Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

lundi, 12 octobre 2015

La Petite barbare d'Astrid Manfredi.

manfredi.png

J'ai entouré ce texte de délicatesse, volontairement. Probablement celle qui fait défaut à la narratrice, la petite barbare. Depuis sa cellule, pleine du bruit assourdissant de vivre, cette jeune femme de vingt ans, raconte sa jeunesse dans sa sinistre banlieue. Elle, qui souhaite plus que tout, échapper à l'odeur de la rose en toc, encore secouée par la désillusion, abuse de son corps animal pour piéger les hommes. Elle n'est pas très fière de son reflet mais elle jubile d'avoir échappé au joug des hommes qui enchaînent les doux rêves bleus.

La Petite barbare, depuis sa cellule, est libre, affranchie des menottes de l'âme masculine. Elle  est parvenue à s'extraire du grand collectif des mythomanes du bonheur. Elle est une femme à hommes, en inversant le sens des aiguilles.

Incarcérée pour complicité de meurtre, ce roman est le cri d'une haine monstrueuse, crachée à la face de tous; il faut bien survivre à l'univers carcéral, pâle copie de la vie dehors. C'est une stratégie de l' inespoir, là où elle multiplie les sourires aux ardeurs érotiques et diaboliques. Derrière ses sourires, probablement le cri perdu d'une femme à la lisière du monde où elle tente de survivre.

Elle cherche des issues dans les visions des flammes , de tout ce qui brille, des shots de vodka face au sanglot froid de l'humanité. Devant les lueurs des  regards aveugles et muets, elle se métamorphose même si le passé se conjugue au présent. Sur le frisson de son corps c'est le crépuscule de celle qui tente d'oublier ses violents tourments dans la littérature.

Ce livre est un uppercut, intransitif et déroutant, un rugissement de femme écorchée, rare et bouleversant.

 Belfond, Août 2015.

Commentaires

Je l'ai fini vendredi et j'ai été matchée par ce texte ! Quelle puissance !

Écrit par : Stephie | lundi, 12 octobre 2015

Les commentaires sont fermés.