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vendredi, 20 juin 2014

L'Etonnante histoire d'Adolphus Tips de Michael Morpurgo.

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Michael Morpurgo est une valeur sûre en littérature jeunesse. Dans l'objectif du mois anglais, je souhaitais partager mes lectures avec mon korrigan de huit ans. La couverture avec le chat fut un facteur de choix déterminant pour lui, l'attrait pour la période historique de la seconde guerre mondiale était un bon support d'apprentissage.

L'histoire se passe dans le village de Slapton qui doit être évacué pour permettre aux soldats américains les entraînements avant la libération des côtes normandes. Lily vit une vie paisible à la campagne où les hommes sont absents, partis au combat. 

Barry, son compagnon de jeux, a perdu son papa. Morpurgo décrit ici une vie d'entraide et de solidarité où la famille de Lily va recueillir l'enfant pour permettre à la mère de travailler sur Londres. L'auteur crée une ambiance douce malgré les événements et enrichit son récit des plaisirs simples d'une vie paisible, loin de la ville.

Au moment d'évacuer le village, le chat Tips a disparu. Lily ne peut se résoudre à son absence et prend des risques pour le retrouver en franchissant les barbelés des zones d'essai. Morpurgo évoque avec habileté la préparation des Alliés à lancer une attaque sur la France occupée par les Allemands, afin de libérer l'Europe des Nazis. Le Sud de L'Angleterre devint un immense camp militaire. Les zones côtières comme le village de Slapton Sands furent vidées de leurs habitants, la plage étant semblable à celles du débarquement en Normandie.

La construction du roman est judicieuse puisque l'auteur relate par la voix de Lily, devenue grand-mère, un journal écrit pendant la guerre et dévoilé à son petit-fils Boowie suite à son escapade.

Une mamie fugueuse, un étrange passé, une disparition de chat, l'éveil des sentiments avec un soldat américain: tous les ingrédients sont réunis pour nous emporter dans un moment de lecture très instructif!

Roman publié en 2006, traduit par Diane Ménard , lu dans le cadre du Mois Anglais juin 201410275930_573439692774855_4106735974980450703_n.jpg

 

 

mercredi, 18 juin 2014

Victoria et les Staveney de Doris Lessing.

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"Elle se rappelait vaguement que Thomas était allé dans la même école qu'elle parce que son père, Lionel Staveney, avait déclaré que ses enfants devaient savoir comment vivait l'autre moitié du monde. Edward et Thomas avaient donc passé quelques années avec les rejetons de ladite moitié du monde avant d'être transportés d'urgence dans de vraies écoles, où les enfants apprenaient quelque chose. Si elle, Victoria, avait fréquenté une telle école...Mais les élèves de ces établissements ne doivent pas soigner une mère malade."

Victoria a neuf ans, elle est élevée par une tante malade. Un soir, elle est hébergée chez les Staveney, une famille blanche. Notre petite Victoria ne va jamais oublier ce souvenir de la demeure des Staveney et de cette soirée passée parmi eux.Mais sous couvert d'une grande empathie, les Staveney feront preuve de railleries insidieuses et sournoises sur la couleur de peau de la jeune Victoria.

Quelques années plus tard, Vistoria passera un été idyllique dans les bras de Thomas Staveney. De leur union naîtra Mary, qualifiée d'"éclair au chocolat" par sa belle famille.

Doris Lessing aborde le thème du racisme et des faux-semblants de la société anglaise ambitieuse et libérale mais la narration est parfois trop hâtive sur certains événements, donnant peu d'épaisseur aux portraits des personnages. J'ai trouvé le récit peu étoffé même si la thématique de l'hypocrisie est subtilement décrite dans cette comédie sociale plutôt pessimiste où les silences en disent long.

Roman publié en 2010, traduit par Philippe Giraudon , lu dans le cadre du Mois Anglais juin 201410275930_573439692774855_4106735974980450703_n.jpg

 

lundi, 16 juin 2014

Vous descendez? de Nick Hornby

 

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Première lecture d'un texte de Nick Hornby. J'ai longuement hésité avec Juliet, naked mais l'histoire des quatre compères en mal de vivre me séduisait.

Roman polyphonique de quatre protagonistes suicidaires, le roman de Nick Hornby s'ouvre sur une note de drôlerie malgré l'intention de Martin (une sorte de DSK), Maureen (la mère courage), JJ (doux rêveur américain) et Jess ( l'adolescente imbuvable).

Nick Hornby porte ses personnages avec un élan d'humanité, de tendresse et d'humour anglais si particulier. Chaque personnage reflète les travers de la société anglaise mais parfois poussés jusqu'à leur paroxysme et par conséquent la caricature devient grossière. La première partie du roman est plutôt subtile mais je me suis lassée des ricochets loufoques. J'attendais plus de profondeur à cette relation filiale.J'ai donc survolé la troisième partie, puis abandonné.

« Nous avons tous en général une corde qui nous lie à quelqu'un ; elle peut être courte ou longue. Mais on ne connaît jamais la longueur. Ce n’est pas nous qui décidons »
Une adaptation ciné signée Pascal Chaumeil.
Texte lu dans le cadre du Mois Anglais juin 201410275930_573439692774855_4106735974980450703_n.jpg 
 

samedi, 14 juin 2014

La Pluie avant qu'elle tombe de Jonathan Coe.

 DSC_0520.JPGRosamond est morte. Elle confie à sa nièce Gill des cassettes à l'attention d'une mystérieuse Imogen. Illustrations sonores de vingt photos, autant d'instantanés de vie commentés par Rosamond des années 40 à aujourd'hui.

Jonathan Coe évoque le "fatum", ce fil invisible qui transcende l'existence de plusieurs générations de femmes. Ce fil qui relie plusieurs femmes de Rosamond à Beatrix puis Théa et Imogen.

Le passé modèle les vies de ces femmes, intrinsèquement liées par le sentiment de frustration d'une relation mère-fille violente. Le destin se transforme au fil des confidences en drame. Jonathan Coe place son lecteur face à un album de famille où la narration descriptive à l'attention d'Imogen, jeune femme aveugle, permet d'éclaircir la vie singulière de ce gynécée.

L'auteur organise le roman en distillant du suspense autour de cette voix d'outre-tombe. L'histoire personnelle noue un lien étroit avec l'Histoire de l'Angleterre: la vie après guerre et l'homosexualité féminine au coeur d'une société puritaine.

Pour quelles raisons les schémas de vie se reproduisent inlassablement? Je vous laisse pénétrer dans le labyrinthe singulier de Jonathan Coe.

Très belle découverte, lue  dans le cadre du Mois Anglais juin 201410275930_573439692774855_4106735974980450703_n.jpg

mardi, 10 juin 2014

La Messagère de l'au-delà de Mary Hooper.

 

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"Le temps se figea. Médecins et étudiants formaient autour du cadavre d'Anne Green un tableau saisissant, son corps semblant suspendu entre ciel et terre. Elle n'était ni vraiment vivante ni tout à fait morte."

Oxford, 1650. La jeune fille sur la première de couverture représente Anne Green, jeune servante accusée d'infanticide. L'illustration nous donne l'impression que la jeune pendue va ouvrir les yeux d'un instant à  l'autre.Inspiré d'un fait réel, Mary Hooper retrace avec précision la destinée singulière d'Anne Green, pendue puis revenue mystérieusement à la vie. L'arrière plan historique de l'Angleterre puritaine du XVII ème siècle où prend place l'intrigue romanesque est décrit de manière très subtile dans son austérité.

Anne Green semble être une jeune fille bien crédule. Les chapitres oscillent entre les confidences de la jeune servante et les observations du jeune apprenti médecin, Robert, présent à la leçon d'anatomie où le corps d'Anne Green doit être disséqué suite à sa pendaison.

On frissonne face à la rigidité des lois sous Cromwell et à la frivolité des jeunes femmes naïves.Personnage stoïque, Anne Green accepte son châtiment pour sauver l'honneur de son maître Geoffrey, le petit fils de Sir Thomas Read. Mary Hooper souligne la détresse de cette jeune femme à l'époque où les naissances prématurées ne sont pas jugées comme un drame mais un infanticide.

Un miracle va se produire, aux frontières du surnaturel, Mary Hooper nous emporte dans un rythme palpitant.

Roman lu dans le cadre du Mois Anglais juin 2014

 

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lundi, 09 juin 2014

Le Calme retrouvé de Tim Parks.

 

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Roman, récit, témoignage...difficile de classer ce texte de Tim Parks. L'auteur utilise avec brio l'ironie pour évoquer l'angoisse de la maladie. Loin du mouton de Panurge qui boit les paroles de la médecine traditionnelle sans se poser de questions, Tim Parks élargit le champ des possibles face à cette douleur pelvienne  chronique.Je ne pensais pas être séduite par le récit d'un homme sur ses déboires avec sa prostate! Et pourtant...

On suit l'homme dans ses péripéties nocturnes et ses douleurs envahissantes. L'auteur nous emporte littéralement avec beaucoup d'humour dans des situations ridicules et parfois embarrassantes mais il ne se résigne jamais face au corps médical. Toute son abnégation surgit dans une quête fructueuse de recherches médicales sur internet. Un récit sans concession servi par un humour vivifiant.

La douleur chronique le mène sur la voie du yoga et de la méditation.Ces pratiques le portent vers une réflexion profonde sur ses choix de vie et c'est indubitablement la partie du récit qui m'a le plus séduite.

L'auteur oscille entre résignation face à la maladie et la volonté de lui échapper.

Beaucoup d'autodérision chez Tim Parks, un peu à la manière de Daniel Pennac dans Journal d'un corps.

Récit d'une grande précision analytique sur soi relié à la dimension littéraire où l'auteur convoque Beckett, Thomas Hardy ou Coleridge.

Texte  publié chez Actes Sud, traduit de l'anglais par I. Reinharez, lu dans le cadre du Mois Anglais juin 2014

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mercredi, 04 juin 2014

La Vie devant ses yeux de Laura Kasischke.

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 Première rencontre avec Laura Kasischke. Je savais son talent pour créer des ambiances, unissant tour à tour, mystères, questionnements et surprises.J'ai choisi ce titre édité récemment en poche. Récit d'une réminiscence du passé, le roman s'ouvre sur un tempo allegro: une scène de crime. Dans un lycée américain, un tueur s'approche de deux jeunes filles,deux amies que rien ne sépare jusqu'alors. Deux jeunes femmes pleines d'avenir dont l'une d'entre elles se nomme Diana.

Une première porte se referme sur ce sombre événement. Le temps passe, laissant la place à l'oubli ou son semblant.Devenue Diana Mac Fee, charmante épouse d'un homme brillant, maman d'une petite fille adorable, enseignante passionnée, elle vit dans une demeure d'un quartier huppé.

Mais le souvenir de cette journée particulière de son adolescence hante son esprit.Beaucoup de portes se sont refermées derrière elle depuis le drame mais rien n'efface la violence de cette journée.
Laura Kasischke met en scène la routine d'un quotidien banal jusqu'aux petits symboles distillés au fil de la narration pour démolir la quiétude de cette vie parfaite. Le portrait de Diana est majestueux tant dans sa faiblesse féminine que dans le trouble qu'elle incarne. L'auteur réussit à transcender l'agression permanente dans la tête de son personnage. Sous couvert d'une femme lisse et admirable se dissimule la plus terrible paranoïa et chaque événement troublant apporte un éclairage particulier sur le sens des images employées.

Un très bel univers, rythmé, avec des mots ciselés même si certaines ruptures narratives peuvent lasser parfois.

mardi, 03 juin 2014

Réparer les vivants de Maylis de Kerangal.

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 Un texte dont on parle beaucoup, souvent je m'en éloigne et j'attends pour découvrir avec un peu de recul la pépite dont tout le monde parle.D'autant plus que le sujet est si délicat, qu'il mérite le moment opportun et la force nécessaire pour regarder en face l'indicible.

Je découvre le style de Maylis de Kerangal et mes premières impressions étaient plutôt nuancées en début de lecture. L'écriture semble "métallique", "froide" comme pour mieux mimer le drame dès l'incipit.

Simon Limbres est un jeune homme, passionné par le surf. Fasciné par ce jeu dangereux avec les vagues, c'est pourtant au coeur d'un van que Simon fera face à la faucheuse.Son coeur bat encore mais le comas est irréversible.On pénètre dans le service de réanimation, espace à part qui accueille les vies tangentielles, les comas opaques, les morts annoncées.Simon n'est plus qu'un corps situé entre la vie et la mort. Le suspense régit l'espace du monde diurne, celui de la vie continue et stable. Autour de cette dimension évoluent les proches de Simon et le corps médical.

Marianne, la mère de Simon louvoie comme une couleuvre. Elle qui rêve d'un happy end acidulé, fait preuve d'une grande abnégation. Le temps qui s'écoule freine le destin en marche.Nous sommes dans l'outremonde, un espace souterrain ou parallèle, un monde perfusé de mille sommeils où les médecins veillent.

La douleur des impossibles retours en arrière est mise en voix de manière très subtile et l'écriture se fait plus douce.Le présent du drame est juste beau, sans tire-larmes. Face à l'intérieur détruit de Simon et son extériorité paisible, le corps médical s'affaire. Des questions se posent notamment celle du don d'organes.Le regard des médecins cerne les parents de Simon, tel un objectif, là où la mort est soustraite aux regards.

Loin du simulacre de la mort, l'indicible n'est pas théâtralisé mais habilement mis en mots avec un élan pour enterrer les morts et réparer les vivants.

"Le coeur de Simon migrait dans un autre endroit du pays, ses reins, son foie et ses poumons gagnaient d'autres provinces, ils filaient vers d'autres corps. Que subsistera-t-il, dans cet éclatement, de l'unité de son fils?Comment raccorder sa mémoire singulière à ce cors diffracté? Qu'en sera-t-il de sa présence, de son reflet sur Terre, de son fantôme?"

Magnifique et bouleversant roman publié aux Editions Verticales.

 

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lundi, 02 juin 2014

A cup of tea?

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Première participation au mois anglais saison 3, mis en place par Cryssilda, Lou  et MartineVoici les trois romans anglais choisis:

Pourquoi j'ai mangé mon père de Roy Lewis

L'Innocence de Tracy Chevalier

Le Calme retrouvé de Tim Parks

Et puis des lectures communes des textes de Mary Hooper, Jonathan Coe, Doris Lessing, Nick Hornby, Kate Atkinson. 

Une manière subtile de piocher dans mon immense pile à lire. Je cherche aussi des titres de romans anglais ou romans où l'histoire se passe en Angleterre pour mon Korrigan de 8 ans. Help!

 

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