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mercredi, 18 avril 2012

On s'habitue aux fins du monde de Martin Page.

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Suite à une rencontre avec Martin Page et Jakuta  Alikavazovic organisée par Escales des lettres, j'ai eu très envie de poursuivre ma lecture des oeuvres de Martin Page. Entré d'une manière fracassante en littérature avec Comment je suis devenu stupide, un très bon roman poétique et fantaisiste, j'ai choisi cette fois On s'habitue aux fins du monde .

Elias Carnel reçoit un prix pour l'ensemble de ses financements cinématographiques, à l'âge de vingt-huit ans. Il va pourtant jeter son prestigieux trophée à la Seine et s'ouvrir aux aventures les plus inattendues. Il jette sa vie en somme.Il a d'ailleurs passé plus de temps à s'occuper de la vie des autres que de chercher à remplir sa propre vie.C'est une manière  pour lui de se protéger. Son petit monde va peu à peu s'écrouler: sa compagne alcoolique Clarisse le quitte, Arden Gaste son supérieur le malmène, Martial Caldeira l'ami-gourou du cinéma l'écrase... Les personnages ubuesques remplissent sa vie hantée de vides. Meurtri, Elias s'entoure d'un petit monde désenchanté tels Margot, Darius, Marie la secrétaire, Victor et ce détective qu’il paye pour enquêter sur lui-même. Toute sa vie se délite dans les impasses et les désillusions.

Tel Buster Keaton, Martin Page brosse des portraits inconvenants dans un registre burlesque mélancolique*. Les situations surréalistes se multiplient.J'aime beaucoup ce style drôle et piquant des tous ces personnages en dérive. Au delà du cynisme, les anti-héros de Martin Page nous semblent très proches. La déjantée Zoé (amoureuse des bibliothèques et des cimetières) illumine cette toile romanesque utopiste.  L'écriture dénonce la société arriviste et met en garde sur les éventuels dangers sous-jacents dans le monde du cinéma (métaphore vivante du faux-semblant) mais pas seulement.Le monde du cinéma semble être le microcosme idéal pour cette mise en abyme de la superficialité sociale.

Un grand coup de coeur pour ce roman publié aux éditions Le Dilettante et paru en poche.

J'aime beaucoup la sincérité des mots de Martin Page et sa sensibilité. Lors de cette rencontre organisée par   http://www.escalesdeslettres.com/, il a évoqué le livre Pertes humaines de Marc Molk dont je vous reparle prochainement ainsi que le livre co-écrit avec Jakuta Alikavazovic Nous avons des armes et nous ne savons pas nous en servir publié chez Nuit myrtide.

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 * Petit aparté, je suis allée voir récemment la pièce "Memory" de Vincent Delerm, spectacle original, nostalgique d'un type, Simon, qui a des difficultés avec le temps qui passe. Je trouve des similitudes entre Elias et Simon pas seulement pour la toile de fond avec Woody Allen et Buster Keaton mais surtout pour leur côté cocasse et mélancolique. 

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  Un très beau clin d'oeil à la chanteuse Lhasa est venu parfaire ce spectacle drôle et sensible comme peuvent l'être les romans de Martin Page.

 

Commentaires

J'avais aimé ses nouvelles !

Écrit par : clara | mercredi, 18 avril 2012

Il a un style très cinématographique à la Arnaud Desplechin dans son écriture...Ce livre me fait penser aussi à Comment je me suis disputé ma vie sexuelle ...

Écrit par : Mirontaine | mercredi, 18 avril 2012

J'ai découvert la plume de Martin Page avec ce roman et ce fut aussi un coup de coeur. Si tu ne l'as pas encore lu, je te recommande absolument " de la pluie ", un délice.

Écrit par : emmyne | mercredi, 18 avril 2012

Justement, je l'avais entre les mains samedi à la librairie...la prochaine fois je ne le reposerai pas! Des bises.

Écrit par : Mirontaine | vendredi, 20 avril 2012

je note, tu me tentes avec ton billet, merci !!

Écrit par : lucie | vendredi, 20 avril 2012

Je l'ai lu il y a longtemps, je ne me souviens plus du tout de 'histoire mais je me souviens très bien avoir beaucoup aimé ;-) (alors que je n'avais pas été trop emballée par "Une parfaite journée parfaite" et "Comment je suis devenu idiot") C'est d'ailleurs un miracle que j'ai tenté celui ci ;-)

Écrit par : enna | dimanche, 22 avril 2012

Les commentaires sont fermés.