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lundi, 09 février 2015

Et tu n'es pas revenu de Marceline Loridan-Ivens et Judith Perrignon.

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....C'est une lettre à Shloïme, le père. Lui à Auschwitz, elle à Birkenau et ces quelques mots: "Toi tu reviendras peut-être parce que tu es jeune, moi je ne reviendrai pas".

C'est une lettre d'amour d'une fille à son père, l'amour qu'on tente au fil des années d'oublier pour se reconstruire et pour avancer.

Texte court, dense et bouleversant, nécessaire pour le devoir de mémoire et précieux quant à la parole des survivants des camps de déportation.

La prophétie du père donne la force à la petite fille de surmonter l'atrocité, la violence et l'avilissement des camps.

Et l'histoire du retour, des paroles tues car non comprises. Se faire à l'idée de la fin de la guerre: comment retrouver le goût de vivre? Croire encore au retour du père? Décalage entre la fin de la guerre marquée par la joie et cette attente douloureuse au Lutetia d'un éventuel retour.

Puis le mouvement général de l'émancipation de Marceline, aux côtés de Joris Ivens, de trente ans son aîné.Une quête de la figure paternelle indubitable.

"Je n'ai jamais eu d'enfants. Je n'en ai jamais voulu. Tu me l'aurais sans doute reproché. Le corps des femmes, le mien, celui de ma mère, celui de toutes les autres dont le ventre se gonfle puis se vide, a été pour moi définitivement défiguré par les camps. J'ai en horreur la chair et son élasticité. J'ai vu là-bas s'affaisser les peaux, les seins, les ventres, j'ai vu se plier, se friper les femmes, le délabrement des corps en accéléré, jusqu'au décharnement, au dégoût et jusqu'au crématoire."

Le survivant n'est devenu une figure digne de respect et d'admiration que dans les années 1960. Plus tôt, les voix pour évoquer la Shoah ont été tenues de se taire.

"Même lorsque la plupart des hommes oublient, restent ceux, fussent-ils une poignée, qui se souviennent." Yosef Hayim Yerushalmi.

Pubication Grasset, février 2015.

Commentaires

Ce texte a l'air très fort, ton billet le fait bien ressentir. Pas sûr que je sois dans les meilleures dispositions pour le lire mais les extraits sont très beaux.

Écrit par : monpetitchapitre | lundi, 09 février 2015

je viens de voir l'auteure s'exprimer dans la grande librairie et elle m'a touchée vraiment, d'habitude je ne lis pas de livre sur la guerre (enfin plus, j'en ai lu beaucoup et ça me fait du mal) mais parfois il faut faire des écarts :-)

Écrit par : yueyin | lundi, 09 février 2015

J'ai lu "la vie Balagan", j'ai l'impression que celui-ci fait un peu redite, même s'il est spécifiquement adressé au père En tout cas, c'est un témoignage indispensable.

Écrit par : Aifelle | lundi, 09 février 2015

Merci infiniment, c'est maintenant un livre que je veux lire absolument.

Écrit par : Un cahier rouge | lundi, 09 février 2015

Judith Perrignon en plus... impossible de passer à coté !

Écrit par : jerome | lundi, 09 février 2015

J'ai beaucoup pleuré jeudi soir en la regardant à la GL. Et honnêtement, je ne suis pas sûre, émotionnellement, d'être capable de lire son livre...

Écrit par : L'Irrégulière | lundi, 09 février 2015

Je le lirai probablement mais un peu plus tard !

Écrit par : cristie | lundi, 09 février 2015

C'est le genre de livre qu'il faut lire mais je crois qu'il faut choisir le bon moment.

Écrit par : saxaoul | lundi, 09 février 2015

J'ai lu La vie Balagan et serais contente de lire celui ci (bizarre, on parlait du sujet avec ma kiné -oui, je sais, on parle de tout- et elle m'apprenait que les jeunes filles de 15 ou 16 ans avaient mieux survécu aux camps que les femmes de , disons, 25 ans)

Écrit par : keisha | mardi, 10 février 2015

J'ai été très touchée par le témoignage de Marceline Loridan-Ivens dans La Grande Librairie jeudi dernier... Son livre-témoignage est plus que jamais nécessaire en ces temps troublés !

Écrit par : BlueGrey | mercredi, 11 février 2015

Encore une tentation....

Écrit par : Alex-Mot-à-Mots | mercredi, 11 février 2015

Les commentaires sont fermés.