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vendredi, 06 novembre 2015

Peindre pêcher et laisser mourir de Peter Heller.

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L'automne prend d'étranges couleurs sous la plume de Peter Heller. Des couleurs chaleureuses et teintées de bile noire s'infiltrent dans les pages comme dans le coeur du personnage principal.

Peintre écorché vif, passionné de pêche, profondément amoureux de la nature, Jim Stegner vit au Colorado. Témoin d'une maltraitance sur une jument, il commet un  crime sur le responsable de cet acte odieux. Jim vit en marge de la société depuis le décès de sa fille, tuée par des dealers. Puis naît le délitement de son mariage, alors il vit dans un trou, de manière très solitaire.

 Il a arrêté de boire depuis maintenant deux ans mais il vit toujours dans un microclimat détraqué. Son moteur c'est le chagrin, qui ne s'essouffle pas avec le temps. Il faut pourtant oublier la préoccupation du prédateur dans les bras de femmes, du modèle à la vieille copine.

 Ce roman est à lui seul un grand tableau qui emmène dans des lieux nombreux et divers. Par une habile mise en abyme  où le nom des différents tableaux de Jim ouvre chaque chapitre, rôde l'ombre d'une peur. Face à l'œuvre d'art, on cherche les indices de sa propre existence.

La violence semble le suivre à la trace et frappe sans aucun discernement et s'attaque à tout ce qui l'entoure: chevaux, amis, voisins. La panique est parfois une feuille de papier que l'on peut déchirer.

Peter Heller met en scène un début d'automne qui n'est que mouvement. Tel un peintre, il sublime la nature sauvage et raconte sous une plume lyrique teintée d'humour noir les turpitudes d'esprit du meurtrier. Le fait de tuer lie Jim à sa propre victime comme une communion dont il ne peut se défaire. Est-il devenu sa propre cible?

Dans la même veine que les romans de Jim Harrison, Peter Heller  affine sa marque de fabrique dans une poésie contemplative mêlée d'action, tempo allegro.

Parution le 7 Octobre chez Actes Sud, traduit de l'anglais  (Etats-Unis) par Céline Leroy.

Commentaires

Miam, j'ai hâte de m'y plonger!

Écrit par : Lili | vendredi, 06 novembre 2015

Pas trop dur à encaisser, ce roman ?

Écrit par : Anne | vendredi, 06 novembre 2015

Il est différent de mon registre habituel de lecture mais il n'est pas si sombre que cela Anne. Et puis la beauté des descriptions l'emporte...

Écrit par : Mirontaine | vendredi, 06 novembre 2015

J'ai adoré le précédent : La constellation du chien.

Écrit par : Theoma | samedi, 07 novembre 2015

voilà un billet bien intriguant, tu piques ma curiosité. je ne connaissais pas cet auteur.

Écrit par : choupynette | samedi, 07 novembre 2015

Tout pour me plaire celui-là, tu le sais parfaitement d'ailleurs ;)

Écrit par : jerome | mardi, 10 novembre 2015

Dans la même veine que La constellation du chien? Ou dans un autre registre?

Écrit par : Marie-Claude | mardi, 17 novembre 2015

Je n'ai pas lu son précédent!

Écrit par : Mirontaine | mardi, 17 novembre 2015

j'avais complètement perdu de vue ton blog, ma chère Mirontaine! Heureuse de t'avoir retrouvée :)
Ton billet est tentant!

Écrit par : Violette | mercredi, 25 novembre 2015

Ça a vraiment tout pour me plaire. Je n'ai pas encore lu "La Constellation du chien", mais je pense découvrir Peter Heller avec son dernier roman. Merci pour ce billet pour le moins inspirant.

Écrit par : Marie-Claude | jeudi, 10 décembre 2015

Les commentaires sont fermés.