Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

jeudi, 19 février 2015

Lettres nomades saison 3.

DSC_0689 (2).JPG

"Huit écrivains embarqués à bord de La Péniche du livre font une escale littéraire au coeur des paysages de l' Artois et nous donnent de leurs nouvelles".

La collection "La Sentinelle" de La Contre Allée se propose d'accorder une attention toute particulière aux histoires et parcours singuliers de gens, lieux, mouvements sociaux et culturels.
Lorsque le contenu des nouvelles est le fruit d'une résidence  littéraire non loin de chez moi, je suis curieuse de découvrir les textes issus de cette imprégnation territoriale.

Les écrivains venus des quatre coins du monde nous livrent des nouvelles inspirées de leur séjour sur la péniche au coeur de l'Artois. J'entre à petits pas dans les textes, frileuse, espérant qu'ils ne soulignent pas trop la grisaille des lieux, la monotonie quotidienne des gens de peu...secrètement j'espère que leurs mots viendront sublimer ma région.

J'embarque avec Laura Alcoba qui a eu la précaution de mettre dans ses valises la nouvelle d'Egdgar Allan Poe "La Chute de la maison Usher".Depuis la cabine de La Péniche les mots de Poe résonnent autrement.Des ombres singulières s'invitent au hublot et nous font flotter entre tension et admiration fiévreuse sur cette embarcation chaotique et mouvante...

J'ai ensuite bu les mots d'Abdel Kader Djemaï "Outre sa fluidité, il m'apparaît qu'un texte, qu'une histoire doit courir comme l'eau vive, avoir sa limpidité, sa fraîcheur, son rythme et sa densité. Pour moi un écrivain est un pêcheur qui tente, debout dans une rivière, d'attraper les mots-truites, non avec un fil et un hameçon ou une épuisette, mais avec ses mains, nues et vulnérables.Il n'est pas non plus un poisson d'aquarium évoluant dans un joli décor artificiel et à qui on jette des graines. Il serait plutôt un poisson d'oued, de rivière, de fleuve, de mer qui doit aller chercher sa nourriture dans la réalité sociale, dans le quotidien des gens et au fond de lui-même."

Ce petit poisson-là, depuis son Algérie natale m'a émue et profondément touchée dans sa manière d'attraper les mots.

Le texte de Ryoko Sekiguchi souligne l'insignifiance de la région aux yeux de certains écoliers. Sa manière d'inviter l'enfant à élargir ses horizons pour mieux aimer son territoire m'a séduite.Elle met subtilement l'accent sur ce sentiment d'insignifiance induit par les doléances adultes et légitimé par les médias.

Et puis cette vision dans la grande masse noire des terrils des monticules aux couleurs argentées:"Les terrils brillaient en silence".

Bravo à tous ces écrivains qui déterrent chaque mot à l'aide d'une petite pelle et les transportent à main nue, à l'image même de la magnificence des terrils, témoignages des travaux jadis réalisés par l'homme.

Nos dessous et nos fiertés des gloires industrielles passées.

 

Commentaires

Ces auteurs ont l'air d'avoir joliment mis en mot le monde de la mine.

Écrit par : Alex-Mot-à-Mots | vendredi, 20 février 2015

Merci pour cette belle analyse sur les textes des auteurs de la saison 3 des Lettres Nomades, pour nous qui organisons cette manifestation et ces rencontres sur la péniche et au delà, en vous lisant nous sommes heureux que ce projet fasse écho en vous :)Merci !

Écrit par : Escales des lettres | lundi, 23 février 2015

Les commentaires sont fermés.