Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mardi, 22 juin 2010

La Délicatesse de David Foenkinos.

david.jpg

Première rencontre avec David Foenkinos pour ce huitième roman La Délicatesse. Une écriture très surprenante dont voici l'intrigue: un marque-page est placé à la page 321 d'un roman russe que lisait Nathalie. A ce stade de la lecture, son mari part faire son jogging. Quelques heures plus tard, Nathalie apprendra que son mari ne sera pas de retour. Il a été fauché par une voiture. "Instinctivement, elle mit un marque-page dans son livre et se précipita dehors". Le marque- page scinde sa vie en deux.

"Que fallait-il faire ? Peut-on poursuivre la lecture d’un livre interrompu par la mort de son mari ?"

 

La vie reprend son cours.

Et puis un beau jour, un homme pourtant insignifiant, Markus, passe par là et elle l’embrasse sans réfléchir! Une histoire tendre  racontée par un auteur doué pour saisir la magie de chaque instant avec un humour très décalé. Foenkinos évoque l'amour d’un type au physique plutôt désagréable mais attachant, d’un autre Charles sûr de lui mais méprisable… sans oublier les meubles Ikea et les petits pains Krisprolls. L'écriture subtile est toujours en quête du second degré. Quant au récit, il est parsemé de notes assez palpitantes et d'apartés plutôt comiques. Parmi ceux-ci, on retrouve  les chansons qu’auraient pu écrire John Lennon s’il n’était pas mort en 1980, tout le mal que pense l’auteur de l’invention de la moquette qui tue le bruit sensuel des talons aiguilles,  les ingrédients du risotto aux asperges, le nombre de langues -dont le suédois- dans lesquelles on peut lire La Modification de Michel Butor Prix Renaudot 1957 et bien sûr la définition donnée par Le petit Larousse de la délicatesse.

C'est un bon moment de lecture, même si je ne suis pas certaine que ce soit le meilleur opus de l'auteur. L'humour et la fantaisie sont au rendez-vous mais une petite lassitude s'installe au fil de la lecture. Je pense que la forme est très subtile, l'auteur maîtrise parfaitement le second degré mais j'ai trouvé la substance du livre un peu trop légère, comme si le talent de l'auteur ne se résumait qu'au style décalé.J'ai néanmoins envie de lire un autre titre de cet auteur pour apprécier réellement tout son talent. 

Peut-être est-il temps de relire un bon classique et de laisser de côté momentanément la littérature contemporaine?!

vendredi, 18 juin 2010

SLAT SWAP été

slat swap.jpg
(Clic clic)

Bladelor a organisé un second SLAT SWAP après le succès rencontré cet hiver, voici celui de l'été!

slat swap logo.jpg

Cette semaine, Gentil Facteur est venu avec une énorme enveloppe from Le Pays des Caribous! Je me suis empressée de l'ouvrir pour découvrir une avalanche de paquets cadeaux numérotés. Ma swappeuse s'est très bien organisée et a préparé un livret en guise de notice! Ordinairement, lors d'un achat, je passe cette phase de lecture mais quand il s'agit d'un swap, je suis plus consciencieuse! tandis que je commence à déballer frénétiquement le premier paquet, mon chien semble séduit par les phéromones des félins canadiens de ladite swappeuse! 

Pour commencer, un roman italien! Tecniche di seduzione d'Andrea De Carlo trouvé dans la seule librairie italienne de Montréal! La quatrième de couverture semble palpitante et le minois de l'auteur prometteur! sic!

Deuxième paquet: un thriller de Kathy Reichs Meurtres à la carte dont l'action se passe à Montréal en hiver, voilà qui peut être rafraîchissant si la canicule rôde!

 

Un magazine se cachait dans le troisième paquet : Love story version italienne! Je vais faire le plein d'histoires d'amour à l'eau de rose! La couverture est bien sympathique et annonce un beau programme. Je me suis déjà plongée dans la contemplation des corps athlétiques des beaux italiens dans la partie roman photo! Ma swappeuse a de l'humour et j'ai ri autant qu'elle en découvrant ce magazine!

Ensuite, j'ai découvert mon SLAT! Ma swappeuse a des doigts de fées: un joli liberty réhaussé de la couleur jaune pour honorer l'été. Un grand format pour emporter toutes mes lectures et délices cet été.

En parlant de délices, ma swappeuse, soucieuse de ne pas faire d'impairs en raison de mes intolérances alimentaires, s'est informée  auprès de Monsieur Mirontaine. Le gougeat l'a rassurée en expliquant qu'il se ferait un plaisir d'engloutir les friandises inappropriées. Pas de chance pour lui, ma swappeuse a , une fois de plus, visé juste: chocolats noirs à profusion, sucettes , amandes enrobées...que du bonheur!

Mon SLAT SWAP contenait également un marque-page brodé et personnalisé. J'étais très touchée car je ne sais broder et j'aime beaucoup cette touche personnelle.

Petit korrigan a découvert: "un zoli ballon zaune pour zouer au zardin et une crousse en tissu pour dessiner", il en fut ravi!

Un superbe SLAT SWAP: des découvertes littéraires, des voyages à Milan et à Montréal, des plaisirs gustatifs du pays des caribous,de l'humour, des superbes réalisations faites à la main, des attentions pour mon Petit Korrigan...

UN GRAND MERCI à Kikine et un grand bravo pour toutes tes réalisations!

Merci également à Bladelor pour le plaisir apporté par l'organisation de ce SLAT SWAP!

slat swap2.jpg

jeudi, 17 juin 2010

L'Amour secret de Paola Calvetti.

Calvetti.jpg

 

"Sans savoir à notre insu, le temps, pour nous consoler, étend un voile sur ce que nous appelons la vérité. Elle était là depuis quelques minutes, et je n’ai trouvé mieux que de lui adresser un sourire chaleureux. De ceux que j’ai appris à doser. Il fallait surtout que je cesse de fixer ce grain de beauté placé à quelques centimètres de sa lèvre supérieure. Un défaut, aurais-tu dit, qui m’a ramené trente ans en arrière. Un détail insignifiant, au charme affecté et absurde, mais puissant comme une rafale de vent. "

 

 Dans son premier roman, Paola Calvetti aborde son sujet de prédilection : l’amour, rendu plus fort par les obstacles, et capable à lui seul de bouleverser nos vies ordinaires. Tout comme dans L’amour est à la lettre A, Paola Calvetti emprunte au genre épistolaire. Constanza prend sa plume pour écrire à Gabriella, une vieille amie, pour lui conter sa rencontre avec Lucrezia. Celle-ci est la fille de son amant récemment décédé, Andrea.  Célèbre violoncelliste, elle a découvert dans une petite boite les nombreuses lettres qu'elle lui a écrit durant toute sa vie. Surprise, la musicienne décide de rendre visite à  cette femme. Parsemée au fil de l’histoire, la correspondance entre Andrea et Costanza apporte un semblant de dialogue sur le fil du temps. 
 La Milanaise Paola Calvetti a longtemps été journaliste à La Repubblica, et écrit aujourd’hui dans le Corriere della Sera. De 1993 à 1997, elle a dirigé le bureau de presse du théâtre de la Scala de Milan.

J'avais apprécié L'Amour à la lettre A, même s'il me laisse désormais un vague souvenir. J'étais donc assez heureuse de retrouver la plume de Paola Calvetti. Pourtant, ma lecture fut laborieuse. Les choix narratifs m'ont surprise. L'amante Costanza se confie à son amie Gabriella tout en s'adressant à Lucrezia. Heureusement, elle vouvoie la jeune fille, ce qui permet de mieux saisir la trame narrative. Ce procédé stylistique est assez déroutant.Le roman est bâti comme une symphonie, tout est bien orchestré au fil des pages Prélude, Premier Mouvement, Entracte, Deuxième Mouvement, Entracte... Les lieux sont également très agréables : La Provence en l’occurrence mais aussi la Bretagne.

Tous les éléments sont réunis pour offrir un bon moment de lecture et pourtant, je suis restée en dehors des confidences de Costanza. Les ressorts du genre épistolaire sont mal définis à mon sens et n'apportent rien à la narration. C'est une histoire pleine de douceur, les personnalités féminines sont remarquables mais la forme narrative dessert  cette histoire d'un amour secret. La fin du roman est beaucoup plus aérienne mais néanmoins insuffisante pour colorer ce trio de personnages.

En revanche, l'amour de la musique est évoqué avec beaucoup d'élégance.

"Aimer un homme marié, c’est apprendre à composer. On cultive l’art de retenir, résumer, enfermer dans des limites spatiales et temporelles. Il y a eu des périodes où mon amour n’était que douleur. Je vivais à la fois sa présence physique et son éloignement affectif. Une pure contradiction. La souffrance m’accompagnait tout au long de la journée, plantée dans ma poitrine, à l’endroit où je sentais auparavant palpiter de doux et naïfs papillons. Parfois il me suffisait d’entendre une note de musique ou de croiser quelqu’un qui me faisait penser à lui pour que le minuscule bien-être que je croyais avoir conquis se dilue dans la mélancolie."

 

Je remercie Suzanne et Presses de la cité pour l'envoi de ce roman.

suzanne.jpg

 

 

mardi, 15 juin 2010

Dis, comment choisis-tu tes livres?

livres.jpg

L'Or des chambres m'a tagguée pour connaître la façon dont je choisis mes livres!

J'aime beaucoup le hasard en fait et je lui fais souvent confiance. Mes plus belles découvertes littéraires sont celles que je découvre par moi-même en parcourant les quatrièmes de couverture. Je vais très souvent en librairie. J'aime les petites librairies. Celle de ma ville voisine est fort agréable. Elle porte le nom de son propriétaire Régis Bel. Je flâne sur la table des nouveautés tandis que Monsieur Bel s'amuse en commentant le dernier album de Ponti. Son chat s'est endormi sur une pile de livres.

Bien entendu, mes visites blogguesques permettent de noter un grand nombre de titres mais souvent mes attentes sont trop importantes et je n'ai plus l'effet de surprise. Je relève souvent les livres chez des bloggueuses avec lesquelles les affinités se multiplient. Je sais que nous avons des goûts en commun et cela me suffit à penser que nous partagerons un bonheur de lecture.

J'aime particulièrement  lorsque des amies me font la surprise de m'envoyer des livres. J'apprécie le temps consacré à ces recherches. Lors des swaps, je suis souvent amenée à réfléchir sur les raisons qui ont motivé certains choix de lecture.

Je suis abonnée à quelques revues littéraires mais je lis très peu les auteurs primés. Le Goncourt de cette année attend toujours sur ma PAL. J'ai comme l'impression qu'ils doivent attendre que soit passée la vague médiatique pour pouvoir apprécier le texte.

Parfois, je me surprends à choisir un livre sur le seul critère de beauté de sa couverture. C'est rare mais parfois quelques bons romans s'associent à de belles couvertures.

Je choisis parfois mes livres sans consulter la quatrième de couverture lorsqu'il s'agit d'un auteur que j'affectionne particulièrement comme Christian Bobin, Philippe Delerm, Maud Lethiellieux...

 Je passe le TAG à nestorine

 

Enfantilles de Harold Abraham

enfantilles.jpg
Besoin de soleil et de chaleur? Embarquez pour un voyage en Guadeloupe grâce à cet album sonore. A partir des chansons et comptines du folklore guadeloupéen, trois enfants chanteurs, dirigés par Harold Abraham, nous offrent une véritable fête musicale et rythmique pleine de chaleur et de gaieté. Je suis tombée sous le charme de cet album, superbement illustré par Sophie Mondésir, qui m'a rappelée à la mémoire ma correspondante guadeloupéenne lorsque j'étais en primaire. Pendant quelques temps, j'ai échangé des lettres avec cette petite fille guadeloupéenne, essayant de découvrir son pays et ses coutumes. En écoutant le CD avec Petit Korrigan, nous avons tenté de comprendre la langue créole avant de nous plonger dans sa traduction. Cet album permet de s'ouvrir à d'autres cultures comme avec bon nombre des publications de cette maison d'éditions "Enfance et musique". Petit  korrigan fut attiré par les couleurs chaudes, le rythme rapide et festif. Il s'est interrogé sur la manière de transporter les marchandises sur la tête!
Dans la tradition antillaise, quand il pleut, que le soleil brille, et qu'apparaît l'arc-en-ciel, on raconte que le diable marie sa fille derrière l'église.
Merci à Katya et la maison d'éditions Enfance et musique.
Critiques et infos sur Babelio.com

samedi, 12 juin 2010

L'Avant-dernière chance de Caroline Vermalle.

vermalle.jpg
"Son corps raccommodé se tenait encore, avec un peu de mal, certes, mais il tenait. Mais l'homme à l'intérieur, il n'était plus debout depuis bien longtemps. Il attendait, presque vaincu d'avance, que les pronostics se réalisent, que les statistiques soient démontrées, que les probabilités le frappent. Mais rien ne venait, alors il avait décidé de partir à la rencontre des probabilités. Quatre-vingt-trois ans, un corps malmené de tous les côtés, trois mille cinq cents kilomètres et deux mois d'expédition.Le calcul était tellement vite fait que ça l'avait même étonné que Charles insiste pour qu'il parte avec lui. Il devait la faire cette grande boucle, avant que les escadrons d'aides médicales débarquent, avec leur artillerie d'humiliations bien intentionnées, et qu'elles lui prennent tout, jusqu'au dernier geste."

A Londres, Adèle, sur un tournage de film, reçoit un texto surprenant: son papi, mort quelques jours auparavant, lui souhaite un joyeux anniversaire.

Adèle va remonter le fil des souvenirs et évoquer au fil des 246 pages le dernier périple de son grand-père Georges. Accompagné de son voisin Charles, ils décident tous deux de conjurer le sort de la vieillesse et de la routine du quotidien en réalisant un tour de france en voiture. On les accompagne au fil de leurs étapes pour découvrir une Bretagne magnifique.

Inquiète pour la santé de son aïeul, Adèle lui fait promettre de lui envoyer des nouvelles tous les jours par texto. Cette correspondance virtuelle entre Adèle et son grand-père est tendre. L'échange de textos apporte de la complicité entre "un papy kiki" et la jeune femme fuyante devant l'âge de Georges.

Ce récit est très plaisant, j'ai ri en découvrant l'apprentissage de l'écriture SMS par Georges. Les dialogues entre les deux voisins sont d'une richesse! Le texte est teinté de nostalgie. Etrangement, je me suis arrêtée un peu avant l'épilogue...j'avais envie de laisser les choses comme elles étaient, presque pas l'envie de connaître la fin, que  nous connaissions dès l'incipit.L'émotion est forte en reposant ce livre.

Merci à Keisha pour le prêt!

Caroline Vermalle a reçu le prix Nouveau Talent 2009 de la Fondation Bouygues Telecom-Metro.

mercredi, 09 juin 2010

L'Homme à l'envers de Fred Vargas.

vargas 002.jpg
A la lueur de la lampe, je me suis plongée dans ce polar pastoral pour quelques heures de douce lecture.
Le mardi, il y eut quatre brebis égorgées à Ventebrune, dans les Alpes. Et le jeudi, neuf à Pierrefort. Un loup solitaire? Roué, cruel, avec son cul bas sur ses pattes grises? La Bête du Mercantour.
Mais au village de Saint-Victor-du-Mont, tous n'y croient pas à la bête. Ce n'est pas une bête. C'est un homme. Un loup-garou.
"Elle était étendue dans la paille crottée, sur le dos (...) A la gorge, une blessure avait laissé échapper un flot de sang."
Elle, c'est la Suzanne, la grosse. La mère adoptive du jeune africain Soliman. Tout le village s'interroge. Elle a accusé Massart d'être le responsable, pour avoir adopté un loup. Lawrence, le blond canadien, est venu observé les loups. Sa petite amie, Camille, va s'unir à Soliman et le Veilleux sur les pas de Massart.
A Paris, devant son écran, le commissaire Adamsberg guette les nouvelles du Mercantour. Il ferme les yeux. Son enfance pyrénéenne, la voix des vieux...
"Comme des tisons, mon gars, comme des tisons ça fait, les yeux du loup, la nuit..."

J'ai bien apprécié ce road-movie, même si l'intrigue se devine assez vite. C'est le premier roman de Vargas que je lis et j'ai aimé sa façon très sporadique parfois de donner une épaisseur psychologique aux personnages et le choix des mots poour planter le décor.Fred Vargas modifie par petites touches les personnages, tout à coup voilés d'étrangeté. Elle malmène la réalité. Je lis peu de polar mais je relirai avec plaisir d'autres titres de cet auteur dont la plume est tour à tour malicieuse,subtile et humoristique.

Je remercie Pimprenelle,initiatrice de cette lecture commune.

fred_vargas-logo.jpg

mardi, 08 juin 2010

La Patience de Mauricette de Lucien Suel.

Mauricette.jpg
Mauricette est âgée, elle perd un peu la tête. L'histoire se passe de nos jours mais la narration nous entraîne dans les vagues souvenirs de l'enfance de Mauricette en  1938 dans la région d’Armentières et Comines en Flandres, près de Lille.
En août 2008, Mauricette Beaussart, 75 ans, est admise pour cause de troubles mentaux à la «Clinique» faisant partie d’un EPSM (Etablissement publique de santé mentale). Elle va s'enfuir pour voir la mer avec son amie .
Son ami Christophe Moreel, inquiet, part à la quête de Mauricette. Les chapitres se succèdent tantôt la parole est donnée à Christophe, tantôt les pages du journal de Mauricette nous sont donnés à lire. Mauricette souffre de crises de mélancolie profonde, cette femme passionnée de poésie exerçait le métier de professeur de lettres. Ses propos sont décousus, mais ces petites parenthèses de "tempête sous un crâne" sont belles. On apprend beaucoup dans ce tourbillon de pensées, même si les confidences de Mauricette nécessitent parfois la relecture! Son cabas vert renferme quelques trésors, comme l'illustration de ses pensées dispersées.
Elle joue avec les mots: «Je broute mes médicaments», «Je suis ta soignée», avec des chapitres de narration pure qui relate l’histoire de Mauricette jalonnée de quelques grands malheurs familiaux (touchant sa mère, son père, son petit frère Emile).
C'est lors d'un séjour à l'EPSM  que Lucien Suel (originaire des Flandres artésiennes où il est né en 1948) a écrit son roman.
La Patience de Mauricette offre un très beau parcours de vie, d'une femme aimant la poésie et qui se joue des mots.
Roman lu dans le cadre de Dialogues croisés   
dialogues croisés.png

vendredi, 04 juin 2010

La Tête en friche de Jean Becker.

la-tete-en-friche-2010-19009-1785521054.jpg
C'est l'histoire d'une de ces rencontres improbables qui peut changer le cours d'une vie : la rencontre entre Germain, la cinquantaine, presque analphabète, et Margueritte, une très vieille dame très érudite. Germain mène une vie tranquille entre ses potes, sa copine Annette et sa caravane, installée au fond du jardin de sa mère. Il n'a jamais connu son père, sa mère s'est retrouvée enceinte de lui sans le vouloir et lui fait bien sentir. Et à l'école primaire il était la tête de turc de son instituteur. Ses copains de bistrot l'aiment bien, mais se moquent souvent de lui.
Adapté du roman éponyme de Marie-Sabine Roger, que je n'avais malheureusement pas lu avant de me rendre au cinéma, ce film de Jean Becker porte à la lumière l'évolution de Germain (Gérard Depardieu) depuis sa rencontre fortuite avec Margueritte (Gisèle Casadesus). Les moments de lecture partagés sont riches d'enseignement. Margueritte possède cette richesse de la passion. La lecture lui apporte beaucoup et la lecture à voix haute deviendra une chance aussi pour Germain de s'épanouir. Leurs rencontres sont tendres et séduisantes. Je suis tombée sous le charme de cette rencontre fortuite. Les dialogues dans le bar du village entre Germain et ses potes apportent, à mon sens, une couleur locale que j'aime retrouver dans chacun des films de Becker. Avec Margueritte et Germain, nous redécouvrons les textes de Supervielle, Camus et Romain Gary...
Becker réussit à faire de ce couple improbable les messagers d'un bonheur différent, celui qui réside sur les plaisirs simples. Voici une campagne française où, sur fond de bistrots très fréquentés, potagers très ensoleillés et marais tranquilles, se disent les valeurs vraies de l’existence qui ne sauraient qu’être simples.
Film réalisé par Jean Becker, sortie nationale le 2 Juin 2010.
Adapté du roman La Tête en friche de Marie-Sabine Roger.

jeudi, 03 juin 2010

Quand souffle le vent du Nord de Daniel Glattauer.

glattaeur.jpg
 Emma envoie un mail à un organisme de presse pour mettre fin à un abonnement. Seulement, quelques lettres mal placées font parvenir ce mail sur la boîte de Léo.  Ce dernier précise l'erreur. Quelques mois plus tard, un mail groupé relancera l'échange.
Au fil des mails, Emmi et Léo vont se livrer, se deviner et faire part de leurs émotions et sentiments. Chacun devient dépendant de l'autre. Emmi est mariée, Léo se remet d'une histoire d'amour achevée.
Glattauer réussit avec brio à donner une épaisseur à ses personnages au fil des mails. Une trame narrative s'installe progressivement.
On s'attache aux personnages même si personnellement j'ai trouvé quelques longueurs. Le mail propice à l'introspection rend la progression du roman très lente parfois (ou alors comme je suis impatiente, avais-je l'envie que ses deux personnages se rencontrent?).
On s'interroge sur la nature de cette rencontre virtuelle. L'auteur réussit une belle prouesse et la fin m'a beaucoup amusée.
Ce roman livre en creux la question de l'idéalisation du monde virtuel. On s'interroge sur la place de la rencontre réelle entre deux individus. Comment peut évoluer ce type d'échange? Glattauer nous appporte quelques éléments de réponse et un moment plaisant de lecture. Et puis, je pense que ce roman peut avoir un écho dans nos vies personnelles à l'heure où nous passons parfois beaucoup trop de temps sur le net...
Merci Christine!
Traduit de l'allemand par Anne-Sophie Anglaret.