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  • Une Part de ciel de Claudie Gallay.

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    "Les pères sont les failles des filles".

    Voilà quelques jours maintenant où j'ai refermé ce livre et il m'est difficile d'avoir un avis tranché sur le nouveau roman de Claudie Gallay. J'ai bien apprécié l'univers riche de sens du roman  Dans l'Or du temps, pas encore lu Les Déferlantes . J'étais très enthousiaste en ouvrant Une part de ciel.

    C'est l'histoire d'un retour aux sources pour Carole, dans le massif de la Vanoise, où son père Curtil a donné rendez-vous à ses trois enfants: Carole, Philippe et Gaby. Le retour est annoncé par une boule en verre dans laquelle la neige s'agite sur un décor particulier, jolie mise en abyme pour ce roman d'atmosphère, où le mal d'autrui n'est qu'un songe.Les tanagras, petites statuettes simples, s'invitent ici comme un écho à Dans l'Or du temps.

    Retour dans le village d'enfance, la narration se veut cyclique dans ce récit journalier des retrouvailles fraternelles.On s'attache au fil des pages aux habitants du Val-des-Seuls, pourtant Claudie Gallay raconte simplement l'infiniment petit du quotidien comme un éloge de la lenteur.

    On serait tenté parfois de laisser là la quiétude routinière des personnages mais l'auteur réussit habilement à nous engluer dans ce lien familial, dans les non-dits. On avance dans la brume, on scrute la photo de la serveuse du bar à Francky, on pénètre dans le bungalow glauque de Gaby.

    Le personnage de la Baronne est tout en délicatesse. Elle pense que l'homme n'est pas bon, que c'est pure hypocrisie  que de dire qu'il l'est, mais qu'admettre cela conduirait à remettre en question une part importante de notre système de relation aux autres. Admettre ce principe c'est courir vers la perte de l'humanité. "Il était essentiel donc que la société cultive cet angélisme aveugle".

    L'univers est âpre, Une Part de ciel est sombre comme les mois d'hiver, surprenant comme le lac gelé. On avance...on s'essoufle dans la vallée enneigée mais quitter ce roman de Claudie Gallay laisse un sentiment d'ambiguité sur la quête d'absolu, d'humilité et les possibles chemins que l'on emprunte dans la vie."Le temps que l'on passe à se souvenir est du temps que l'on n'a plus pour vivre."

    Cette lecture rentre dans le cadre des Matchs de la rentrée, Priceminister.

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  • Sanderling d'Anne Delaflotte Mehdevi.

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    Je garde en mémoire un excellent souvenir du premier roman d'Anne Delaflotte Mehdevi Fugue.

    Je me réjouissais pour cette rentrée littéraire 2013 de retrouver cette plume si singulière et cette faculté à créer des univers qui vous emportent loin du quotidien.

    C'est au Groenland, dans les étendues du Grand Nord que l'auteur nous emmène. On suit les pas de Landry. Il est paysan et s'attarde dans cette immensité blanche et naturelle parce que sur ses terres, personne ne l'attend. Le portrait de cet homme solitaire le rend très attachant.

    Lorsqu'il évoque la société occidentale, il la compare à un siphon, un siphon qui a aspiré et aspire, à coups d'argent, de germes, d'alcool, de technologie, d'humanisme-alibi, tout ce qui a vocation à être aspiré, c'est-à-dire tout.

    L'espèce humaine prend des risques, qu'elle paie, collectivement, ou paiera. Lorsque Landry retrouve ses terres, un nuages de cendres s'épaissit dans le ciel. A la manière de Lee Seung-U dans Ici comme ailleurs, dans  l'enlisement ,il faut tout désapprendre de soi et des autres. Kafka et Camus s'invitent sous la plume d'Anne Delaflotte Mehdevi.

    Un très bon roman sur le monde rural, sur la solidarité de l'homme face à la nature qui n'est pas sans rappeler le roman de Giono Batailles dans la montagne.

    Un petit passage pour savourer l'univers chaleureux de ce roman malgré la catastrophe naturelle...

    " La feue boîte de galettes bretonnes qui renferme maintenant les petits pavés de sucre tient la place d'honneur, au centre de la table. La boîte s'ouvre et se ferme maintes fois, du petit matin à l'heure du coucher, pour rabonnir un café, faire le petit canard dans la gnôle. Sa belle-fille prend des sucrettes, ersatz de sucre. Lucette fait mine d'être outrée de ces simagrées, mais profondément elle s'en moque, de cela et de beaucoup d'autres choses. Il y a longtemps que le sucre ne peut plus lui faire mal aux dents, elle porte un dentier. Pourvu qu'il y ait du sucre dans le sucrier et de l'électricité pour faire fonctionner son système de surveillance vidéo des étables, tout va bien."

    L'environnement est un sujet à la mode, le considérer sérieusement une très vague option. Laissez vous emporter tel l'oiseau migrateur, le sanderling, au coeur de l'émerveillement que procure ce très beau roman.

    Ringrazio mio fratello.


  • Frida et Diego de Fabian Negrin.

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    J'aime beaucoup ressortir cet album jeunesse à la fête des morts. Il évoque l'histoire de Frida Kahlo et Diego Rivera sous une allure enfantine.

    A la fête des morts, une grande veillée est célébrée au cimetière. On apporte des offrandes aux défunts. Sur des morceaux de tissus rouges, ils disposent de façon géométrique les plats préférés des défunts et tout autour des vases débordant de fleurs jaune orangé.

    Sur fond de culture mexicaine, on suit les aventures des jeunes Frida et Diego. L'auteur s'est amusé à reprendre les particularités de chacun, en cultivant pour Diego l'image du pachyderme gavé de têtes de mort en sucre et de la belle colombe . La réputation d'ogre et de séducteur de Diego est joliment mise en scène dans cet album aux couleurs chatoyantes. Frida poursuit Diego dans le cimetière, après l'avoir surpris  lorsqu'il embrassait Rosa Spinosa. Ils vont passer de l'autre côté du miroir et découvrir le monde des morts et ainsi apprendre à surmonter leur peur.

    Voici un joli reflet de la culture mexicaine dans sa dualité originelle.

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     En attendant ma visite au Musée de l'Orangerie pour l'exposition Frida Kahlo/ Diego Rivera du 9 Octobre 2013  au 13 Janvier 2014, je m'enrichis de nouvelles lectures.

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