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vendredi, 03 mai 2013

La Mer, le matin de Margaret Mazzantini.

 

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J'ai lu Ecoute-moi de Margaret Mazzantini et j'étais heureuse de retrouver sa plume. Je n'ai pas lu Venir au monde parce que le thème ne m'attirait pas forcément. 

La Mer, le matin s'ouvre sur l'oasis du Sahara.Comme un écho au Désert de Le Clézio, un petit garçon découvre le lieu. Une ville du désert, très éloignée de la mer qu'il aimerait connaître. Son oasis nous apparaît comme un lieu austère et le climat ne suffit pas pour rendre chaleureux cet oasis. Farid joue avec des camarades même s'il s'amuse davantage avec la gazelle venue du désert. En toile de fond, Margaret Mazzantini présente quelques touches éparses du printemps lybien. La guerre touche les plus faibles.

« Quand il voit Misrata détruite par les tirs, grand-père Mussa arrache du mur l'affiche du Caïd, il en fait une boule et la jette sous le lit. »

De l'autre côté de la Méditerranée, un autre jeune homme, Vito.Il observe sur son île, proche de la Sicile, Lampedusa sans doute, les flux des réfugiés, ayant traversé la mer, bravé la mort pour trouver leur salut. Ils sont malades et affaiblis très souvent, au bout de leur périple. La mère de Vito  a grandi en Lybie avec sa famille, avant d'en être chassés par Khadafi dans les années 1970. Elle évoque avec nostalgie ses jeunes années à Tripoli, l'odeur des figuiers, ses premières amours et l'amertume du miel amer de Cyrénaïque(en référence à la conquête italienne de 1911 lorsque la Tripolitaine et Cyrénaïque font partie intégrante de l'Italie*)Vito espère beaucoup lorsqu'il observe cette mer. Il pense à son avenir.

Un roman très joliment écrit sur le thème du déracinement. Malgré le sujet assez difficile, beaucoup d'humanité ressort de cette narration au présent.L'auteur donne un temps de parole à ceux qui d'ordinaire n'en ont pas. J'ai beaucoup appris sur l'histoire commune entre ce pays africain et l'Italie. Leur passé colonial, la vie des colons avant que Khadafi ne les condamne à quitter le pays. Puis, la réconciliation en demi-teinte sous Berlusconi, vingt ans plus tard.

Jamila va emmener son fils Farid loin des violences de son pays en guerre.Ils espèrent regagner les côtes italiennes.Pour le protéger, elle lui fera porter une amulette autour du cou. Vito nous contera l'histoire de sa mère Angelina, une italienne née à Tripoli et expulsée à l'âge de onze ans.

Deux femmes et leurs enfants, brisées par le destin, et leur courage de mère quand le désespoir les assomme.

"Vito regarde la mer. Un jour sa mère le lui a dit. Sous les fondations de toutes les civilisations occidentales, il y a une blessure, une faute collective. Sa mère n'aime pas ceux qui revendiquent leur innocence. Elle fait partie de ces gens qui veulent assumer les actes commis. Victo pense que c'est une forme d'orgueil. Angelina dit qu'elle n'est pas innocente.Elle dit qu'aucun peuple qui en a colonisé un autre n'est innocent. Elle dit qu'elle ne ne veut plus nager dans cette mer où des bateaux coulent."

Merci Catherine M.,* Merci Mireille.

 

Commentaires

Ce livre à l'air très intéressant et le titre et très beau... Tu sais quoi ? Mieux vaut tard que jamais : j'ai enfin acheté "Un bûcher sous la neige" de Suzanne Fletcher !!!! J'ai hâte de me plonger dans cet univers qui t'avais tant enthousiasmé.

Écrit par : Mingingi | vendredi, 03 mai 2013

Un roman au sujet très beau.

Écrit par : Alex-Mot-à-Mots | vendredi, 03 mai 2013

Cette romancière ne me tente pas spécialement mais j'ai offert un de ses romans. Son écriture a l'air très belle.

Écrit par : Manu | samedi, 04 mai 2013

Les commentaires sont fermés.