Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mercredi, 06 janvier 2016

La Femme au colt 45 de Marie Redonnet.

photo.JPG

Retrouver l'univers de Marie Redonnet depuis les textes surprenants comme Nevermore en 1994 ou encore Rose Mélie Rose en 1997, l'attente fut longue.

Elle revient avec ce roman publié chez Le Tripode La Femme au colt 45.

Nous sommes en Azirie, sous la dictature. Lora Sander traverse un fleuve. Elle a franchi une frontière. Son pays est derrière elle, tout comme sa vie de comédienne. Son mari est emprisonné, son fils loin. Elle est désormais clandestine à Santaré.

"-Je suis sans papiers et donc aussi sans identité. Il n'y a aucune preuve que je suis Lora Sander. Personne ne peut en témoigner. C'est une expérience troublante [...]. A partir de maintenant je vis dans la clandestinité comme tous les étrangers sans papiers qui arrivent à Santaré par la mer encore plus que par le fleuve. Cette ville est comme un aimant qui les attire, le point de rencontre des errances et des naufrages d'une humanité à la dérive."

Elle prend le chemin de l'exil dans le dépouillement. Seul le colt 45 que lui a légué son père semble avoir encore de l'importance aux yeux de Lora. Est-elle pourtant protégée par cette arme? Lui sera-t-elle toujours gage de sécurité?

La fable se construit dans le jeu cruel et délicat entre Lora et les hommes qu'elle rencontre sur son chemin. Marie Redonnet alterne la tonalité dramatique avec de courtes phrases telles les didascalies théâtrales et les paroles de Lora.

Les détails quotidiens des rencontres sur son chemin d'exil initiatique et le symbole surpuissant de l'arme dans l'accomplissement de Lora s'ajoutent à la fable où apparaît en demi-teinte la violence du monde. 

La femme avance dans la quête de soi comme hors du temps. Sous couvert d'une grande simplicité narrative, la langue est poétique et se cache au fil des pages une tragédie contemporaine: celle de l'arme, objet témoin d'un tourment affectif dont il lui est difficile de se défaire et qui peut se retourner contre elle. 

Le colt 45 est aussi ce symbole de la domination masculine sur la femme, mais aussi métaphore de la toute puissance des hommes envers d'autres  hommes -réfugiés- plus démunis.

L'exil est douloureux et dans le dépouillement la fable devient plus politique.

Précieux texte, publié chez Le Tripode, Janvier 2016.

 

 

Commentaires

Avis précieux Mirontaine, tu confirmes mon envie de le lire...!

Écrit par : Noukette | mercredi, 06 janvier 2016

Encore un petit roman dont on parle beaucoup avant et dés sa sortie. Je note

Écrit par : Jodtein | jeudi, 07 janvier 2016

il m'attend.

Écrit par : claraclara | jeudi, 07 janvier 2016

Ce livre aborde un thème terriblement actuel. Tu suscites ma curiosité...

Écrit par : Taralli e Zaletti | jeudi, 07 janvier 2016

Il m'attend aussi, je vais en faire un priorité.

Écrit par : jerome | vendredi, 08 janvier 2016

A lire, c'est clair.

Écrit par : Laure | dimanche, 10 janvier 2016

Les commentaires sont fermés.