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vendredi, 18 avril 2014

La Caravane de Kochka.

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Un court texte publié chez Thierry Magnier éditions dans la collection Petite poche. Un texte dans lequel je pioche des phrases  pour tenter d'attirer la curiosité des enfants que j'accompagne. Ce petit livre aborde la scolarisation des enfants du voyage. Un sujet difficile puisque la vie itinérante ne permet pas toujours l'accès aux écoles pour les enfants de la communauté. De plus, l'éducation repose essentiellement sur l'oralité. On trouve peu d'écrits dans la culture tsigane, et encore moins des livres dont les enfants gitans sont les héros. Il en existe mais les titres sont peu nombreux.

La porte de l'école s'ouvre pourtant pour Jessy. Elle parcourt les routes avec sa famille et sur les lieux de campement, elle est inscrite provisoirement dans l'école communale, l'école de Jeanne. Jeanne et Jessy deviennent amies.

La lecture n'est pas une priorité pour la communauté tsigane, pourtant Django, le père de Jessy, souhaite qu'elle apprenne à lire et à écrire.

Dans la classe de CM1 de Madame Hallart, Jessy prend vite conscience qu'elle n'est pas comme les autres. Les vies sont différentes mais les enfants ont tant à apprendre les uns des autres.Jeanne collectionne les bruits de la montagne, elle ne peut que s'entendre avec la petite gitane.

On apprend mieux dans un esprit d'amitié.Mais comme toujours la quiétude du quotidien semble être bouleversée. Jessy, fille du vent, n'est que de passage.

Le vocabulaire simple, la typographie en gros caractères permet une lecture aisée pour les apprentis lecteurs ou les enfants non allophones.

Pour M.B.

 

 

mercredi, 09 avril 2014

Comme des images de Clémentine Beauvais.

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Comme des images...des filles sages, sans doute. Elle sont scolarisées à Henri IV, elles sont ambitieuses, velléitaires et élitistes, probablement. Enfin, c'est l'idée qui m'est venue de ces jeunes filles "comtesses de Comptoir des cotonniers, candides en Zadig et Voltaire, sac Longchamp au coude et ballerine Repetto aux pieds."

Elles, ce sont surtout les soeurs jumelles Léopoldine et Iseult et le groupe d'amis lycéens. La narratrice, amie des soeurs jumelles, nous confie les histoires des ados sages.

Alors, indubitablement, naissent des amours, des chagrins, des vengeances...malsaines. Lorsque Léopoldine rompt avec Timothée pour Aurélien, l'amoureux blessé envoie un mail avec une vidéo de Léopoldine à tout le monde.

L'histoire est ancrée dans la réalité, la narration mime les inférences de la communication actuelle par le biais des réseaux sociaux, mails et SMS.

Clémentine Beauvais distille beaucoup de pertinence et d'intelligence dans ce roman qui au-delà de l'intrigue met en scène des dialogues percutants, vifs avec des références intertextuelles puissantes.

A mettre sur toutes les tables de CDI, de chevets, sur les paillasses des salles de sciences, comme celle qui m'a donné l'occasion de remporter ce livre sur le blog de l’auteur suite à une anecdote du collège.

Merci Clémentine Beauvais.La bande-son du roman.

mardi, 08 avril 2014

Je m'appelle Nako de Guia Risari , illustrations Magali Dulain.

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Nako est un jeune garçon de la communauté des gens du voyage. Ceux que l'on appelle Tsiganes, Manouches, Bohémiens, Gitans, Romanichels, Sintis, Roms ou nomades.

Guia Risari s'intéresse aux gens qui n'ont pas de frontières, aux oiseaux de passage. Nako évoque son quotidien, à l'école où l'intégration est difficile. Il parle de sa maison avec des roues, de ses espoirs, ses rêves. On apprend à ses côtés la richesse de la culture tsigane, des coutumes, du sens accordé aux mots et dictons, aux valeurs de la communauté. L'histoire des tsiganes n'est pas écrite, ce sont des traces, des histoires qui se racontent. Nako nous explique les noms donnés par les gadjé, des noms inventés, utiles pour l'administration. Ces noms n'évoquent rien pour les tsiganes.

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L'album révèle un foisonnement de styles et celui de l'illustratrice offre une jolie inventivité sur cette narration singulière. Les dessins de Magali Dulain illustrent parfaitement la spécificité du texte, certains dessins me rappellent ceux d'Audrey Calléja. Elle réussit brillamment à suggérer l'espace de liberté des campements tsiganes. Ses dessins miment l'expérience illusoire du temps et du mouvement.

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A la fin de l'album, la chanson tsigane "Djelem, Djelem" de Zàrko Jovanovìc Jagdino est mise à l'honneur. L'hymne du peuple gitan fait référence à Porajmos (la dévastation): l'extermination des Sintis par les Nazis.

Un bel album publié chez Le Baron perché avec des images remarquables pour honorer ce jour la journée internationale des Tsiganes.

dimanche, 06 avril 2014

Indétectable de Jean-Noël Pancrazi.

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Jean-Noël Pancrazi raconte la vie de Mady qui se hisse au-dessus de sa vie de sans papiers, sans avenir dont les cauris (les coquillages qui lui prédisent sa destinée) ne lisent plus que le silence.

Les longues phrases de l'auteur disent le vide de la vie de Mady. Jean-Noël Pancrazi érige un temple des mots pour ce sage qui ne s'abaisse jamais, élégant dans sa veste de velours noir.

Mady l'égaré, le mouillé, l'isolé, l'humilié jusqu'au coeur depuis le vol de Bamako en 2001. Depuis de nombreuses années, Mady s'habitue à l'ombre, à l'odeur de soute, de détresse et de demi-sommeil. Il n'a pas de sursis même pour rêver.

Arrêté, il sera conduit au centre la Zapi, où chaque chambre ressemble à des compartiments de train où l'on ne tient pas tant que ça à garder sa place.

L'amour pour Mariama est un laissez-passer, unique possibilité pour lui d'occuper le temps, d'oublier sa détresse et ses frères de galère.

Il trouve un temps le refuge chez le narrateur, toubab révolté.

Emue par le texte de Mazzantini La Mer, le matin, j'ai retrouvé cette même émotion, profonde, en refermant Indétectable. Un très beau texte sur les espérances brisées de ces clandestins du monde.

Indétectable, mot préféré de Mady, synonyme du mot vie, lui qui aspire à la dignité et à la densité humaines.

Editions Gallimard, Blanche , Février 2014.

Je remercie Caroline et Clémence chez Dialogues Croisés pour ce très bon moment de lecture. 

 

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samedi, 05 avril 2014

Plaza Francia/ Catherine Ringer/ Gotan Project.

En boucle...

jeudi, 03 avril 2014

Funérailles célestes de Xinran.

 

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Les funérailles célestes sont un rite funéraire tibétain qui consiste à laisser reposer un cadavre pour que les vautours, oiseaux sacrés, puissent se nourrir. Geste symbolique de l'union entre ciel et terre, de la fusion entre l'homme et la nature. Sur les plateaux tibétains, la terre est tellement aride que ce rite perdure.

L'histoire commence en 1956 avec la rencontre improbable de Wen et Kejun, jeunes étudiants en médecine.La Chine envahit le Tibet. Les tibétains deviennent les colons de l'armée rouge. Epris d'idéaux, Kejun s'engage dans l'armée comme médecin. Trois mois après son départ, Wen apprend la mort de son mari. Incrédule, elle décide de partir à sa recherche.

On accompagne Wen dans les descriptions où bruissent la lumière et le silence. Le périple de Wen se poursuit dans le vide de l'Himalaya, vers une terre qu'elle ne connaît pas. Recueillie dans une famille de nomades tibétains , Wen accomplit sa quête au rythme des transhumances. Les longues descriptions de cette vie communautaire basée sur la bienveillance au sein du campement et de l'auto-suffisance permettent à Wen de découvrir la spiritualité tibétaine.

Xinran offre un très beau portrait de femme, au-delà de l'histoire réelle. Le récit est d'une grande force, conforté par le plaidoyer pour une tolérance des croyances angéliques de chacun. Le retour en Chine de Wen, qui ne comprend plus son pays est saisissant.

Merci Steph!

mercredi, 02 avril 2014

La Dernière fugitive de Tracy Chevalier.

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 Besoin d'un grand élan romanesque, j'étais certaine de retrouver un univers, une ambiance et un beau voyage sous la plume de Tracy Chevalier.

Elle tisse un joli patchwork de l'Amérique en 1850 où chasseurs d'esclaves, quakers et personnages hauts en couleur s'entremêlent dans ce Nouveau Monde.

Honor Bright quitte son Angleterre natale, traverse l'Atlantique en compagnie de sa soeur, promise à un jeune anglais récemment débarqué en Amérique. Déçue par Samuel et ses faux-engagements, Honor aspire à une nouvelle vie de quakers dans l'Ohio.Une vie simple où la broderie, la prière et le silence occuperaient ses journées.

Honor fuit un passé mais ne sait pas où le chemin la mène. Elle tente de se créer une existence dans cette Amérique périlleuse et enchanteresse. Loin des siens, c'est en tant que femme exilée  qu'elle tente en vain de se créer des liens.Sa soeur meurt, arrivée sur cette nouvelle terre. Terre d'accueils et d'espoirs où règnent les lois esclavagistes.

Les quakers forment une communauté intransigeante basée sur le silence et la communion envers Dieu. Honor confectionne des quilts, où le patchwok des tissus transcende la vie de tous comme une jolie mise en abyme de la communauté.

Loin de la ferme des Haymaker, famille à laquelle elle s'est unie, Honor participe peu à peu à l'abolitionnisme en aidant des familles sur l'historique Chemin de fer clandestin à joindre les terres libres du Canada.

Un autre chemin fascinant est celui de l'éclosion d'Honor , jeune femme rompue au silence dans cette communauté des quakers, décrite de manière très authentique.

Bouleversante héroïne qui surmonte peu à peu les valeurs morales et brave les interdits. Tandis qu'elle cherchait en vain à rejoindre une communauté pour s'immiscer dans un gynécée moral, elle s'exclue complètement de toute appartenance pour venir en aide aux esclaves.

Défiant l'impossible, Honor apprend à composer avec ses idéaux et le respect de ses engagements familiaux.

Entre liberté des convictions et enlisements familiaux, Honor choisit sa voie, convaincue cette fois de fuir vers quelque chose.

Un immense coup de coeur traduit de l'anglais par Anouk Neuhoff.