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jeudi, 31 décembre 2009

L'arbre de voeux

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(Carte de voeux envoyée par une lectrice discrète,merci beaucoup!;))
2009 s'achève...une année remplie de lectures! Je retiens quelques coups de coeur Caos Calmo de Sandro Veronesi, La Petite cloche au son grêle de Paul Vacca, Les Années  d'Annie Ernaux, Dis oui Ninon de Maud Lethielleux, Dans l'or du temps de Claudie Gallay, Le temps des miracles d'Anne Laure Bondoux, Fragments de bleu de Catherine Leblanc et Ruines du ciel de Christian Bobin.
Ma pile à lire m'attend pour 2010! Quelques beaux défis se préparent: "Lire en VO" organisé par Bladelor, "J'aime les classiques" par Mariel, "A lire et à manger" par Chiffonnette et  puis mon "Défi (personnel) de littérature italienne". De belles lectures communes à venir avec le "Blogoclub de lecture" de Sylire et Lisa.
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L'année 2010 sera ponctuée de rendez-vous à chaque saison avec Katell pour le Swap au long cours, organisé par Bladelor.
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Beaucoup de projets en 2010: prendre des cours par correspondance de langue italienne, préparer mon MASTER en littérature de jeunesse sur le thème des enfants du voyage et puis vous lire chaque jour avec plaisir, découvrir de belles personnes grâce à cet espace...
Mirontaine, sourire aux lèvres,sautille sur son fil, continue à se confier aux oiseaux et à se poser au pied de l'arbre des voeux, la tête plongée dans les livres...
2009 se termine sur une rémission de la vilaine orpheline, 2010 sera marquée par une renaissance suite à la fermeture d'une parenthèse ...
BONNE ANNEE 2010!
 

mardi, 29 décembre 2009

Fragments de bleu de catherine Leblanc.

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Dans ce roman, la narratrice nous chuchote son histoire, elle semble nous parler. En réalité, elle s'adresse à l'homme avec lequel elle partage sa vie depuis trente ans. Tout en finesse et sensibilité, la plume dévoile des fragments de vie au fil du temps et offre  de purs moments de poésie
"Printemps, été, automne, hiver, quatre horizons, quatre voyages, forment des paysages changeants, mobiles, renouvelés. On se replie dans le gris, on se déploie dans les couleurs, on avance, on tourne avec les jours, on marque les temps pour que la valse nous entraîne."
Catherine Leblanc fait l'éloge de la nature, elle évoque également le tourbillon de la vie, celui qui apporte des joies comme celle d'une naissance (la naissance de David m'a beaucoup émue) mais aussi des peines intimes (le départ d'un être aimé, la maladie d'une amie...) et universelles (les guerres, la détresse des réfugiés...).
"L'avenir revenait comme une amande au coeur du présent".

 

Ce livre est magnifique, je n'avais pas envie de le refermer. Je voulais poursuivre mes petits pas sur le fil invisible de la vie , celle qui offre des "fragments de bleu" comme des pépites, partout dans ce  monde infini.

"Même en lambeaux, la vie repart".

Je tenais à citer dans ce billet un très beau passage, j'ai déjà parlé sur cet espace de mon amour pour les arbres, et ces quelques lignes ont embué mes prunelles

"Viens, je veux rencontrer dans ta bouche la forêt, sentir sous ta peau le battement des rochers. Ecouter ton souffle, entendre l'océan. Reconnaître ton corps, unique au milieu du monde et me laisser emporter.

Viens, l'hiver attendra! le soleil tourne en nous. Eparpille cette paille dorée. Contre le mur, des roses s'ouvrent encore. L'été se brise doucement.

Viens, mon amour, viens dans la beauté des choses. Il y a un espace entre naître et mourir, un fragment de bleu que tu peux descendre du ciel".

 

J'ai envie de citer chaque page, ce livre est un bijou.

Merci Cathulu ! - La lecture d'Aifelle - Le site de l'auteure -

 

 

 

 

 

 

lundi, 28 décembre 2009

Swap au long cours: l'hiver!

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Quelques heures avant la veillée de Noël, j'ai reçu le colis de Katell pour le Swap au long cours sur le thème de l'hiver!
Ce fut Noël avant l'heure: une jolie lanterne et un père Noël odorant sont venus réchauffer ma maison, une thé aux épices adoucir mon palais et une tisane elfique accompagne mes soirées, une confiture fraise chocolat faite maison réveille mes papilles!
Petit korrigan a dégusté ses petits sujets de Noël de la chocolaterie de Guinguamp tout en lisant deux beaux albums: Le Premier grand voyage de Noël chez Milan jeunesse et un album de Voltz  Sacré sandwich!
Quant à moi, trois beaux livres sont venus agrandir ma PAL: Smilla ou l'amour de la neige de Peter Hoeg, Train de nuit pour Lisbonne de Pascal Mercier et L'Hiver indien de Frédéric Roux.
Une petite kimidoll est venue colorer mon hiver ainsi qu'un très joli carnet! Deux pelotes de laine de l'artisanat écologique vont occuper mes soirées d'hiver!
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Voilà c'était le dernier colis pour l'année 2009, ce swap m'a accompagnée tout au long de l'année et a ponctué chaque saison de moments très forts, aussi Katell et moi avons décidé de pousuivre ensemble ce swap au long cours et nous nous réjouissons d'avance des échanges à venir.
Katell a clôturé en beauté ce temps de l'Avent: UN GRAND MERCI!
Merci à Bladelor pour toute l'organisation du Swap au long cours!
                              
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Un aperçu de mon colis arrivé chez Katell...
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jeudi, 24 décembre 2009

Joyeux Noël

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Mirontaine, Petit korrigan et son papa vous souhaitent un
Joyeux Noël!
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Je reviens très vite vous parler du Swap au long cours!
Merci Katell!

lundi, 21 décembre 2009

Esther Kahn d'Arnaud Desplechin

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 Je suis une grande admiratrice du réalisateur Arnaud Desplechin. J'ai beaucoup aimé Comment je me suis disputée ma vie sexuelle et je souhaitais voir Esther Kahn  réalisé en 2000.
Les deux heures vingt-trois d'Esther Kahn sont adaptées d'une nouvelle d''Arthur Symons d'une trentaine de pages. A la fin du 19e siècle en Angleterre, la jeune Esther Kahn attend que quelque chose survienne dans sa vie. La découverte du théâtre lui permet de s'émanciper du carcan familial et de se réaliser.Esther Kahn se concentre autour d'un personnage solitaire. Parce qu'elle est différente des autres membres de la famille, la jeune Esther se voit exclue par les siens, traitée de singe par sa mère, considérée comme un chien par son frère et ses sœurs. Si Esther est perçue comme étrange par les autres c'est que face à des personnages mettant en avant leurs facultés intellectuelles, Esther, dyslexique, se présente en "entité corporelle". Car Esther est d'abord un corps de jeune fille encore sauvage et animale, un corps qui crache, pleure, saigne avant d'être un esprit qui réfléchit.
C'est "une déesse aux yeux de génisse"...
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On retrouve dans ce film quelques pépites des films de Truffaut notamment avec L'Enfant sauvage comme un fil rouge, mais aussi avec  L'histoire d'Adèle H  pour son caractère romanesque et sa voix-off.  Esther est mesurée comme Victor de L'enfant sauvage ,une scène du visage d'Esther lisant une lettre rappelle celle de la fille de Victor Hugo dans l'Histoire d'Adèle H. Lors des rencontres d'Esther avec ces personnages, entre en jeu à trois reprises une clef symbolique: celle d'un appartement remise par le père ouvrant sur une nouvelle vie d'indépendance, celle d'une salle de théâtre confiée par Nathan menant vers un apprentissage puis celle d'une chambre d'hôtel enfin laissée par Philip dans l'ascenseur, invitant à s'engager dans une relation sexuelle et amoureuse.  Esther poursuit sa quête et sortira de l'enfance en reconnaissant son identité de femme :
"I am a woman after all " .
Esther est vite recueillie par le monde du spectacle. Dès sa première audition, une affiche annonce déjà l'éclatante victoire de la jeune fille : "saved from the streets" est-il écrit sur le mur dans le dos d'Esther.
J'admire les décors: les ruelles sombres et silencieuses des docks et le monde du théâtre, que j'adore, aux éclats rouges et or, avec les courbes rassurantes de son balcon et le protecteur rideau de scène.
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Un très beau film que j'ai envie de voir et revoir encore...

Un film d'Arnaud Desplechin
avec Summer Phoenix, Ian Holm, Fabrice Desplechin.
 

dimanche, 20 décembre 2009

L'Annonce de Marie-Hélène Lafon

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"Le papier est bon âne. Ce qu'on lui met sur le dos, il le porte." 
Je me suis plongée dans ce roman de Marie-Hélène Lafon, comme emportée par l'histoire qui unit Paul et Annette. Tous deux sont à la recherche de l'autre: celui qui fera oublier un passé douloureux à Bailleul dans le Nord et celle qui acceptera la rudesse d'un foyer à Fridrières dans le Cantal.
Une annonce publiée dans le journal va permettre à Annette et Paul de se rencontrer et de composer avec leur famille: Eric, le fils d'Annette et Nicole, la soeur de Paul et ses deux frères. Une famille qui partage la même maison, la même rusticité des hivers à la campagne, les mêmes accomodements raisonnables.
La syntaxe est troublante, Marie-Hélène Lafon fait l'économie des mots, pourtant elle nous entraîne dans de jolies descriptions. Le couple "taiseux" va se dessiner avec très peu de mots, Eric va apprendre à "faire heureux" dans cette nouvelle famille.
Un très bon roman, pas seulement un roman du terroir mais un éloge de la maison chargée d'un passé et ouverte sur l'avenir du couple qui se dessine au fil des pages. La plume est très précise pour décire le poids du temps, des traditions, de la lecture du journal sur la "toile cirée marquetée de fleurettes mauves", d'un quotidien simple mais si beau. 
Roman publié chez Buchet-Chastel, merci à Argantel pour le prêt.

vendredi, 18 décembre 2009

L'Avent

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On prépare l'Avent en réalisant des Bredele, les petits biscuits alsaciens pour Noël.
Le swap de l'hiver va bientôt partir chez Katell dans le cadre du swap au long cours.
Beaucoup de lectures à venir...mais les billets sont au ralenti: nous préparons l'Avent!
 

mardi, 15 décembre 2009

Caos calmo d'Antonello Grimaldi.

 

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Pietro (Nanni Moretti) et son frère Carlo (Alessandro Gassman) passent un après-midi à la plage, lorsqu’ils entendent les cris de détresse de deux baigneuses et se portent à leur secours. L’épisode se conclut de manière équivoque, mais Pietro a du mal à oublier le visage de celle à qui il a sans doute sauvé la vie. De retour chez lui, il trouve une ambulance garée dans sa cour : son épouse est morte soudainement et sa fille Claudia pleure en lui demandant où il était passé. Dès ce moment, son comportement va changer. Il s’éloigne de son travail et se consacre à Claudia qu’il conduit chaque matin à l’école. Puis, il va s’asseoir sur un banc situé dans le petit parc en face de la salle de classe. Il fait de même le lendemain et les jours suivants. Il attend que la douleur se manifeste et observe le monde. Il découvre petit à petit les facettes cachées des gens qui l'entourent et l'abordent. Ses chefs, ses collègues, ses parents, ses amis, tous cherchent à comprendre ce drôle de "chaos calme" qui l'habite. Réfugié dans un jardin public, Pietro devient un vieux sage, visité par ses pairs en quête eux aussi de réponses à leurs affres existentielles. Grimaldi offre une bande musicale destinée aux trentenaires (les plaintes de Rufus Wainwright ou Radiohead), la mise en scène donne une  forme gigogne à cette fable très proche du texte de Sandro Veronesi.

 

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J'ai beaucoup aimé cette adaptation, encore une fois très respectueuse du roman. Nanni Moretti interprète magnifiquement le personnage de Pietro tour à tour insolite, insolent, drôle parfois grave. J'avais peur que le film soit sombre mais il ne l'est pas, j'ai rangé le DVD de la même manière que lorsque j'ai refermé le livre avec un sourire aux lèvres.               

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Ce qui m'amuse le plus c'est le calme de Pietro, cet homme endeuillé, qui fait face avec un calme olympien à toutes les situations et devient même le confident des tourments existentiels des autres.J'aime son recul face aux futilités.Il reçoit ses collègues sur un banc, devant l'école, observe les rites de la vie quotidienne, devient complice muet d'une jeune fille promenant son chien, d'une mère sortant son enfant trisomique, revisite son passé.

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Film réalisé par Antonello Grimaldi, adapté du roman de Sandro Veronesi Caos calmo. (Prix Femina étranger).chaos-calme-sandro-veronesi.html

 


lundi, 14 décembre 2009

Un Chant de Noël de Charles Dickens

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Ce conte met en scène un personnage cynique et égoïste:Scrooge. Il considère le temps comme de l'argent. En ce soir de Noël, il décide de passer les fêtes seul, enfermé dans sa chambre. Il est aigri, il vit sans joie, sans famille et sans amis. Durant la journée, Scrooge a été abominable avec toutes les personnes qui se réjouissaient de Noël et médisait leur réjouissance vis à vis de cette fête. Mais quelques heures avant la veillée, le fantôme de son défunt associé Marley va  apparaître et trois spectres vont lui rendre une petite visite pour essayer de raviver la flamme de Noël, retrouver l'esprit de cette fête magique. Les fantômes des Noëls passés, des Noëls présents et des Noëls futurs vont aider Scrooge à voir les bonheurs de la vie autrement, à vivre avec un esprit solidaire, afin d'éviter à Scrooge une triste fin et un sort funeste.
J'ai eu quelques difficultés à me concentrer au début du conte(le temps probablement de s'adapter à l'écriture des grands classiques anglais et les phrases très longues!) puis très vite je me suis laissée emporter par le charme de l'écriture de Dickens. Le thème de l'individualisme, toujours d'actualité, me semble bien à propos. On peut penser que quelques clichés subsistent dans ce conte sur la magie de Noël mais j'ai beaucoup aimé le Noël de la famille du clerc:l'envie de se retrouver ensemble, d'oublier les tristesses et de profiter les uns des autres, d'en faire une vraie fête que chacun a préparé avec soin (le gâteau de la maman, les vêtements des petits, les boissons chaudes...), le tout sans argent et sans même en ressentir le besoin.
"Ce n’était pas une belle famille ; ils n’étaient pas bien vêtus ni les uns ni les autres ; leurs souliers étaient loin d’être imperméables ; leurs habits n’étaient pas cossus ; … Cependant, ils étaient heureux, reconnaissants, satisfaits les uns des autres et contents de leur sort ; et au moment où Scrooge les quitta, ils semblaient plus heureux encore à la lueur des étincelles que la torche de l’Esprit répandait sur eux . "
 Noël comme la fête du partage, loin d'un monde purement matérialiste...cette idée me séduit!  Pour moi Scrooge n'est pas le véritable héros de ce conte, c'est plus l'Esprit de Noël, superbement décrit par Dickens dans cette Angleterre de l'époque victorienne.
Je vous conseille la lecture de ce conte, même si l'intrigue se dessine très vite,le style de narration nous emporte rapidement.
Livre lu dans le cadre du Défi lancé par Marieldefi_classique.jpg (1 livre lu sur 13). J'ai même très envie de voir l'adaptation cinématographique de Robert Zemeckis mais en attendant je regarde Muppet Christmas Carol !
http://i128.photobucket.com/albums/p181/jesshalliwell/NOELCHEZLESMUPPETS.jpg

vendredi, 11 décembre 2009

Cléofée, tricoteuse de mots de Lili Pissenlit et Barbara Brun

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Cet album est un coup de coeur!!! Je l'ai repéré chez La Soupe de l'espace . Je savais qu'il abordait le thème d'une petite fée,Cléofée, qui tricote des mots à l'orée de la forêt.
Lili Pissenlit raconte l'histoire de Cléofée qui a un don particulier: elle tricote des mots à l'image de chacun.
"Elle était le porte-clefs de la clé des mots...Des mots pour parler, se fâcher mais aussi pour se réconcilier et tout oublier et puis des mots pour se dévoiler, pour s'aimer avec toujours un sujet, un verbe...un compliment ."
On suit le travail des petites aiguilles qui tintinabulent au fil des pages et on découvre de la poésie et beaucoup de jeux de mots!
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(Copyright éditions MiC_MaC)
Les illustrations de Barbara Brun sont très douces et tentées d'humour!

Pour le dindon, un veston tricoté d'allitérations au point de mousse qui pousse les mots qui gloussent…
"pour qui sont ces serpents qui sifflent sur nos têtes…"

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(Copyright éditions MiC_MaC)
La couverture de cet album est très belle: une petite fée, un fil autour d'un arbre et les lettres des mots qui volent: je ne pouvais que craquer!
Cet album me rappelle celui d'Agnès de Lestrade et Marie Caudry La Petite tricoteuse d'histoires publié chez Nathan.

jeudi, 10 décembre 2009

La magie de Noël...

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Petit korrigan attend patiemment!
Il a écrit sa lettre et lit une histoire de Noël chaque soir de l'Avent...
Découvrez la playlist If on winter's night avec Sting

Comment je suis devenu stupide de Martin Page

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J'ai découvert ce livre dans la bouquinerie Quilit Quilit. La couverture m'a d'abord intriguée. Comme très souvent, j'aime beaucoup les illustrations choisies par la maison d'éditions Le Dilettante. Je ne connaissais pas Martin Page lorsque j'ai repéré ce titre, ce livre reposait dans ma PAL depuis deux années au moins. Une fois de plus, je regrette de ne pas l'avoir lu plus tôt car ce livre offre un bon moment de divertissement.
Comment je suis devenu stupide raconte l'histoire d'Antoine, 25 ans, il est très intelligent, mais il ne se sent pas confortable dans ce monde. Ses connaissances, son intelligence lui pèsent et il ne peut pas les surmonter.
Il décide de devenir stupide. Il vit des  expériences comme l’alcoolisme, la tentative de suicide, le délire, qui sont des étapes pour accomplir son « désir » de  stupidité. Ces expériences sont des paliers sur le chemin de la connaissance. Il démissionne de l’université, rencontre ses amis et va voir des matchs de football ou manger au MacDonald,  il mène alors une vie "normale". Quelques personnages influencent le destin d’Antoine: l’apparition de Raphaël stimule son goût de l’argent, le psychiatre lui offre un médicament miraculeux "l'Heurozac"! Il offre à notre héros un autre monde. Antoine va alors devenir  un « grippe-sou, égoïste, sans autre souci que l’argent, sans autre tourment et grande question existentielle que la façon d’en gagner le plus possible. » Et prendre de l’Heurozac ! Bien sûr, cette facile opposition entre le bonheur véritable et le bonheur induit par l’argent tourne un peu à la caricature notamment dans l'épisode où Antoine travaille pour Raphaël, un ancien camarade qui a créé une société de courtage. Antoine s’embourbe dans le capitalisme qui rappelle Extension du domaine de la lutte de Michel Houellebecq. 

Le rêve avec le fantôme du chanteur  Dany Brillant est important dans la vie d’Antoine, parce que sa chanson parle "des joies simples de la vie". Ce passage aussi loufoque soit-il est un pur moment de drôlerie. Ce roman conjugue ironie, dérision et humour.  
Comment survivre dans le monde cruel du libéralisme triomphant quand on est, comme Antoine, un jeune homme lucide et moral ?
 "L'intelligence rend malheureux, solitaire, pauvre, quand le déguisement de l'intelligence offre une immortalité de papier journal, et l'admiration de ceux qui croient en ce qu'ils lisent."

 

 Comment je suis devenu stupide déborde d’ironie sur une société de consommation qui valorise les comportements stupides, au détriment de la réflexion et du développement personnel. Le style de l’auteur est fluide, léger et frais. Ce conte contemporain se termine par une jolie touche de théâtralité surréaliste avec la rencontre entre Antoine et Clémence.

Je pense poursuivre la découverte de cet auteur avec le titre On s'habitue aux fins du monde.

 

 

 

 

lundi, 07 décembre 2009

La Petite chartreuse

 
la_petite_chartreuse_2004_reference.jpg              la petite chartreuse.jpgla_petite_chartreuse_2004_refere.jpg
J'ai visionné ce film de Jean-Pierre Denis ,adapté du roman de Pierre Péju: La Petite Chartreuse. J'avais un très bon souvenir du roman de Péju et je trouve l'adaptation très respectueuse du livre.
Etienne Vollard, un libraire passionné, mène une existence solitaire jusqu'au jour où il renverse accidentellement Eva, une fillette de huit ans. Auprès d'Eva convalescente et de sa mère démissionnaire (Marie-Josée Croze), Vollard "le conteur d'histoires", va tout mettre en oeuvre pour soigner ces deux âmes meurtries.
C'est une très beau film sur la rédemtion d'un homme rustre, qui ne sait pleurer. Un homme, qui reprend goût à la vie grâce à sa rencontre avec la fillette. Le jeu d'acteur d' Olivier Gourmet est remarquable. L'amour des livres est judicieusement représenté ainsi que leur pouvoir rédempteur. Les passages où Vollard fait la lecture à voix haute sont d'une grande beauté. 
Un film teinté d'espoir et de tendresse au doux registre poétique.

dimanche, 06 décembre 2009

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 Mango m'a tagguée sur les sept choses que j'aime...
1-Quand Petit Korrigan se pelotonne contre moi au petit matin.
2-Recevoir un courrier et pratiquer l'art postal.
3-M'initier au mixed-media en réalisant des ATC.
4-Observer mes chats se prélasser.
5-Préparer un bentô.
6-Apprendre avec les enfants du voyage.
7- ....LIRE, LIRE et LIRE encore et toujours!!!
Je passe ce TAG à qui le souhaite...

samedi, 05 décembre 2009

L'Enfant multiple d'Andrée Chédid

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(Manège "La vie est belle" réalisé par mes petites mains / amigurumis créés par Isa )

L'Enfant multiple est l'histoire d'un jeune garçon Omar-Jo, de père musulman égyptien et de mère chrétienne libanaise. Il quitte le Liban, un pays écartelé par la guerre après un attentat à la voiture piégée qui cause la mort de ses parents ainsi que sa mutilation: il y a perdu le bras gauche et s'est retrouvé avec le visage quelque peu déformé. Émigré en France chez des cousins, Omar-Jo fait la connaissance d'un forain triste et rabattu. Maxime a l'air aussi désemparé que son manège à l'ouverture du récit. Le jeune garçon va donc sauver non seulement l'entreprise de Maxime mais aussi le forain lui-même.

Je découvre les textes d'Andrée Chedid et L'Enfant multiple est un roman porteur d'espoir. L'enfant Omar-Jo relie présent et passé pour envisager un futur optimiste. Il emmène à la fois les autres personnages (Cheranne, Maxime, Joseph...) dans son manège mais aussi le lecteur. C'est un très beau texte, je regrette de ne pas l'avoir lu plus tôt. Je suis passionnée par le monde des itinérants, et j'ai suivi le parcours initiatique d'Omar-Jo au sein du monde forain avec plaisir.Le manège est un cercle qui tourne. C'est la métaphore de la vie, du cycle qui se répète. Cependant, cette vie jadis poussiéreuse et malheureuse est enjolivée par Omar-Jo et ses spectacles. Il change les larmes en sourires par ses gestes, son cirque.

Un roman bouleversant où l'auteur donne un grand message d'espoir pour le peuple libanais. Son écriture est gracieuse, charmante et poétique. Elle oscille tour à tour entre légèreté et gravité. Andrée Chedid est une grande conteuse et nous offre une belle leçon de vie.

Voici un long extrait, certes...mais si beau. 

"Lorsqu'il sentait son public avec lui, applaudissant et riant de ses loufoqueries, Omar-Jo changeait brusquement de répertoire.
D'abord, il faisait taire la musique ; ses pitreries se fracassaient contre un mur invisible. Ensuite, il laissait un silence opaque planer au-dessus des spectateurs.
D'un seul geste, il arrachait alors les rubans ou les feuillages qui dissimulaient son moignon. Puis, il présentait celui-ci au public, dans toute sa crudité.
Il ôtait son faux nez. En se frottant avec un pan de sa chemise, il se débarbouillait de son maquillage. Sa face apparaissait d'une pâleur extrême ; enfoncés dans leurs orbites, ses yeux étaient d'un noir infini.
Il s'était également dépouillé de ses déguisements qui s'entassaient à ses pieds. Il les piétina avant de grimper sur leurs dépouilles comme sur un monticule, d'où il se remit à parler.
Ce furent d'autres paroles.
Elles s'élevaient du tréfonds, extirpant Omar-Jo de l'ambiance qu'il avait lui-même créée. Oubliant ses jongle-ries, il laissait monter cette voix du dedans. Cette voix âpre, cette voix nue qui, pour l'instant, recouvrait toutes ses autres voix.
L'enfant multiple n'était plus là pour divertir. Il était là aussi pour évoquer d'autres images. Toutes ces douloureuses images qui peuplent le monde.
Mené par sa voix, Omar-Jo évoque sa ville récemment quittée. Elle s'insinue dans ses muscles, s'infiltre dans les battements du coeur, freine le voyage du sang. Il la voit, il la touche, cette cité lointaine. Il la compare à celle-ci, où l'on peut, librement, aller, venir, respirer ! Celle-ci, déjà sienne, déjà tendrement aimée.
Ici, les arbres escortent les avenues, entourent les places. De robustes bâtiments font revivre les siècles disparus, d'autres préfigurent l'avenir. Une population diversifiée flâne ou se hâte. Malgré problèmes et soucis, ils vivent en paix. En paix!
Là-bas les îlots en ruine se multiplient, des arbres déracinés pourrissent au fond de crevasses, les murs sont criblés de balles, les voitures éclatent, les immeubles s'écroulent. D'un côté comme de l'autre de cette cité en miettes, on brade les humains!
Omar-Jo se déchaîne, ses paroles flambent. Omar-Jo ne joue plus. Il contemple le monde, et ce qu'il en sait déjà! Ses appels s'amplifient, il ne parle pas seulement pour les siens. Tous les malheurs de la terre se ruent sur ce Manège.
Tout s'est immobilisé. Les chevaux ont terminé leur ronde. Le public écoute, pétrifié.
Maxime, perplexe, n'ose pas faire taire l'étrange enfant.
Après ces cris d'angoisse, il ne reste d'autre issue que de renouer avec la vie.
Omar-Jo ressort de sa poche son vieil harmonica et, retrouvant son souffle, il en tire, une fois de plus, des sons mélodiques et vivaces."

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mercredi, 02 décembre 2009

Broutille de Claude Ponti.

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(Pochette réalisée par mes petites mains)
Je suis passionnée par l'oeuvre de Claude Ponti qui allège "le trouble de grandir"! J'aime la permanence jubilatoire à chaque rencontre avec ses oeuvres.
Je sais qu'un nouvel album de Ponti vient d'être publié Bih-Bih et le Bouffron-Gouffron mais en attendant de le découvrir, je souhaitais vous parler de Broutille.
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Broutille est un petit livre de Claude Ponti, paru en 1991 à l’Ecole des loisirs, moins connu que ses séries d’albums. C’est un texte illustré, que l’on peut qualifier de "première lecture".Broutille est une poupée née de l’amour que lui porte une petite fille, Adèle, par la magie d’une nuit particulière, la Nuit de l’Enfant-Lune. La poupée apparaît sur les toits de Paris où l’attend un ami, Abigael, un pot de fleur sauvage qui l’accompagnera tout au long du récit. Ils vont faire ensemble leur premiers pas de lecteurs, parcours au bout duquel ils s’épanouiront : Broutille sera apte à rencontrer Adèle, et Abigael à fleurir...Cette "première lecture" est une véritable célébration du livre. Tantôt inventés ou lus, les récits dans le récit s’y succèdent : l’histoire du livre qui a envie de se faire lire, celle du cornichon qui veut découvrir le monde, le conte  de l’Enfant-Lune… On rencontre même "Grimm" qui narre le cycle de l’eau. On retrouve une jolie mise en abyme du livre pour éveiller le lecteur au pouvoir de l'objet livre. Après la rencontre de Broutille et Abigael, une scène étrange survient : passent dans le ciel nocturne de Paris les "choses qui font la vie". Spontanément, Broutille les attrape une à une, en commençant par l’arbre, symbole des plus riches et que l’on sait primordial pour Claude Ponti. Avec son ami, ils se fabriquent un imagier : une page recouvre une représentation associée d’un nom.Broutille pourra alors légitimement s’écrier un peu plus loin :
"Moi aussi, j’ai sauvé le monde. Je l’ai mis dans mon Grand Livre du Monde."
 

C'est un très bon moment de lecture, très court...le temps de déguster un thé et quelques macarons et de me replonger dans cette étude d'Yvanne Chenouf Lire Claude Ponti encore et encore ...
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