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  • Bloganniversaire

     
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  • Du Vent dans mes mollets de Raphaële Moussafir.

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    C'est talentueux de pouvoir restituer la parole enfantine lorsqu'on est adulte, Raphaële Moussafir a ce talent. Dans la préface Du Vent dans mes mollets, Howard Butten précise à juste titre:
     " Rien n’est plus insupportable qu’un texte enfantin dans la bouche d’un auteur adulte qui joue l’enfant. J’en sais quelque chose. Quelle joie donc – quel soulagement surtout – de trouver entre mes mains le roman que vous avez entre vos mains. J’ai commencé à le lire avec trépidation. Je l’ai fini en grande paix.
    Rare. Rare. Croyez-moi. "

    Rachel a neuf ans, de mauvaises notes à l’école, mal à la tête, souvent, et surtout s’endort tous les soirs toute habillée avec son cartable et ses affaires de gym. Inquiète sa mère lui propose d’aller voir Madame Trebla, une dame " qui parle avec les enfants et qui après quelques dessins, arrive à les convaincre de se mettre en pyjama le soir, d’enlever leur cartable et leurs chaussures avant de se coucher à l’intérieur de leurs couvertures. "

    On retombe en enfance avec Rachel qu'on accompagne au fil des dix rendez-vous avec Madame Trebla. Elle évoque sa vie, ses camarades, ses parents, sa nourrice aux gros seins et toutes les pitreries de son âge. L'adhésion au club Barbie est d'une drôlerie, sans parler des scènes torrides entre Ken et Barbie!

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    Copyright MamZelle Rouge.

    Outre cette légéreté, sous couvert de l'espièglerie, Rachel s'interroge. Les questions sur la mort, l'antisémitisme et même la politique, tant de sujets graves qui affleurent.

    J’ai remarqué que quand on est triste ou qu’il y a une mauvaise nouvelle, la vie autour ne change pas. Comme le jour où mamie est morte, j’étais dehors, et il y avait du vent, et quand on m’a dit que mamie était morte, il a quand même continué à y avoir du vent dans mes mollets. Quand on est triste, les objets ne sont pas tristes et ils font comme si de rien n’était, et ça, ça me rend encore plus triste.
    Madame Trebla m’a donné un bonbon et un mouchoir et elle m’a dit de me sauver. "

     

    Nous sommes à mi-chemin entre Zazie dans le métro de Quenau et Le Petit Nicolas.

    Du vent dans mes mollets " a été montée au théâtre Mouffetard en 2004.Il existe une version illustrée par Mam'zelle Rouge.

     

    Une suite existe Et pendant ce temps-là, les araignées tricotent des pulls autour de nos bilboquets.

     Vous pouvez écouter un extrait de ce livre ici sur le site "Lire dans le noir".



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    Copyright Mamzelle Rouge.
  • Gaspard le Léopard de Gérard Moncomble et Eric Gasté.

    gaspard.jpgGaspard le Léopard est venu rejoindre ma bibliothèque scolaire! Une nouvelle série écrite par Gérard Moncomble vient de paraître dans la collection Milan poche Benjamin. J'aime beaucoup cette petite collection pour les premières lectures.

    Quatre titres sont parus:

    1. Un match superdingo.

    2. Alors, qui c'est le plus beau?

    3. Ras le bol des copains!

    4. Stop à la pustulote!

    Gaspard le Léopard évolue dans la savane africaine. Tous les personnages sont des animaux personnifiés. Dans le premier titre, deux bandes rivales vont s'affronter pour une noix de coco. Gaspard aimerait beaucoup offrir cette noix à Léa , assoiffée par la chaleur.

    J'aime beaucoup ce nouveau style de lecture: le roman graphique. Il permet une approche très ludique de la lecture en mêlant les différents types de textes (narration et BD) et le support visuel très riche concocté par Eric Gasté.

    Beaucoup de dynamisme dans ce premier épisode avec des thèmes chers à l'enfant: rivalité,amour, amitié et compétition...

    C'est à mi-chemin entre la BD et le dessin animé, le tout truffé d'humour et de chouettes apartés! 

    Sortez vos carnets chers collègues car Gaspard le Léopard est un formidable support d'apprentissage pour les différents registres de langue, les types de textes et la lecture de l'image.



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    Site Internet de la série Gaspard le léopard ici
    Merci à Claire des Editions Milan Jeunesse

     

  • La Grand-mère de Jade de Frédérique Deghelt.

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    Mamoune a loupé une marche de sa vie. Elle vieillit Mamoune... alors ses filles ont décidé de la placer en maison de retraite. Jade, sa petite fille, préfère l'héberger dans son appartement parisien. Entre elles se tisse une rencontre entre deux âges, Jade va apprendre à connaître Jeanne.
    Mamoune vient d'un pays voué à l'élégance du fatalisme, son "avenir est tout entier plongé dans son passé". Jade va apprendre, petit à petit, le passé de cette grand-mère passionnée de lecture. Ce plaisir qu'elle s'offrait en catimini, les livres cachés dans la Bible. Elle consignera toutes ses lectures dans un cahier de notes "Il est ma vie, racontée par les plus grands auteurs du monde".
    Mamoune s'interroge sur ses choix de vie, elle observe les traces du temps sur ses mains pendant que Jade semble dans l'urgence de faire les bons choix.
    "Bonnes ou mauvaises, les conséquences de nos actes sont toujours des mystères".
    Jade et Jeanne vont partager ce quotidien, des nouvelles habitudes parisiennes mêlées aux réminiscences d'une vie campagnarde, d' un parfum de rose et de violette.
    Mamoune livrera son amour des livres:
    "Dans la lecture parfois, je retrouvais cette exaltation, ce désir immense qui emportait mon estomac jusqu'au ciel. J'ai été comme enfermée dans ma vie douce, dans un corps lent et serein tandis qu'à l'intérieur dormait un volcan. Cette terre n'allait-elle jamais exploser? La lecture et ce rêve en étaient les fragments les plus visibles, mais rien ne trahissait l'aventurière endormie. Je ne regrette rien. J'ai été heureuse de ma vie simple près de cet homme tout en mesure."
    Les enfants sont des trésors, des pages blanches avec toutes les histoires possibles. Jade écrit un roman comme un chantier de bonheur et sa grand-mère va l'aider dans sa réécriture. Jeanne abordera les conditions de la vie de la femme qui me semblent, à titre personnel, plus pertinentes que les propos d'Elizabeth Badinter. On apprend beaucoup avec Mamoune pour qui: "L'école de Jules Ferry m'avait appris à lire, celle de la lecture à vivre".
    Comme dans le tableau de Gustav Klimt "Les trois âges de la vie", la vieillesse et la jeunesse s'emmêlent, se rejoignent...
    Qu'il est doux ce temps partagé auprès de ces deux femmes. Les figures féminines sont belles, intenses . Jade et Jeanne nous livrent leurs amours, les  lectures comme des galets sur les chemins de la vie. L'une apprend à l'autre à faire des choix, à avancer en ne s'arrêtant pas sur les dangers de la vie, ceux qui pourraient l'écourter ...
    "Vivre dans la peur, c'est vivre à moitié, prendre la rue du plus tard, c'est arriver à la place du jamais."

    Cette phrase trouve son écho dans un épilogue très surprenant. Etait-ce si utopique de croire en cette réunion des deux âges de nos jours? Qu'importe, j'ai appris beaucoup en compagnie de Jade et Jeanne. Leurs confidences dans cet appartement parisien, sur  fond des Variations Goldberg de Bach ont illuminé mes moments de lecture. Frédérique Deghelt offre un très bon roman et une jolie mise en abyme de l'écriture.

    Un grand coup de coeur pour moi!

    trois-ages-femme-1905.jpg Extraits

    "Maintenant quand je parcours ce livre de citations, de poèmes, d'extraits de tous les ouvrages que j'ai aimés, c'est un peu comme si ma vie rêvée se tenait là, blottie entre les pages. Je ne peux jamais relire ce cahier sans qu'il me tire des larmes. Il est ma vie, racontée par les plus grands auteurs du monde. C'est un livre unique, le plus précieux que je possède. J'ai mis mes pas dans les mots que me soufflait le ciel, celui qui abrite mes amours d'écrivains."

    "Je me souviens d'avoir été fascinée par le miracle des bons livres qui arrivaient au bon moment de la vie. Ceux qui parfois tombaient des étagères pour venir répondre à des questions que me posait l'existence. J'ai récupéré ainsi la patience à une époque où je serais partie dans l'exaspération, découvert les vertus de l'amour rêvé, abandonné le voyage à d'autres vies, rangé le meurtre au rayon de l'impossible. J'ai tout vécu, j'ai mille ans et je le dois aux livres."

    "La mort, c'est la vie aussi. La guerre t'a pris ton frère qui était mon seul fils. La vie est une salope qu'il faut chérir de toutes ses forces. Vis ma fille, prends le bonheur dans chaque instant et pleure les morts sans les rejoindre si ce n'est pas encore ton heure, c'est la moindre des dignités."

    "Son image idéale d'une mamoune tout amour qui ne s'énervait jamais en avait été perturbée. Aux commandes d'un ordinateur, sa grand-mère était comme certaines personnes au volant, insolite et prête à tuer..."


    D'autres avis :
    Choco, Katou, Theoma Cuné, Clarabel, Leiloona, Liliba, Anne, Bellesachi Vero La pyrénéenne, Isa, Edelwe, Celsmoon ...

    Merci à Marie de Chez Lectures Pêle Mêle de Marie pour le partage de ce livre voyageur.




     

      
  • Escapade à Bruges

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    J'ai emmené Mamoune avec moi...
    "Elle se demanda si la beauté d'une ville ne dépendait pas de l'aptitude au bonheur de ceux qui y vivaient."
     La Grand-mère de Jade de Frédérique Deghelt.

    Jade et Mamoune sont d'une charmante compagnie au coeur de la Venise du Nord.

     

     

  • Romicide de Gianni Pirozzi.

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    Romicide...un roman proposé par le club de lecteurs de la librairie  Dialogues! . Un polar sur le monde des Roms ne pouvait m'échapper! Voici la réédition de ce livre, qui fut récompensé par le prix du premier polar SNCF en 2001.
    Romicide est une immersion, assez sombre, dans le milieu des Roms. Bertrand Rozenn est chargé d'enquêter sur un meurtre particulièrement sordide. Un rom hongrois est retrouvé torturé à la périphérie de Rennes. Rozenn s'obstine à résoudre cette enquête et prend comme indic Augusto Rinetti, le gardien du terrain où vivent les gens du voyage. 
    Gianni Pirozzi propose le portrait attachant d'un homme à la dérive. Rinetti, l'homme divorcé, est prêt à tout pour conserver son droit de visite pour son fils Pietro.
    "Un bruit de voiture qui s'arrête devant la caravane. Sa femme tourne alors le visage vers lui, elle ne dort pas. D'un geste de la main, Kertesc  lui intime l'ordre de rester à sa place. Il se lève et va ouvrir. Debout sur le marchepied des caravanes, les hommes sont restés pour regarder la cérémonie, les bras croisés. Les hommes et les enfants n'ont pas le droit de regarder aux fenêtres."

    Nous sommes plongés dans le monde parallèle du voyage, le décor austère est posé. Gianni Pirozzi cultive l'économie des mots. En une seule phrase, le drame prend place. Qui était le vieux Kertesc? Ce vieil homme aux pieds brûlés, ce Rom qui n'en finit jamais de mourir tant la mémoire réclame du temps et sa justice également. La Bretagne, en arrière-plan, est une terre propice pour accueillir cette histoire d'amour et de mort. Tous les personnages qui peuplent Romicide, portent un lourd secret.

    Pirozzi offre une très belle immersion au coeur du peuple tsigane. La rudesse des campements et la richesse de leurs talents sur fond de coutumes sont relatées du point de vue d' un Gadjo. Beacoup  de stéréotypes sur le monde des Roms véhiculent, plus ou moins péjoratifs, dans ce polar. Mais Gianni Pirozzi, travailleur social,a un beau passeport pour explorer les marges et montre dans ce roman, la puissance des cellules familiales, bénie des dieux.

    Avec le personnage d'Abdi, l'auteur s'intéresse encore davantage à la mosaïque de notre continent et évoque ainsi le sujet des  sans papiers. Etre sans papier sur le territoire français, c'est une expérience terrible. Etre Rom et sans papier, c'est pire encore. De toutes les populations migrantes, ce sont les Roms qui cristallisent le plus de fantasmes : cambriolages, trafic et esclavage d'enfants, mendicité... Les expériences de vie auprès d'eux apportent  une toute autre vision.

    Ce livre se lit comme on regarde un film d'Emir Kusturica, face à la pauvreté et la rudesse des décors, une richesse humaine explose.

    Roman publié chez Payot Rivages.

    Livre lu dans le cadre « Dialogues croisés »dialogues croisés.png

       

    Découvrez la playlist ROM avec Django Reinhardt

     

     
  • Faim de loup d'Eric Pintus et Rémi Saillard.

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    Quand on emmène Petit Korrigan à un salon du livre, on ne peut repartir sans un album sur le loup! Son coup de coeur du moment est Faim de loup d'Eric Pintus et Rémi Saillard.
    Encore une histoire qui commence par la faim!
    "La faim, c'est la faim, tu as faim."
     

     

    L'album s'ouvre sur la représentation d'un loup, couleur fauve, sur les traces de deux corbeaux.Il fuit le monde des hommes car "leur odeur fade est partout dans l'air, s'ils te voient, ils te tuent:c'est sûr!". Le loup va se réfugier en forêt, là où il devient presqu'invisible. Mais les hommes multiplient les pièges et voilà que le loup tombe dans la fosse à ours.

    Il entend des pas...peut-être ceux d'un enfant?

    "Un enfant! Tant mieux. Un enfant, c'est innocent, c'est gentil(...) Un enfant, c'est mignon: ça peut même être tendre."

     

    Quand survient le lapin! Un lapin malin et coquin va narguer le loup et lui dire tout ce qu'il pense du maillon supérieur de la chaîne alimentaire. Tout un abécédaire d'insultes que l'on s'amuse à clamer haut et fort!

    "Aberration, Béni oui-oui, Cérumen tout baveux, Dégonflé du cerveau..."

    Lapin danse mais attention, quand on ne contrôle plus ses pas...on chute!

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    ©Rémi Saillard, Didier jeunesse, 2010.

    Lapin, repenti, essaie de s'excuser, prétextant une blague car "pour de vrai: je t'aime beaucoup tu sais" et là,tandis que le loup ouvre grand la gueule afin de réceptionner le lapin, il s'exlame:

    "Rassure-toi, Lapin!

    Moi aussi, je t'aime beaucoup."

    Un très bel album par l'auteur d'Ours qui lit, la figure du loup semble se perdre au fond de la fosse. On se joue du loup jusqu'à ce qu'il l'emporte sur la lapin. Les couleurs orangées,blanches et noires apportent beaucoup de beauté à cet album. Un grand moment d'humour à partager car cet album se prête tout particulièrement à la lecture oralisée, en insistant sur la vivacité des propos du lapin et la lassitude du loup.

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    (Petit korrigan fut très heureux de rencontrer Eric Pintus au Salon du livre d'Arras)
    Album publié chez Didier jeunesse.

     

      

     
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  • Vent printanier d'Hubert Haddad.

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    C'est du point de vue de l'enfance que les nouvelles de Vent Printanier (nom de code de la rafle du Vel d'hiv) évoquent l'épouvantable connivence de Vichy avec la solution finale. De retour sur les lieux de l'impensable, Hubert Haddad écrit ces histoires vraies de tout leur poids d'imaginaire, vraies des milliers de fois à Drancy ou ailleurs, et aujourd'hui comme en filigrane dans les regards effrayés des exclus sur un monde en lente perte d'humanité.
    Quatre nouvelles... "Méranda ou le devoir de mémoire", rencontre entre un vieil antiquaire et la peur du pitchipoï (la destination inconnue) chez Miranda, spectre qui hante les nuits d'Adèle. A la poursuite du chat muche, la frayeur s'invite et les réminiscences de la guerre affluent.
    "Vent Printanier", un jour de Printemps, Michaï, vieux musicien ambulant rescapé des camps, se retrouve devant la gare de Bobigny. Un campement de Tziganes vient d'être explusé pour les commémorations de la déportation. Le vieil homme y rencontre un petit garçon en quête des siens, Nicolaï...
    "Michaï jeta un coup d'oeil sur l'esplanade abandonnée. Un feu éteint entre quatre pierres, des chaussettes accrochées à un fil, un bidon d'eau, des baguettes de pain détrempées... L'explusion avait dû être expéditive. C'était presque toujours ainsi: les autorités locales chassaient les descendants des martyrs pour honorer ceux-ci en paix".
    "La Nuit du fou ou les sonneurs de l'ancien monde" explore les souvenirs d'un photographe de Murnau en quête des siens.
    "Maintenant retiré, plus que jamais actif, il poursuivait sa prospection à travers les épiphanies d'un chaos: l'extraction quotidienne de ces faces de martyrs en lesquelles il voulait  se persuader à chaque agrandissement d'avoir reconnu enfin ses père et mère, à l'imitation du talisman de l'orphelinat, photographie prise jadis ici-même, dans cette boutique du quartier de la Mortaise, près de trois quarts de siècle plus tôt."

    Ecrivain, poète, romancier, Hubert Haddad revient sur cette page sombre de l'Histoire de France. Partout dans le monde, subsiste cette crainte. Chaque individu qui subit la contrainte et la violence apporte son témoignage. C'est l'histoire d'une rencontre entre de vieilles personnes qui ont vécu La Rafle et des enfants d'aujourd'hui. Le point de vue de l'enfant est abordé de manière très poétique.Les craintes subsistent, les expulsions sont différentes mais elles existent toujours sous couvert d'autres principes.

    La nouvelle "Vent Printanier" a pour origine un fait divers réel, qui évoque l'expulsion d'un camp de tsiganes d'un campement où doit avoir lieu la commémoration de la déportation. Beaucoup de cynisme dans cet évènement quand on sait que les tziganes ont été emportés également par ce "vent printanier".

    Très belle lecture à partager avec les enfants, en classe ou ailleurs...

    Nouvelles publiées chez Zulma, Diffusion Seuil, mai 2010.

     
     
  • Les Raisons du doute de Gianrico Carofiglio.

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    (Mon mug "La Mamma"!)
    Lire un roman policier: exercice très rare mais ce livre se passe à Bari (Sud de l'Italie), l'auteur Gianrico Carofiglio a plutôt bonne presse dans son pays alors je me suis lancée!
    Voici un legal thriller c'est-à-dire un polar qui se passe dans le monde judiciaire, ses avocats et ses procès. Guido Guerrieri doit défendre en appel un homme condamné pour trafic de drogue. Lorsqu'il se rend à la prison, il ne tarde pas à reconnaître le jeune adolescent qui l'a malmené dans son enfance, le fameux "Fabio Ray-Ban", l'agitateur fasciste (ou pas) de son état. Comment défendre un homme qui vous a empoisonné l'enfance? Guerrieri va longuement hésiter avant de prendre sa décision. Quand la femme de Paolicelli, Natsu la belle eurasienne, entre dans son bureau, il n'hésitera plus longtemps.Une autre histoire va se tisser, celle de la vie intime de l'avocat. On assiste aux plaidoieries mais aux états d'âme de l'homme de loi, on le suit  dans les dédales du tribunal pour mieux connaître son univers.
    L'auteur, avocat anti-mafia,donne à son personnage une belle épaisseur psychologique: l'homme face aux désillusions de son métier.Un homme qui aspire à la paternité,celle que possède Paolicelli. Lui volera-t-il cette paternité? Les pages se tournent assez rapidement, le rythme se veut dynamique, l'intrigue se devine.
    Mon intérêt s'est porté sur cet homme profondément humain, ses références littéraires notamment Les Belles endormies  de Kawabata (un très bon souvenir de lecture), sa visite dans la librairie Osteria Del Caffelatte...
     « J’ai toujours détesté les gens qui pleurnichent sur leur sort.
    Je décidai donc d’aller acheter un livre.
    "A l’heure qu’il était - 23 heures – il n’y avait qu’un seul endroit où acheter des livres et bavarder un peu. L’Osteria del Caffelatte qui malgré son nom est une librairie.
    Elle ouvre le soir à 22 heures et ferme le matin à 6 heures. Le libraire, Ottavio, est un ancien professeur de lycée insomniaque chronique. Il a détesté avec ténacité son métier d’enseignant pendant tout le temps qu’il a été contraint de l’exercer.
    Il y a toujours du monde à l’Osteria del Caffelatte. Pas beaucoup, mais tout le temps. Des individus bizarres, bien sûr, surtout des individus normaux. Qui sont plus étranges que les autres puisqu’ils achètent des livres à 4 heures du matin.
    La librairie possède trois tables et un petit comptoir de bar. Quand on en a envie,on peut consommer une boisson et un morceau des gâteaux
    qu’Ottavio prépare l’après-midi. Au petit matin, il est possible de prendre un petit déjeuner composé de ces mêmes gâteaux et d’un café au lait. A l’heure de la fermeture, Ottavio vous offre le gâteau entamé, vous salue et fume devant l’entrée son unique cigarette de la journée. Après quoi, il fait un tour dans la ville qui se ranime et va se coucher au moment où les autres commencent à travailler, parce qu’il ne parvient à dormir que le jour."
    Roman publié au Seuil, traduit de l'italien par Nathalie Bauer.
    MERCI MANGO!
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  • Petits contes de Printemps de Sôseki

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    Les billets récents de Bladelor et Lau (pourtant sceptiques toutes les deux!) m'ont donné l'envie de me plonger dans ce livre: Petits contes de Printemps de Natsume Sôseki, offert par Katell lors du Swap au long cours 2009.
    Je ne connaissais pas l'auteur Sôseki, il fut l'un des grands auteurs japonais du début du XXème siècle, et un des premiers à réaliser dans son oeuvre la synthèse des influences de la littérature japonaise classique et de la littérature occidentale, dont il était fin connaisseur. Il fut d'ailleurs professeur de littérature anglaise à l'université de Tokyo. Son portrait orne les billets de 1000 yens.

       Les textes très courts rassemblés dans ces Petits contes de printemps furent d'abord publiés en feuilleton dans un grand quotidien japonais au printemps 1909: fragments de journal intime, petites tranches de vie du voisinage, souvenirs de sa jeunesse ou encore de son long séjour d'étude en Angleterre (de 1900 à 1903). Sôseki s'y révèle un maître de la forme brève et de l'économie. Et la délicatesse de touche, la finesse d'observation, la précision et l'attention aux détails, même les plus ténus, qui caractérisent toute son oeuvre font ici tout simplement merveille. 
       Chaque petit texte s'apparente à une miniature colorée et vivante du quotidien au Japon. La richesse du vocabulaire sur les us et coutumes du pays, le mobilier (cha no ma-l'espace de vie, fusuma-cloison mobile, shôji-cloison coulissante), la cuisine japonaise (le zôni-plat typique du jour de l'an) apportent un dépaysement fort plaisant et une immersion agréable dans la culture japonaise.
    De plus, l'auteur nous offre ses impressions sur la culture occidentale lors d'un séjour à Londres dans "L'Odeur du passé".
     Certains de ces contes sont tendres("La  tombe du chat") et ironiques ("Jour de l'an"), d'autres un peu plus désabusés.
     Les petits contes de printemps s'amusent des registres littéraires : récits, chroniques, nouvelles, paraboles ou contes. Le personnage central est l' écrivain, présenté comme une sommité à qui l'on rend visite ("Jour de l'an", "Le faisan").
    Pourtant, dans quelques nouvelles isolées, Sôseki nous apprend à nous méfier de la réalité. Sous couvert des apparences,un souvenir d'enfance peut devenir un conte fantastique ("Le Serpent"). Dans ces récits du quotidien et de l'ordinaire, il mélange le réalisme et le fantastique. Il s'amuse également des genres et trompe le lecteur dans cette frontière si mince entre le vrai et le réel. 
    Cette lecture fut très plaisante. Chaque conte décrit un certain minimalisme positif  et j'aime beaucoup ces petits tableaux d'une culture qui me plait tant.Je suis sous le charme de ces petits contes dont la beauté réside essentiellement sur le style , plus que sur le contenu.
    Merci Katell.

    Petits contes de printemps, Sôseki, Traduits du japonais par Elisabeth Suetsugu, Philippe Picquier (Picquier Poche), 2003.

  • Salon du livre d'Arras

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    (Clic clic)
    Samedi 1er Mai, 9ème salon du livre d'expression populaire et de critique sociale de la ville d'Arras.
    Je préfère de loin ces petits salons régionaux au grand salon parisien et j'ai trouvé quelques publications sur le monde tsigane notamment J'ai vu pleurer un vieux tsigane de Guy Jimenes aux éditions Oskar jeunesse. Mon regard s'est arrêté également sur Pas d'école pour Fatoumata? de Jeanne Failevic et Mandana Sadat dans la même maison d'édition. Voilà de quoi plonger dans la marmite aux préjugés avec les enfants.
    Petit Korrigan a pu rencontrer Martine Bourre et faire signer son exemplaire Le Petit bonhomme des bois écrit par Pierre Delye et illustré par "la gentille dame qui dessine". Nous avons mis dans notre panier percé le dernier album d'Eric Pintus et Rémi Saillard Faim de loup, Petit Korrigan était heureux de lire la dédicace d'Eric Pintus après cette rencontre.
    Je me suis arrêtée sur le stand des éditions Volpilière pour me procurer Le Voyage du chat d'Yves Pinguilly, proposé dans le cadre de Masse Critique Babelio et honoré récemment sur la blogosphère.
    Je regrette de n'avoir pu rencontrer Véronique Ovaldé mais en guise de consolation, j'ai emporté Le Sommeil des poissons et Les Hommes en général me plaisent beaucoup.
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    Je souhaitais évoquer aussi un spectacle documentaire-fiction sur l'immigration clandestine "Ticket". On y évoque le parcours dans la clandestinité de migrants allant vers des pays riches afin de pouvoir travailler. Une écoute sonore et des interventions de comédiens articulent l'aventure. Les spectateurs sont embarqués à l'intérieur du camion et mis en situation de clandestinité.
    C'est un spectacle hors du commun, nous sommes en pleine immersion d'un voyage clandestin. Dans l'intimité froide d'un container, comédiens et spectateurs deviennent alors tous des êtres humains en transit...
    Droit de cité et le Collectif Bonheur Intérieur Brut.
    Une très belle journée de 1er Mai entre happenings théâtraux, braderies du livre, spectacles pour enfants.