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mercredi, 04 mars 2015

Mécanismes de survie en milieu hostile d'Olivia Rosenthal.

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"Les faits ne se contentent pas d'arriver, ils reviennent. Qu'on les accepte ou non, ils sont plus insistants et plus entêtés que les stratagèmes qu'on invente pour les éviter. Ecrire fait partie de ces stratagèmes.On croit contrôler, répartir, organiser et tenir le réel sous sa coupe et la plupart du temps on se laisse déborder. On avance aveuglément vers le dénouement pour découvrir in extremis qu'en fictionnant le monde on a seulement essayé de retrouver ce qui avait eu lieu et qu'on avait oublié."

Le roman s'ouvre sur une désertion. "Je l'ai abandonnée sur le bas-côté de la route..." et une fuite dans les bois avec l'odeur d'humus dans laquelle on s'englue parfois. La narratrice se sauve, le souffle se fait court. Le lecteur, perturbé, ne sait de quel  ennemi il faut se cacher. Et c'est bien là toute la prouesse d'Olivia Rosenthal dans ce dispositif romanesque original...Le champ se rétrécit peu à peu, un bout de campagne, puis l'intérieur d'une maison dans laquelle on fuit le mal que les gens nous font. Sans repère, on suffoque avec la narratrice , elle dissimule la trame narrative du mal qui la ronge.

La trame narrative est si souvent abstraite que ce texte mérite beaucoup d'attention. La plume est singulière pour porter le message opaque et poétique sur la mort. On avance tel le funambule au dessus du vide que laisse l'absence des âtres disparus.

"Les suicidés sont des terroristes. Ils nous prennent en otage, ils menacent sous nos yeux impuissants de se faire exploser la cervelle ou d'avaler un tube de somnifères. Nous leur pardonnons parce qu'ils ont mal, mais si nous nous mettions en colère nous pourrions peut-être nous libérer de leur emprise, de la terrible pression qu'ils exercent sur nous."

Editions Verticales, juin 2014.

Merci Catherine.

Commentaires

Tu n'en dis pas assez, et me voilà tentée......

Écrit par : Alex-Mot-à-Mots | mercredi, 04 mars 2015

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