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lundi, 28 mai 2012

Happy five!

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Le Monde de Mirontaine a cinq ans... Je regrette parfois les débuts des blogs de lecture, le temps des plaisirs partagés sans services de presse, les billets de lecteurs passionnés ...Je regrette le départ de Katell et d'autres lecteurs amoureux de la littérature. Je suis perdue parfois dans l'abondance des blogs et il est difficile de suivre l'actualité des lectures de chacun...

mais j'aime imaginer derrière l'écran le sourire de Bellesahi ou Clara sur un intérêt partagé pour un livre, j'aime la sensibilité d'une Bauchette, les livres à voir de Gaëlle la libraire, les belles rencontres lors d'une soirée chez Liliba, la discussion nocturne avec Emmyne, la passionnée Vanessa avec laquelle j'aimerais pouvoir partager nos velléités de lectures, la délicatesse de Claire Roig, l'amour de la littérature italienne partagée avec Mireille, les chouettes maisons d'éditions, les écrivains disponibles, toutes les rencontres littéraires qui permettent d'étoffer mes bibliothèques, tous ces personnages rencontrés au fil des pages, des voyages qui me mènent de plus en plus sur la terre de mes origines siciliennes...et puis vos commentaires comme des bribes de conversation autour des livres... Merci pour votre présence.

Je vous laisse écouter ce très beau texte d'Allain Leprest qui a su, mieux que moi, écrire les mots justes sur le plaisir de la lecture.   

 

lundi, 21 mai 2012

La Mémoire des autres d'Annelise Corbrion.

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Commencez par vous préparer une bonne tasse de thé anglais et pénétrez dans l'ambiance de ce premier roman d'Annelise Corbrion.

L'histoire se passe à Londres. Emma est infographiste, spécialisée dans la retouche des photos anciennes. Elle vient de perdre ses parents et se réfugie bien souvent chez son amie Lexie.  Elle aime à inventer des vies aux personnes figées sur le papier photo. Son métier est de rendre l'éclat à ses vies passées. Mais si, un jour on lui donnait l'opportunité d'entrer en communication avec toutes ces personnes inconnues? Par une trame narrative plutôt bien construite, Annelise Corbrion parvient à nous emporter dans cette histoire surréaliste.

Les courriels deviennent le fil qui relie les morts et les vivants. Les fantômes sont tous figés sur le papier qu'elle prend plaisir à restaurer. En même temps qu'elle donne de la vivacité aux couleurs, les fantômes du passé la hantent. Leur but: restaurer la vérité sur un meurtre, offrir la lumière sur une étrange disparition, permettre de retrouver une broche si importante dans la vie d'un homme décédé dans les années 40.

Un très bon roman, comme un défi à l'oubli, dont j'ai particulièrement apprécié l'ambiance. Quand le passé a rendez-vous avec les technologies récentes, c'est très réussi chez Annelise Corbrion!

Depuis 2008, le Prix Nouveau Talent distingue chaque année un auteur en lui permettant de publier son premier roman dans une grande maison d'édition et d'être reconnu. L'autre particularité de ce prix littéraire est de récompenser un récit dans lequel  les modes de communication et déchanges sont un élément déterminant de la trame narrative. J'avais beaucoup aimé en 2009 le roman de Caroline Vermalle L'Avant-dernère chance.

Je remercie Dorothée Corbier de la Fondation Bouygues Telecom et Sarah Durieux pour l'envoi du livre.


Interview Annelise Corbrion, lauréate 2012 du... par LesNouveauxTalents

 

mercredi, 16 mai 2012

Les Tétins de Sainte Agathe de Giuseppina Torregrossa.

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Quel bonheur ce petit roman de Giuseppina Torregrossa! Elle nous conte l'histoire de la famille sicilienne d'Agatina au coeur de Palerme. Le roman s'ouvre sur la recette des cassatelle "Les Tétins d'Agathe", petites spécialités en l'honneur de la sainte que les siciliens fêtent chaque année le 5 Février.

"Au moment du café, les cassatelle étaient accueillies par des applaudissements. Le grand plateau débordait de ces petites montagnes invitantes, disposées deux par deux. Elles incitaient d'abord à toucher, puis à lêcher le sucre glace et enfin à mordre avec délicatesse, pour ne pas les blesser. Quand je croquais, la crème à la ricotta, au sucre et au chocolat envahissait ma bouche, je la sentais s'étaler sur mon palais ; je fermais les yeux et le plaisir s'étendait à tout mon corps de petite fille (...)"

La recette reste un secret entre Agatina et sa grand-mère. Les minne ("seins" en italien et mot qui désigne les gâteaux de Sainte Agathe) ont cette faculté de conjurer le mauvais sort gâce à la protection de Sainte Agathe. Cette sainte fut martyrisée: on a ordonné l'ablation de ses seins parce qu'elle s'est opposée au consentement d'un homme.

Sous le soleil de la Sicile, mêlée au parfum de la ricotta, des agrumes et de la canelle, c'est l'histoire d'une filiation, une histoire de la vie mouvementée des femmes siciliennes. Dans une langue savoureuse et malicieuse, de Catane à Palerme, ce sont toutes les traditions siciliennes qui nous sont confiées. Tandis que les femmes pétrissent les cassatelle en forme de sein, toute l'éducation féminine se livre au fil des années, de mères en filles.

En toile de fond, l'auteur évoque la montée de la mafia sicilienne et l'industrialisation mafieuse de Palerme.

Agatina est la dernière de cette lignée de femmes et on assiste impuissant à sa destinée vertigineuse malgré sa réussite professionnelle. Elle exerce le métier de gynécologue et soigne les maladies "delle minne", celle qui a emporté son arrière grand-mère, qui a frappé ses tantes et qui lui a valu cette année singulière dans son propre chemin de vie. Dans cette petite galerie de portraits féminins, le courage des femmes culmine qu'elles soient soumises ou émancipées. La société sicilienne est évoquée sans fioritures, l'évolution des moeurs, de la dévotion à la liberté sexuelle, se déploie dans la famille Badalamenti.

J'ai beaucoup aimé ce voyage dans les ruelles poussiéreuses de la Sicile, île de mes origines. La cérémonie culinaire des Tétins de Sainte Agathe est une jolie mise en abyme de la destinée des femmes, qui mènent le monde des hommes par la beauté "delle minne", ceux-là même qui étourdissent les machos siciliens et qui parfois sont source d'inquiétude.

"Les Tétins de sainte Agathe étaient une assurance sur ma santé, la douce amulette qui m'accompagnerait dans ma vie de femme". Ce roman est tour à tour, drôle, sensuel et gourmand!

Née à Palerme en 1956, Giuseppina Torregrossa vit entre la Sicile et Rome, où elle a exercé pendant plus de vingt ans la profession de gynécologue, s’occupant entre autres activement de la prévention et du traitement
du cancer du sein.

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Roman publié en 2009 en Italie Il Conto delle minne publié par Mandalori, édité en France chez Jean-Claude Lattès en 2011, sorti poche en 2012.