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vendredi, 18 octobre 2013

Le Bruit de tes pas de Valentina D'Urbano.

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La Forteresse, banlieue ouest de la ville, la colline où personne ne s'aventure, le ghetto des fauves.

"C'est peut-être le milieu qui nous avait produits. On avait peut-être ça dans le sang. C'étaient peut-être les gens qu'on fréquentait, l'ennui, l'absence de buts. La certitude de ne pas pouvoir évoluer, la prise de conscience de l'inéluctable. Dehors, les années se succédaient, et le monde changeait. Au fond de nous-mêmes, on restait figés. On n'avait pas de raison de vivre, on n'était pas capables d'en trouver une. On vivait, un point c'est tout."

Le délabrement, c'est sa faute...voilà le motif invoqué pour justifier cette exclusion de la société d'Alfredo et Beatrice. Lui est élevé par un père brutal et alcoolique, elle évolue dans une famille pauvre mais unie. Ils sont inséparables, jumeaux pour certains.

Roman semblable à D'Acier de Silvia Avallone, le roman décrit une jeunesse pauvre et paumée. Le Bruit de tes pas évoque le vide moral d'un pays désemparé. A l'après-fascisme  succède le terrorisme des années de plomb en Italie. Berlusconi arrive pour effacer ce poids douloureux du passé en brandissant l'idée mensongère d'un miracle économique.

Une vie heureuse est possible et les velléités de Beatrice en témoignent dans ce désir de fuite, d'exil. Les jeunes italiens ont envie de croire en une existence de jouissance. Berlusconi vend du rêve libéral, la sous-culture berlusconienne élimine dès lors l'idée d'effort et du sacrifice.

Pour Alfredo, il est licite de croire en la facilité. Sa fuite est différente, elle s'accomplit dans les effluves de la drogue.

Roman à la troisième personne, la voix n'est jamais totalement objective. L'auteur semble lutter avec ses personnages. Valentina D'Urbano raconte son monde de la manière la plus ample qui soit.

Les publications littéraires italiennes récentes redonnent force à la littérature et au pouvoir des mots. Dans l'atmosphère sombre, de délitement, ce roman dit beaucoup sur l'époque que la société italienne traverse. 

Un roman d'une grande force publié chez Philippe Rey et traduit par Nathalie Bauer.

Je remercie Marie-Florence.

 

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Commentaires

Tu es une source inépuisable de tentation!! Mais aussi de découvertes dont je te remercie. Baci

Écrit par : Mireille | vendredi, 18 octobre 2013

Ce livre est un vrai coup de cœur pour moi !

Écrit par : Aproposdelivres | vendredi, 18 octobre 2013

il me fait très envie!

Écrit par : clara | samedi, 19 octobre 2013

Il me tente de plus en plus !

Écrit par : Cristie | samedi, 19 octobre 2013

Bonjour,

Un coup de coeur pour moi aussi. J'aime les romans noirs et âpres comme celui ci. Des personnages attachants dés le début, un vrai style, une belle écriture. J'ai été très touchée par ce roman.

Écrit par : Finette | samedi, 19 octobre 2013

Beaucoup d'avis positifs sur ce livre !

Écrit par : Manu | mercredi, 23 octobre 2013

Il m'a aussi beaucoup marquée

Écrit par : Stephie | dimanche, 27 octobre 2013

Un livre qui me tente de plus en plus. Merci !

Écrit par : Nue de Jean-Louis Toussaint | mardi, 29 octobre 2013

tu en parles très bien, je note.

Écrit par : Theoma | dimanche, 10 novembre 2013

Les commentaires sont fermés.