Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

jeudi, 17 octobre 2013

Légère comme un papillon de Michela Marzano.

DSC_0359 (2).JPG

Michela Marzano, philosophe italienne, nous livre dans Légère comme un papillon un texte fort singulier à mi-chemin entre le récit autobiographique et l'essai philosophique.

"Car nous allons tous mal, chacun à notre manière. Et la nuit, je continue de me réveiller en sursaut. Je me prends à penser à tout ce que je n'ai pas fait, à tout ce que je devrais faire et que peut-être je ne ferai jamais. La peur de ne pas y arriver ne me lâche pas. Et parfois, je ne parviens pas à dormir."

Lorsqu'elle était jeune fille, son souhait était de devenir aussi légère qu'un papillon. Forte de sa propre expérience de l'anorexie, elle occulte toute la dimension dramatique du sujet, souvent distillée dans les écrits sur cette thématique. Je pense à Delphine de Vigan, Camille de Peretti, Nothomb qui se diffèrent à mon sens de l'écriture sublimée de Valérie Valère.

C'est toute la différence de Michela Marzano. Loin du rituel du vide et du plein, l'auteur raconte son quotidien auprès d'un père exigeant qu'elle cherche à satisfaire en se comportant en excellente élève.

"C'est le symptôme d'une parole qui ne parvient pas à s'exprimer autrement. D'un désir perdu dans la tentative désespérée de s'adapter aux attentes des autres."

Elle s'intéresse au corps, comme le vecteur d'ancrage au monde. L'anorexie est décrite comme un symptôme de l'idéal du moi, conforme aux attentes des autres. On oublie qui l'on est. Ce récit est celui d'un cri silencieux pour affirmer son propre désir en dépit du regard des autres.

Le récit est fragmentaire puisque Michela Marzano ne décrit pas les souffrances physiques anecdotiques mais accorde de l'importance aux mots qu'elle cherche. C'est un cri de vie, ce souhait de manifester la joie de vivre étouffée. C'est un langage qui surgit à la manière  de son propre parcours puisque l'auteur a appris la langue française pour fuir la langue des diktats de son père. Un très beau récit sur la force de l'être sur le paraître pour cette prisonnière du contrôle.

Certains livres vous touchent plus particulièrement et vous aident à arrêter de vous voir à travers le regard du père et de se détacher du scénario que nos parents ont écrit pour nous.

"Ce n'est pourtant qu'en tombant que l'on commence véritablement à vivre. Car on apprend alors à être vraiment présent. A côté de ce qu'il se passe. A côté de ses mots. A côté de notre désir."

Roman publié chez Grasset, puis Livre de poche, traduit par Camille Paul.


Commentaires

Quel beau billet!!

Écrit par : Laeti | jeudi, 17 octobre 2013

Tu en parles très bien mais j'avoue que le sujet ne me tente pas du tout.

Écrit par : jerome | jeudi, 17 octobre 2013

C'est rigolo cette petite "housse à théière". Elle a peur d'avoir froid? :)

Écrit par : Bauchette | jeudi, 17 octobre 2013

@ Laeti: ce livre m'a beaucoup touché.
@Jérôme: peut-être que le sujet est trop féminin ou semble sombre, ce qui est faux sous la plume de Michela M.
@Bauchette: à la base le tissu sert de cache pot mais ma théière l'a adopté!

Écrit par : Mirontaine | vendredi, 18 octobre 2013

Oh ton article est super et me donne vraiment envie de lire ce livre...
Ce sujet me touche beaucoup et mon père étant très malade actuellement...beaucoup de choses se passent en moi...c'est vraiment un sujet qui me parle et m'a toujours beaucoup parlé... et bizarrement en ce moment je suis en plus dans un rapport particulier et de communication avec les papillons,rien n'est hasard, tout à un sens...
Bises à bientôt...je vais l'acheter et te dirai ce que j'en pense!

Écrit par : véronique | vendredi, 18 octobre 2013

Les commentaires sont fermés.