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vendredi, 04 décembre 2015

Eux, c'est nous.

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   "Dès qu'il s'agit de ne pas aider quelqu'un, on entend tout. A commencer par le silence".

J'ai lu ce livre à un petit bout d'homme, en e-learning. Un primo-arrivant de treize ans, qui vient du Kosovo, scolarisé dans une UPE2A. 

"Rassemblés dans l'écoute, enfants dans l'attente de la becquetée verbale, dociles. Aimer la langue. Aimer le pays qui vous accueille. Entrer dans les chairs de la France à travers des mots aux contours de beurre fondu, aux accents d'étoupe." Paola PIGANI, Venus d'ailleurs.

J'ai lu les mots "exode, masses, hordes, déferlement, multitude, invasion"; ses yeux se sont embués et les sourcils froncés. Lassé lui aussi par les mêmes images à la télévision, celles de grappes humaines accrochées à des bateaux qui coulent, des foules parquées dans des camps qui ne peuvent pas les contenir.

Ensuite, on a parlé des guêpes, vous savez ces phrases qui bourdonnent autour des images "pas la même culture, pas la même religion, menaces pour nos travailleurs". Alors le regard de l'enfant face à moi s'est assombri. 

On a parlé du mot peur, peur de l'autre, du changement. On a rappelé l'histoire où à différentes périodes les mêmes voix cherchaient à fermer la porte aux autres. Les autres,  ce sont les Juifs d'Europe centrale au début du 20ème siècle, puis les Arméniens dans les années 1915 qui fuyaient les massacres turcs, les Russes dans les années 1920 fuyaient la Révolution, les Espagnols en 1930 fuyaient le franquisme et la guerre, puis les Italiens qui fuyaient la misère. C'était mon grand-père sicilien, parmi eux.

Et tant d'autres ethnies ensuite, les Polonais, les Portugais, les Algériens, les Tunisiens, les Marocains...

Tous ces gens, nous les avons accueillis pourtant. Tous ces réfugiés du vingtième siècle font la France d'aujourd'hui.

Alors ensemble on a réfléchi au sens du mot "REFUGIES" en huit lettres: Réfugié, Etranger, Frontière, Urgence, Guerre, Immigration, Economie, Solidarité.

On a lu les chiffres, un français sur quatre est d'origine étrangère par ses grands-parents, j'ai expliqué à Artan que j'en fais partie, nous avons ri de mon surnom en cours de récré: la macaroni.

"Eux, c'est nous, c'est moi, c'est toi  aussi alors maîtresse. C'est nous tous..."

La solidarité c'est aussi réfléchir au sens des mots et les propos de Daniel Pennac suscitent de beaux échanges, ensemble nous avons écouté un autre silence: celui dont nous avons besoin pour réfléchir un peu.

J'espère  simplement qu'Artan a quitté le collège, les yeux un peu plus brillants d'espoir ce jour-là...

C'est un tout petit livre illustré par Serge Bloch, préfacé par Daniel Pennac, Jessie Magana et Carole Saturno, qui coûte 3 euros, reversés à La Cimade, association de solidarité active avec les migrants, les réfugiés et les demandeurs d'asile.

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Commentaires

Trois euros c'est cadeau !
Un livre à offrir à ceux qui pensent encore fermer leur porte.

Écrit par : Tieri | vendredi, 04 décembre 2015

Indispensable ce texte !

Écrit par : Noukette | vendredi, 04 décembre 2015

Je vais l'acheter dès mon prochain passage chez mon libraire. Il sera parfait aussi pour mes étudiants ;)

Écrit par : Estellecalim | vendredi, 04 décembre 2015

Les commentaires sont fermés.