Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

jeudi, 10 mars 2016

Le Promeneur d'Alep de Niroz Malek.

photo.JPG

Les images de la Syrie assiégée, sanguinaire et en guerre nous les avons tous croisées. Il est insupportable de confronter le regard à l'indicible et pourtant on ne peut fermer les yeux.

Niroz Malek se fait le porte voix de la vie quotidienne depuis sa ville d'Alep, plongée dans la guerre. Entre deux rafales, sous les bombes, l'écrivain syrien confie un témoignage poétique et vibrant. Sa voix est singulière dans le chaos. Elle n'est pas un cri, c'est une voix douce qui livre un portrait poétique des gens qui l'entourent, des vivants et des morts.

Quoi que devienne le dehors qui le cerne, l'homme choisit de demeurer dans la ville assiégée. Il ne peut se résoudre à abandonner la vie des jours passés et celle laissée au coeur des nombreux livres lus. Niroz Malek oublie la notion de corps et préfère celle de l'âme qui hante chaque objet de son bureau.

"Il n'y a pas de valise assez grande pour contenir mon âme".

 

Alors tant qu'il reste un souffle de vie, il nous  raconte ce quotidien suspendu par les coupures électriques, celles qui l'empêchent momentanément d'être relié au reste du monde. 

Tandis que le ciel s'assombrit peu à peu, il est le témoin précieux de l'indicible et des angoisses sous jacentes.

 Les chapitres sont courts comme des fragments de vie où jaillissent parfois des atomes de joie, des réminiscences d'un amour de jeunesse au souvenir de la lumière sur la ville.

L'écriture, par le rythme de la voix de Niroz Malek, le mouvement des phrases , calme la conscience ordinaire et réveille une conscience du dessous, plus subtile, à vif. C'est cette proximité de vivre avec l'ombre portée de mourir.

L'auteur cultive l'art de la conversation parallèle. Les mots sont écrits et sont déposés là pour donner le temps à d'autres mots de se faire entendre. Au fil des pages, nous appartenons à la même communauté silencieuse.

Et sous le bruit des bombes, l'écriture est propice pour entrouvrir les fenêtres sur un monde bouleversé. 

La voix intérieure renforce le vide extérieur et le chaos ambiant où l'enfant nu dans la rue ne surprend plus tant la tragédie surplombe la ville.

C'est un livre à parcourir lentement pour la lumière qu'il nous renvoie.

Sa vie rentre dans notre vie comme un fleuve soudainement en crue, pénétrant dans nos coeurs pour y soulever les plus belles émotions.

Dans la vie on se nourrit des uns et des autres et ensuite on se quitte, mais ce livre laisse une marque indélébile dans ma mémoire d'empreinte, en le refermant.

Sublime texte traduit de l'arabe (Syrie) par Fawaz Hussain, Le serpent à plumes.

Et je t'offre ces deux pages bouleversantes:

photo 1.JPG

photo 2.JPG

 

 

Commentaires

Il est sur la table des coups de coeur de Dialogues avec l'avis de Julien donc forcément j'ai envie de le lire.

Écrit par : clara | vendredi, 11 mars 2016

J'ai adoré ce livre, moi aussi ... :)

Écrit par : Moglug | vendredi, 11 mars 2016

Fichtre... il est beau ton billet...!

Écrit par : Noukette | vendredi, 11 mars 2016

Je me suis promis de l'acheter à Paris le week-end prochain.

Écrit par : jerome | lundi, 14 mars 2016

j'ai bien envie de le lire, s'il était à la médiathèque ce serait encore mieux

Écrit par : miriam | lundi, 11 avril 2016

Les commentaires sont fermés.