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vendredi, 28 mars 2014

Regarde les lumières mon amour d'Annie Ernaux.

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Atteindre la dignité d'un sujet littéraire avec le monde de l'hypermarché, voilà qui est prometteur.

C'est l'objet de cette collection "Raconter la vie", publiée chez Seuil. Annie Ernaux évoque ses visites à l'hypermarché Auchan du centre commercial des Trois-Fontaines situés en Région Parisienne.

"Voir pour écrire, c'est écrire autrement"... je me souviens du principe du Journal du dehors, l'ode au monde de la rue, de l'espace de la gare sous cette plume talentueuse.

L'hypermarché devient un lieu théâtral où les acteurs du foyer domestique occupent l'espace scénique chacun à sa manière: des désirs enfantins ("Dans le monde de l'hypermarché et de l'économie libérale, aimer les enfants, c'est leur acheter le plus de choses possible") aux compréhensions intimes des techniques du marketing.

La scène théâtrale s'accommode du monde des illusions.Donner l'illusion à quiconque de son pouvoir d'achat.

Annie Ernaux distille ses observations, ses sensations pour saisir l'essence même de ce qui se vit dans cet espace scénique-là. Peu de dialogues sur la skéné, juste un jeu de miroirs.Ce sont des endroits où l'on peut déambuler, sans nécessairement parler à autrui.C'est "l'ultra moderne solitude" ...

La rumeur des  annonces publicitaires, les pleurs d'un enfant qui veut absolument la poupée, la lecture à voix haute des étiquettes, de sa propre liste de courses, des grandes affiches promotionnelles en jaune fluo bercent le consommateur.

Alors on remplit son caddie, dans l'illusion d'un bonheur, transitoire et fugace. On joue le jeu du merchandising.

 

 

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Une jolie analyse dans ce court récit, dont la visée sociologique offre  une lecture subtile et élégante de notre société. Beaucoup d'intelligence et de sensibilité sous la plume d'Annie Ernaux qui ponctue une tranche de vie de manière fort singulière en donnant à voir tout ce qui nous traverse.Le superflu est sans limites alors qu'il manque l'indispensable.

N'oubliez pas l'essentiel.

 

Commentaires

tu l'entends le boum boum boum .... Je l'ai acheté le week end précédent. C'était mon cadeau, je le voulais ! Parce que juste pour ta dernière phrase : je ne regrette pas mon achat.
Et juste pour la photo et la vie... Merci

Écrit par : sabine | vendredi, 28 mars 2014

un très joli billet !

Écrit par : cathulu | vendredi, 28 mars 2014

Jolie conclusion pour ce billet... J'ai hâte de le lire, ce livre !

Écrit par : saxaoul | vendredi, 28 mars 2014

Je viens de le terminer ; je n'aurais pas pensé me passionner un jour pour les hyper-marchés, mais vus par Annie Ernaux, c'est un bonheur d'observation et d'intelligence.

Écrit par : Aifelle | vendredi, 28 mars 2014

Tu en parles très bien... Voilà qui me donne envie de relire cette auteure !

Écrit par : Noukette | samedi, 29 mars 2014

Je l'ai entendue en parler sur France Inter et j'espère le trouver à la bibliothèque bientôt

Écrit par : zazy | samedi, 29 mars 2014

un beau billet pour ce livre qui le mérite amplement !

Écrit par : claraclara | dimanche, 30 mars 2014

Ah bah ce matin j'ai lu Le parlement des invisibles de Rosanvallon, à propos de "Raconter la vie".

Écrit par : nata | dimanche, 30 mars 2014

Une auteure qui m'avait déçue vendredi matin sur France Culture.

Écrit par : Alex-Mot-à-Mots | lundi, 31 mars 2014

noté, surligné, en gras...

Écrit par : Theoma | lundi, 31 mars 2014

Les commentaires sont fermés.