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lundi, 09 mai 2016

L'Arbre et le fruit de Jean-François Chabas.

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"A la télévision les papas ne font jamais ça, mais moi, je crois que c'est parce que la télévision ce n'est pas vrai. C'est un faux monde."
Oregon, les années 80.
Jewel a une petite soeur, Esther. A l'heure où leur papa rentre, les deux soeurs deviennent blanches. Tout s'arrête, comme quand on est une souris et que tout à coup on entend le miaulement du chat. La souris veut s' échapper mais le corps est une cage serrée. Le papa, tel un félin, est assez rusé et possède de be...aux atours en société.
La mère, souvent hospitalisée, demeure muette face à la honte.En fuyant l'indicible, on peut créer des foudres encore pires que celles déjà subies par le père tyran, régnant sur son univers de boue.
Nous avons tous un trou dans le coeur, un peu comme Joe, le seul homme en qui Jewel accorde sa confiance. Loin d'être alourdi de rancoeur et de dégoût face au racisme, Joe n'oublie pas le mauvais, il le relativise.
L'abominable pouvoir du père violent et raciste se coupe de la respiration du monde.
"Le raciste, c'est quelqu'un qui se découvre une bonne raison pour sa haine au lieu d'essayer de la faire partir: la différence."
La force diabolique du père ne peut héberger en soi une telle haine pour des gens différents et en même temps aimer ses proches sans que l'ombre de cette haine plane sur eux.
Jean-François Chabas stylise les émotions et la question de la filiation. La lecture de ce texte permet un surcroît de vigilance et de s'arracher à l'illusion référentielle, provoquée par l'épaisseur du langage et son étrangeté désirable. Une lecture qu'il est urgent de promouvoir, dans des sociétés fondées sur le respect de l'individu, la valorisation de son autonomie et de sa liberté-de conscience, de sentiment.
Une très belle manière de tisser des liens sur l'indicible sous couvert des mots écrits qui, chacun à leur manière, nous renvoient le drame du monde.
Les mots transportent aussi en eux de quoi réparer le réel traumatique qui circule invisiblement dans le temps.

Commentaires

Comment ne pas noter...?

Écrit par : Noukette | mardi, 10 mai 2016

Je note moi aussi ce titre, émue par cette chronique. J' avais beaucoup aimé un titre précédent de l'auteur, "Les rêves rouges". Ses personnages étaient formidables.

Écrit par : celina | vendredi, 13 mai 2016

Les commentaires sont fermés.