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samedi, 23 février 2013

La Robe rouge de Nonna de Michel Piquemal et Justine Brax.

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Nonna raconte l'Italie de son enfance, son père qui rêve d'un monde meilleur, l'arrivée des fascistes avec leurs chemises noires...jusqu'à l'épisode de la robe rouge, rouge comme le refus, la révolte.

Je trouve rarement un album jeunesse sur l'Italie et celui-ci est un véritable coup de coeur! Enfin un très bel album sur l'histoire de mon pays d'origine, sur mes racines et puis tant d'échos à ma jeunesse lorsque dans les cours de récréation, on m'appelait "la macaroni"!

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Pourquoi la famille de nonna est venue en France? è una lunga storia...

 Le père de nonna était ouvrier, un "senza dio" car il n'allait pas à l'église. Cet album évoque la montée des nationalismes et l'arrivée du Duce, Mussolini, en 1922.  Les "camicie nere" arpentaient les rues et faisaient régner la terreur.

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Nonna porte une robe rouge, couleur des communistes alors les "camicie nere" l'ont un jour obligée à se déshabiller. Dès lors, Nonna et ses parents prirent la route pour la France.

Nonna a vraiment existé et l'histoire qu'elle raconte est une histoire vraie. Elle a eu lieu dans les années 1920, une période très noire de la vie politique italienne.

La Robe rouge de Nonnaillustre parfaitement la chanson populaire du peuple italien "Bella Ciao". Chanson de protestation chantée à l'origine par les femmes qui travaillaient dans les rizières de la plaine du Pô et se plaignaient de la dureté de leurs conditions de vie. "Bella ciao" est un hymne à la lutte antifasciste des partisans( la Résistance italienne contre les nazis). La chanson s'est répandue dans l'Europe entière, pour devenir un symbole de toutes les luttes populaires pour la liberté.

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Les couleurs chatoyantes, la beauté du texte et l'écho à ma propre histoire m'ont beaucoup émue...

La Robe rouge de Nonna de Michel Piquemal (inspiré par l'histoire de la grand-mère d'Isabelle Chatellard) et Justine Brax, Albin Michel Jeunesse, 2013.

 

mercredi, 20 février 2013

Merci...

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Merci ma  Bauchette pour cette jolie housse, ma tablette est toute jolie!

L'Homme vertical de Davide Longo.

 

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J'ai refermé ce livre depuis quelques heures et je reste sans voix...

Je ne sais pas trouver les mots pour témoigner mon ressenti de lecture. Ma motivation première à lire ce roman était de partir à la rencontre d'un auteur italien. La quatrième de couverture le présente comme le grand écivain italien de ces cinq dernières années, pour reprendre les mots d' Alessandro Barrico. Et puis le thème abordé, proche de La Route de Cormac Mc Carthy, me séduisait beaucoup.

L'histoire c'est celle de Leonardo, intellectuel, écrivain et professeur à l'université,fuyant son pays dévasté. Parti chercher de l’huile d’olive, de retour à son hôtel, il s’aperçoit qu’un individu est en train de forcer le coffre de sa voiture. Puis survient une histoire de meutes de chiens… Dès la première scène, les éléments d’un monde étrange se mettent en place, un monde violent.

La barbarie pullule dans le pays, on ne dispose que de très peu d'éléments sur l'espace-temps de la narration. Alors, on avance fébrilement dans l'histoire de Leonardo. Cet homme vit reclus à la campagne, au milieu des livres. Il relit avec plaisir Un Coeur simple  de Flaubert et cite régulièrement de grands auteurs, des poètes également. Je pense notamment à Anna de Noailles ( Poème XXXIII, L'Honneur de souffrir)citée dans la cinquième partie du roman.

Ce roman est dense. La barbarie s'est répandue dans un pays en proie à la menace de ceux qu’on appelle les "extérieurs ". Les habitants ont peur et ils prennent les armes. La maison de Leonardo est pillée, il décide de prendre la route, l'exil vers la Suisse ou la France semble la seule issue possible.

L'incertitude plane au fil des pages. Roman d’anticipation? Métaphore de la société actuelle?

"Les pensées se bousculaient dans sa tête. Des pensées qui tournaient autour de la mort, de l'indignité, du courage et de la possibilité de forcer sa propre nature. Ce n'étaient pas des pensées dont il espèrait tirer le moindre soulagement, mais il savait qu'il devait les affronter.[...]Il tenta d'accrocher à ce clou fragile le tableau de sa vie, dont il n'avait jamais autant perçu l'indigence et la torpeur."

Les longues pages sur le déroulement de scènes violentes m'ont dérangée, je ne parvenais pas toujours à cerner leur utilité, toutefois, j'étais saisie par l'envie de connaître l'issue de ce périple mené par Leonardo et les enfants. L'apocalypse est en cours.

L'auteur nous entraîne dans ce délitement des choses, des lois et du monde. Etrangement, le personnage principal se montre alors beaucoup plus profond, plus "vertical" en somme. Dans un pays où règne le culte de la virilité machiste, ce roman prend tout son sens. La décadence devient le sel de ce roman. Le destin de Leonardo, marqué par la rupture sentimentale suite à une sombre histoire d'adultère avec une jeune étudiante, est une jolie  mise en abyme du roman. Ce texte fait écho également à la contre-utopie de Fahrenheit 451 de Bradbury lorsqu'au coeur de la barbarie on réclame la lecture.

J'ai refermé ce roman avec beaucoup de questions sur les causes sociétales de cette fiction, sur l'intérêt d'une telle barbarie et le sens profond de cette dérive.

Roman traduit de l'italien par Dominique Vittoz, Stock Janvier 2013.

Je remercie Caroline chez Dialogues Croisés pour cette bonne découverte.

 

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Hibernation...

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Chez Mirontaine, on hiberne... mais, on sort peu à peu de notre couette à mouettes pour publier! 

dimanche, 03 février 2013

Claire Diterzi...

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"Le salon des refusés" en 1863, fut une exposition réunissant plus de trois mille artistes qui n'avaient pas été acceptés par le jury officile du salon de peinture et de sculpture.

Claire Diterzi, qui aime à s'inspirer de façon libre et libertine avec la peinture classique (cf Tableau de chasse en 2008), s'est approprié cet évènement pour le titre de son dernier album. "Le salon des refusées" évoque son séjour à la villa Médicis et les polémiques qui ont eu lieu suite à sa nomination.

Accompagnée d'une viole de gambe, elle offre un spectacle à la fois intimiste et épuré, loin des scénographies de ses précédents spectacles. Toute la beauté est accordée aux textes. Elle chante les drôleries ou les mélancolies liées à l'exil et les blessures profondes qu'il suscite.

Un très bel album... et puis sur scène la reprise de La Lettre à France de Polnareff est un moment d'une grande beauté et pureté.

Des pensées pour Cathulu