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mercredi, 08 juin 2011

Laura Willowes de Sylvia Townsend Warner.

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Voilà plusieurs jours passés avec Laura Willowes. Nous sommes au début du siècle en Angleterre. Laura a 28 ans, elle n'est pas mariée. A la mort de son père, elle s'installe chez son frère et sa belle soeur à Londres. Elle devient très vite la douce tante « Lolly » qui s'occupe de tout ce petit monde sans penser à ses propres désirs.

Le quotidien est parsemé de petits bonheurs ordinaires, quelques excentricités langagières parfois au cours des repas mais Laura occupe ses journées entre broderies, réalisation de bouquets de fleurs et tea-time.Il est loin le temps de la communion avec la nature dans sa campagne natale, à la recherche des fleurs sauvages pour réaliser des philtres dont elle a le secret. La ville de Londres est caractérisée par sa grisaille, la monotonie s'invite dans ce quotidien et Laura Willowes s'ennuie.

«Son esprit tâtonnait à la recherche de quelque chose qui échappait à son expérience, quelque chose d’obscur et de menaçant, mais en même temps de séduisant ; quelque chose qui se cachait dans les lieux déserts, qui ressemblait au bruit de l’eau gargouillant au fond d’une gorge encaissée ou au cri d’un oiseau de mauvais augure. »

Et puis vint le moment de la découverte dans Moscow road, d'une petite échoppe fantaisiste où sont réunies des fleurs, des fruits, des légumes, dans un désordre de bric et de broc campagnard.

« Elle oublia la boutique, les autres clients, les chandeliers. Elle oublia l’air de froid de l’hiver, les gens qui marchaient sur les trottoirs mouillés. Elle oublia qu’elle était à Londres, elle oublia toute sa vie à Londres. Elle avait l’impression de se trouver seule dans un verger à la nuit tombante, les bras tendus vers le canevas de feuilles et de fruits, cherchant des doigts les courbes rebondies des fruits parmi les courbes sans relief des feuilles. »

Quelques branches de hêtres qu'elle harmonise en bouquets lui feront découvrir Great Mop. Elle oublie dès lors la monotonie de Londres et n'a plus qu'un seul souhait: s'exiler à Great Mop où les sorcières, les nuits de sabbat s'accorderont à son caractère mystérieux.

L'exil à Great Mop dévoile une rupture dans la narration et devient de plus en plus fantastique. J'aurais aimé connaître l'élan du personnage vers sa réalisation personnelle mais Sylvia Towsend Warner a choisi de conter les péripéties nosturnes de Laura, ses mystères et sa foi absolue en la liberté.

C'est un très bon roman publié chez Arcanes aux Editions Joëlle Losfeld, préfacée ici par Geneviève Brisac.

 

Commentaires

Effectivement, ça a l'air plutôt tentant ! Je ne connais pas du tout cette auteure!

Écrit par : Noukette | mercredi, 08 juin 2011

Je ne la connaissais pas non plus, pourtant certains parlent de "classique".

Écrit par : Mirontaine | mercredi, 08 juin 2011

Je l'avais noté il y a quelques années... mais je ne l'ai toujours pas lu! Ton billet est très tentant!

Écrit par : Allie | mercredi, 08 juin 2011

Merci Allie, je te souhaite de passer un bon moment de lecture avec Laura.

Écrit par : Mirontaine | jeudi, 16 juin 2011

Tu en parles vraiment bien, je suis contente que tu ais aimé ! J'aime la façon dont une fois sa décision de partir est prise elle tient tête à sa famille et plus rien ne peut lui faire changer d'avis : elle a trouvé sa voie, et c'est beau.

Écrit par : Mingingi des prairies | vendredi, 10 juin 2011

Moi aussi j'ai beaucoup aimé sa détermination à s'assumer seule et poursuivre ses rêves!

Écrit par : Mirontaine | jeudi, 16 juin 2011

Ton billet m'intrigue beaucoup, et puis il y a le nom de Geneviève Brisac que tu évoques en préface... allez, c'est noté !

Écrit par : antigone | mercredi, 15 juin 2011

Je ne sais pas si tu as lu la préface mais elle m'a convaincue!

Écrit par : Mirontaine | jeudi, 16 juin 2011

Livre lu et j'avais adoré ! Un très grand livre !

Écrit par : Malice | samedi, 18 juin 2011

Tu as raison Malice, c'est un très grand livre!

Écrit par : Mirontaine | mardi, 28 juin 2011

Les commentaires sont fermés.