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samedi, 30 janvier 2010

The Hours

 

The Hours raconte une journée cruciale des vies respectives de trois femmes de différentes époques, dont les destins sont interconnectés par le roman de Virginia WoolfMiss Dalloway. Dans son journal de 1922, celle-ci écrit :

« J’y esquisse une étude de la folie et du suicide ; le monde vu par la raison et la folie côte à côte. »

Le film retranscrit cette juxtaposition de la vie ordinaire et des souffrances morales incommunicables.

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Virginia Woolf (Nicole Kidman) , grande romancière du début du XXe siècle, accablée par la maladie mentale, s'ennuie dans la banlieue de Richmond, au Royaume-Uni, où son mari Leonard l'a emmenée pour qu'elle se repose de l'agitation de Londres. Elle commence une nouvelle oeuvre, Mrs Dalloway, qui sera la plus grande réussite de sa carrière. Le film débute et finit par son suicide dans la rivière proche. Elle laisse à son mari un mot où elle le remercie pour sa patience et lui dit qu'elle n'aurait pu être plus heureuse.

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 Laura Brown (Julianne Moore), mère au foyer dans l'Amérique des années 1950, souffre d'angoisses et d'un mal-être profond. Elle lit le roman Mrs Dalloway et comprend que le suicide mettrait fin à ses tourments. Son jeune fils, Richie, est le seul à percevoir l'état de sa mère et en est bouleversé. Elle choisit finalement de vivre mais au prix de l'abandon de sa famille, abandon dont elle ne regrette pas l'ignominie puisque commandé par la vie.

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 Clarissa Vaughan (Meryl Streep), éditrice de New-York au XXIe siècle, s'occupe depuis des années de son meilleur ami Richard, atteint du sida, tout en vivant son homosexualité avec son amie Sally. Elle organise une réception en l'honneur du prix littéraire reçu par Richard. Mais celui-ci se jette par la fenêtre. Richard l'appelle Mrs Dalloway et elle est en effet la version moderne de Clarissa Dalloway, l'héroïne du roman de Virginia Woolf. Elle s'interroge sur le bonheur et s'enlise dans une existence futile.

Je n'avais pas encore pris le temps de regarder cette adaptation du roman de Michaël Cunningham The Hours, titre que Virginia Woolf souhaitait inititialement pour son roman Miss Dalloway. On observe ce temps qui s'écoule, cette déambulation de ces trois femmes et l'écho qui se tisse entre elles, comme un fil d'Ariane littéraire: Miss Dalloway. Entre Clarissa Vaughan/Dalloway qui s'agitent sans choisir et Richard/Septimus qui choisissent la mort, un troisième personnage, Laura Brown, qui choisit la vie.  Woolf l’écrit, Brown le lit et Vaughan le vit. Ces trois pas de danse exécutés en parallèle m'ont séduite et j'ai très envie de me plonger dans le roman de Virginia Woolf.

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Film de Stephen Daldry sorti en 2002.

mercredi, 27 janvier 2010

Aldabra la tortue qui aimait Shakespeare de Silvana Gandolfi.

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C'est l'histoire d'une petite fille Elisa, qui chaque jour, rend visite à sa grand-mère Eia, à l'autre bout de Venise. Passionnées de théâtre shakespearien, elles passent des après-midi entiers à déclamer. Mais Elisa va être la spectatrice d'une bien étrange métamorphose, car la vieille dame se glisse peu à peu dans la peau d'une tortue géante de l'archipel d'Aldabra.
« L'astuce, pour tromper la mort, c'est de se transformer ».

Tels sont les mots de la surprenante mamie Eia à sa petite-fille. Silvana Gandolfi aborde dans ce roman fantastique et fantaisiste la vieillesse, le rapport entre la mère et son enfant. La grand-mère et la mère sont des thèmes qui sont rarement aussi bien traités, sans ostentation mais efficacement. Et puis il y a Shakespeare, qui reste le fil, le lien entre ces trois générations jusqu'à la scène de dénouement, superbe et si émouvante ! La question de la schizophrénie , thème difficile, est abordée de manière  très réfléchie. Un récit plein de tendresse sur le temps qui passe, mais également sur l’immortalité et les choses qui nous sont vraiment nécessaires pour continuer à vivre.
Un très beau voyage dans l'imaginaire.
Roman publié chez Seuil jeunesse et traduit de l'italien par Nathalie Bauer.
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lundi, 25 janvier 2010

Pinocchio de Carlo Collodi

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Je suis en pleine relecture des contes classiques dans le cadre du Swapôcontes d'Emmyne. Je me suis replongée dans un album de mon enfance, Pinocchio, conte adapté de Carlo Collodi, publié en 1964 et illustré par A. Mattoni. Mon livre a un peu souffert mais il m'a occupée pendant de nombreuses heures dans ma chambre de petite fille.
Pin.jpgL'his­toire du conte est in­dis­so­ciable de la tra­di­tion po­pu­laire orale.Né en 1826, Carlo Lo­ren­zi­ni est un jour­na­liste ita­lien à l'en­ga­ge­ment po­li­tique fort. Il mi­li­ta no­tam­ment pour l'in­dé­pen­dance ita­lienne ou la réunion de la Tos­cane et du Pié­mont ; il fonda même deux jour­naux hu­mo­ris­tiques et sa­ti­riques : Il Lam­pione et La Sca­ra­mac­cia. Quelques écrits sans grande sa­veur plus tard, Lo­ren­zi­ni, sous le pseu­do­nyme de Carlo Col­lo­di, adap­ta en ita­lien les Contes de Per­rault. C'était en 1875 et ce n'est que 6 ans plus tard qu'il écri­vit les pre­mières lignes de son conte phare. En 1887,  la pu­bli­ca­tion de la ver­sion dé­fi­ni­tive des Aven­tures de Pi­noc­chio (Le Av­ven­ture di Pi­noc­chio) com­porte 36 cha­pitres, cha­cun pré­cé­dé d'une phrase le ré­su­mant.
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Au cours de ces aven­tures, Pi­noc­chio, qui re­grette constam­ment ses mé­faits, ouvre les yeux au monde et com­prend petit à petit que l'école est né­ces­saire sous peine de de­ve­nir un âne, au sens propre comme au sens fi­gu­ré, qu'il faut sa­voir ga­gner son ar­gent, ce­lui-ci ne pous­sant en effet pas dans les champs. Man­ger ce qu'on a dans son as­siette, ne pas suivre les in­con­nus, par­ta­ger, aider son pro­chain, au­tant de pré­ceptes qui rentrent dif­fi­ci­le­ment dans la tête en bois du pan­tin, comme dans la tête de l'en­fant qui dé­couvre Pi­noc­chio.
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Col­lo­di aborde de façon dé­tour­née plu­sieurs maux de la so­cié­té. La jus­tice est ex­pé­di­tive, les braves gens par­fois aveugles et les perfides tou­jours prêts à tirer par­tie du naïf.
L'his­toire de ce pan­tin de bois est un re­flet de l'en­fant qui doit aban­don­ner son âme pour de­ve­nir ma­ture dans un monde dif­fi­cile, une his­toire qui parle à cha­cun d'entre nous.C'est très moralisateur, comme le sont souvent les contes, mais Pinocchio reste intemporel. 
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J'ai aimé me replonger dans ce conte italien avec ses illustrations "vintage" et raconter au Petit Korrigan l'histoire du petit pantin  qui l'accompagne dans sa chambre, au dessus de son lit.Pinocchio est devenu un pantin parlant avant d'être un bébé, il s'est confronté à la vie brutalement avant qu'elle-même ait pu l'apprivoiser, il aura fallu le passage dans le ventre de la baleine pour découvrir la douceur et l'importance de l'autre.
La version originale, publiée récemment aux éditions Rue du monde et illustrée par Nathalie Novi, est magnifique également.
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vendredi, 22 janvier 2010

Blue cerises

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(Toile réalisée en Mixed-media )
J'ai vu ces quatre petits livres sur la blogosphère et tant de lecteurs enthousiastes que je me suis plongée dans la lecture avec curiosité.
Quatre ados,
Quatre amis,
Quatre histoires,
Un seul secret.
Quatre petits livres écrits par quatre auteurs différents et la magie de cette série est de pouvoir commencer par n'importe quel opus! Les quatre histoires sont liées. J'ai commencé avec Amos  et découvert Le Pacte des cerises.
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(clic clic)
Les aventures des Blue cerises commencent aux vacances de Toussaint: Satya, Zik, Violette et Amos vont chacun faire une rencontre surprenante. Agés de seize ans, nos ados, le vague à l'âme, nous confient leurs premiers émois et tourments.
Zik et son ange sur le toit, va suivre ce personnage énigmatique pour parvenir dans une cave où elle découvre, subjuguée un incroyable concert de rock.
Satya et Indiana, une étrange fille mystérieuse, qui comme Le Petit Poucet laisse des petits cailloux sur son chemin et invite Satya à pénétrer dans son monde. Avec elle, il découvre les " attentats poétiques ", la petite danseuse de Degas, Emily Dickinson et la nuit à la belle étoile et sa force de vivre. J'ai refermé ce tome en pleurant... c'est dire car cela m'est très rare!
Violette, protégée par son oncle Ernesto, découvre le premier amour et l'âpreté du monde masculin parfois.
Et puis Amos, qui aime les garçons et doit se protéger sous des faux-semblants. Amos et sa passion pour le tir à l’arc, bouleversé par un futur départ au Québec.
Voici quatre pièces d'un même  puzzle, libre à vous de commencer par l'histoire de Satya, Zik, Amos ou Violette.
J'ai apprécié l'originalité de cette création car les quatre volumes offrent une perspective différente dans la lecture, et puis j'adhère beaucoup à cette volonté des auteurs d'aborder des thèmes actuels tout en  se référant à des monuments de la culture générale dans divers domaines comme le cinéma, les arts visuels...
J'ai refermé ces petits livres et me suis empressée de commander la saison 2 !
 Chapeau bas aux auteurs pour cette belle initiative!
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« Amos : Cibles mouvantes » Sigrid Baffert
« Satya : L’attentat » Jean-Michel Payet

« Zik : L’ange des toits » Maryvonne Rippert

« Violette : L’amour basta » Cécile Roumiguiére

Collection dirigée par Cécile Roumiguière.



Editions Milan – Collection Macadam- Mai 2009.
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dimanche, 17 janvier 2010

Sans gravité de Vendela Vida

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(Triptyque réalisé par Isa)
"Dans ma tête, l'histoire est toujours au présent, elle commence toujours à deux heures et quart. Je me promène le long de l'allée du parc quand j'entends derrière moi un homme dire : "Madame ?". Puis, l'homme,  l'entraînant un peu l'écart, sur un banc, lui pointe un revolver sur la tempe.
"Je veux mourir", "Je veux pas mourir seul"
"Je veux mourir avec quelqu'un."...
Ellis, fraîchement débarquée à New-York, inscrite en histoire de l'art à Columbia, est sortie miraculeusement indemne de cette rencontre. Elle décide de réciter quelques vers de poésie à cet homme et le convainc de ne pas se donner la mort. La jeune étudiante n'en est pas moins profondément ébranlée. Sa vie semble lui glisser entre les doigts, elle a peu d'amis, ne s'entend guère avec sa colocataire et multiplie les relations instables. Cette rencontre perturbe le cours de sa vie et on assiste au point de vue de son entourage sur cet évènement. Chacun juge, émet une hypothèse, tandis qu'Ellis s'interroge.Elle semble seule, emprisonnée dans ses pensées comme  un personnage dans un tableau artistique de Duchamp.
"Je jette un oeil par une fente et aperçois le corps d'une femme nue, prostrée, abandonnée au flanc d'une colline. De la main gauche, elle tient une lampe à pétrole, dont la flamme brûle toujours.
De l'endroit où je suis, je ne vois pas son visage. Il faut que je le voie. Qui lui a fait ça ? Est-ce qu'elle était en train de pique-niquer ?  Je tire fort sur les battants  de bois patiné. Ils ne s'ouvrent pas. Je ne peux voir la femme qu'au travers d'une petite fente, mais je ne peux ni m'en approcher, ni la regarder, ni la toucher."

 

Ma lecture fut laborieuse, voilà une dizaine de jours que ce livre m'accompagne et me laisse perplexe. Je suis restée muette face aux vicissitudes d'esprit de cette étudiante. J'ai aimé son parcours, l'excipit est merveilleux. Ellis avance, Vendela Vida offre le pardon et ce livre se termine sur quelques anecdotes, la vie continue...C'est un beau premier roman mais je suis restée en dehors de l'histoire, un rendez-vous manqué peut-être...

Editions de l'Olivier - Janvier 2005 - traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Adèle Carasso et Stéphane Roques.

mercredi, 13 janvier 2010

TAG!

Resolutions2010.jpgCelsmoon m'a tagguée! Janvier est le mois des bonnes résolutions et ce TAG propose de recenser trois résolutions que je ne tiendrai pas en 2010:

1-Ne plus me passionner pour de nouvelles choses...Au rang de mes passions, la lecture, la langue italienne, le monde tsigane, les fées, les légendes bretonnes,l'art-thérapie et tant d'autres choses encore!Je suis une grande passionnée mais difficile de me limiter  dans de nouveaux centres d'intérêt, je ne m'ennuie jamais.

2-Ne plus attendre pour répondre aux mails, je laisse facilement ma boîte déborder! Mais il sera difficile d'y remédier, j'aime prendre mon temps...

3-Ne plus acheter de thé  avant d'avoir terminé les précédents, un peu comme pour les livres! Ne plus acheter ni emprunter tant que ma PAL ne diminue pas!

Je passe le TAG à qui le souhaite!

Merci Celsmoon

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Depuis quelques semaines, machine à coudre et aiguilles tintinabulent chez Celsmoon et cette semaine j'ai reçu mon SLAT!!!
Une pochette pleine de douceur qui me rappelle celle de mon enfance, "la malette" que j'emmenais à l'heure de l'étude pour prendre mon goûter. Celle-ci emportera mes livres et j'en suis ravie!
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Et puis Petit korrigan a reçu lui aussi sa pochette! Il en est très fier, elle abrite ses images reçues à l'école!
Un grand merci Celsmoon!!! D'autres aiguilles tintinabulent aussi chez moi...

dimanche, 10 janvier 2010

Gatlif

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"Liberté" de Tony Gatlif

Théodore, vétérinaire et maire d’un village situé en zone occupée pendant la seconde guerre mondiale, a recueilli P’tit Claude, neuf ans, dont les parents ont disparu depuis le début de la guerre. Mademoiselle Lundi, l’institutrice fait la connaissance des Tsiganes qui se sont installés à quelques pas de là. Ils sont venus pour faire les vendanges dans le pays. Humaniste et républicaine convaincue, elle s’arrange avec l’aide de Théodore, pour que les enfants Tsiganes soient scolarisés.De son côté, P’tit Claude se prend d’amitié pour Taloche, grand gamin bohémien de trente ans qui se promène partout avec son violon sur l’épaule. Mais les contrôles d’identité imposés par le régime de Vichy se multiplient et les Tsiganes, peuple nomade, n’ont plus le droit de circuler librement : Théodore cède alors un de ses terrains aux bohémiens, désormais sédentarisés.

Tandis que les enfants Tsiganes suivent les cours de Mademoiselle Lundi, P’tit Claude est de plus en plus fasciné par le mode de vie des Bohémiens – un univers de liberté où les enfants sont rois. Mais la joie et l’insouciance sont de courte durée : la pression de la police de Vichy et de la Gestapo s’intensifie et le danger menace à chaque instant. Comme ils l’ont toujours fait depuis des siècles, les Tsiganes devront reprendre la route…

Sortie nationale le 24 Février. Je l'attends avec impatience de même que le livre proposé par Babelio pour l'opération Masse critique mais il semblerait que l'éditeur Perrin ait reculé sa sortie...      gat.jpg

Je suis impatiente car passionnée par ce monde des tsiganes. J'ai beaucoup appris auprès des enfants que j'accompagne, je consacre mon année à un projet de recherches en littérature de jeunesse sur le monde des enfants du voyage et suis toujours à l'affût de publications sur ce thème. Si toutefois vous avez des suggestions, je suis preneuse!

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vendredi, 08 janvier 2010

Contes siciliens collectés par Giuseppe Pitré

 

 

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(Sur l'étoile d'hiver: Mostaccioli, petits biscuits siciliens fourrés aux figues).

Dans « Le Prince d’amour », Frédéric Morvan présente les contes que Giuseppe Pitré et ses amis ont récoltés directement auprès des conteurs de l’île. En Sicile, ce sont surtout les femmes qui transmettent les contes, et la meilleure conteuse est la vieille nourrice de Pitré, la Messia. Elle raconte à merveille des histoires du XVIIIème siècle qu'elle tient de ses grands-parents.À son répertoire :

« Catherine la Sagesse », aussi cultivée que maligne, qui se fit épouser quatre fois par le même homme.

«Le Seigneur des fèves et des pois », une sorte de « Chat botté ».

 «La Palombe» qui ne se raconte qu’en Sicile. Comme nous sommes entourés par la mer, voici encore « Pippinu le petit pêcheur » et son énorme mérou.

« Colas-poisson », homme jusqu’à la taille et poisson en deçà, qui plonge de plus en plus profondément pour satisfaire la curiosité du cruel roi de Messine.

J'ai beaucoup aimé ces petites contes siciliens qui attendaient depuis des années sur ma PAL!. C'est le Swap ô contes d'Emmyne qui m'a convaincue de les lire! J'ai passé un doux moment de lecture, je souhaitais lire de vraies histoires, celles qu'on raconte...Je voulais retrouver des histoires inventées, rien de trop subjectif alors ce recueil tombait à point.Ces contes siciliens sont le reflet de cette île gréco-latine occupée successivement par des Arabes, des Normands, des Français, des Espagnols. Ces "fiabe" (contes) offrent toute une  panoplie du merveilleux avec rois, reines, princesses, sorcières et dragons.

J'ai aimé particulièrement la ritournelle dans "La Soeur du conte". Je regrette un peu de ne pas avoir retrouvé une empreinte forte de la culture sicilienne dans ces contes, même s'ils sont très beaux. En revanche, la présence de la Mer Méditerranée dans chacun des contes est très symbolique. Cola Poisson y plongea pour aller chercher la couronne du roi de Messine, il y nage peut-être encore...

Un peu de merveilleux pour retrouver mes racines siciliennes tout en dégustant un des mostaccioli de ma grand-mère à la lumière d'une bougie.

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J'ai envie de poursuivre ma découverte des contes de tous les pays dans cette jolie colletion Neuf de L'Ecole des Loisirs.

(Traduction Frédéric Morvan).

mardi, 05 janvier 2010

Le Pigeon de Patrick Süskind

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Jonathan Noël, quinquagénaire, est un vieux garçon qui vit seul. Traumatisé par les persécutions nazies et le départ de sa maman pendant la guerre, il vit dans la routine  du quotidien. Sa chambre de bonne est un îlot de sécurité.Le quinquagénaire occulte ce passé douloureux en prenant un soin extrême à ce que rien ne vienne perturber un quotidien organisé avec la précision du métronome.
 «De toutes ces péripéties, Jonathan Noël tira la conclusion qu’on ne pouvait se fier aux humains et qu’on ne saurait vivre en paix qu’en les tenant à l’écart.»

 

Il se sent protégé par ce mode de vie. Il redoute les changements.Il ne quitte ce havre douillet que pour aller travailler en tant que vigile sur le parvis d’une banque.

Pourtant, un beau matin, un évènement banal va bouleverser son quotidien. Alors qu'il quitte sa chambre,il tombe inopinèment sur un pigeon dans le hall de son immeuble. Cette rencontre va perturber sa vision du réel.

«Lorsque lui arriva cette histoire de pigeon qui, du jour au lendemain, bouleversa son existence, Jonathan Noël avait déjà dépassé la cinquantaine, il avait derrière lui une période d'une bonne vingtaine d'années qui n'avait pas été marquée par le moindre événement, et jamais il n'aurait escompté que pût encore lui arriver rien de notable, sauf de mourir un jour. Et cela lui convenait tout à fait. Car il n'aimait pas les événements, et il avait une véritable horreur de ceux qui ébranlaient son équilibre intérieur et chamboulaient l'ordonnance de sa vie.»

 

Dès lors, on va suivre les délires paranoïaques de Jonathan tout au long d'une journée. J'ai repéré ce roman chez Emilie, étudiante en psychologie. J'ai lu Le Parfum dont j'ai peu de souvenirs mais je trouve que l'intérêt de ce court roman réside dans la tension dramatique parfaitement mise en scène par l'auteur.Le malaise va grandissant et l'attitude de fuite est remarquable. Patrick Süskind montre combien un évènement peut ranimer la douleur des souvenirs. La rencontre avec le pigeon rappelle celle des champs de bataille, du soldat face à l'ennemi .

«Il était posé devant sa porte, à moins de vingt centimètres du seuil, dans la lueur blafarde du petit matin qui filtrait par la fenêtre. Il avait ses pattes rouges et crochues plantées dans le carrelage sang de boeuf du couloir, et son plumage lisse était d'un gris de plomb: le pigeon. Il avait penché sa tête de côté et fixait Jonathan de son oeil gauche. Cet oeil, un petit disque rond, brun avec un point noir au centre, était effrayant à voir. Il était fixé comme un bouton cousu sur le plumage de la tête, il était dépourvu de cils et de sourcils, il était tout nu et impudemment tourné vers l'extérieur, et monstrueusement ouvert; mais en même temps il y avait là, dans cet oeil, une sorte de sournoiserie retenue; et, en même temps encore, il ne semblait être ni sournois, ni ouvert, mais tout simplement sans vie, comme l'objectif d'une caméra qui avale toute la lumière extérieure et ne laisse passer aucun rayon en provenance de son intérieur. Il n'y avait pas d'éclat, pas de lueur dans cet oeil, pas la moindre étincelle de vie. C'était un oeil sans regard. Et il fixait Jonathan.»

 

L'oeil du pigeon incarne toutes les peurs humaines . Certains passages sont jubilatoires dans la tension que met en scène l'auteur pour décrire des petites choses en apparence anodines mais dramatiques pour notre vieil homme.Un bon livre sur le sentiment de peur qui tétanise nos vies et une possibilité d'en rire.

Je remercie mon frère pour ce beau moment de lecture.

Découvrez la playlist Lhasa avec Lhasa De Sela

 

 

samedi, 02 janvier 2010

Si c'est un homme de Primo Levi

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(Double page issue du livre Paroles d'étoiles de Guéno et Pecnard)
Lire Primo Levi Si c'est un homme a rappelé à ma mémoire mon épreuve du baccalauréat littéraire en 1993 sur le devoir de mémoire. On sait d'avance que la lecture sera difficile car ce livre relève de  "la littérature concentrationnaire". Le récit se présente comme un récit autobiographique d'un rescapé des camps nazis. L'auteur raconte son arrestation, sa déportation et sa vie dans le camp d' Auschwitz de Décembre 1943 à Janvier 1945.
Ce livre est un témoignage poignant d'un déporté parmi d'autres déportés. Primo Levi est victime mais aussi observateur et livre une description du Lager et de ses conditions de vie.
Si c'est un homme offre une réflexion sur la souffrance  et sur la fraternité. Le Lager est un miroir de la société humaine. Le détenu est non seulement un homme déshumanisé mais aussi un homme mis à nu. Les portraits des autres hommes portent à la lumière la force de survivre  au quotidien du camp, en passant du mépris à la reconnaissance de l'autre.
J'ai beaucoup aimé la beauté du chapitre où le narrateur entreprend de réciter à Jean un passage de La Divine Comédie de Dante et, au moment même où il récite les vers en italien, il prend conscience du pouvoir de la poésie. Le poème écrit par Dante au XIV ème siècle se fait l'écho de la souffrance des hommes du Lager et la force d'Ulysse est comparable à leur détermination.
C'est un livre au sujet sombre,où le narrateur témoigne admirablement de la vision manichéenne de l'avenir à l'époque ( l'Appendice est riche d'enseignements) mais source d'une grande réflexion sur cette période de l'histoire.
"Pendant quelques heures, nous pouvions être malheureux à la manière des hommes libres."
Livre traduit de l'italien par Martine Schruoffeneger, lu dans le cadre de mon Défi de littérature italienne et pour le Blogoclub de lecture organisé par Sylire et Lisa.
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Petite info!

Il était une fois...

un swap consacré aux contes classiques.

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swapcontes

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ALLEZ VOIR CHEZ  EMMYNE

Inscrite! .^_^.

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Je suis encore en retard pour le Blogoclub de lecture!

Mon billet sur Primo Levi arrive tantôt...