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samedi, 01 mars 2014

Les Dimensions d'une ombre, nouvelle d'Alice Munro.

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Parue en 1950 dans la revue universitaire de Western Ontario, cette nouvelle  est la première publication de l'auteur, lauréate du Prix Nobel de littérature en 2013.

Cette nouvelle se trouve traduite pour la première fois en français par Jean-pierre Carasso et Jacqueline Huet dans la revue Feuilleton.

Etudiante, Alice Munro n'a pas encore vingt ans lorsqu'elle écrit l'histoire dérangeante d'une enseignante insatisfaite aux agissements inquiétants, prisonnière des carcans d'un autre monde.

Je découvre la plume d'Alice Munro avec cette courte nouvelle et j'ai ressenti une grande émotion en découvrant le portrait de Miss Abelhart.

"Elle n'était ni moche ni absurde en elle-même, seulement un peu desséchée et hâve, avec sa chevelure de paille qu'elle frisait sans goût en boucles serrées et sa peau assez rêche, comme si elle subissait depuis longtemps les assauts d'un vent violent. Il n'y avait pas de sang dans ses joues, et quelque chose comme de la poussière recouvrait son visage. Quand on la regardait on savait qu'elle était vieille, et l'avait toujours été. Elle avait trente-trois ans."

Jolie graine que cette nouvelle qui semble préfigurer à elle-seule les thèmes récurrents chez l'écrivain canadien. L'histoire courte est subtile et le portrait de l'enseignante est d'une profondeur et d'un grand réalisme psychologique. 

Miss Abelhart est une femme seule, perdue dans ses pensées qui mène une vie paisible dans une contrée rurale. Alice Munro effleure les thèmes de la folie et de l'hystérie amoureuse.

"Autrefois le dimanche était une journée d'oubli des conjugaisons et du subjonctif et de Virgile, une journée où l'on respirait de l'air pur que ne polluait pas la poussière de craie ni l'odeur subtile de l'ennui humain. A présent c'était une journée vide, qui s'étirait dans le désir du lundi, quand les jours retrouvaient une signification et des possibilités."

Le ton est limpide, empli de force et d'identité.L'écriture est ciselée, pleine de justesse pour dévoiler une vie ordinaire à la manière d'une oeuvre d'art. Cette nouvelle installe le malaise, un sentiment étrange et sa chute montre la quintessence des destinées complexes, pourtant partagées par tous.

 

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 (La revue de cet hiver est illustrée par des dessins d'enfants d'école primaire et c'est tout simplement beau!)

Pour cette édition du Blogoclub consacrée à Alice Munro, la prochaine (1er Juin) aura pour thème la littérature française contemporaine. 

Les avis du Blogoclub sont chez Sylire et Lisa. 

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Commentaires

Il est vrai "qu'une vie ordinaire devient une œuvre d'art" sous la plume distinguée d’Alice Munro. Je ne connais pas Feuilleton, on trouve ce magazine en maison de presse?
J'apprécie aussi les infusions Yogi Tea et en ce moment je suis très 'rose', un délice!

Écrit par : Fransoaz | samedi, 01 mars 2014

J'ai trouvé mon exemplaire à la médiathèque mais je pense que tu peux le trouver en librairie. Je suis une grande fan du yogi tea!

Écrit par : Mirontaine | samedi, 01 mars 2014

Voilà qui va te donner envie d'approfondir l'oeuvre d'Alice Munro.

Écrit par : sylire | samedi, 01 mars 2014

T'as vu Sylire, je suis au RV! Un exploit!

Écrit par : Mirontaine | samedi, 01 mars 2014

J'ai également lu cette nouvelle (Feuilleton est arrivée dans ma boîte aux lettres pile ce matin). La plume est élégante mais je ne suis pas sûre de continuer ma découverte de cet auteur, n'étant vraiment pas sensible au genre de la nouvelle. Dommage!

Écrit par : zarline | samedi, 01 mars 2014

Parfois, on peut rester sur sa faim, je comprends.

Écrit par : Mirontaine | vendredi, 07 mars 2014

Comme Zarline, la nouvelle ne me réussit pas et je n'ai donc pas réussi à apprécier l'oeuvre d'Alice Munro.

Écrit par : Manu | dimanche, 02 mars 2014

Elle a publié un roman, il me semble.

Écrit par : Mirontaine | vendredi, 07 mars 2014

Les commentaires sont fermés.