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mardi, 31 décembre 2013

2014

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jeudi, 26 décembre 2013

6H41 de Jean-Philippe Blondel.

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Voulez-vous me suivre dans le train de 6H41 ? Il est bondé...Nous sommes Lundi matin. Le train regagne Paris. A son bord, Cécile Duffaut, la quarantaine, femme sûre d'elle, au moins en apparence. Elle vient de passer le week-end chez ses parents en province, seule car ni sa fille, ni son mari n'ont voulu l'accompagner. Elle pourrait éventuellement lire un magazine, observer le paysage ou les autres passagers... mais dans ce train de 6H41 entre Philippe Leduc, ancien amant.

Philippe rend visite à Mathieu, son ami, ultime visite probablement. Il prend place à côté de cette femme qu'il reconnaît immédiatement. Ils avaient vingt ans,  vingt-sept années se sont écoulées...

Comment rétablir la communication suite à la rupture brutale lors d'un séjour londonien?

Jean-Philippe Blondel propose dans ce roman la rencontre improbable de ces deux vieux amants. Le temps d'un trajet, on découvre ce qui réunit ces deux individus, ce qui les oppose désormais. Telle une tempête sous un crâne, on accompagne les pensées des personnages, les mots se poseront-ils sur les lèvres de Cécile et de Philippe? Resteront-ils figés en pensées?

Prenez le train de 6H41 pour découvrir comment le passé peut à jamais déterminer une vie. Huis-clos surprenant qui nous emporte vers son point culminant: l'arrivée en gare à l'issue d'une troublante introspection de l'âme humaine.

La Forêt plénitude de Franck Andriat.

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La rivière ! Elle est souple et joyeuse. Lumineuse et rapide. Éblouissante à cause des doigts de soleil qui s’étirent dans ses eaux. Où me conduira-t-elle ? Je n’en sais rien et peu importe. Je suis le sens du courant. Je marche plus vite. Un écureuil surpris prend l’ascenseur express d’un bouleau. Il est blotti dans les feuilles avant que j’aie pris le temps de l’observer. Je ne m’attarde pas. J’ai envie d’aller plus loin, d’atteindre une courbe de la rivière où celle-ci me fera découvrir du nouveau, de l’inattendu.
Velours ! Une de vos phrases me hante : Va, va ton chemin, passe de présence en présence; chacune est un maillon du collier de ton coeur. C’est une des premières que j’ai lues de vous, dans le petit livre de quarante pages offert par l’oncle Louis. J’ai l’impression que c’est si vieux alors qu’il y a moins de quinze jours que je sais que vous existez. La vie est surprenante : sans votre livre, je serais sans doute sur la terrasse du Play Boy ou ailleurs, occupée à casser l’ennui en sirotant des cocktails et en lançant des remarques acides sur les vêtements et les corps des passants. Pour frimer, pour plaire aux copains, pour faire partie du groupe et en être acceptée.

"Le jour de ses 18 ans, Virginie reçoit un livre qui va bouleverser sa vie. Elle décide de partir, de tout quitter, pour aller réfléchir au coeur de la forêt.

Quel sens donner à sa vie ?

Faut-il poser les mêmes choix que ses parents ? Son univers n’est-il pas, jusque là, fait d’apparences ?

À 18 ans, au seuil de l’âge adulte, Virginie décide d’écouter ce qui vibre au plus profond d’elle.

Ce court roman est une ode à la nature, à l’amour, à la simplicité et à la liberté.

Dans un style épuré et imagé, l’auteur nous promène dans la forêt sauvage, mais soulève également des questions essentielles." (Présentation de l'éditeur)

Je ne sais pas si ces questions suscitent encore l'intérêt des jeunes adolescents mais ce livre fut pour moi une réelle pause, un moment de quiétude dans cette frénésie du mois de Décembre. 

Ce livre  publié en 1997 vient d'être ré-édité chez Mijade. On reconnaît la particularité de la plume de Franck Andriat, découvert grâce à Jolie libraire dans la lumière.

Seule Venise de Claudie Gallay.

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"Je suis une solitaire. De la pire espèce. Celle des taupes. Une inadaptée. J'ai besoin de ma tanière, mon trou de terre. "

Je n'ai jamais lu Les Déferlantes... Claudie Gallay a écrit Seule Venise juste après ce grand succès. Ce roman est très poétique. C'est le récit intime d'une femme qui s'isole dans une pension vénitienne, suite à une rupture. Venise au coeur de l'hiver, grise et silencieuse, la narratrice cherche à oublier son chagrin d'amour. Les pensionnaires tentent de rompre la solitude . L'aristocrate russe en fauteuil roulant nous emporte loin dans sa Russie natale, la jeune danseuse romaine partage sa fougue pour un amour naissant, puis un libraire mystérieux qui réussit par le biais des mots à faire renaître le désir de l'attente.

Le chemin emprunté par cette jeune femme, à la recherche d'elle-même, nous est offert dans une langue très proche des émotions. Venise en arrière plan est tour à tour troublante et mystérieuse. C'est un joli roman d'atmosphère sur la solitude et les déambulations des uns et des autres nous apprennent beaucoup sur l'union de tous ces pensionnaires, fantômes de la Lagune.

jeudi, 12 décembre 2013

Si même les arbres meurent de Jeanne Benameur.

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L'indicible en littérature jeunesse, voilà un thème qui attise beaucoup ma curiosité. Que dire, comment le dire, pourquoi le dire?

C'est à toutes ces interrogations que Jeanne Benameur répond joliment et poétiquement dans ce court texte.

Céline et Mathieu attendent dans les couloirs de l'hôpital. Leur papa est dans le coma. Leur maman est anéantie par le chagrin. Il pourrait être très triste ce texte mais il ne l'est pas car l'auteur réussit brillamment à inventer un univers, un monde imaginaire dans lequel évoluent les enfants.Leur père sera-t-il un héros plus fort que la mort?

Il est parfois difficile de trouver les mots face à la fatalité qui nous rend,nous les adultes, impuissants. C'est la force de l'imagination qui permet à Céline et Mathieu de surmonter la douloureuse attente.

Roman délicat qui se referme sur les douces paroles du sage Issaïa "on continue d’aimer parce que notre coeur de vivant continue de battre; Tu sais, les dates des venues au monde, des départs loin du monde, le coeur ne connait pas. Il ne lit pas les chiffres. Il sent seulement et c’est un bon guide pour le chemin. Mathieu écoute. Les paroles de l’homme ont rencontré son chagrin. Sans bruit, il s’est mis à pleurer."

Merci Christine.

 

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Lucia Antonia, funambule de Daniel Morvan.

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Lucia Antonia et Arthénice sont deux jeunes femmes funambules. Jumelles mais pas soeurs, non...elles sont juste nées le même jour. Dans le cirque d'Alcibiade, le grand-père de Lucia Antonia, elles marchent toutes les deux sur le fil... jusqu'à la chute mortelle d'Arthénice.

Lucia Antonia se voit contrainte de quitter le cirque. Sur une presqu'île, elle raconte des bribes de sa vie sous forme de fragments. Elle mène une double vie dans sa vie, double sang dans son coeur, la joie avec la peine, le rire avec les ombres.

La beauté du récit fragmentaire de Lucia Antonia nous émerveille. La parole d'une jeune femme endeuillée, taciturne. lucia Antonia est comme le loup: le feu coule dans ses veines, il remonte aux yeux mais rien pour les lèvres. Elle passe du fil à l'encre dans une jolie prouesse poétique. Daniel Morvan maîtrise l'art de la légèreté, de la beauté elliptique. L'amour réside dans les détails du quotidien auprès d'Arthénice avant que les cendres ne retombent sur elles.

Un joli livre onirique comme un subtil écho à La Folle Allure de Christian Bobin.

mercredi, 11 décembre 2013

Orphée Dilo et autres contes des Balkans Muriel Bloch/ Eric Slabiak/Gérard Dubois

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Je vous emmène à la rencontre d'Orphée Dilo. Joli nom pour un musicien errant. Muriel Bloch, la conteuse, l'a croisé avec son chien et son accordéon. Sa voix nous emporte et nous conte avec délice l'odyssée de cet homme sorti tout droit de la mythologie. 

"Les Balkans souffrent d'un trop plein d'histoire. [...]

Ici chaque peuple se croit forcé de faire quelque chose de grand. La seule chose de grand que nous ayons à faire c'est de vivre ensemble."

Paroles d'un macédonien, Balkans-transit, François Maspéro, Points Seuil.

 

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Un peu d'Occident, un peu d'Orient, Juifs, Orthodoxes, Musulmans, de la Thrace aux Carpates...tant de belles histoires nous sont contées de l'immense Empire Ottoman. Les tsiganes y avaient trouvé leurs chimères, sans cesse les guerres ont défait les frontières.

La musique d'Eric Slabiak (Les yeux noirs)offre un beau voyage sonore aux influences tsiganes.

Les illustrations de Gérard Dubois donnent à voir des petits tableaux patinés par le temps pour cette Macédoine, terre de musique, de mélancolie et de joie.

Les motifs qui encadrent chaque texte rappellent les ornementations d'Orient. 

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Ce bel objet est l'illustration même du bonheur tangible pour un peuple marqué par la tragédie.

Melina Mercouri vient nicher au creux de cet écrin une sublime chanson en honneur à l'amour maternel de Vana.

Comment le hérisson parvint à empêcher le soleil de se marier, pourquoi les Tsiganes furent dispersés sur la terre, ou comment Mélina la maline, fille du tailleur, parvint à se faire épouser par le roi... sans oublier l'odyssée endiablée d'Orphée Dilo... 

C'est un grand coup de , publié chez Naïve.


mardi, 10 décembre 2013

Petits poèmes pour passer le temps de Carl Norac et Kitty Crowther.

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Pour passer le temps, en attendant Noël, lire les poèmes de Carl Norac, des petites pépites...

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Réussir à partager ce plaisir avec un korrigan de huit ans "mais c'est la dame qui a fait de la mort une petite dame gentille, c'est Kitty Crowther, la maman de Scritch Scratch Dip Clapote" ...

 

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"Tiens c'est Virgule..."

 

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"Ce poème là, il faudra le dire à papa quand il rentrera..."

 

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"Ta copine Isa, elle a un coeur comme ça..."

Merci à  Un autre endroit !

lundi, 09 décembre 2013

Gadji de Lucie Land

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"Ne te demande pas si tu dois vivre ou mourir- mieux vaut chanter." Proverbe Rrom.

L'histoire de Katarina est un joli conte initiatique. Elle quitte sa Roumanie natale pour rejoindre sa cousine à Paris et connaître les bancs de l'école. Gadji c'est le nom donné aux gens qui n'appartiennent pas à la communauté Rrom. La jeune narratrice ne souhaite pas s'affilier à cette catégorie là, mais espère seulement pouvoir aller à l'école.

On suit Katarina des camps de caravanes où elle a "grandi comme on respire". Lucie Land décrit avec beaucoup de justesse le quotidien de la communauté . La fratrie joue dans les décharges, le papa accordéoniste est souvent absent tandis que la mère rêve sa vie devant la télévision dans la caravane, ce petit écran qui lui coûtera la vie. Katarina rêve d'une autre vie après le drame. Elle part pour Paris, devient sédentaire. Le bonheur, enfin? Pas vraiment...Katarina va au collège mais s'interroge beaucoup sur cette société de consommation où l'hypocrisie règne.

Katarina gadjé parisienne ou résolument Rrom? Fuir la misère ne fait pas tout.Le roman exprime toute la question de l'identité au travers de ce voyage initiatique d'un peuple malmené par l'histoire. Katarina vit et devient au travers la boue un être épris de liberté, forte de ses rencontres.Adolescente subtile et révolutionnaire qu'il est interessant d'accompagner au fil des pages du roman comme dans les pages noircies par les enfants du voyage que j'accompagne au quotidien.

 

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Merci Vanessa.

Pour Lazar, Edessa et Caroline...

mercredi, 04 décembre 2013

L'Ultime secret de Frida K. de Gregorio Leòn.

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Un polar mexicain...je ne suis pas très polar mais la couverture m'a attirée.

"L'ange de la mort plane sur Mexico. La Santa Muerte, patronne des bas-fonds, est partout - même tatouée sur le sein gauche de stripteaseuses assassinées. En plongeant dans les arcanes de ce culte morbide, le policier Machuca ignore encore quel lien unit ces crimes au mystérieux tableau récemment volé : un autoportrait inconnu de Frida Kahlo dédié à son amant Léon Trotski. Une toile qui pourrait bien avoir tué ce dernier et qui poursuit aujourd'hui son sanglant parcours..."

L'action se déroule à Mexico là où des sites consacrés à la Santa Muerte sont détruits. Non reconnue par le Vatican, ferait-elle ombrage à l'Eglise officielle? A chacune des détériorations s'ensuit l'assassinat de prostituées dans les collines misérables de l'arrière pays. Entre en scène l'inspecteur Machuca, homme désabusé et nonchalant.

Arrive en ville Daniela Ackerman, à la recherche d'un tableau volé de Frida Kahlo.Ce tableau semble méconnu du grand public, il s'agit d'un cadeau de l'artiste à Trotski. Ce don serait le symbole de leur union cachée.

Machuca évolue parmi les narcotrafiquants mexicains, il tente d'éclaircir le mystère du culte de la Santa Muerte.

Thriller plutôt baroque à l'image de Frida Kahlo, l'auteur s'amuse avec les travers de la société mexicaine corrompue.

Un beau moment de lecture pour qui aime l'univers de Frida Kahlo mais les puristes seront forcément déçus par cette multitude d'informations controversées sur l'assassinat de Trotski, les relations tumultueuses de Diego Riviera ...
Les récits se croisent, celui de l'enquête se mêle au récit de la vie de Frida Kahlo en 1940. Histoire et fiction s'unissent, les pages se tournent, le chat s'endort...et moi aussi!