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lundi, 18 mars 2013

Que nos vies aient l'air d'un film parfait de Carole Fives.

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Evoquer le thème du divorce, voilà qui n'est pas chose simple. Carole Fives réussit brillamment l'exercice dans Que nos vies aient l'air d'un film parfait grâce à de délicates pépites d'humour distillées dans le texte. Le ton est juste pour évoquer  cette "famille qui déjà n'en est plus une et où il n'y a plus grand chose à se dire.  A moins que ce ne soit une famille où il y ait tellement de choses à dire que plus aucun mot n'en sorte."

Les points du vue diffèrent au fil des chapitres, celui de la mère, du père, de la soeur aînée...le grand absent demeure le frère Tom. Ce procédé singulier permet aux personnages l'absence de jugement. Pourtant, chacun d'entre eux subit le poids de la culpabilité. Celle de quitter un foyer pour le père, celle de sombrer dans la dépression pour la mère et sans doute celle qui m'a le plus touchée, la culpabilité de la soeur d'avoir un jour permis à sa mère de la séparer de Tom.

"T'as huit ans et bientôt tu vas entendre la nouvelle qui va te coincer les mots dans la gorge pour longtemps. Cette nouvelle, tu ne seras pas le premier enfant à l'entendre. Ni le premier, ni le dernier. Des milliers d'enfants, peut-être des millions, qui l'ont entendue et l'entendront encore. Des millions d'enfants du divorce."

Tom devient la béquille de la mère. Ce n'est pas tant le thème du divorce qui est joliment raconté mais plutôt celui du déracinement  et du choc. "Qu'est-ce qu'on prend comme chocs dans une seule vie. Les médecins disent que les cancers et les maladies, c'est à cause de tous ces chocs qu'on se ramasse dans la figure et puis, sur le coup, on ne réagit pas."

Les enfants sont alors éloignés comme le soulignent les titres des chapitres: Nord/ Sud/ Les Pôles magnétiques.

J'ai beaucoup apprécié la mise à distance des sentiments et le pathos inhérent à la situation. Les références socio-culturelles des années 80 offrent un bel écho à notre propre enfance et c'est avec délice que j'ai repensé aux collections d'images d'animaux sauvages dans les plaques de chocolat, au générique de fin de Benny Hill le dimanche qui sonnait notre départ pour le lit, les soucoupes au goût d'hostie, le Top 50, Gainsbourg et bien d'autres références encore... 

Un roman puissant qui signe la fin de l'insouciance. J'ai parsemé deci delà un post-it dans ce très bon roman polyphonique qui m'a secouée autant qu'émue. Un grand coup de coeur! 

Publié chez Le Passage.

Commentaires

j'ai noté pour la bibli mais ne le lirai pas ou pas tout de suite je pense...

Écrit par : Un autre endroit | lundi, 18 mars 2013

Je comprends...

Écrit par : Mirontaine | mardi, 19 mars 2013

L'auteure était rue des livres, à Rennes. Nous avons un peu discuté avec elle mais n'ayant pas lu le livre, la conversation s'est vite essoufflée en ce qui me concerne.

Écrit par : sylire | mardi, 19 mars 2013

Oui, justement samedi lors d'un salon, j'ai vécu la même situation.

Écrit par : Mirontaine | mardi, 19 mars 2013

Des avis vraiment très différents sur ce roman.

Écrit par : Alex-Mot-à-Mots | mardi, 19 mars 2013

J'ai lu beaucoup d'avis positifs, en ce qui me concerne. J'aime bien son style et puis, j'ai vraiment passé un chouette moment ;).

Écrit par : Mirontaine | mardi, 19 mars 2013

Les commentaires sont fermés.