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samedi, 29 décembre 2012

La Station thermale de Ginevra Bompiani.

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"Comme si la vie passait à côté d'elle. Ou peut-être que c'est moi qui suis comme ça et que je me revois en elle quand j'étais petite. Avec cette impression que ma vraie vie s'écoule dans le lit d'un fleuve à côté de moi, je pourrais la rejoindre d'un bond, mais ce bond, je ne veux pas le faire. Et quand je découvrirai pourquoi, il sera trop tard. Ou quand la terre de la berge cédera tout simplement et que je me retrouverai dans le lit de mon fleuve, le courant m'emportera sans que je nage. Ce ne sont pas des choses qu'une enfant pense. Mais qu'elle vit. Moi je les vivais. Peut-être qu'elle est plus pragmatique, moins imaginative, plus moderne, elle nous supporte, je ne sais pas pourquoi elle nous supporte".

Je vous emmène dans une station thermale. Un hâvre de paix soit-disant. C'est probablement ce que pensent les trois femmes et la fillette qui se rencontrent dans ce lieu.Le temps est suspendu et on entre à pas feutrés dans ce gynécée. Loin du monde, celui des hommes, les femmes vont s'observer, apprendre à se connaître et révéler des secrets enfouis.

Lucy, la fillette, s'ennuie. Elle tente de débusquer les secrets de sa tante Emma. Giuseppina, telle une impératrice, jouit des plaisirs pantagruéliques de la vie. Lucia se montre soucieuse du temps qui passe et tente de conjurer le sort en s'adonnant aux soins de chirurgie esthétique.

Peut-on échapper à ce que l'on est? Telle est la question posée par Ginevra Bompiani dans ce très beau roman "mélancomique" . Dans le huis-clos, les femmes se révèlent à elles-mêmes.La plume est incisive au sujet du temps qui passe, de la vieilesse et de la maladie. Ces femmes souffrent toutes d'une timidité affective. Le lieu de la station thermale crée l'illusion, celle d'échapper au temps, de se créer un nouveau départ à force de bains de mer.

La chute est très belle et marque l'apogée de toutes les vérités. 

Roman publié chez Liana Levi en Octobre 2012, traduit de l'italien par Jean-Luc Defromont. 

Merci à Dialogues Croisés pour cette très belle découverte.

 

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vendredi, 28 décembre 2012

Au Pays des kangourous de Gilles Paris.

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Ces derniers jours, j'avais envie de fuir la frénésie des fêtes de fin d'année en m'offrant un doux moment de lecture.

J'ai ouvert le dernier roman de Gilles Paris, publié aux Editions Don Quichotte Au Pays des kangourous et j'ai fait la connaissance de Simon. Agé de neuf ans, Simon découvre  son papa recroquevillé dans le lave-vaisselle.

Elle est plutôt étrange la famille de Simon. Sa maman travaille chez Danone et s'exile régulièrement en Australie, pays des kangourous. Alors, Simon aime beaucoup lézarder sur le canapé avec son papa, écrivain en peine. Ils écoutent les Blacks Eyed Peas et regardent des DVD jusqu'au jour où le papa de Simon commence à avoir le teint gris, la mine défaite et le t-shirt sale...puis vint l'épisode du lave-vaisselle.

J'ai beaucoup aimé m'immiscer dans cet appartement parisien et partir à la rencontre de ce petit garçon attendrissant. Faire parler un enfant de neuf ans n'est pas chose facile et Gilles Paris réussit parfaitement ce défi.

Le coeur se serre un peu lorsque Simon évoque sa relation avec sa maman qui ne l'embrasse jamais. Evoquer la dépression du point de vue de l'enfant n'est pas simple mais  le rythme enjoué et l'humour offrent une tonalité très plaisante à l'ensemble du roman. Des personnages hauts en couleurs comme la grand-mère paternelle de Simon apportent beaucoup de fraîcheur à ce roman qui aborde une thématique plutôt sombre.

Le papa de Simon sera bientôt interné, lors des visites au centre des grises mines, il rencontre Lily. Une gentille fée, un mirage qui sait guider l'enfant sur les chemins de la maladie. Cette petite fille est l'amie imaginaire chère aux enfants.

Un sujet triste mais magnifiquement sublimé par la plume de Gilles Paris et  sa galerie de personnages loufoques, véritables pépites de vie.

Un livre doudou pour s'offrir une jolie parenthèse de douceur.

lundi, 24 décembre 2012

Hohoho...

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Je vous souhaite un joyeux Noël!

Si je ne devais retenir qu'un seul livre à mettre au pied du sapin, ce serait probablement le dernier roman d'Olivier Adam Les Lisières,formidable roman dont les pages de mon exemplaire sont toutes cornées. J'espère que les lutins de Noël vous apporteront de belles lectures! 

 

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mardi, 11 décembre 2012

Mes petites fées.

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Cette année, je n'ai pu me rendre au Salon de la littérature jeunesse à Montreuil.

Mais quelques gentilles fées ont oeuvré pour moi...

Merci à Emmyne pour ce magnifique Lutin Veille de Kitty Crowther, pour la prise de notes et l'enregistrement des conférences.

  Lire___merveilles

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Merci à  Bauchette  également, elle sait pourquoi...

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Merci à mon amie Catherine qui a gâté mon Petit Korrigan!

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Merci à  Anne d'être venue sur Lille à la rencontre de Christian Bobin avec mon exemplaire...

Infiniment merci!

Je reparle très vite de ces jolis albums mais je tenais à remercier mes bonnes fées.

 

lundi, 10 décembre 2012

A défaut d'Amérique de Carole Zalberg.

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 La scène s'ouvre dans un cimetière parisien. On enterre Adèle la française. Embusquée sous un bouquet d'arbres, Susan assite à la scène. Autour de la tombe, se trouve Fleur, petite-fille d'Adèle.

Quel lien unit ces trois femmes?

Susan, la cinquantaine, vit en Amérique. Elle cherche à comprendre sa mère en lisant sa correspondance avec sa soeur en Afrique du Sud.

Fleur cherche à connaître l'histoire de cette grand-mère, émigrée polonaise. Lors de la Libération, elle a croisé  Stanley,le père de Susan.

Voici le point commun qui va unir le destin de ces trois femmes: Stanley, le soldat américain.

Roman polyphonique qui retrace les liens unissant ces femmes, le rêve américain d'Adèle exilée juive de l'entre deux guerres mais surtout un roman sur l'importance des réminiscences chez ces femmes dont les trajectoires sont tantôt tracées, tantôt déviées.

Comment le passé peut-il modifier l'organisation de la vie?

La plume de Carole Zalberg apporte au récit beaucoup de sensibilité.J'ai beaucoup apprécié le personnage de Susan, dont le parcours de vie explique son aigreur.

 Avec A défaut d'Amérique, Carole zalberg convoque habilement les grands moments de l'Histoire du siècle dernier, notamment grâce à Adèle.

 Je vous invite à ouvrir ce roman pour un formidable voyage dans l'espace-temps de cette filiation féminine... voyage qui  fait écho en chacun de nous, tant l'histoire est universelle.

 Merci à Lucie  pour cette jolie découverte!

Publié chez Actes sud en Février 2012.

Le blog de l'auteur: http://carolezalberg.com/