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lundi, 27 mars 2017

Sur cette terre comme au ciel de Davide Enia.

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Un livre sensuel, fascinant et glaçant sur la Sicile.
L'île aux paysages arides, aux côtes magnifiques et aux trésors artistiques uniques.

Palerme, les années 80. Davidù apprend la vie dans les quartiers, là où la mafia rurale s'est insinuée partout où la confiance ordinaire et la solidarité humaine avaient disparu en raison de la pauvreté et de l'exploitation.
Alors les hommes mettent les gants de boxe, ils incarnent la force face à un état faible.


Trois générations d'hommes, conservateurs par leur nature machiste et opportunistes dans leurs procédés, sont à l'image de Palerme, au creux de la courbe fertile de la Conca d' Oro: un riche croissant fertile au cœur d'une terre aride et inaccessible.


Piégés à Palerme, avec l'éternelle promesse d'évasion de la mer, sous la menace de l'arc de dents acérées des collines rocheuses, les hommes se battent contre un passé violent. Ces " picciotti" sont l'équivalent sicilien des " guaglione" napolitains, des types ou des "mecs" porteurs de toutes ces valeurs mâles largement présentes dans le paysage culturel du Sud.


Les cordes à linge sont tendues au travers des ruelles, où pendent telles des oriflammes les lessives du jour, claquant au vent et se gonflant sous le soleil éclatant comme toutes ces confidences masculines.


Davidù constitue sa propre "cosca", vivement encouragé par son oncle. Cosca est le terme sicilien précis pour désigner une famille dans la mafia sicilienne. Tous les membres de la famille sont égaux et même si on compare les combats de boxe, d'une génération à l'autre, chaque membre, chaque mâle se superposent, tous proches et tous reliés au centre. Même le parfum des fleurs de citronniers finit par rappeler les blessures anciennes.


À la manière de Cola Pesce, Davide Enia plonge dans les légendes du passé dans cette partie méridionale de l'Italie. Une histoire brûlante, aride, en proie aux éruptions et aux secousses, celle des hommes du mezzogiorno, confrontés à la guerre, à la difficulté de la vie comme à l'âpreté d'un combat de boxe, à la sensualité de l'amour naissant. Découvrir la profondeur de la poésie de l'enfance , prêt à plonger dans le passé pour explorer , avide de savoir et redouter à la fois de se retrouver prisonnier des tréfonds d'un monde, en espérant pouvoir refaire surface, ou trouver tout au moins une déchirure dans le filet des hommes.


Così in terra, Sur cette terre comme au ciel , di Davide Enia, traduit de l'italien par Françoise Brun , Albin Michel, août 2016.

Commentaires

Merci Paolina pour cette LC et cette très belle découverte!
Comme disait Marion chez Martine, chaque article met en valeur un aspect du roman et le tien me permet d'en apprendre davantage (notamment les termes siciliens)!
Un auteur à suivre!

Écrit par : Blandine (Vivrelivre) | lundi, 27 mars 2017

Waouhhhh!!!!!! Je suis très émue à te lire, Paolina! Ta chronique est bouleversante de beauté, de lumière et d'authenticité. A l'image de cette Sicile âpre et lumineuse à la fois. Merci!

Écrit par : Martine | lundi, 27 mars 2017

Minchia ! Toi Paolina la Sicile tu l'as dans le sang...et la poésie aussi !

Note :
Je n'étais jamais venue visiter ton petit coin de toile et je dois dire qu'on y est vraiment bien. Je reviendrai c'est certain !

Beau lundi !

Écrit par : Marion | lundi, 27 mars 2017

Il te va à ravir ce roman...!

Écrit par : Noukette | mercredi, 29 mars 2017

Les commentaires sont fermés.