commentaires sont fermés.