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lundi, 01 février 2016

Les Ames et les enfants d'abord d'Isabelle Desesquelles.

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Que te dire de ce livre...

Le titre d'abord, simplement magnifique. Celui qui happe le regard, qui fait écho avec la résonance en toi de ce mot "enfance".

"Avant même qu'ils ne sachent lire et écrire, ce que nous offrons à ceux que nous élevons, c'est la pauvreté à hauteur de leurs yeux."

L'Inhumanité est sous nos fenêtres, on peut ne pas la regarder en face, elle nous saute à la gueule. Et a fortiori aux visages innocents des enfants. Monde adulte, infirme, sourd et aveugle. La plaie du monde est un tombant, sans fond celui-là.

Une femme arpente les ruelles de Venise quand elle croise la main tendue d'une mendiante. A terre, elle n'est qu'un saccage, debout, ce serait une mère, une femme, une fille.

Pas un ne bouge, nos planètes ne sont plus alignées.

Elle a le visage de la misère, elle est à elle seule l'image des misérables, des apatrides, des déchus: "quand ce sera un autre, ce sera encore vous."

Une lutte perdue d'avance, une résistance écorchée vive sur le visage de celle que les ténèbres mâchent et recrachent à l'infini.

Elle s'active la mère, tirant la main de l'enfant face à "cette chose", là, étendue sur le sol. La chose nulle part, et partout, qui est, mais qui n'est pas. Ne pas voir en elle le désespoir s'incarner dans la douceur du regard de l'enfant.

Puis elle tente d'oublier la mère mais l'âme de la mendiante la hante.

"Je ne changerai pas le néant, je ne vous arracherai à rien, et surtout pas au malheur, la terre vous vomit, cependant je vous le réclame: ne me lâchez pas."

Isabelle Desesquelles  convoque Hugo, Brontë et Andersen, les livres qui vous soufflent parfois comment dominer ce qui enfle en soi: résignation ou colère.

Elle est là, l'humanité. "S'en foutre plein la gueule pour se persuader qu'on est vivants. Quand il s'agit de vous porter secours, on n'a rien dans le ventre."

Tu sais quand l'horreur est par trop visible, on décide de ne pas la voir, communément,  et pourtant "l'homme invisible n'est pas une fiction".

La misère réclame bienveillance et indifférence.

Quand nous regarderons-nous à hauteur d'âme?

Peut-être seras-tu tenté(e) d'entrouvrir ce livre, dont j'aime à penser que le titre te sera porté par le vent, pour triturer nos silences, nos regards baissés face à l' âme des invisibles .

Belfond, Janvier 2016.

 

Commentaires

Très beau billet pour un livre qui a l'air perturbant, dans le bon sens du terme.

Écrit par : Gwenaëlle | lundi, 01 février 2016

Bon je crois que je m'attendais à plus lumineux, je passe mon tour.

Écrit par : lucie | lundi, 01 février 2016

Moi, j'ai été émue...

Écrit par : Martine | mercredi, 10 février 2016

Il est fort et dur ce récit car il nous met face à notre impuissance à changer le monde.

Écrit par : Valérie | dimanche, 21 février 2016

Les commentaires sont fermés.