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mardi, 25 janvier 2011

La Porte de Natsume Sôseki.

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Dans La Porte, Sosuke présente un couple banal formé par O-Yone et Sosuke. Ils vivent repliés dans leur maison et ne cherchent pas le contact des autres. Le roman commence par une lente -mais néanmoins intéressante-description de la vie de ce couple. 

Au fur et à mesure que le roman avance, Sosuke ouvre la porte sur un terrible secret: le mariage de Sosuke et O-Yone repose sur un adultère. Yasui, le meilleur ami de Sosuke, lui a présenté sa petite amie O-Yone comme étant sa jeune soeur. Ils sont tombés amoureux et ont donc fui à travers le Japon pour oublier l'origine malsaine de leur amour. C'est un délit très grave pour la société de l'ère Meiji.

 

Quand ils sont rentrés à Tokyo, quelques années plus tard, l'oncle et la tante de Sosuke reçoivent mal O-Yone. Ils la jugent responsable de l'abandon des études de Sosuke. Cette faute sera reponsable également de leur difficulté à avoir des enfants.

Yasui va réapparaître dans la vie de ce couple. Sosuke préfère fuir dans un temple bouddhiste à Kamakura. Un maître zen lui offrira la possibilité de franchir la porte de la rédemption. Le personnage adoptera la résignation face à sa faute et retournera à l'immobilisme.

Le roman commence en Automne, l'arrivée de Yasui a lieu en hiver et le roman s'achève au Printemps sur une réflexion fataliste de Sosuke: "Oui, mais l'hiver ne tardera pas à revenir".

Roman très contemplatif, très poétique comme beaucoup de romans japonais. Le roman se clôt de manière surprenante comme s'il n'y avait aucune tension, ni péripétie.

La Porte est construit comme un puzzle: une remarque anodine dans un chapitre est une pièce importante dans un autre chapitre et l'ensemble forme un très bel écho de la littérature japonaise.

Roman publié chez Sillage.

 

mardi, 18 janvier 2011

27 premières d'Audrey Calleja

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                                       (Carte de voeux Les lectures de Bauchette merci merci merci!)

" Il y a des moments qu'on n'oublie jamais.

Des premières fois succèdent aux premières fois et on devient soi-même."

Je souhaitais vous présenter cet autre album d'Audrey Calleja que j'aime beaucoup! voici réunies 27 illustrations des premières fois dans la vie d'une femme. Tous ces moments importants que l'on garde présents à l'esprit, Audrey Calleja les a mis en images.

 

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Les premières règles succèdent au premier tour de manège,au premier vélo,  à la première chute, au premier baiser échangé au pied de l'arbre, à la première pièce volée dans le porte-monnaie de maman pour s'acheter une confiserie, le temps des questionnements aussi: Qui suis-je? D'où je viens? Où je vais?

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Ensuite vient le temps de l'attente...du prince charmant,du premier régime,  du premier vote, du premier bébé et de la première séparation.

 

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Une amie à qui j'ai offert cet album, soulignait le fait qu'après le mariage et l'enfant, les premières fois sont plutôt tristes: premier loto, première réunion Tupperware, premier regard sur un corps vieillissant,  premier jour à la maison de retraite, première leçon d'auto-défense, première visite au cimetière. 

Je ne sais pas pour vous, mais pour moi cet album est un bijou riche de sens à offrir à beaucoup de femmes!

Album édité chez L'atelier du poisson soluble. 

jeudi, 13 janvier 2011

La Vie extraordinaire des gens ordinaires de Fabrice Colin.

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Quelle belle ambiance dans ce livre! J'aime beaucoup les nouvelles et histoires courtes, je ne peux  que me réjouir à la lecture de ce livre de Fabrice Colin.

Les histoires s'enchaînent, toutes plus belles les unes que les autres. Une très belle mise en abyme du livre et des récits imbriqués les uns dans les autres. Ce livre est le fruit d'une très belle rencontre entre un écrivain-messager et un conteur qui va bientôt quitter notre monde. Ce livre est fait de rencontres et de voyages.

On baigne dans le mystérieux, l'invraisemblable...l'extraordinaire mêlé à l'ordinaire. Beaucoup de sagesse de la part des personnages rencontrés au fil des pages et une certaine émotion qui va grandissant.

La réincarnation d'écrivains en félins dans "En compagnie de Marc Twain" m'a beaucoup amusée! Et puis ce clown qui rend visite aux enfants hospitalisés et compile les musiques tristes est remarquable d'humanité et d'humilité.

Il est édité chez Flammarion, en jeunesse, lisez-le car vous rencontrerez un chasseur de nuages, un thé magique, un restaurant sur le toit du monde ...

"Ce que j'ai de plus cher, c'est ce que nous partageons tous: la vie. La chance d'être ici si vous préférez. La chance de respirer, de souffrir, de rêver. Les gens oublient à quel point exister est une grâce."

Le Jeudi c'est citation!

Très bel extrait du film "Clara et moi" d'Arnaud Viard. C'est un film que je ne me lasse de visionner. J'aime beaucoup ce poème de Rainer Maria Rilke (lu par Michel Aumont) qui ouvre le concert de Benjamin Biolay. Je vous laisse savourer sa beauté...

mercredi, 12 janvier 2011

Sous la pluie d'Olivier Adam.

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De nos jours, Antoine, enfant asthmatique d'environ dix ans, est élevé entre une mère dépressive et un père croyant cette dernière folle.J'ai tout de suite pensé à la chanson de William Sheller "Maman est folle" citée plus tard dans la texte.

 De plus, Antoine commence à entrer dans l'adolescence et personne ne fait attention à lui pas même ses camarades . A l'école aussi , tout le monde le néglige y compris, Chloé, celle dont il est amoureux et qui se moque sans cesse de lui. Le thème abordé m'a semblé plat au début car tout au long du récit, Olivier Adam raconte des péripéties tirées de la vie quotidienne. Mais très vite, sa jolie plume nous emporte!

Peu à peu , éclairé, Antoine apprend à connaître sa mère lors de ses escapades nocturnes dans la forêt. Il la prend même comme exemple et décide de la suivre ce qui lui permet de se rapprocher d'elle. Nous aussi en tant que lecteurs , on s'attache à elle et on reste émus quand on croit qu'elle va se séparer du père d'Antoine...

 «J'ai trempé mon pinceau dans la peinture rose et j'ai dessiné une maison des bonhommes , un dinosaure (...) .Je n'ai rien entendu de ce qui se passait en bas. Je voulais surtout ne rien entendre.»

Ce roman est poignant car il nous rappelle l'importance du lien familial. L'intrigue est très captivante car on se demande jusqu'au bout si la famille va rester unie ou si elle va se disloquer .

J'ai aussi beaucoup aimé ce livre pour la simplicité des faits, le bonheur des petites choses quotidiennes. La simplicité du  vocabulaire permet une lecture aisée pour les adolescents.

 J'ai très envie de lire A l'abri de rien, je me souviens d'une très belle adaptation de Jean-Pierre Améris avec Isabelle Carré.

dimanche, 09 janvier 2011

Pensées éclairs...de l'école des profiteroles de Michel Piquemal, illustrations Audrey Calleja.

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Voici livrée à votre sensibilité une véritable somme de pensées profondes. D'aucuns y verront un exercice de style sympathique destiné à égayer les emballages de papillotes, d'autres auront la naïveté suffisante pour y trouver de la poésie. Certaines étiquetteront ces bizarreries du label neutre mais technique de "formes brèves", mais leurs voisins, ou leurs frères peut-être, s'enthousiasmeront pour ces leçons de choses un rien décalées.

 

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Je ne manque jamais la parution d'un livre illustré par Audrey Calleja.Je possède 27 Premières que je ne manquerai pas de présenter prochainement. L'auteur illustre les 27 premières fois dans la vie d'une femme et cet album est très riche de sens. Je suis tombée sous le charme de ses illustrations. Le trait naïf de ses petits personnages me plait beaucoup. Je vois une certaine similitude des dessins au crayon de Kitty Crowther.

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J'admire le talent d'écriture de Michel Piquemal dans la collection Piccolophilo. Je ne me lasse pas de relire ces petites pensées éclairs si joliment illustrées et propices à la réflexion.

Editions l'Edune, collection Papillotes.

 

jeudi, 06 janvier 2011

Ruines de Vienne de Judith Brouste.

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Suite à la lecture d'un court texte de Christian Bobin "Mina" (L'Inespérée), je souhaitais découvrir la plume de Judith Brouste. Le portrait saisi dans "Mina" m'a intriguée. J'ai choisi de lire le dernier roman de cet auteur Ruines de Vienne.

Judith Brouste nous emporte de Paris à Vienne. Le sujet de ce roman repose sur l'amour et ses limites, la liberté, la féminité, le jazz et les peintres autrichiens. Dès l'incipit, j'ai trouvé quelques similitudes avec les écrits de Sandra Jayat La Zingarina ou l'herbe sauvage mais aussi avec Annie Ernaux pour de multiples raisons.

Le roman s'ouvre sur une amputation: une femme vient de subir l'ablation du symbole de la féminité. Grâce aux multiples références mythologiques, elle s'interroge sur le devenir de sa propre féminité:

 "Désespérée, Ariane continue de regarder au loin, vers l'absent, et songe à la perfection de sa trahison. C'est alors que, sur l'ordre de Dyonisos, une flèche d'Artémis, la vierge guerrière, protectrice des Amazones, lui transperce le sein".

Elle décide de rompre avec Christian, l'homme fuyant, le philosophe hédoniste qui fréquente Guy Debord. Quelle était leur relation? Judith Brouste nous entraîne dans les années 50 et 80, trente ans d'obsession pour un philosophe bohème. A la manière d'Annie Ernaux, on revisite ces années au fil des réminiscences et souvenirs partagés. On se promène au Quartier Latin, au temps des bistrots et des bouquinistes. La précision des lieux, le nom des rues nous mènent aux secrets de cette vie de femme, une "ancienne fille facile à l'insociabilité radicale". On découvre la ville de Vienne décrite par les yeux de cette femme, au doux temps de l'enfance. Son interprétation des toiles de Klimt et de Schiele sont très poétiques. Libérée du nazisme et de l'occupation soviétique, la ville tente de réapprendre à vivre. Toutes les émotions inondent la toile de son enfance auprès de sa mère Maria.

J'ai beaucoup aimé ce roman parce qu'il  aborde trois thèmes que j'affectionne: l'art, la féminité et la musique. Ruines de Vienne semble répondre en écho au roman de Modiano Dans le café de la jeunesse perdue.

 Un très joli constat de vie, sans concession, sur le chemin parcouru, la vie d'une femme en vingt-cinq ans.