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vendredi, 12 juin 2015

Les Partisans d'Aharon Appelfeld.

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Dans une forêt ukrainienne, quelques partisans juifs résistent à l'armée allemande qui les traque dans les derniers mois de la Seconde Guerre mondiale.Les hommes juifs se relèvent malgré les atrocités vécues.

Une vie en commun d'une poignée d'hommes, de femmes et de jeunes enfants autour d'un chef Kamil, ensemble ils forment un groupe uni. Prémice de l' idéal du kibboutz, les entraînements et les attaques les empêchent de se réfugier aveuglément dans l'action. Kamil évite la monotonie en proposant des soirées de réflexion.

"Pendant des années, les livres étaient notre préoccupation principale et voici que nous avons été brutalement séparés d'eux. Comme il est étrange que nous nous soyons si vite habitués à vivre sans livres. "

Privés de livres, les partisans craignent de retourner à l'état de nature, du temps où l'homme s'exprimait par les cris et les violences. L'action et la méditation s'entremêlent pour conserver un visage humain, pour ne pas laisser le Mal les défigurer. Vivre privés de livres équivaut à une mutilation.

Parmi eux, un jeune enfant mutique apprend le babil des humains grâce aux psaumes en hébreu. L'enfant mutique sera celui qui dévoile une part des mystères du monde.La langue hébraïque dans la bouche de l'enfant prend toute sa valeur symbolique, celle qui unira le peuple aux portes d'Israël.

La vie n'est pas faite que de débris et d'insignifiance, la boue profonde sous leur pas reflète parfois une voie d'espérance. 

Auprès de la vieille Tsirel, les partisans gardent espoir et les mots de la vieille dame deviennent prophéties: "Tu raconteras un jour aux prochaines générations ce que nous ont fait ces sous-hommes. Ne sois pas prisonnier des détails. Dévoile-les. Les détails, par nature, troublent et dissimulent. Il n'y a que l'essentiel qui reste là, debout et vivant."

Aharon Appelfeld déroule la vie de ces survivants qui, lors des accalmies, oublient parfois qu'ils sont cernés. Loin de l'ennemi cruel, les hommes cultivent l'amour, ce don qui élargit les âmes.

Le désespoir n'est pas le sentiment auquel les partisans s'accrochent. Ils font dérailler les trains où leurs frères de sang s'entassent vers les camps de la mort. Une prise de risque nécessaire et sanctifiée face à l'ennemi cruel.

Les partisans nous rappellent qu'il faut être précis dans l'utilisation des mots. Aharon Appelfeld souligne la nécessité de se relier aux textes capables de nourrir l'âme en ces temps de catastrophe.

Les Partisans, Aharon Appelfeld, Editions de l'Olivier, traduction de l'hébreu Valérie Zenatti.

Commentaires

Chacun de ses livres semble plus essentiel encore que le précédent.

Écrit par : Tieri | vendredi, 12 juin 2015

je viens de découvrir cet auteur avec "histoire d'une vie" (billet à venir) et je sens que je ne vais pas m'arrêter là .

Écrit par : cathulu | samedi, 13 juin 2015

Les commentaires sont fermés.