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vendredi, 07 mars 2014

Une Histoire de peau de Jeanne Benameur.

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Trois nouvelles d'anticipation sous la plume de Jeanne Benameur, voilà qui est très prometteur. Ce n'est pas la nouvelle éponyme qui m'a le plus séduite mais plutôt "Travaille, travaillons, travaillez". L'utopie n'est ni un simple rêve de bonheur collectif, ni un programme révolutionnaire, la fiction politique est vouée à la recherche d'une harmonie parfaite, aussi désirable qu'improbable, de la cité humaine.

Mise en scène d'une société où le credo repose sur le "travaillez plus" dans une quête effrénée de la montée des échelons. Dans ce pays utopique, les pères minimisent leur temps de sommeil pour accorder plus de temps à l'entreprise. Les enfants, quant à eux, ne doivent plus alourdir leurs esprits de choses inutiles comme l'histoire, la géographie, la littérature et la philosophie. Dans les écoles, on ne parle plus que de l'économie, reliée à la majestueuse entreprise, figure emblématique de toute la société.

Tout en haut de la pyramide, les hommes ne dorment que deux à trois heures par nuit, et tout en bas dans les couloirs du métro, hommes et femmes surnommés "les misères" attendent qu'on les alimente en "air nourissant".

Cette nouvelle fut écrite en l'an 2000, à l'heure actuelle la frontière entre réalité et fiction semble  se rétrécir. La lecture de ce recueil permet l'interrogation et le débat sur les principales questions d'ordre politique, social, économique, psychologique qu'il soulève. 

Pourquoi se donner la peine d'inventer et de présenter un monde imaginaire, un monde supplémentaire, plutôt que d'investir le champ plus évident de la géographie réelle? Jeanne Benameur apporte une image de la création littéraire elle-même: écrire c'est toujours créer un autre monde, et le recours à un monde imaginaire constitue donc une sorte de création "au carré", une mise en évidence du rôle de l'imagination.

Le risque serait que cette littérature utopique ne nous parlerait plus que d'elle-même, de se fasciner pour sa propre image, métaphore de la création et de ses limites. Jeanne Benameur réussit à nous plonger dans un monde alternatif qui conteste la réalité et brouille les frontières.

Les épilogues des trois nouvelles sur le travail aliénant, la recherche de la jeunesse éternelle et la place du rêve sont propices à la réflexion et laisse émerger la doctrine des anciens philosophes: "Il suffit qu'un homme soit libre pour que tous le soient". 

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Commentaires

je ne suis pas fan de l'auteur, contrairement à beaucoup ;-) mais celui-ci me tenterait bien.

Écrit par : Violette | dimanche, 09 mars 2014

Il est bien au chaud dans ma pal. Je le lirai forcément un jour ou l'autre.

Écrit par : jerome | dimanche, 09 mars 2014

Excellent recueil... Je n'en ai pas encore parlé mais j'ai vraiment beaucoup aimé !

Écrit par : Noukette | jeudi, 13 mars 2014

Les commentaires sont fermés.