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mardi, 19 mars 2013

Les Cadavres en fleurs d'Elodie Soury-Lavergne.

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Je vous emmène faire la connaissance de Fulbert. C'est un homme qui vit à la lisière du monde, un inadapté aux fragments du quotidien. Il est rentier,solitaire,il déteste les vieilles peaux probablement parce que sa mère n'a pas eu le temps d'en devenir une.

"Des tas de vieilles peaux ont cherché à me consoler de la mort de maman. En m'affirmant que les artistes s'immortalisent par leurs oeuvres. Faut pas être très malin pour y croire. Même à l'âge de dix ans, je ne me suis pas laissé avoir. Si c'était vrai, tout le monde chercherait à écrire des bouquins, des chansons, se mettrait à peindre ou à danser, au lieu de consacrer toute une vie à un boulot ingrat, à l'éducation de quelques marmots qui, soit dit en passant, conduisent plus à la folie qu'à l'immortalité.[...] La seule chose immuable en ce monde, c'est l'argent. Et tout l'intérêt qu'il suscite." 

A mi-chemin entre la fable et le conte, Elodie Soury-Lavergne brosse le portrait d'individus fantaisistes: une sirène amatrice de parties de pêche à la canne à strophes, un steward cannibale, un Blobfish inutile, un porc populiste et une girafe complexée. Sans oublier Rabbin, le chien juif circoncis. La galerie des personnages propose une critique acerbe de la société  dans un langage oralisé, poétique et imagé.

Sous couvert d'humour noir, l'écriture est ciselée, elle s'unit à la métaphore et en ce sens me rappelle la plume de Boris Vian.

 Fulbert aime les fleurs " On peut les garder près de soi. Les aimer. Les préférer comme ça aussi. Maman a dû partir. Maman n'était pas une fleur. Rien ne ressemble plus à une femme qu'une fleur. Pourtant, rien ne ressemble moins à une fleur qu'une femme. Sauf maman."

J'aime beaucoup son analyse de la mort et de ce qui l'entoure. Le spectre de la mort est désacralisé "Il n'y a pas de raisons pour que le temps s'arrête à cause d'un oiseau mort. Il ne le fait déjà pas pour un homme. Pas même une petite pause."

Fulbert et ses compères sont d'une charmante compagnie sur le chemin mystérieux de la vie, mais aussi de la mort. Je vous invite à découvrir le pays fleuri de Fulbert.

Elody Souris-Lavergne a reçu le Prix du Jeune Ecrivain en 2011 et signe avec ce roman une écriture comme "une épluchure de sa singularité".

Roman publié chez Dub Editions, Janvier 2013.

 

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Commentaires

Je suis curieuse de l'écriture comme une épluchure de sa singularité....

Écrit par : Alex-Mot-à-Mots | mardi, 19 mars 2013

J'aime bien cette expression, et elle lui va bien...

Écrit par : Mirontaine | mardi, 19 mars 2013

Les commentaires sont fermés.