Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mardi, 27 octobre 2015

Nouaison de Silvia Härri.

 

nouaison.png

 Comme un arbre solide sous les trombes d'eau, un acte d'amour pour les enfants qui restent, un sursaut de rage de vivre malgré tout, une force vive, une promesse tenue...sous les désastres, la femme reste debout. Malgré les tristesses, elle est plus vivante que nous, la femme qui ne peut porter d'enfant.

La solitude qui rôde et le chagrin qui revient. Son corps comme une cage, temple qui passe du vide au plein, obscur et clarté se mélangent pour nouer l'absence et la présence.

La langue est au cœur de toutes les facettes du récit sur la maternité, tour à tour poétique, elliptique...juste magnifique.

Nouaison  est le livre d'une métamorphose multiple. Avec l'enfant, plus rien ne fera mal.Quand la femme fait de son ventre  un royaume, un cœur et un centre où puiser et tout épuiser. Déshabiller le corps assagi sous le poids de l'enfant.

"Peut-être que ça ne peut pas se voir, juste se crier du fond des âges et des entrailles, s'éructer, se cracher à la face du monde comme un noyau rêche qu'on expulse, ignorant où il tombera, ignorant ce qu'il donnera (prune, ronce, ortie, églantine, ancolie ou fraise des bois) mais qu'on expulsera quand même, dans la douleur et le saisissement, dans cette stupeur où tout redevient spasme."

 Ce mal vif et lourd la tient nuit et jour, être une femme. Elle ne parle qu'en mots de chair et de sang, la femme devenue mère, là où elle rejoint louve, terre, volcan. Son corps crie ses angoisses que ses lèvres taisent.

 

"Mouvement mue métamorphose seulement"...Avec des si, la nouaison s'opère. L'esprit d'une mère jaillit dans sa dimension picturale.

Publié chez Bernard Campiche Editeur, avril 2015. 

 

Les commentaires sont fermés.