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dimanche, 28 février 2010

La Diagonale du vide de Pierre Péju.

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Marc Travenne, designer, décide de ne pas prendre l'avion qui l'emmenait pour un énième voyage d'affaire. Il préfère se réfugier dans un gîte perdu quelque part en Ardèche. Dans cet endroit isolé, il fera la rencontre d' une femme très particulière qui lui racontera sa vie. Une vie faite  d'obéissance et de violence extrême. Elle est allée, là-bas, en Afghanistan et elle a vu des horreurs. Elle a peut-être même participé à ces horreurs. Elle se livrera et expliquera la diagonale du vide. Cette étroite bande de territoire qui partage la France des Landes aux Ardennes et sur laquelle la densité de population est faible et les zones sauvages nombreuses.Travenne va suivre et poursuivre cette aventurière qui, avant d’être enlevée sous ses yeux, a le temps de lui livrer une part de son secret. De rencontres en révélations, Travenne va voir sa vie basculer, découvrant que la diagonale des solitudes traverse aussi l’Afghanistan ou New York. Il nous narre la connaissance d'Irène qui vivait à New York et nous raconte son 11 septembre. Entre la guerre en Afghanistan et l'effondrement du World Trade Center, cela fait déjà beaucoup pour un seul homme mais il faut y rajouter un enfant caché, un village d'enfance où eurent lieu de nombreux suicides et une mère qui perd la tête.

Car notre enfance n’est jamais de l’histoire ancienne. L’enfant que nous avons été, même si nous ne tenons pas à le revoir, même si nous ne l’avons pas convoqué, est soudain là. Il hante notre présent qui se trouble et s’obscurcit. Il a l’éclat légèrement tremblant des revenants.
Enfance pas morte, même si mon adolescence s’est couchée dessus pour l’étouffer. Même si ma maturité, lourde et large, s’est couchée sur mon adolescence. Même si toutes les figures, personnages et visages que j’ai utilisés au cours de ma vie se sont tassés les uns sur les autres, en strates successives, au fil des époques et des saisons, au gré des replis, des élans, des échecs ou des chances.
J’ai souvent songé à une sorte de sonde, tube étroit et résistant qu’il suffirait d’enfoncer verticalement à travers ces couches superposées de ma vie, un peu comme font les glaciologues qui prélèvent des échantillons dans les profondeurs de la banquise en pratiquant ce qui’ls appellent un “carottage”, puis en analysant les gaz contenus dans les bulles figées dans la glace. Sur le long cylindre de mon existence congelée, on pourrait alors identifier différents moments. On ne découvrirait pas des bulles, mais des mots énigmatiques. Des cris, des sonorités, des impressions, des croyances, des traces. Myriades de significations orphelines en suspension dans la gélatine du temps.

 

Voici un roman à l'allure d'une intrigue policière.Mais le héros Marc Travenne n'a rien du détective, on se laisse happer par les confidences où il ne cesse de remettre en question son rythme de vie et de se laisser porter par les péripéties de son destin. Beaucoup de thèmes s'entrecroisent: réflexion sur le temps qui passe, réflexion sur le sens de la vie et l'enquête. Un roman qui s'ouvre sur un sentiment de quiétude, nous emporte sur la route et se clot de manière sereine. Un beau roman que je vous invite à lire tant par la beauté du style que pour la réflexion qu'il suscite.

J'ai retrouvé la belle plume de Pierre Péju, découverte avec La Petite chartreuse.

 

jeudi, 25 février 2010

La colère de Banshee de Chabas et Sala

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 "En Irlande, pays des enchantements, la banshee est la plus puissante des fées. La reine des magies, des malédictions, de toutes les merveilles. Aucun homme, pas même un druide, ne peut lutter contre ses pouvoirs."
Banshee veut du vent. Pas une brise fraîche qui glisse à la manière d'une caresse, non. Des bourrasques, des rafales, une vraie tempête. Elle ordonne à l'ouragan de se présenter à elle, et il obéit, comment s'opposer à la puissance de Banshee.
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Copyright David Sala. Casterman, 2010.
Je suis une amoureuse du monde des fées, je ne pouvais donc résister à la tentation de m'offrir cet album repéré chez Laure et Gawou. J'ai tout de suite été intriguée par cette Banshee assise au pied d'un arbre, sa poupée dans les bras.
La petite fée a perdu quelque chose et comme tout enfant, elle veut retrouver immédiatement cet objet. Jean-François  Chabas nous offre un beau texte sur le temps de l'absolu cher à l'enfance. La colère va grandissant et tous les éléments se déchaînent.
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Copyright David Sala. Casterman, 2010.
 Les illustrations  de David Sala sont magnifiques, teintées d'or à la manière de Klimt, toutes en rondeur et grandiloquence. Cet album est un écrin. J'admire l'ensemble du texte, l'hymne merveilleux aux forces des  éléments de la nature.
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Copyright David Sala. Casterman, 2010.
La colère de Banshee, de Jean-François Chabas, et David Sala. Casterman
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mardi, 23 février 2010

Sur le sable de Michèle Lesbre.

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Voici le premier livre de Michèle Lesbre que je découvre, et ce ne sera probablement pas le dernier!
Ce roman nous livre des confidences entre un homme et une femme sur une plage. Au début, Hélène est une femme en rupture de ban, en "pente douce". Elle a quitté son travail, rompu avec son amant. Après avoir roulé au hasard hors de la capitale, elle se laisse captiver par un étrange spectacle. Des flammes surplombent la dune qu'elle longe depuis un moment. Elle s'arrête, s'avance vers le brasier. Sur la plage, recroquevillé sous une couverture, un homme contemple paisiblement l'incendie de sa maison. L'inconnu l'invite à s'asseoir à ses côtés. Une longue nuit commence où il lui raconte l'histoire de cette demeure, contre laquelle il dit avoir mené une "petite guerre" et dont il est venu à bout.
"Il y a des êtres mystérieux - toujours les mêmes - qui se tiennent en sentinelles à chaque carrefour de votre vie." Modiano.

 

Voici la clé du livre.Tandis qu'il parle sans discontinuer, la mémoire d'Hélène vagabonde. Pour ne pas se laisser ensevelir sous les confidences de ce compagnon de fortune, elle réévalue son passé. Insidieusement, leurs tragédies intimes finissent par se mêler. Lorsqu'il évoque ses amours défuntes, elle revit les siennes. Les fantômes qu'ils invoquent ont parcouru l'Italie des années 1970, ils ont connu les années de plomb. Et leur présence est plus intense que celle des deux protagonistes, perdus dans les sables mouvants du souvenir.

Un roman charmant: simplicité de l'écriture, limpidité du style, texte lumineux...Si tout est provisoire, si la vie ne laisse que des empreintes sur le sable, il faut "saisir les choses et les gens, ne rien laisser filer, jamais ".

Un très bel hommage à Modiano et une belle révérence à la puissance de la littérature.

dimanche, 21 février 2010

Liberté de Gatlif et Kannay.

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Quelques jours avant la sortie du dernier film de Tony Gatlif , je souhaitais lire Liberté co-écrit avec Eric Kannay. Voici un livre fort sur la déportation des Roms. Un manque de reconnaissance, de l'ignorance des autres vis-à-vis de leur propre histoire...Gatlif a souhaité mettre à l'honneur les Roms pendant la période de l'Holocauste.
Un point de départ: l'histoire vraie de Talloche. "Le destin d'un dénommé Tolloche fut particulièrement tragique. Interné à Montreuil- Bellay, il réussit à se faire libérer après avoir acheté, par l'intermédiaire d'un notaire, une petite maison à quelques kilomètres de la ville. Incapable de vivre entre quatre murs, il reprit la route pour retourner dans son pays d'origine, la Belgique. Il fut arrêté dans le Nord et disparut en Pologne avec ses compagnons d'infortune".
C'est le destin de ce Tolloche qui a pris tous les risques pour sauvegarder sa liberté qui a décidé Gatlif à faire ce film. Et puis il y a ce Juste, un notaire, qui lui aussi a pris tous les risques pour tenter de le sauver...

Gatlif nous offre la mise en lumière d'une belle leçon d'humanité: comprendre pourquoi un homme ou une femme décide un jour de sauver des bohémiens.
Pendant la seconde guerre mondiale, les Roms ont été enfermés et massacrés avec l'accord de tous les pays, à l'exception notable de la Bulgarie qui, bien que fasciste, a refusé de livrer ses Tsiganes aux nazis. Encore aujourd'hui, très peu de gens connaissent cette histoire et ne cherchent pas à comprendre les problèmes de ce peuple de 10 millions de personnes en Europe qui semble flotter dans l'air dans une pauvreté extrême. Ce peuple, pendant longtemps, n'a eu ni représentant politique, ni véritable défenseur, excepté quelques écrivains tsiganes dont Matéo Maximoff et quelques amis non tsiganes, ce qui a facilité le mépris à leur égard et et la loi française de 1912 imposant le carnet anthropométrique à tous les roms ou encore les lois de Vichy interdisant le nomadisme qui ont conduit à l'enfermement des Tsiganes dans 40 camps de concentration sur tout le territoire français.
L'âme tsigane n'est pas facile à raconter et à faire comprendre. Il n'y a pas de mot dans la langue tsigane pour signifier Liberté. Les Tsiganes n'emploient pas ce mot car ils sont libres. Il fallait que je trouve un personnage qui, à travers sa pureté, sa naïveté, sa fantaisie, sa liberté, ses folies, représenterait toute la communauté rom. Ce fut Taloche. Il m'a fallu ensuite près d'un an pour arriver au scénario final. En écrivant ainsi, j'ai du même coup approché les raisons du silence qui entoure Samudaripen (le génocide des roms). Les Tsiganes ont peur des fantômes. Lorsqu'ils entrent dans une cave, ils en sortent en courant de peur d'y croiser des revenants. Taloche est ainsi : il a peur des morts. Que s'est-il passé à la fin de la guerre, lorsque les Tsiganes ont compris que des centaines de milliers d'entre eux avaient péri exterminés ? Ils ont eu peur de ces morts, peur de les réveiller, peur qu'ils reviennent. Peur d'en parler, en définitive... Tony Gatlif.
C'est important que LIBERTÉ soit vu et expliqué à l'école. J'espère qu'un jour il n'y aura plus de livres scolaires où les Roms, Bohémiens à l'époque, sont représentés comme des voleurs d'enfants. L'école a longtemps véhiculé une imagerie raciste des roms. LIBERTÉ, c'est un hommage non seulement aux Justes, mais aussi aux instituteurs, à l'école de la République.
Je suis très sensibilisée à l'histoire des Roms depuis que j'enseigne par correspondance à ces enfants de la liberté. J'ai connu des Roms en classe, je me souviens de beaux projets pédagogiques autour de roulottes et contes tsiganes...Je continue à me passionner pour ces enfants du voyage et j'ai l'impression de les respecter davantage en ne leur imposant pas l'enferment à l'école mais en invitant l'école au sein des camps, un peu à la manière de Grâce et dénuement d'Alice Ferney. 
J'attends avec impatience l'avant première de ce film et la BO notamment pour la chanson de Catherine Ringer!
Merci à Clément Vekeman des Editions Perrin et Guillaume Teisseire  chez Babelio pour l'envoi de ce livre.ico_critique.jpg
 
 

jeudi, 18 février 2010

Pierre et le loup

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Petit korrigan et moi avons lu et écouté ce magnifique album Pierre et le loup lu par Bernard Giraudeau, illustré par Olivier Tallec sur la musique de serge Prokofiev chez Gallimard Jeunesse. Nous avons été sensibles tous les deux à la présentation en exergue de chaque instrument pour illustrer l'apparition d'un personnage ainsi que le repère grâce au code de couleur. Cette introduction a facilité l'entrée dans cet album pour Petit Korrigan du haut de ses quatre ans. Les illustrations sont très douces et la palette des couleurs très agréable. Nous avons longuement observé la silhouette des arbres bleues notamment car nous aimons réaliser des arbres en ce moment. J'ai aimé la voix chaude de Bernard Giraudeau qui a un véritable talent de conteur.
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L'histoire raconte les aventures du courageux petit Pierre qui tente de sauver l'oiseau convoité par le chat, lui-même poursuivi par le loup. Je n'avais pas encore trouvé une version de cette célèbre histoire adaptée à l'âge de mon fils. Celle-ci est parfaite et les peintures de Tallec ajoutent une note d'humour et de tendresse à cet album. J'aime beaucoup observer la magie qui émane des albums et l'impatience du Petit korrigan à connaître la suite de l'histoire!(merci Catherine!)
Hérisson a lancé un challenge consacré à la lecture d'albums jeunesse "Je lis aussi des albums!". Pour plus de renseignements c'est chez Hérisson ! Je me suis inscrite pour le challenge 24 albums, je ne pense pas être ambitieuse puisque chaque soir le rituel de la lecture à voix haute avec Petit Korrigan est un grand moment de complicité! 
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lundi, 15 février 2010

Le Hérisson par Mona Hachache

dimanche, 14 février 2010

Margherita part en voyage

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Margherita prend la route dès demain, elle part chez Mango puis va faire une jolie ronde chez quelques lectrices déjà averties par mail.

N'hésitez pas à me laisser un message si vous êtes intéressé(e).

Mango, Catherine,Audrey, Christine, Nolwenn, Mariel(?), Céline B.

samedi, 13 février 2010

L'amitié

                                    

 

Dans la vie, on a des amies...Mais sur le fil de la vie, on se rend compte parfois que certaines sont précieuses tandis que d'autres sont artificielles alors on fait le point puis le tri. Sur mon fil, je sautille sur des galets et je partage le bonheur au quotidien avec des amies. Celles qui m'écoutent, se montrent attentives, présentes et aimantes. Des amies sincères, fidèles, de celles que j'aime tout particulièrement. Dans la vie, des parenthèses s'ouvrent parfois, elles sont peuplées de tendres amies et je les remercie.

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Encore de chouettes lectures en perspective!
                            

 

mardi, 09 février 2010

Margherita Dolcevita de Stefano Benni.

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Voici un livre coup de coeur!

 

Margherita a 15 ans, quelques kilos en trop et une passion pour la lecture et l’écriture - elle écrit des poèmes et coince sur la première phrase de son roman, qu’elle remanie continuellement. Entre ses parents hauts en couleur, son frère aîné, son grand-père, son chien et son amie imaginaire, tout se passe le plus normalement du monde jusqu’à l’arrivée de nouveaux voisins dont la maison, un gros cube noir, pousse en quelques jours, tel un champignon vénéneux. Hommage à l’esprit d’enfance et à la passion de la littérature - la Zazie de Queneau y côtoie Lolita de Nabokov, l’ombre de Shakespeare y croise celles d’Edgar Poe et de Boulgakov -, Margherita Dolcevita est aussi la dénonciation d’un monde qui se perd dans l’incompréhension, le racisme ordinaire et la culture de l’éphémère.

J'aime beaucoup le style de Stefano Benni, son aptitude à décrire de manière fantaisiste un monde similaire au nôtre  pour dénoncer le capitalisme sauvage. C'est un pur moment de bonheur: ce roman dénonce les travers de notre société sous couvert d'une légèreté féérique. L'histoire décrite par Margherita Dolcevita s'apparente au conte, comme un miroir déformant notre société actuelle et le culte de l'éphémère et du commerce. Benni offre une ramarquable galerie de personnages comme autant de caricatures artificielles.

"Quand les enfants grandissent et deviennent adultes, ils comprennent très vite que ce qu’on leur avait dit quand ils étaient petits n’est pas vrai, et pourtant ils resservent à leur progéniture l’éternel mensonge: à savoir que tout le monde veut laisser aux enfants un monde meilleur – une rengaine qui dure depuis des siècles, et le résultat c’est la Terre, cette petite cloque de haine."

 

Face à un monde corrompu, décadent qui tend à pousser au désenchantement et au cynisme, Margherita, adolescente vive, intelligente, poétique et drôle, constitue une lueur d’espoir. Sa façon d'inventer des histoires m'a séduite:

"L'art, c'est cela: fuir la normalité qui veut te manger." 

 

Je vous invite à découvrir ce coup de coeur paru en 2002 et traduit par Marguerite Pozzoli chez Actes Sud, vous découvrirez une description très subtile d'une maison de famille, la parfum français "Fais-moi mal", une lettre hilarante à l'attention d'une prof de maths et tout sur la série Eternal Love!   bannière 3.jpg               

 

 

jeudi, 04 février 2010

L'Un et l'Autre de Jean-Sébastien Blanck

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L'Un était marronnier, l'Autre châtaignier. Tous deux habitaient la même forêt, l'Un en face de l'Autre et ainsi la vie aurait pu s'écouler, comme pour tous les arbres du monde. Mais la nature avait affligé l'Un et l'Autre d'un grand malheur: ils se détestaient. Et depuis des siècles qu'ils se cotoyaient, ils n'attendaient qu'une chose: que l'homme ou la tempête le débarasse enfin du voisin honni.
Voici un délicieux moment de lecture! Je voue une véritable passion pour les arbres et cette petite fable m'a séduite par son côté malicieux. Jean-Sébastien Blanck nous offre une délicieuse satire de l'intolérance et de la rivalité entre peuples voisins. La syntaxe est gracieuse à la manière d'un Jean de La Fontaine et le vocabulaire très riche. C'est un très beau livre illustré par l'aquarelliste Manuel Purdia, les illustrations sont tour à tour mystérieuses, douces et magiques.
Le message de ce livre est fort intéressant et  peut être étudié avec les enfants dès le cycle 3; notamment pour les thèmes de la tolérance envers autrui, du respect de la nature. Cet ouvrage offre une superbe caricature de la jalousie. Le style de l'auteur permet la mise en place de nombreuses séances en maîtrise du langage et invite également à  la lecture en réseau des Fables de La Fontaine.
Publié chez Alzabane Editions.  éditions alzabanealzabane
Je remercie Guillaume Teisseire de l'opération Masse critique Babelio et l'auteur pour l'envoi de ce livre.ico_critique.jpg


mercredi, 03 février 2010

Le Livre des choses perdues de Connolly

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Inconsolable depuis la mort de sa mère, David, douze ans, se réfugie dans les livres pour fuir le remariage de son père et oublier la naissance de Georgie, son demi-frère. Une nuit, alors que depuis quelque temps, déjà, des phénomènes étranges se produisent, David croit entendre la voix de sa mère. Il la suit et découvre un passage caché derrière des buissons, au fond du jardin. Il le franchit et se retrouve alors propulsé dans un univers parallèle, un monde étrange et hostile peuplé de trolls, de Sires-Loups, de créatures hybrides et d’autres personnages issus de ses lectures et de son imaginaire…Grâce à l’aide du Garde-Forestier et de Roland, un preux chevalier, il va, après bien des épreuves – combats, énigmes à résoudre, pièges à déjouer… – rencontrer un vieux roi qui conserve ses secrets dans un volume mystérieux, Le Livre des choses perdues, sésame qui permettrait à David de regagner le monde réel. Mais l’Homme Biscornu, être maléfique qui épie David depuis son arrivée, ne l’entend pas ainsi. Il a pour lui bien d’autres desseins…

- Editions Archipel -

Cette quatrième de couverture avait tout pour me plaire et lorsque Leiloona a proposé de faire voyager ce livre, je l'attendais impatiemment. Et pourtant...

Ce récit initiatique m'a un peu déboussolée, j'ai suivi les aventures épiques du jeune David en me concentrant notamment sur le réseau intertextuel instauré par Connoly et les multiples références aux contes classiques.Cependant, les longues descriptions des Sires-Loups et des créatures fantastiques m'ont fait perdre le fil et l'intérêt développé dès l'incipit.

" Les histoires sont différentes : elles se mettent à vivre dès qu'on les raconte. Sans une bouche humaine pour les lire à voix haute ou une paire d'yeux écarquillés sous les draps, les parcourant à la lumière d'une lampe de poche, elles n'ont aucune existence réelle dans notre monde. [...] Elles restent endormies, dans l'espoir de se réveiller un jour. Mais quand quelqu'un se met à les lire, elles commencent à se transformer. Elles s'enracinent dans l'imagination du lecteur et peuvent le métamorphoser. Les histoires veulent être lues, disait la mère de David dans un murmure. Elles en ont besoin. C'est pour cette raison qu'elles quittent leur monde pour se frayer un chemin jusqu'au nôtres. Elles veulent qu'on leur donne la vie. "

 Peut-être suis-je déçue car j'attendais trop de cette lecture notamment sur le pouvoir des livres... je ne sais pas, j'ai conscience de tenir un très bon livre mais pourtant la magie n'a pas  opéré sur moi. J'ai apprécié le manichéisme permanent entre le bien et le mal qui gouverne les tentations de l'enfant David et ses angoisses. Le pouvoir des contes et la magie engendrée dans l'imaginaire de l'enfant sont parfaitement développés mais la description du monde merveilleux est si foisonnante qu'elle est devenue pour moi lassante. Parfois, j'ai eu cette impression de tenir entre les mains un synopsis d'une production cinématographique, comme celle du Monde de Narnia notamment. Cette épopée se passe pendant la guerre mais la noirceur échappe à l'enfant, elle est lointaine et masquée par son propre parcours où foisonnent tous les sentiments et craintes, celles de  l'abandon, de la solitude. Connolly a subtilement mis en valeur la côté cruel des contes et c'est peut-être cela qui a rendu ma lecture laborieuse et déroutante. C'est un très bon conte mais pour moi,le côté sombre et épique a perturbé la beauté et la richesse du message intrinsèque de l'oeuvre.

Je remercie Leiloona pour le prêt, ce livre reprend sa route et j'espère qu'il trouvera une lectrice plus enthousiaste.