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  • L’Enfant qui Jeanne Benameur

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    C'est une fugue. Celle d'une femme, d'une amante, d'une mère. Lorsque l'on croise cette femme vagabonde, elle devient une île.
    C'est une fable. Celle de l'enfant qui marche inlassablement dans les pas de sa mère.
    Les mains ouvertes des mères sont des livres d'images. Et l'enfance apprend le souci de la vie qui se perd.
    C'est la quête d'un homme entre deux mortes. La recherche de la liberté, la marche de sa vie.
    Les pensées des uns et des autres martèlent chaque page et nouent des liens avec les absents.
    " La peur est une bonne noueuse de liens. Et les morts font le reste."
    L'Enfant qui de Jeanne Benameur.

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  • Thérèse en mille morceaux Lyonel Trouillot

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    « Ma main m’écrit, me constitue au fil de l’encre.
    Je prends naissance dans un cahier que j’ai moi-même acheté. »

    « Nous habitons nos peaux, nos maisons, nos quartiers, nos histoires personnelles comme si quelqu’un d’autre s’était donné un tel mal pour ranger nos affaires qu’il serait inconvenant de vouloir troubler l’ordre. »

    Le Cap haïtien, début des années 60. C’est l’histoire d’une femme, Thérèse, 26 ans, qui lève les interdits: d’épouse bienveillante et soumise vers une amoureuse du plaisir. Une autre Thérèse que l’on nommera folie. Lyonel Trouillot fait se battre une Thérèse en mille morceaux grâce à l’éclat d’une langue qui brise tous les poids de la tradition. Une fois le corps acquis à sa propre évidence, il n’y a plus matière à débat. Thérèse, au gré du corps, habitera désormais le léger et l’intense.
    C’est un texte court, curieux mais très beau sur l’émancipation féminine.

     

     

  • Illettré de Cécile Ladjali.

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    Quand on croise Léo, jeune homme de la cité Gargarine, porte de Saint Ouen, on ne se doute pas qu’il ponctue son déplacement en comptant les tâches au sol. Quand il prend le métro il n’utilise que les lignes aux repères colorés et celles qui l’informent oralement des stations. Sensible Léo, il écoute sa concierge quand elle lui parle du devoir d’aller voter. Quelle déception quand il ne sait pas déchiffrer les noms dans l’isoloir. Comment être digne d’appartenance dans la société quand on ne comprend pas ses codes?
    Les yeux de Léo passent sur les signes. Parfois ils s’arrêtent sur les courbes de Sybille, jeune infirmière venue panser ses plaies. Il a l’espoir Léo d’apprendre les mots pour elle.
    Il hisse cet infime espoir au sommet d’un mont triste mais l’abnégation permet-elle au bonheur la moindre ascension ?
    C’est le deuxième roman de Cécile Ladjali que je referme avec une profonde émotion doublée d’une grande réflexion sur l’importance des mots et le rôle de l’apprenant. Ce texte est moins lumineux que Benedict mais il porte une énergie poétique. Tout respire le talent et l’intelligence dans ce livre.

  • Laver les ombres de Jeanne Benameur

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    Mettre en lumière un visage pour en faire le portrait, autrement dit « laver les ombres ». Effacer les traces obscures dans un mouvement de danse, celles des hommes sur le corps des femmes. Un gynécée mère-fille, l’une dans l’immobilisme, l’autre dans le mouvement. Puis la danse synchronisée d’une nuit de tempête,face à l’océan, où les mots de Jeanne Benameur telles les vagues animent onze tableaux d’absents en contrepoint. Un théâtre dansé de la vie, sa nécessaire cruauté...son irréductible liberté.
    « Aimer c’est juste accorder la lumière à la solitude. Et c’est immense. »

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    Photo de Madeline Roth

  • Tristesse de la terre Eric Vuillard

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    Beaucoup d'élégance et de richesse stylistique pour évoquer l' indécence du spectacle de masse notamment celui du Wild West Show, mis en scène par Buffalo Bill. Eric Vuillard maîtrise l'art de la critique acerbe qui sous couvert de la description du reality show, étendard de l' Amérique, montre la réelle destruction du peuple indien et l' anéantissement de la dignité humaine. La réécriture par le spectacle confrontée à sa propre vérité et indécence. Un texte percutant.

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    Eric Vuillard chez Gwalarn