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jeudi, 06 janvier 2011

Ruines de Vienne de Judith Brouste.

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Suite à la lecture d'un court texte de Christian Bobin "Mina" (L'Inespérée), je souhaitais découvrir la plume de Judith Brouste. Le portrait saisi dans "Mina" m'a intriguée. J'ai choisi de lire le dernier roman de cet auteur Ruines de Vienne.

Judith Brouste nous emporte de Paris à Vienne. Le sujet de ce roman repose sur l'amour et ses limites, la liberté, la féminité, le jazz et les peintres autrichiens. Dès l'incipit, j'ai trouvé quelques similitudes avec les écrits de Sandra Jayat La Zingarina ou l'herbe sauvage mais aussi avec Annie Ernaux pour de multiples raisons.

Le roman s'ouvre sur une amputation: une femme vient de subir l'ablation du symbole de la féminité. Grâce aux multiples références mythologiques, elle s'interroge sur le devenir de sa propre féminité:

 "Désespérée, Ariane continue de regarder au loin, vers l'absent, et songe à la perfection de sa trahison. C'est alors que, sur l'ordre de Dyonisos, une flèche d'Artémis, la vierge guerrière, protectrice des Amazones, lui transperce le sein".

Elle décide de rompre avec Christian, l'homme fuyant, le philosophe hédoniste qui fréquente Guy Debord. Quelle était leur relation? Judith Brouste nous entraîne dans les années 50 et 80, trente ans d'obsession pour un philosophe bohème. A la manière d'Annie Ernaux, on revisite ces années au fil des réminiscences et souvenirs partagés. On se promène au Quartier Latin, au temps des bistrots et des bouquinistes. La précision des lieux, le nom des rues nous mènent aux secrets de cette vie de femme, une "ancienne fille facile à l'insociabilité radicale". On découvre la ville de Vienne décrite par les yeux de cette femme, au doux temps de l'enfance. Son interprétation des toiles de Klimt et de Schiele sont très poétiques. Libérée du nazisme et de l'occupation soviétique, la ville tente de réapprendre à vivre. Toutes les émotions inondent la toile de son enfance auprès de sa mère Maria.

J'ai beaucoup aimé ce roman parce qu'il  aborde trois thèmes que j'affectionne: l'art, la féminité et la musique. Ruines de Vienne semble répondre en écho au roman de Modiano Dans le café de la jeunesse perdue.

 Un très joli constat de vie, sans concession, sur le chemin parcouru, la vie d'une femme en vingt-cinq ans.

 

Commentaires

ça a l'air beau..., mais triste non ?

Écrit par : Noukette | jeudi, 06 janvier 2011

Non ce n'est pas triste en fait...parfois glauque lors des descriptions des squats. Mais il règne une atmosphère de liberté féminine qui me plait beaucoup.

Écrit par : Mirontaine | vendredi, 07 janvier 2011

Si tu fais référence à ce livre de Modiano que j'ai beaucoup aimé, je devrais aimer aussi cette histoire surtout si elle nous transporte à Vienne et parle de peinture et de musique!!

Écrit par : mango | vendredi, 07 janvier 2011

Il peut voyager Noukette et Mango, si vous le souhaitez!

Écrit par : Mirontaine | vendredi, 07 janvier 2011

Les commentaires sont fermés.