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L'Homme vertical de Davide Longo.

 

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J'ai refermé ce livre depuis quelques heures et je reste sans voix...

Je ne sais pas trouver les mots pour témoigner mon ressenti de lecture. Ma motivation première à lire ce roman était de partir à la rencontre d'un auteur italien. La quatrième de couverture le présente comme le grand écivain italien de ces cinq dernières années, pour reprendre les mots d' Alessandro Barrico. Et puis le thème abordé, proche de La Route de Cormac Mc Carthy, me séduisait beaucoup.

L'histoire c'est celle de Leonardo, intellectuel, écrivain et professeur à l'université,fuyant son pays dévasté. Parti chercher de l’huile d’olive, de retour à son hôtel, il s’aperçoit qu’un individu est en train de forcer le coffre de sa voiture. Puis survient une histoire de meutes de chiens… Dès la première scène, les éléments d’un monde étrange se mettent en place, un monde violent.

La barbarie pullule dans le pays, on ne dispose que de très peu d'éléments sur l'espace-temps de la narration. Alors, on avance fébrilement dans l'histoire de Leonardo. Cet homme vit reclus à la campagne, au milieu des livres. Il relit avec plaisir Un Coeur simple  de Flaubert et cite régulièrement de grands auteurs, des poètes également. Je pense notamment à Anna de Noailles ( Poème XXXIII, L'Honneur de souffrir)citée dans la cinquième partie du roman.

Ce roman est dense. La barbarie s'est répandue dans un pays en proie à la menace de ceux qu’on appelle les "extérieurs ". Les habitants ont peur et ils prennent les armes. La maison de Leonardo est pillée, il décide de prendre la route, l'exil vers la Suisse ou la France semble la seule issue possible.

L'incertitude plane au fil des pages. Roman d’anticipation? Métaphore de la société actuelle?

"Les pensées se bousculaient dans sa tête. Des pensées qui tournaient autour de la mort, de l'indignité, du courage et de la possibilité de forcer sa propre nature. Ce n'étaient pas des pensées dont il espèrait tirer le moindre soulagement, mais il savait qu'il devait les affronter.[...]Il tenta d'accrocher à ce clou fragile le tableau de sa vie, dont il n'avait jamais autant perçu l'indigence et la torpeur."

Les longues pages sur le déroulement de scènes violentes m'ont dérangée, je ne parvenais pas toujours à cerner leur utilité, toutefois, j'étais saisie par l'envie de connaître l'issue de ce périple mené par Leonardo et les enfants. L'apocalypse est en cours.

L'auteur nous entraîne dans ce délitement des choses, des lois et du monde. Etrangement, le personnage principal se montre alors beaucoup plus profond, plus "vertical" en somme. Dans un pays où règne le culte de la virilité machiste, ce roman prend tout son sens. La décadence devient le sel de ce roman. Le destin de Leonardo, marqué par la rupture sentimentale suite à une sombre histoire d'adultère avec une jeune étudiante, est une jolie  mise en abyme du roman. Ce texte fait écho également à la contre-utopie de Fahrenheit 451 de Bradbury lorsqu'au coeur de la barbarie on réclame la lecture.

J'ai refermé ce roman avec beaucoup de questions sur les causes sociétales de cette fiction, sur l'intérêt d'une telle barbarie et le sens profond de cette dérive.

Roman traduit de l'italien par Dominique Vittoz, Stock Janvier 2013.

Je remercie Caroline chez Dialogues Croisés pour cette bonne découverte.

 

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Commentaires

  • J'ai beaucoup aimé La route et ton billet m'a convaincue, il est donc noté dans mon petit carnet. J'aime beaucoup la photo sur ton billet précédent ^^

  • Il renferme des passages très durs parfois, mais j'espère qu'il te plaira.
    Merci pour la photo ;)

  • La lecture de ton billet me fait penser à ma lecture dominicale "Enola game" qui a aussi des points communs avec "La route". Une réflexion nécessaire sur notre société et ses dérives lorsqu'elles sont poussées à l'extrême.

  • Je n'ai pas encore lu Enola Game, mais j'aime bien ces livres qui nous bousculent un peu.
    Je t'embrasse Fransoaz.

  • Pourquoi pas...? Ton billet en tous cas titille ma curiosité ! Et si tu n'as pas lu Enola game... fonce !!

  • Je vais tenter de l'emprunter en médiathèque.

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