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mercredi, 13 mars 2013

L'Enfant bleu d'Henri Bauchau.

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(Là où l'on apprend que la couette à mouettes est réversible...)

C'est le premier livre d'Henri Bauchau que je lis. J'ai tout de suite su que "je serai bien" dans ce livre. Pourtant l'histoire est plutôt bouleversante, celle d'Orion, enfant psychopathe placé en hôpital de jour, à Paris. Là, il sera pris en charge par Véronique, psychanalyste. On pourrait croire que la narration devienne vite pesante puisque Bauchau décrit chacune des entrevues entre Véronique et le jeune  adolescent perturbé. Seulement, malgré ses difficultés, la psychanalyste va très vite se rendre compte de l'imagination puissante et tente d'orienter Orion vers le dessin, puis la sculpture.

"-Je ne sais pas, avec Orion tout est si obscur, si imprévisible.

-C'est cette obscurité qui t'attire?

Il voit que je ne puis répondre. Il sourit, je ne suis pas seule, nous sommes deux."

Partir à la rencontre d'Orion, c'est prendre connnaissance de ses dictées d'angoisse, de ses dessins du Minotaure  assassiné et de l'Ile Paradis numéro 2, de la Harpe éolienne et de la statue en bois d'arbre. Orion est le déshérité, il a "sans doute été choisi, au fond du ténébreux inconscient familial pour être le symptôme de son mal. Il est aussi un produit d'une certaine pensée que façonnent à travers le monde la télévision et la publicité[...]Son malheur, ses handicaps bouleversent en moi la femme profonde, car il y a dans notre commune aventure quelque chose de fondamental. Quoi? C'est ce que je ne parviens pas à me formuler quand soudain une certitude surgit: Orion et moi, nous sommes du même peuple. Quel peuple? Le peuple du désastre.Qu'est-ce que ça veut dire le peuple du désastre? La réponse, imparable, avec la voix d'Orion dit: "On ne sait pas."

 

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On accompagne Orion sur le chemin des Arts. Il va au fil du temps, avec une sûreté singulière, partir à la rencontre des objets, des scènes, des tableaux qui le concernent intérieurement.

Bauchau décrit avec beaucoup de finesse et de subtilité le parcours d'Orion vers les chemins de la création. Les voies sont semeés d'incertitudes et d'échecs mais peu à peu, Orion réussit à s'ouvrir à la parole grâce à l'Art. L'oeuvre intérieure et artistique ne font plus qu'une, cette dernière éclot au fil des pages dans une langue poétique.

Bauchau dans ce livre, aborde les thèmes délicats du peuple du désastre et la patience des déliants. S'affrontent alors, dans un manichéisme bouleversant, la mystérieuse force de la souffrance face à l'espérance.

Je vous invite vivement à rencontrer l'enfant bleu, figure fugitive de l'espoir.

Merci à Sylire de m'avoir mise sur la voie de ce talentueux écrivain.

L'Enfant bleu d'Henri Bauchau,Actes Sud, collection Babel, 2006.

Commentaires

Je suis contente que tu aies aimé et je vais ajouter le lien vers ton billet à la lecture du blogoclub. Personne n'a lu l'enfant bleu parmi les blogoparticipants et c'est dommage car c'est un des meilleurs Bauchau je trouve (d'après ce je j'ai lu).

Écrit par : sylire | mercredi, 13 mars 2013

J'ai découvert moi aussi Bauchau avec ce roman, qui m'a profondément touchée.
Depuis, j'ai lu Le boulevard périphérique, que j'ai beaucoup aimé aussi, mais je garde pour L'enfant bleu une tendresse particulière...

Écrit par : Ingannmic | mercredi, 13 mars 2013

Je dois le lire pour le club lecture le mois prochain. J'espère que j'aimerai autant que toi.

Écrit par : Alex-Mot-à-Mots | jeudi, 14 mars 2013

Il m'attend dans ma bibliothèque perso depuis des années ce livre...

Écrit par : Un autre endroit | vendredi, 15 mars 2013

J'ai très envie de découvrir cet auteur dont on m'a dit beaucoup de bien... J'ai d'ailleurs un titre de lui dans ma PAL...

Écrit par : Noukette | vendredi, 15 mars 2013

Les commentaires sont fermés.