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jeudi, 16 janvier 2014

Henri, film de Yolande Moreau.

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En 2004, j'ai beaucoup aimé Quand la mer monte, réalisé avec Gilles Porte. J'avais très envie de découvrir ce nouveau film de Yolande Moreau.

Un autre duo est mis en scène, un duo improbable dont émane une jolie ronde de sentiments mystérieux.

Henri, immigré italien est un homme sombre, assez rustre derrière le bar de son restaurant belge. Le quotidien se déroule entre quelques assiettes servies, les moments de partage avec ses acolytes Bibi et René et puis la compagnie des pigeons voyageurs.

Il était déjà résigné... alors quand sa femme meurt subitement, il n'a plus qu'à baisser les bras devant la fatalité.

C'est l'arrivée d'un papillon qui va chambouler sa vie. Un papillon c'est le surnom donné aux résidents d'un centre pour handicapés. Rosette vient chaque jour l'aider pour le service en salle.

Rosette est une jeune femme rêveuse, enjouée et handicapée des mots. Elle parle peu et face à Henri, le taiseux, peu de dialogues. Ce duo évolue dans une économie des mots, dans le cadre plutôt glauque du restaurant défraîchi où la vieille guirlande de fleurs représente à sa manière le fil de la vie sur laquelle oscillent Henri et Rosette.

Le chagrin d'Henri va peu à peu se dissiper quand notre tandem décide de prendre la route pour la côte belge. Les écorchés vifs  retrouvent une certaine liberté matérialisée par ces belles plages du Nord. Les plans sont magnifiques. Yolande Moreau  réussit à nous émerveiller, sous couvert de plans qui évoluent tout au long du film: sombres et glauques comme pour mieux mimer le minimalisme positif du quotidien simple des gens de peu vers des plans beaucoup plus lumineux sublimés par la fugue de Rosette et Henri.

La sensibilité tour à tour visuelle et émotionnelle apporte beaucoup de densité aux personnages. Deux êtres qui résument la complexité de l'âme humaine et du sentiment amoureux.

J'aime quand Yolande Moreau donne à voir les taiseux, les éclopés, les canards boiteux, c'est l'humanité non lisse, sans jugement. Beaucoup de bienveillance chez cette réalisatrice dont la caméra est aussi chaleureuse que son sourire. C'est un film élégant avec  beaucoup de scènes délicates et poétiques.

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A Fréd et sa jolie Victoria à l'ours aux reflets dorés.

Film réalisé en 2013 par Yolande Moreau avec Pippo Delbono, Candy Ming.

 

15:57 Publié dans 7ème art | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Cuné a raison : un très joli billet qui donne envie !

Écrit par : cathulu | jeudi, 16 janvier 2014

tu sais donner envie!!!!!!

Écrit par : clara | jeudi, 16 janvier 2014

Les commentaires sont fermés.