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lundi, 23 septembre 2013

Kinderzimmer de Valentine Goby.

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"Mille ans la chaise roulante et grinçante, mille ans la vaisselle aux motifs de fleurs, mille ans les voilages  au crochet offerts par la tante de Mantes. Et identique le travail d'humain, de part et d'autre de la ligne de fracture, tous espaces et tous temps réunis: ne pas mourir avant la mort. Vivre, dit-on."

"[...] elle lui dira que, par exemple, elle n'a pas oublié que le chien n'a pas mordu, que sa vie a tenu à cela, la vie tient à si peu de chose, à un pari.La vie est une croyance."

"Là où il n'y avait qu'ignorance. Il faudra écrire des romans pour revenir en arrière, avant les événements, au début de tout."

...il faudra écrire et elle l'a écrit.

Je retrouve Valentine Goby, que j'aime particulièrement pour ses publications chez Autrement jeunesse, ses albums qui ne cessent de me rappeler chacun des enfants que j'accompagne, dans mon travail au quotidien.

Kinderzimmer évoque le quotidien d'une jeune femme déportée au camp de Ravensbrück, hiver 1944. Elle avance dans le froid, parmi les coeurs battants, ceux de ses soeurs de misère, "toutes haleines mêlées, épaule contre épaule, formant rempart autour de Mila", les vivantes mais aussi les ombres des disparues dans le Krematorium. Elles survivent avec cet espoir fou dans la Kinderzimmer, la salle dévolue aux nourrissons, seule lueur dans les ténèbres. Dans cette matrice de femmes enchevêtrées sur les paillasses du camp de concentration, l'histoire s'écrit au présent, le temps de l'ignorance, celui qui permet aux idées folles de subsister et à l'espérance de triompher. Très beau roman qui aborde le sujet de la vie qui perdure malgré la mort. La beauté de ce roman réside, à mon sens, dans toute la virtuosité à décrire ce sentiment perpétuel de vie parmi les cadavres, l'odeur de putréfaction et la morbidité qui règnent autour de la Kinderzimmer. La construction du roman souligne la nécessité permanente du devoir de mémoire. Exercice brillamment réussi sous la plume de Valentine Goby.

Je remercie Argalit.

 

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mardi, 17 septembre 2013

Le Corps humain de Paolo Giordano.

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Afghanistan, le peloton Charlie, envoyé en mission de paix. Certains mots peuvent faire fuir...et pourtant. Loin du traité d'anatomie, voici ce que nous livre le physicien et romancier Paolo Giordano après l'immense succès de son premier roman La Solitude des nombres premiers, une histoire tragique, celle de la guerre. Les corps et la chair sont omniprésents.Des corps jeunes qui partent pour la première mission de leur vie. Ils partent loin de leurs villes et de leurs vies. Paolo Giordano utilise la guerre comme symbole d'une transformation de ces jeunes gens qui ont entre vingt et trente ans.L'âge des choses vraies, d'une responsabilité naissante.

Les corps deviennent une entité compacte sous le nom de peloton Charlie. Ces corps qui ne font plus qu'un, qui exploseront sous les bombes, comme explose à son tour la notion de groupe. Des hommes comme Cederna, Mitrano, Torsu pleins d'espoirs, de rêves pour l'avenir. Une femme singulière Zampieri, parmi ces hommes, parmi cette guerre qui fera voler en éclats leurs certitudes.

Le Corps humain n'est pas simplement un roman sur la guerre. C'est un roman sur la métamorphose de l'être humain, la transformation. La difficulté de grandir et de passer au monde adulte devient le leïtmotiv de ce roman.

Texte puissant , d'une grande sensibilité sur la natation synchronisée des combats armés et ceux du quotidien. On ne peut que ressentir une empathie profonde pour ces hommes qui ne nous laissent pas indifférents, à l'heure des choix de vie.

A l'automne 2010, l'auteur fait un voyage d'une dizaine de jours en Afghanistan, avec des troupes italiennes.Voici les images...

Je remercie Caroline et Clémence chez Dialogues Croisés pour ce très bon moment de lecture. 

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