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lundi, 20 avril 2015

Ce qui reste de nos vies de Zeruya Shalev.

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La ville de Jérusalem, indifférente et verrouillée, presque hostile avec ses faubourgs chargés de menaces comme une masse fermée à la négociation, lieu des espoirs et des accusations.

Loin du kibboutz, entité spongieuse et englobante qui prenait et donnait, Hemda Horowitch vit ses derniers jours.

Son fils Avner est à son chevet. La vie qu'il s'était choisie ne faisait qu'imiter lamentablement une vraie vie amoureuse, pas seulement celle que d'autres vivaient mais aussi celle que lui-même aurait pu vivre.

Sa fille Dina, à l'âge où la ménopause est une enfance sans espoir, un ciel sans lune. Elle est revenue à cet état antérieur , piégée dans cet étau vital et douloureux, à cette verdeur immature, égoïste et repliée sur elle-même. Elle lèche ses blessures en silence: trahisons et abandons sous de multiples bandages.


Zeruya Shalev dénoue les bandages qui unissent la famille Horowitch.

Avner et Dina se voient peu, se critiquent mutuellement, dénigrent leurs choix respectifs tant ils sont déçus l'un par l'autre.

Dina est devenue indifférente aux préoccupations des membres de sa famille. Elle souhaite la puissance que suscite l'absence de sentiment, être enfin débarrassée du lasso qui la tire d'un endroit à un autre. Elle cherche pour la première fois, à agir qu'en fonction d'elle-même et non plus pour satisfaire sa fille fuyante et son mari.

L'auteur déroule l'histoire de ces êtres-là...un récit qui nous est offert mots à maux.

Où est le point d'intersection de nos vies et de la leur? Lorsque la vie refroidit, les êtres reprennent vaguement conscience. Le temps passe et que fait-on de la vie? 

Dans la famille Horowitch, on se crée des mythes. Une mère et son lac agonisant, des grands-parents et un kibboutz érigé en idéal de société, l'Europe perdue d'un père, Avner, preux chevalier des démoralisés et Dina au creux du mythe le plus audacieux, le plus désespéré de tous: trouver le salut en allant sauver un pauvre orphelin.

Qu'avons-nous en commun avec la petitesse d'une vie simple?

La mort serait-elle une guérison, la vie qui s'échappe par toutes les pores de notre peau serait-elle une maladie? Des gémissements infantiles de la mère qui se meurt puis à celle qui ne sera jamais mère, le destin de la mère patrie s'agrippe au coeur de l'homme dont le pays  s'appuie sur autant de morts.
Sublime roman publié chez Gallimard.

Prix Femina étranger 2014, traduit de l'hébreu par Laurence Sendrowicz.

Commentaires

je le lirai mais plus tard car le sujet m'intéresse et je veux découvrir cet auteur.

Écrit par : claraclara | lundi, 20 avril 2015

J'avais déjà repéré ce roman. Ton billet me donne d'autant plus envie de mettre la main dessus. Merci à toi!

Écrit par : Marie-Claude | lundi, 20 avril 2015

J'ai envie de le lire, peut-être cet été, pour pouvoir me plonger dans ce roman, que j'ai envie de découvrir

Écrit par : Laure Micmelo | mardi, 21 avril 2015

Ce roman me fait de l'oeil depuis sa sortie, je suis contente de voir qu'il semble tenir ses promesses.

Écrit par : Kathel | lundi, 04 mai 2015

du même auteur on m'a chaudement recommandé "Théra" ( une femme tente de se reconstruire après l'échec de son mariage)

Écrit par : Mior | mardi, 26 mai 2015

Les commentaires sont fermés.