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mardi, 08 décembre 2015

L'Huile d'olive ne meurt jamais de Sophie Chérer.

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 Par amour pour une jeune fille, Olivier part à la rencontre de la baronne Cordopatri, cette vieille sicilienne qui n'a pas cédé face à la Cosa Nostra.  Sous  protection armée, la baronne tient tête à la mafia qui devient Etat dans les terres où l'Etat est tragiquement absent. Modèle d'avenir pour certains comme Sergio, qui agit sur les ordres du Capo, au grand désespoir de sa femme Delfina, future Lysistrata qui se refuse à l'homme tant qu'il œuvre aux côtés de la Pieuvre. L'épouse Delfina écoute les paroles de Rosalia Basile, l'épouse de Vincenzo, le fournisseur de la voiture piégée qui a tué le juge Borsellino et son escorte, deux mois après l'assassinat de son prédécesseur, le juge Falcone. Delfina veut briser la loi du silence, l'omerta sicilienne, la règle d'or et d'airain de Cosa Nostra.

C'est en classe, lors de la rédaction de Caroline, qu'Olivier a entendu pour la première fois le nom de la baronne.

"Le palazzo, comme Olivier l'appelle tout de suite, garde entre ses murs épais une odeur indéfinissable, un mélange de marbre frais, de café chaud, de melon mûr et de tapisserie poussiéreuse.[...] Le mur de pierre de la vaste proprité était criblé de trous, grêlé d'impacts de projectiles, fissuré d'avoir essuyé les tirs. Une image de guerre, de massacre, en pleine paix de l'après-midi."

Olivier insiste pour aider la vieille dame car "On ne peut pas toujours tout reprocher aux jeunes, d'être mous, d'être passifs, d'être lâches, de mépriser les adultes, ou d'en faire des ennemis systématiques, de ne pas savoir ce qu'ils veulent, et puis dès que l'un de nous propose de se rendre utile, le décourager par tous les moyens."

Sophie Chérer propose de beaux dialogues entre le jeune homme dont les cours d'éducation civique lui semblent si détachés des réalités et qui prennent corps tout à coup face au puissant regard vert de la baronne. La Mafia, elle, n'a pas de corps, pas de caractère, pas de voix. Il choisit d'ignorer le vieux fantôme de la mafia et s'engager auprès  de la noblesse de la Cordopatri, qui paraît draper chaque pierre de la Sicile, chaque oranger, chaque rumeur.

Un texte sublime sur toutes les occasions qu'on rencontre d'agir, et qu'on ne saisit pas. Et puis ces belles pages sur la littérature, seule chose que la Cosa Nostra ne prendra pas.

Troubler l'ordre de la Mafia le temps d'un roman palpitant où les mots sont gracieux comme les olives au soleil dont l'huile tâche la dernière lettre de Delfina comme un ultime avertissement à Sergio et illumine telle l'extrême-onction à l'italienne pour le Maestro.

Médium poche, Décembre 2015.

 

Commentaires

J'avais bien aimé aussi ce roman qui nous plonge dans l'ambiance de la Sicile.

Écrit par : Taralli e Zaletti | mercredi, 09 décembre 2015

Tu en connais d'autres en jeunesse?

Écrit par : Paolina | mardi, 15 décembre 2015

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