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  • 4 ans, déjà.

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    4ans que les billets littéraires se multiplient sur cet espace. Un blog tenu en dilettante pour que subsiste toujours le plaisir de la lecture. Parfois, j'aimerais accorder plus de temps au Monde de Mirontaine mais la vie est si joliment remplie de l'autre côté de l'écran!

    Merci pour votre assiduité.

  • Le Jardin secret de Frances Hodgson Burnett.

     

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    Quelques amies m'ont mise sur le chemin de ce livre. Pour nombre d'entre elles, c'est un formidable souvenir d'enfance. Voici l'histoire publiée en 1910 et traduite par Carole Grattias en 1980.

     

    Mary Lennox, jeune fillette anglaise de dix ans, quitte l’Inde après la mort de ses parents pour vivre auprès de son oncle dans le Yorkshire. Pour elle, rien ne change vraiment: les deux pays lui sont hostiles, et elle est toujours aussi solitaire et mal aimée, et pour cause: Mary Lennox est une fille désagréable, autoritaire, méprisante, froide et princesse. Et en plus elle est laide. Ses seules occupations sont d’explorer la demeure de son oncle, puis le parc, quand finalement elle entend parler d’un mystérieux jardin emmuré dont la clef aurait été jetée. Mary parvient à pénétrer dans ce jardin, elle fait tout pour le métamorphoser et lui rendre sa splendeur d’antan.

     " - Tu sais, pour qu'elles poussent bien, expliquait Dickon à sa mère, il faut les aimer. C'est comme pour les animaux, il faut leur donner à manger quand elles ont faim, et leur donner à boire quand elles ont soif ! Les fleurs, elles sont comme nous, elles ne demandent qu'à vivre."

    J'ai aimé le mystère qui plane dans ce livre. Le titre évoque déjà la dimension secrète du jardin. Le manoir est décrit de manière gothique.

    La mort hante les personnages et les murs de la maison. Ce texte est nourri d'une très belle intertextualité avec le conte de Barbe Bleue (le cabinet interdit). J'ai aimé relire l'album de Kitty Crowther Moi et rien (l'oiseau bleu de l'Himalaya remplace le rouge-gorge) très jolie réécriture de l'oeuvre de Burnett.

    La campagne anglaise au fil des descriptions donne à ce roman un accent bucolique et enchanteur. Un très bel hymne à la nature considérée comme un personnage dans ce roman.

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    J'ai pris plaisir à visionner le film de Agnieszka Holland, produit par Francis Ford Coppola en 1994. Malgré quelques libertés dans l'adaptation, la mise en images du texte de Burnett est un très bon moment de poésie. Les décors sont magnifiques et j'ai apprécié l'univers à la Jane Eyre. 

     

  • Tous les soleils de Philippe Claudel

     

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    Je parle rarement de film non adapté de roman. Tous les soleils est une exception car il a été réalisé par l'auteur Philippe Claudel. J'ai lu quelques uns de ses romans et je reconnais son attrait pour les sujets mélancoliques. Avec ce film, il change de registre même si les petites pépites consacrées aux sujets les plus sensibles affleurent dans certaines scènes.

    Alessandro, veuf, d'origine italienne vit à Strasbourg avec sa fille Irina et son frère anarchiste Crampone. Il est professeur de musique baroque et a une vie plutôt rangée. Son quotidien s'organise autour des week-ends entre amis dans un esprit bohème, des cours de tarentelle et la lecture auprès des malades hospitalisés( Anouk Aimé est formidable et lumineuse). Les personnages sont bien campés notamment celui de Crampone, le doux-dingue qui veut mettre fin au régime de Berlusconi. Irina cherche à s'émanciper et Alessandro se retrouve seul. Philippe Claudel porte à la lumière cette solitude de notre monde contemporain sous l'angle de la dérision. J'ai beaucoup ri et je vous invite à en faire autant!

     Ce film est sorti en salle depuis le 30 Mars mais comme je ne fréquente que les petits cinémas d'auteurs, je ne vous en parle qu'aujourd'hui!

  • Le jeudi c'est citation!

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    « Tout de même, les tremblements de terre, c’est étrange. Nous sommes convaincus, intellectuellement, que le sol sous nos pieds est dur et stable. On dit même : « il a les pieds sur terre », pour parler d’une personne solide. Et pourtant un beau jour, soudain, on comprend que tout ça est faux : la terre, les rochers, qui devraient être stables, se tordent dans tous les sens comme du liquide. »
    Après le tremblement de terre, d' Haruki Murakami.

     

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  • Pas ici, pas maintenant d'Erri de Luca.

     

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    (Café Bicerin, boisson piémontaise originaire de Turin, préparée à partir d'expresso, d'une pâte chocolatée chaude et de crème servis dans un verre.)

     

    Un homme de soixante ans croise dans la vitre d'un bus sa mère. Le visage de sa mère est celui de sa trentaine. « Le possible est la limite mouvante de ce qu'on est disposé à admettre ». Il s'adresse à sa mère et évoque son enfance et son adolescence à Naples. La parole d'Erri de Luca est très touchante. Il raconte des petits souvenirs de son enfance, bercée dans un quotidien initiatique et déréglé(le bégaiement du narrateur, les lapsus, les jouets qui se brisent). Il évoque les enfants battus à l'époque, puis ses joies auprès de Filomena, la domestique. Il n'a pas connu les violences physiques mais les remontrances verbales étaient son pain quotidien d'enfant bègue « Jevvveux pas des mots ».

    "Entre mère et fils le progrès n'existe pas, la civilisation n'évolue pas : les mots seront toujours réduits et ne seront que des mots, rares, préservés. Ils ne remplacent rien, ni les coups, ni les caresses."

    Récit d'une enfance napolitaine où la mémoire ne console pas.La ville de Naples est baignée d'une lumière blanche, elle semble dénudée et privée de ses atours baroques.

    Pas ici, pas maintenant n'est pas une évocation nostalgique, mais un « livre abrupt et fier » sur le monde et l'enfance et les réminiscences des gestes tendres d'une mère.

     

     

    (Première parution en français aux Editions Verdier en 1992 sous le titre Une fois, un jour)

    Non ora, non qui, 1989

    Traduit de l'italien par Danièle Valinchallenge Giro in Italia -Nane

    Challenge organisé par  Nane.